LIVRE XXlïï
Tavenir le nom des détenus mis en liberté et celui des députés ou autres personnes qui auraient demandé Télargissemont des suspects seraient imprimes sur des listes publiques.
Cette mesure, qui donnait satisfaction aux Jacobins, causa un mouvement de terreur. On se souvenait des listes des huit mille et des vingt mille devenues plus lard des listes de proscription. Les mises en liberté cessèrent. Duhem osa même demander qu*on poursuivît les hommes qui avaient sollicité l'élargissement des aristocrates connus, tels que les ducs d'Aumont et de Valcntinois. Granet alla plus loin , il voulait qu'on réintégrât dans leur prison les suspects mis en liberté. Chasles, Monestier appuyèrent cette motion. La querelle s'envenima. Merlin (de Thionville), Tallien, Bourdon (de l'Oise) et la plupart des chefs thermidoriens soutinrent énergiquement le parti de la clémence, qui finit par l'emporter. Le décret relatif aux listes fut rapporté.
Les hostilités dès lors furent franchement déclarées. Les Jacobins avaient pu accepter d'abord l'impulsion de thermidor, mais, lorsqu'ils virent que la réaction ne s'arrêterait pas et qu'elle les emporterait comme elle avait emjmrté Robespierre et son parti, la société se mit en mesure d'organiser la résistance. Des paroles amères furent articulées. « 11 se reforme dans la Convention un nouveau parti noir, » disaient les Jacobins. Un d'entre eux, conventionnel obscur, Louchetji qui le premier avait demandé l'arrestation