‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 62 sur 119 · LIVRE XXÏll · texte numérisé non relu

LIVRE XXÏll

courir le bruit de ravénement prochain du jeune nos. Louis XVII, qui n*avait plus que quelques jours à vivre et languissait, dans la prison du Temple. A chaque instant la Gonvenlion recevait la nouvelle d'assassinats contre les terroristes, qu'on désignait à Lyon et dans le Midi sôus le nom de Mathévom. La jeunesse doréede Lyon.se formait en bandes armées^ dressait des listesde mcurlr©;»iarrachaitde leur domicile lesaffciens municipaux et fonctionnaires de la République, Agitation royaiist.« les égorgeait ou les assommait et les lançait dans le ^ ^]^^' Rhône. Des femmes et des jeunes filles n'échappèrent Massacre pas aux exécuteurs de cette terreur blanche. Le l6 -

. Compagnies

floréal, les massacreurs se portèrent aux prisons de ae

Sain t Joseph et de Roanne et égorgèrent quatre-vingts ^^'"^ ^^ "^^ ^^^•^* quatorze détenus, parpii lesquels se trouvaient trois femmes. L'autorité essaya de sévir; mais le tribunal de Roanne acquitta les assassins, et, à leur retour, les dames de Lyon, leur jetèrent des fleurs.

A Marseille, à Aix, Arles, Tarascon, dans toutes ces contrées où le vent brûlant du midi semble allumer dans le sang des passions plus ardentes, il s'était formé, »ous le nom de compagnies de Jésm et du Soleil^ des bandes d'assassins. Ces bandes avaient leurs chefs. Trois commissaires de la Convention, Cadroy, Chambon et Isnard, devenu un furieux réacteur, un peu plus tard Mariette, Jourdan, Gauthier et Durand-Maillane, soulevèrent contre les prisonniers jacobins du fort Jean une violente animosité. Le bruit courut que ces prisonniers allaient être égor-

1795. gés. La vérité est que depuis dix-huit jours ces infortunés étaient réduits au pain et à Teau. On leur avait enlevé leurs chaises, bouteilles, assiettes, pliants, couteaux. Il se tramait évidemment quelque épouvantable projet. Au lazaret de Marseille, il fut préparé des fosses avec de la chaux vive. Dn mouvement populaire se fit en leur faveur dans la ville de Toulon. Les ouvriers pillèrent Tarsenal et partirent pour Marseille. Le représentant Brunel, n'ayant pu s'opposer à ce mouvement, se brûla la cervelle, Jsnard affecta de se méprendre sur le sens de l'expédition, et, avec cette sauvage éloquence dont il devait faire un si détestable usage, il excita, du haut du balcon de la Commune, la fureur des habitants. c< Si vous n'avez pas d'armes, s'ccria-t-il, déterrez les ossements de vos pères et servez- vous-en pour exterminer ces brigands ! » Les ouvriers furent culbutés, faits prisonniers, guillotinés. La compagnie du Soleil et son chef, Robin, apparurent au milieu de ces sinistres conjonctures. Ces bandes, formées quelquefois par les représentants en mission dans le Midi, sous la vague dénomination de compagnie de citoyens, destinées à soutenir au besoin les autorités consliluées^ étaient armées. Elles se sentaient protégées et assassinaient systématiquement, comme le bourreau qui obéit à la loi. Le nombre des assassinats individuels qu'elles commirent remplirait à lui seul plusieurs pages. Les ouvriers de l'arsenal de Toulon vaincus, les compagnies de Jésus et du Soleil purent opérer

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