LIVRE XXÏII
bell. Amar, Vouland, Panis, Vadier, Bouchel-Saint- un. Sauveur, Louis (du Bas-Rhin), Moïse Baylc el Riiûl, conlinuèrent de faire partie du Comité de sûreté générale. Le décret qui autorisait le Comité à faire arrêter les députés sans rapport préalable fut aboli.
La Convention leva ensuite la permanence de ses séances. Mais les dénonciations ne cessèrent point, quoique le péril fût passé. On arrêta Joseph Lebon, Héron el Rossignol . Le parti victorieux se débarrassait de ses ennemis. Ce système d^épuration s'étendit sur la France entière.
Le but fut bientôt dépassé. La difficulté en pareille situation est de contenir le mouvement de réaction et de ne pas être entraîné soi-même dans le courant qu'on a déchaîné. La masse des détenus mis en liberté affluait aux sections, s'en emparait, les dirigeait. Les classes pauvres n'y venaient plus, la Convention ayant abrogé le décret qui accordait une indemnité aux ouvriers qui y assistaient. Le plan rigoureux de la terreur disparaissait, et, comme un édifice battu en brèche par le canon, s'écroulait de toutes parts. La presse attaquait avec une violence extrême les membres des anciens Comités, oubliant qu'ils avaient sauvé la patrie de l'oppression étrangère, et qu'eux-mêmes d'ailleurs avaient contribué à la perle de Robespierre. Pour user plus facilement de ce redoutable moven d'attaque, les thermidoriens, Les thermidoriens
•^ ' ^ et les royaliste
appuyés par les royalistes, réclamèrent avec instance réclament la liberté de la presse. Fréron el Durand-Maillane presse.
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iTOi. furent les promoteurs de ce mouvement. La montagne sentit le péril. Cambon, dont nul ne. pouvait suspecter la probilé et la sincérité, se prononça contre cette motion, qui fut renvoyée à Texamen des Comités;
La misère sévissait au milieu de ces querelles. Les
nécessités de la guerre avaient obligé le gouverne-
rte!*!istCats ^^^^ d'abuser de la planche aux assignats; On en
Effets ^^^^* répandu un si grand nombre dans la circulasw\TSngoi. tioUj qu'ils ne représentaient plus qu'un huitième
de leur valeur nominale. Les réqumtions et le maximiim achevaient de compliquer cette crise économique et paralysaient les échanges au point que dans la plupart des localités les denrées avaient disparu. Un commerce fictif, officiel, en quelque sorte, avait lieu pour la forme. On échangeait de mauvaises denrées contre de mauvais papier-monnaie. Mais le commerce réel, celui qui permettait encore à la nation de vivre, s'accomplissait clandestinement. Ce qui se passait donnait en dernier ressort raison aux physiocrateset aux théorieiens de la liberté des échanges. Le maximum, mesure de salut public, avait pu avoir un moment son utilité, comme sur un navire en détresse le partage des rations; mais, à Télat normal,, il ne pouvait subsister sans péril pour Texistenœ même de la nation. Les effets du maximum aggravé par les réquisitions avaient ruiné les fabricants, et la guerre avec les Anglais détruisait notre commerce extérieur. Le nombre des mécontents s'était donc