‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 57 sur 119 · LIVRE Wlll l!>y · texte numérisé non relu

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par le langage cl le costume et en venaient aux mains. 1795. Dans une de ces rixes, qui eut lieu au théâtre Feydeau, les muscadins brisèrent le buste de Maral et le remplacèrent par celui de J. J. Rousseau. La police voulut s'interposer, elle fut vaincue. Paris était alors rempli de réquisitionnaires qu'on n'obligeait pas à rejoindre leurs corps, et qui, oisifs sur le pavé, se mêlaient à toutes les émeutes. L'exemple du théâtre Feydeau fut contagieux. Rue Montmartre, le buste de Marat fut promené et ignominieusement jeté dans un égout. ce Marat, voilà ton Panthéon ! » s'écrièrent Les muscadins

brisent le buste

les chefs de cette manifestation. A la porte d'un dro- de Marat. guiste, ancien séide de l'ami du peuple, on trouva une affiche représentant Marat pendu. Les mêmes troubles se produisirent à l'Opéra-Comique. Fréron, qui se disait disciple de Marat, se voyait débordé. 1\ admonesta la jeunesse dorée, qui ne tint pas compte des réprimandes de son chef. Les muscadins marchaient armés de sabres et de pistolets et livraient des combats au faubourg Saint-Antoine. La Convention, au lieu de résister aux fauteurs de désordre, fléchit et décréta que les honneurs du Panthéon ne pourraient être décernés à un citoyen, ni son buste placé à la Convention nationale et dans les lieux publics, que dix ans après sa mort. Ces troubles, fomentés par les royalistes et les thermidoriens, servirent de moyen de se débarrasser de plusieurs hommes inquiétants. On arrêta Duhem et quelques autres Jacobins. Tallien accusa également Gracchus Babeuf, qui prêchait i\\ 9

JÔO

Arreslation de Babeuf.

Abolition

fies mesures prises

pendant

la Terreur.

alors la théorie du bonheur commun dans une feuille intitulée le Tribun du peuple^ et qui peu de temps auparavant avait pour titre Journal de la liberté de la presse, Fouché était en relation d'amitié avec Babeuf. Tallien dénonça ce fait, espérant du même coup perdre Fouché ; mais celui-ci ise disculpa.

Chaque jour était marqué par l'abolition de quelqu'une des mesures qui avaient constitué le régime de la Terreur. Gn leva le séquestre sur les biens des étrangers en guerre avec la France et sur les meubles et effets des condamnés. La Convention révoqua également les décrets qui mettaient hors la loi les ennemis de la Révolution et ceux qui leur jdonnaient asile ; elle ordonna la restitution des biens des condamnés depuis k 10 mars 1793. Des secours furent accordés aux pères et aux mères cj'émigrés. Ces mçr sures, qui en temps ordinaire eussent été de nature à ramener la confiance et la prospérité, coïncidèrent avec lereifforldesloissur le maximum. Or, ceslois^uoique efficaces en des circonstances exceptionnelles^ mais d'une impossible prolongation, étaient devenues intolérables. Leur premier effet fut d'élever immodérément le prix des denrées et déporter aux dernières limites la dépréciation des assignats. La Convention en fit l'aveu tacite en doublant rindemnitéallouéeaux représentants du peuple. Le gouvernement futpendant cette période de la Révolution absorbé par deux questions qui dominaient la situation. L'une était relative aux subsistances, l'autre aux désarmements des der-

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