LIVRE XXI
Agathe, tandis que Masséna, après une suite de mou- iw^. vements et de combats aussi heureux que hardis, repoussait Tarmée ausfro-sarde au delà du col de Tende. Le même jour (1), la droite de Tarmée des Alpes forçait le passage de Fénestrelle, du fort Miraboco et de Villeneuve-de-Pratz. Peu de jours après, Tarmée occupait les passages du mont Cenis, s'emparait du poste des barricades au col de T Argentière et du camp de FAssiette. La ligne se développa aussitôt sur les sommets du Saint-Bernard.
Les armées du Rhin et de la Moselle ne furent ni moins vaillantes ni moins heureuses. Le 9 germinal ^^^^^^'J''"* (18 avril), Jourdan délogea les Autrichiens des hau- armées du uhin,
^. , . . de la Moselle
teurs d Arlon, et coupa les communications entre le et de Luxembourg et les Pays-Bas. Depuis le 1*" janvier, Brunswick avait été remplacer à Tarmée. prussienne par le feld-maréchal de MoUendorf, et Wurmser par Devins, à Tarmée autrichienne. Ces nouveaux chefs devaient débuter par des échecs. Tandis que l'arméi^ de la Moselle marchait sur Thionville et se disposait à aller s'unira Tarmée de Sambre-et-Meuse, Tarmée du Rhin, qui comptait parmi ses généraux Desaix et Saint-Cyr, remporta des avantages décisifs et resta maîtresse du p»nys entre le Rhin, à la hauteur de Manheim, jusqu'à Winweiller.
Mais c'est au nord que l'ennemi avait concentré ses principales forces. Il était maîlre du Quesnoy, de
(1) 21 floréal (10 mai) 1794.
Sambre-et-Meuse.
i7«4. Valenciennes et de Condé. François II passa luimême en revue, sur les hauteurs de la Selle, derrière le Cateau-Cambrésis, une armée de plus de deux cent mille hommes, en y comprenant les Hollandais el les Anglais. D entrait dans le plan des coalisés de s'emparer de Landrecies. Mais au delà de Guise se tenait l'armée française. L'ennemi commença l'attaque le 1 7 avril (28 germinal). Nos troupes repoussées durent rentrer au camp de César et à Cambrai. Landrecies fui bombardée. L'insuccès de notre centre inspira à Pichegru la pensée d'opérer une diversion en Flandre et d'agir sur les ailes. Ces opérations furent conduites avec vigueur. L'aile gauche battit à Courtrai le général Clairfait, qui se retira à Thielt. L'aile droite, moins heureuse contre le général Kaunitz, passa quatre fois- la Sambre, mais fut obligée chaque fois de revenir sur ses pas. Une attaque sur Ypres obligea Clairfait à quitter Thielt, et Pichegru lança contre lui l'armée d'observation ,commandée par le général Souham. Clairfait fut repoussé le 10 juin (22 prairial). Trois jours après il se porta de nouveau en avant avec des renforts. Une partie de la division de Souham fut culbutée, mais le général Macdonald tint si ferme, que le général Dewinther put venir à son aide et forcer les Autrichiens à reculer encore une fois dans leur position de Thielt. Nous restâmes maîtres d'Ypres et de toute la West-Flandre.
Nos troupes s'étaient aguerries dans ces combats successifs. La discipline faisait de grands progrès.