‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 44 sur 119 · LIVRE XXllI · texte numérisé non relu

LIVRE XXllI

observer, qu'on n'avait pas remplacé Hérault de Séchelles, et que Prieur (de la Marne) et Jean-Bon- Saint-André étaient presque toujours en mission. Là était la cause, selon lui, de la tyrannie exercée par le triumvirat^îCes paroles contenaient une attaque indirecte contre le Comité, Billaud-Varennes la releva, disant avec hauteur que le Comité n'avait pas remplacé les absents parce qu'il ne voulait pas augmenter <lanssonsetn le nombre des conspirateurs. La Convention ne voulait plus de maîtres; elle murmura. Billaud-Varennes crut faire peur à la majorité en acceptant l'apipcl nominal, qui fut remis au lendemain. Il fut décidé, sur la motion de Dubois-Crancé, que les Comités de gouvernement seraient renouvelés^ tous les mois par quart (1 ) .

IjO lendemain on nomma les six membres manquants. Les Suffrages se portèrent sur Tallien, TreiK Ihard, Ëschassériaux, Breard, Thuriot et laloi. On maintint pour un mois Carnot. Prieur (de la Côted'Or), Barrère, Robert- Lindet, Billaud-Varennes et Collot-d'Herbois. Le renouvellement ou plutôt Tépuration du Comité de sûreté générale eut lieu le 14 thermidor. Cette opération donna lieu à de vives discussions et à de violentes attaques. David fut traité par un maratiste, André Dumont, de complice de Catilina. « Cet usurpateur, ce tyran des arts, aussi lâche qu'il est scélérat, est encore dans votre Comité

Décret de renouvellement

par quart

tous les mois,

des Comités

de gouvernement.

(I) Séance Je la Convention du 12 thermidor 1794.

1794. de sûreté générale, s'écria Dumont. Souffrirez-vous qu'il aille encore dans les lieux où il méditait l'exécution des crimes de son maître, du tyran Robespierre? » David entra au moment où on venait de décréter sa radiation. Ce grand peintre montra que le génie n'exclut pas la faiblesse. Il eut peur de la mort. Il dit qu'on ne poiivait concevoir à quel point il avait été trompé par ce malheureux Robespierre. Il fît le serment de ne plus s'attacher aux hommes^ mais aux principes, banalité dite avant lui par l'infortuné Camille Desmoulins et répétée depuis soixante ans par tous les partis. Goupilleau (de Fontenay) fit amèrement sentir à David la bassesse de sa conduite. « Tu as, articula-t-il, embrassé Robespierre aux Jacobins, dans la soirée du 8 thermidor, en lui disant : Si tu bois la ciguë, je la boirai avec Épuration ^oi. » Legcndrc demanda qu'on envoyât au Comité de salut public pour y rendre compte de leur condijite, David ainsi que Jagot et Lavicomterie, exclus comme lui du Comité de sûreté générale pour n'avoir point paru à la Convention dans la journée du 9 thermidor. Ils furent décrétés d'arrestation. En remplacement de Lebas, David, Jagot, Élie Lacoste^ Lavicomterie et Laloi, la Convention nomma Legendre (de Paris), Goupilleau (de Fontenay), Merlin (de Thionville), André Dumont, Bernard (de Saintes), et Jean Dcbry. Ce dernier donna aussitôt sa démission à propos d'un reproche qui lui fut adressé sur son altitude au 21 mai. A sa place on nomma Rew-

du Comité de sûreté générale.

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