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repaire de brigands. » Dahem soutint sans plier la 1794. cause des Jacobins. On lui reprochait d'avoir dit : ce II est bon que les crapauds du marais lèvent la tête, elle sera plus facilement coupée. » Il maintint audacieusement ce propos sanguinaire. La Convention recula devant le péril d'un jugement qui Peut mise en guerre ouverte avec les sociétés populaires. Rewbell et Durand-Maillane votèrent pour un ajournement jusqu'après le rapport sur la situation de la République. « Si vous tuez la mère, vous tuez les enfants ! » s'écria Levasseur (de la Sarthe) . Le soir, aux Jacobins, l'assassinat de Tallien fut tourné en dérision. Le lendemain, une députation du club se présenta à la barre de la Convention; elle se plaignit de l'incarcération des patriotes, de la mise en liberté des- suspects. Les Jacobins obtinrent un triomphe qui prouva une fois de plus que la Convention hésitait dans sa marche et ne pouvait se résoudre à choisir entre les deux partis. Le club jura guerre à mort aux ennemis du patriotisme.
Néanmoins, l'opinion publique, la presse, le Comité de sûreté générale, inclinaient vers les Thermidoriens. Ceux-ci publiaient une multitude de pamphlets contre les terroristes. Les salons qu'ils fréquentaient, le club de Clichy, où ils se réunissaient, retentissaient de leurs clameurs. Le 18 septembre ils firent une émeute au cri de : c< Vive la Convention! à bas les Jacobins! à bas la queue de Émeutes Robespierre! » Pour simuler un attachement aux ^^^ muscadins.
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Tranblfttioii des
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principes révolutionnaires, qu'ils détestaient, quelques uns d'entre eux, à Texemple deFréron, se disaient hautement les disciples de Marat, dont l'apothéose eut lieu le 23 septembre (2 vendémiaire). La Convention avait décrété que ce jour-là les cendres cendres de Marai ^q Tami du Dcuple scraicnt transportées au Panthéon.
au Panthéon. . i i ....
Pour qu'une telle cérémonie pût avoir lieu, il fallait que le prestige de la Terreur ne fût pas encore entièrement dissipé.
Un procès, qui devait mettre en lumière les crimes les plus épouvantables de 1793, fournit aux Thermidoriens une occasion d'atteindre les Jacobins dans la personne d'un de leurs chefs. Le Comité révolutionnaire de la ville de Nantes, à l'époque du proconsulat de Carrier, avait envoyé au tribunal de Paris quatre-vingt-quatot^e Nantais accusés de fédéralisme. Ceux-ci furent mis en liberté après thermidor. Pour se venger, ils dénoncèrent le Comité de Nantes. Après le tour des victimes vint celui des bourreaux. Parmi ces derniers se trouvaient quelques hommes qui avaient vaillamment défendu la ville contre les Chouans. Exaltés par le danger, et poussés dans la voie du crime par les excitations et les ordres de Carrier, ils étaient devenus les instruments aveui'les des cruautés de ce monstre. Devant le tribunal, ils Procès avouèrent les atrocités qu'ils avaient commises, el
des NanUi>. ^ * ,
Affaire de Carrier, accusaicnt hautement Carrier de les avoir poussés ii
ces horribles excès. Carrier avait déjà été l'objet des attaques de Robespierre. Devenu, après thermidor>
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Tun des chefs influents du club des Jacobins, les 1794. raisons politiques se joignirent à l'Iiorreur qu'il inspirait, etquand son nom fût prononcé devant le tribunal, il souleva une indignation irrésistible. La Convention n'avait pas à hésiter dans une question personnelle. Le 8 brumaire, elle décréta que tout représentant du peuple dénoncé serait l'objet d'un examen de la part des Comités de salut public, de sûreté générale et de législature. Une commission décida que Carrier comparaîtrait devant le tribunal révolutionnaire. liCgendre dénonça aussitôt Barrère, Billaud-Varennes et Collot-d'IIerbois; Carnol intervint généreusement en faveur de ses anciens collègues. La Convention passa à l'ordre du jour, mais elle décréta (1) l'interdiction des affiliations de la société mère des Jacobins avec les autres clubs. Elle abolit en même temps le droit de pétitions collectives. Les Jacobins commirent l'imprudence de défendre Carrier. Colloi-d'Herbois et Billaud-Varennes prononcèrent des discours menaçants, a fe lion n'est pas mort quand il sommeille, dit Billaud-Varennes; à son réveil, il extermine tous ses ennemis. » Ces paroles, rapportées à la Convention et commentées par les chefs thernnidoriens, alarmèrent l'Assemblée. Tallien et ses amis invitèrent la Convention à frapper cette poignéed' hommes de proie. Les Comités furent chargés de sévir contre les représentants qui faisaient
(1) Décret du 21 vendémiaire 1794.
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1794. appel à la guerre civile. Le club des Jacobins résolut d*adresser à ce sujet une pétition à la Convention.
Avant que les Comités eussent exécuté ces ordres, la crise devint plus grave. La disette sévissait au point qu'on dut, comme sur un navire en détresse, distribuer nominativement le pain et la viande; aux excitations des partis se joignaient les fatales inspirations de la faim. La séance de la Convention du 18 brumaire fut très-orageuse. Cambon accusa Tallien de vol et de dilapidation. Le peuple était revenu en foule aux tribunes; il hua Tallien, Bentabolle et les orateurs thermidoriens. Le lendemain, les hommes de Fréron, qu'on désignait sous le nom de Muscadins et de Jeunesse dorée, pénètrent de vive force, et armés Les muscadins (Je sabrcs, dc pistolets et de bâtons, dans les tribunes iies Jacobins, du club dos Jacobîns, frappent les hommes et fouettent les femmes, les appelant du nom injurieux de furies de la guillotine et de tricoteuses de Robespierre. Les Jacobins engagent une lutte contre les agresseurs et les expulsent du lieu de leurs séances. Une foule immense remplissait la rue Saint-Honoré; la force armée survint. On arrêta quelques Muscadins; le Comité de sûreté générale les fit mettre en liberté. Les chefs jacobins, notamment Biilaud-Varennes, se plaignirent à la Convention ; mais Rewbel, président des Comités, fit une réplique amère et conclut en demandant la fermeture d'un club qui, selon lui, était la cause des malheurs du pays. Duhem répliqua par une vive attaque contre Tallien et sa maî-
Dornière séance de ce club.
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tresse, madame Cabarrus. La Convention , sur la 1794. proposition de Goupilleau (deFonlenay), renvoya l'affaire à Texamen des Comités.
lie lendemain, au moment où Romme venait de lire à la tribune le rapport sur Carrier et où la Convention ordonnait Tarreslation de ce scélérat, Prieur (de la Marne) annonça qu'un nouvel attroupement se formait autour des Jacobins. La séance fut aussitôt levée, et les quatre Comités de législation, de la guerre, de sûreté générale et de salut public s'assemblèrent. La séance des Jacobins s'était ouverte à six heures; les hommes et les femmes des tribunes qui avaient eu à souffrir les sévices des muscadins étaient là ; ils s'attendaient à une nouvelle attaque, et s'encourageaient à la résistance. Les membres du club étaient groupés dans la cour; ils étaient armés de bâtons; un seul portait un sabre. Ils parcoururent les tribunes, menaçant les Muscadins et les espions. Les tribunes entonnèrent la Marseillaise et le chant : Veillons au salut de V empire. Les membres du club entrèrent à sept heures moins \m quart et furent salués d'applaudissements frénétiques. Raisson, viceprésident, demanda qu'on fît la lecture des Droits de l'homme. Cette lecture fut écoutée tête nue et applaudie. Chacun exposa ensuite ses plaintes sur l'atlaquç de l'avant-veille. Des femmes avaient été violées. Un Jacobin déclara qu'il avait remarqué parmi les assommeurs le marquis de Saint-IIuruge, fameux dans les premiers troubles de la Révolution.
1794. Vers sept heures et un quart, un grand bruit s'éleva dans la cour, et Ton entendit crier : « A bas les Jacobins ! Vive la Convention ! » Les femmes poussèrent aussitôt des cris de terreur; les JacQbins se levèrent en tumulte. Les uns se précipitaient vers le couloir; les assistants des tribunes voulaient sortir en masse; mais la salle des Jacobins était cernée de tous côtés : une foule immense remplissait la rue Saint-Honoré. La force armée, les membres des quatre Comités de législation, de la guerre, de salut public et de sûreté générale arrivèrent, accompagnés d'un détachement de cavalerie. La foule augmentait toujours. Les Jacobins firent deux prisonniers, les conduisirent dans la salle, et leur mirent pour toute punition le bonnet rouge sur la tête. La force armée parvint à investir complètement le club. Cependant les Muscadins cherchaient encore à enfoncer les portes ; des impudicités^ en harmonie d'ailleurs avec les mœurs de ces Thermidoriens, qui furent plus tard désignés sous le nom de pourrisj se mêlèrent à ces violences. Un Jacobin proposa de donner le bras aux femiïies des tribunes pour les reconduire chez elles. On relâcha les deux prisonniers. Les députés du Comité militaire entrèrent et promirent leur appui à la Société. On continua à délibérer : un membre du club, Caraffe, proposa de ramasser les pierres jetées aux Jacobins; de les réunir sur la table du président, et de les montrer au peuple au début de chaque séance. Les cris continuaient au dehors. Dans la tribune de Robespierre^