‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 49 sur 119 · LIVRE XMH · texte numérisé non relu

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Loys, Mouslier, Carrier, Duhem, prirent tour à tour 1794. la parole. Mais la question ne fît que dévier. Maure acheva d'irriter les passions. « Jesuisau milieu de mes amis, dit-il, je vais déboutonner mon cœur. .. J 'ai dit qu'il y avait un côté noir dans la Convention.. . » Une rumeur violente couvrit la voix de l'orateur. Tallien protesta. Maure essaya de se rétracter en avouant que la masse de la Convention était bonne. Dufourny attaqua le club de TÉvêché, où se réunissaient à la fois des ultra-thermidoriens qui réclamaient la liberté absolue de la presse, des hébertistes, des exaltés et des utopistes, qui commençaient à menacer la Convention, la déclarant incapable d'achever l'cruvre de thermidor. Parmi eux figurait un homme qui devait par ses actes et ses doctrines jouer plus tard un rôle <i"

'^ . . club de rÉvéché,

sanglant dans cette période décroissante de la Révo- -

lution. Il se nommait Gracchus Babeuf. Le Comité de appl^uion de sûreté générale le fit arrêter peu de jours après la séance du club des Jacobins dont nous venons de parler. Babeuf avait déjà publié alors des écrits qui lui firent des ennemis redoutables. Ces ennemis l'avaient fait condamner comme faussaire. La Convention ayant annulé le jugement rendu contre lui, il s'était rejeté avec plus de violence qu'autrefois dans le mouvement d'idées qui l'entraînait.

La Convention se trouvait donc à la fois menacée par les exagérés du parti thermidorien et par les Jacobins et le parti des comités. Une réconciliation de ces derniers avec les Montagnards eût donné au gou-

Motions anarchiqucs

Babeuf.

i::)i. Tcmement et à la Convention une force imposante. Maià les esprits étaient aigris et une impnidenee de l^^oinfre (de Versailles) acheva de les rendre irréconciliables. Personnage grotesque et ridicule, mais homme de bonne foi, Lecointre ( do Versailles) , qui devait prochainement, ainsi que Bourdon [de TOise), se séparer des thermidoriens, dénonça à la tribune de la Convention trois membres de Tancien Comité de salut public, Billaud-Varennes, Collot-d'Herbois et bénooeiatîMi Barrèrc, et quatre membres du Comité de sûreté gé- «»«« nérale, David, Vadier, Amar et Vouland. David, on

Billarod-'Vareoiie»,

Barrére. ' Ta VU, était déjà en état d'arrestation. Lecointre artieu. " culait contre eux vingt-six chefs d'accusation. Il leur reprochait notamment d'avoir ordonné des emprisonnements arbitraires; d'avoir étendu jusque sur la Convention le système de la terreur en gardant un silence affecté sur la liste de trente représentants du peuple qui devaient être incarcérés; de n'avoir point remplacé les membres absents des Comités; d'avoir avec Robespierre étouffé la liberté des opinions et provoqué le rapport des lois favorables à la liberté; d'avoir confié des pouvoirs en blanc à des agents criminels; d'avoir fermé l'oreille aux plaintes des opprimés; d'avoir injustement emprisonné cent mille citoyens de tout âge; d'avoir pactisé avec les promoteurs de la loi du 22 prairial et de s'être opposés à l'ajournement et à l'impression de celte loi, ouvrage du Comité tout entier; d'avoir arrêté l'effet d'un mandat d'arrêt lancé contre Pache, dans l'affaire

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