‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 43 sur 119 · LIVRE xxiiî 'y · texte numérisé non relu

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nesse dorée. Ce fut Fréron qui imagina les bals dits itju. bah des victimes^ dans lesquels on ne pouvait être admis que dans le costume indique plus haut, et à la condition de compter au moins un supplicie dans sa famille. Dans 'ces fêles, les femmes portèrent des bonnets 4 V humanité et des corsets à la justice. Mais les femmes du grand monde conseillèrent les nudités plus^^oa rtoins grecques imaginées par les Héberlistesl Theresa Cab«irrus,' devenue madame Tallîeft, fut là reine de ces fêles, où, un peu' plus tard, brillèrent aussi madame de Staël, madame Récamicr ol miadame Devaines. On donnait à madame Tallieri le surnom de Notre-Dame de Thei^midor. Les royal istèé la nommaient secrètement Notre-Dame de Septembre^ en souvenir de ces fatales journées pendant lesquelles Tallien remplissait les fonctions de secrétaire de la commune de Paris. « Elle réunissait, rapporte Thibandeau, la vivacité française à la volupté espagnole.» Les salons dorés, comme on nommait alors les salons où se réunissaient les personnes du parti royaliste, se multiplièrent rapidement et exercèrent une influence considérable. On s'efforçait d*y attirer les députés révolutionnaires, et, dissimulant la haine et le mépris qu'ils^ inspiraient dans ces classes aristocratiques, on les accablait de prévenances et on énei'vait dans les plaisirs leur caractère et leurs convictions. Ce contact adoucissait aussi ce que le régime de la terreur et les épouvantables péripéties de la Révolution ayaient laissé de farouche dans Tâme des hommes

La Convention

suspend

et rétablit

le tribunal

révolutionnaire.

mêlés aux affaires publiques en ces temps extraordinaires.

Les premiers incidents qui allaient marquer la division des nouveaux partis et former la période décroissante de la Révolution, eurent lieu dès le 11 thermidor. Ils furent suscités par la haine que devait inspirer le tribunal révolutionnaire à des hommes enivrés du bonheur d'ouvrir les portes des prisons. Robespierre n avait-il pas, d'ailleurs, contribué à la formation de ce redoutable tribunal? En fallait-il plus pour qu'une telle institution fût maudite? Lecointre (de Versailles) et Thibaut l'attaquèrent avec violence. Ils obtinrent sa suspension. Mais, au moment de leur succès, un homme pâle, au front sinistre, Rillaud-Varennes, vivante incarnation de la Terreur, se leva, et d'un ton plein de menace il déclara que le tribunal révolutionnaire était composé d'hommes purs qu'il importait de conserver pour sévir contre les conspirateurs. C'était hautement proclamer la continuation du principe terroriste sur lequel reposait le gouvernement révolutionnaire. Le 9 thermidor, aux yeux du parti des comités, n'avait été qu'une lutte personnelle entre le triumvirat et les autres membres du gouvernement. Barrère en donna la preuve en développant dans un rapport, lapensée de Billaud-Varennes, et en proposant un décret pour le maintien de la loi du 22 prairial, du tribunal révolutionnaire et des hommes qui le composaient. c< Prenez garde, dit-il, à ce modérantisme funeste qui sait

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aussi, en parlant de paix et de clémt nce, tirer parti hm. de toutes les circonstances, même des événements les plus heureux. Que raristocratie sache bien qu'elle n'a dans ce temple des lois que des vengeurs constants et des juges implacables... » En proposant le maintien des membres du tribunal révolutionnaire, Barrère avait articulé Je nom de Fouquier-Tin ville. Ce nom fil déborder l'indignation; la majorité de la Convention murmura. Nul n'osait parler parmi les timides députés du centre et de la droite; mais le montagnard Fréron, qui tenait de Danton la tradition de l'audace, s'écria hardiment : « Je demande qu'on purge enfin la terre de ce monstre, et que Fouquier aille cuver dans les enfers tout le sang qu'il a versé. » L'Assemblée applaudit à ces paroles et décréta la i^^cret

d*accusatioii

mise en accusation de Fouquier. Barrère sentit bien de

que ces applaudissements étaient dirigés contre les Comités, mais il n'en parut pas ému. Ce grand seigneur de la terreur, héraut de la Mort et de la Victoire, qui venait chaque jour, dans des rapports d'un style pompeux, annoncer tantôt quelque brillant fait d'armes, tantôt quelque résolution terrible des (.0mités, ne pouvait croire que le pouvoir révolutionnaire eût perdu quelque chose de son empire. Barrère venait de donner une bonne nouvelle à la Convention : l'entrée de nos troupes dans Liège. Élait-il supposable que les Comités, qui présidaient à ces succès et décrétaient en quelque sorte la victoire, ne continuassent pas de dominer l'Assamblée? Il IV. 7

Pouquier-Tinville.

1:94. continua donc, avec une certaine hauteur, de réclamer le maintien du tribunal. Merlin (de Thion ville) rinterrompit par une de ces brusques attaques qui déconcertent les hommes les plus maîtres d'eux* mêmes : « Quel est donc, s'écria-t-il, ce président des feuillants qui prétend nous faire la loi ! o Barrère, ancien noble, caractère mobile qui avait, avec une facilité singulière, passé par toutes les îiuances de Topinion, se sentit atteint par le côté faible de sa vie politique. La droite, le centre et une partie de la montagne, applaudissaient. D quitta la trilnuie. Le tribunal révolutionnaire fut maintenu, maisrenou- Aiioutiondeiaioi velé dans seis agents. On abolit la terrible loi du

(la 22 prairial. .

22 prairial. -

La clémence l'emportait, et avec Tavénement de ce principe nouveau, la puissance des Comités, qui représentaient le principe opposé, diminuait de jour en jour. Barrère avait proposé de combler le vide laissé dans le Comité de salut public par la mort de Robespierre, de Saint-Just et de Coutbon, en nommant Bernard (de Saintes), Duval et Eschassériaux. Cette motion, très-simple en apparence, était une pierre de touche qui allait immédiatement déterminer le degré de la force du parti des Comités et du gouvernement. Merlin (de Thionvilfe) s'opposa à la manière autocratique de procéder que proposait Barrère. II demanda l'appel nominal. II y eut des murmures, puis des applaudissements. Le parti thermidorien cherchait sa voie. Dubois de Crancé fit

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