‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 5 sur 119 · LIVRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXI

Saint-Just et Lebas, pendant leur mission à Tarmée du Nord (du 2 au 13 floréal), avaient ordonné, sous peine de mort, que soldats et officiers eussent à éloigner les femmes qu'on voyait jusqu'alors se traîner à la suite des armées. Jeanne d'Arc avait aussi chassé les filles de joie de l'armée de Charles VA. Des généraux qui ont laissé un nom immortel, Marceau, Kléber, combattaient à la tête de cette armée. Carnot, du sein du Comité de salut public, dirigeait Tensemble des opérations, et donna pendant la campagne cet ordre admirable (1 ) qui enjoignait à Jourdan de prendre quinze mille hommes à l'armée du Rhin, de quitter ensuite la Moselle pour se réunir à l'armée de Sambreet-Meuse, puis dé faire sa jonction en Belgique avec l'armée, et de présenter une masse imposante à l'ennemi, déjà démoralisé par l'insuccès de ses plans et par une suite de revers. Jourdan devait sur sa route remporter la victoire de Fleurus, et c'est le H juillet (23 messidor) seulement, qu'après des fatigues inouïes, à travers mille dangers, et au prix d'une série de combats et de batailles, devait s'accomplir cette jonction des deux armées, ayant pour centre Bruxelles, Wilvarden à gauche, et Namur à droite. En Vendée, les derniers débris du parti royaliste, réunis sous Larochejacquelein et Charelte, tentaient quelques coups de main sur la rive gauche de la Loire, tandis que les chouans, sur la rive droite, se

Saint-Just

et Lebas

àrarméedaNord.

Carnot:

ordre admirable

du 11 aoréal

Raine des Vendéens.

Mort

de

Larochejacquolein

(1) il floréal (30 avril) 1794.

meni loi

-. - . , - > .n cumbaî pré- —

lalenc /

-• .niant un prison '

-cl héroïque jeun •^ V .luléonnos, qui -iiarelte.

-.'r-îi naval, dans lequel : N'''rent une bravoure - - ::. nJe que la France ' 7- ; :;'• sur terre. Il deve- : put s'en eonvaincre.

;• :: pas à piller les navires :: > o»lonit.'S. Nous avions . La Gnihleloupe nous avait : litant «le la guerre des mu- -, .1 révolte des nèirres à Saint- ^ .. s > étaient enfjparés du fort Saintn.ssaire de la Convention, wSantho- «.■amer l'émancipation des nègres «ir pour contenir les Anglais. Notre !ans ces luttes acharnées. La •^ ie tirer du dehors une grande -.- .'iioes, souffrait singulièrement • -'.^-rine anglaise.

/ rnienl, en prairial, un convoi • • ^i:bsislances et de denrées colo- >-l tiis (l'Amérique sous la direc- ■ -s.abel. L'Angleterre avait résolu .■::\o\a à la rencontre du convoi .«, ::vnle-lrois vaisseaux et douze

livraient à leurs brigandages. Dans un combat près (le Vezins, Larochejacquelein, désarmant un prisonnier blessé, fut tué. La mort de cet héroïque jeune homme fut la ruine des bandes vendéennes, qui en majeure partie abandonnèrent Charette.

A la même époque, un combat naval, dans lequel les marins de la République déployèrent une bravoure extraordinaire, vint montrer au monde que la France était aussi redoutable sur mer que sur terre. Il devenait urgent que TAngleterre pût s'en convaincre. Cette puissance ne se bornait pas à piller les navires maiiue "anglaise, ueutrcs, cllc détruisait uos colouics. Nous avions

déjà perdu la Martinique. La Guadeloupe nous avait été vivement disputée. Profitant de la guerre des mulâtres et des blancs, de la révolte des nègres à Saint- Domingue, les Anglais s'étaient emparés du fort Saint- Nicolas; et le commissaire de la Convention, Santhonax, avait dû proclamer l'émancipation des nègres et recourir à leur aide pour contenir les Anglais. Notre commerce périssait dans ces luttes acharnées. La France, obligée alors de tirer du dehors une grande partie de ses subsistances, souffrait singulièrement des pirateries de la marine anglaise.

On attendait notamment, en prairial, un convoi précieux chargé de subsistances et de denrées coloniales, parti des États-Unis d'Amérique sous la direction de l'amiral Yenstabel. L'Angleterre avait résolu de s'en emparer et envoya à la rencontre du convoi l'amiral Hov^e avec trente-trois vaisseaux et douze

Pirateries (le la

Révolte

des nègres

Saint-Domingue.

L'amiral Villaret - Joyeuse.

Page 1