LIVRE XXIII
accru avec la crise économique. Us s'unissaient aux rî'4 partisans de la liberté de la presse, et demandaient que réchange et la production fussent, ainsi que la pensée, débarrassés de toute entrave.
On conçoit l'irritation qui devait naître d'un pareil conflit. Les membres des anciens Comités, les débris du parti de Robespierre, un grand nombre de montagnards attachés à la Révolution, les Jacobins qui avaient repris, possession de leur club, les enragés qui avaient survécu et dont les membres les plus ardents se réunissaient au club électoral de l'évêché, formaient encore une faction considérable çt bien résolue à ne pas se laisser dominer par les thermidoriéQS. A cette époque, les questions de ce genre offraient un caractère qu'on ne rencontre plus danp nos mœurs politiques actuelles. La crainte de la mort à peu près inévitable qui attendait le vaincu, .impr;^^ mait une violence extraordinaire aux luttes de partis. Ainsi qfli'ill arrive à la suite d'une bataille, les deux armées reformaient leurs rangs. Les thermidoriens régnaient au Palais^Rdyal, lesrevoIutionnaires.au Jardin < des Tuileries f voisin du. club des, Jacobins. Les premiers imaginaient chaque jour de nouveaux moyens d'attaque,' les seconds se préparaient à une défense vigoureuse.
L'enlraînement irréfléchi qui présidait aux mises '
en liberté (fes suspecte et à Tarr^estation de ceux que Ion confondait sous la dénomination de continuateurs de Robespierre, exaspéra ces derniers. Quicon-
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n94. que a suivi le spectacle de nos discordes civiles peut se faire une idée de ce qui se passait alors. D est rare qu'en pareille circonstance le parti victorieux sache conserver la mesure et la- prudence nécessaires au maintien de l'ordre. La provocation fut poussée si loin par les thermidoriens, que Fréron mit en avant cette folle motion de raser Thôtel de ville, sous le prétexte que ce monument représentait « le Louvre du tyran Robespierre. » Léonard Bourdon répondit avec bon sens que l'hôtel de ville appartenait à la Commune de Paris, et Granet ajouta que les pierres de Paris n'étaient pas plus coupables que celles de Marseille {i).
Bourdon (de l'Oise) acheva d'irriter les vaincus en réclamant la mise en liberté des détenus dont les motifs d'arrestation n'étaient pas spécifiés dans la loi de prairial. Bentabole se joignit à lui, et tous deux demandèrent que les détenus et les parents des détenus fussent informés de ces motifs. La Convention vota docilement cette proposition, contre laquelle s'éleva le représentant Fayau. Mais Tallien emporta le vote, et la colère des Jacobins fut à son comble. Chasles se plaijynit à la tribune de la société de l'incarcération des patriotes, des excès de la presse, des muscadins et des femmes à grands bonnets. On hua Bentabole qui voulut répliquer à Chasles. A la Convention, Duhem et Granet obtinrent un décret qui décidait qu'à
(1) 17lhorim(lor(4aoùl i79i).