LIVRE XXllI
insurgés, je me nomme Saint-Ligier. Au surplus "î^^ voilà le vœu du peuple : Vive la République! vive la liberté! vive la Convention ! si elle est amie des principes. » La Convention invita les députés des insurgés aux honneurs de la séance et le président leur donna Taccolade. On suspendit ensuite la séance jusqu'à onze heures. Le peuple rentra dans les faubourgs sur la foi de ces promesses. La nuit fut calme ainsi que la journée du lendemain. Mais vers huit heures du soir, au moment où la charrette conduisait au supplice Jean Quinet, garçon serrurier, condamné à mort pour avoir porté la tête de Féraud au bout d'unepique, l-escorte fut, en arrivant à la place de Grève, culbutée par la multitude qui enleva le condamné. Les émeuliers voulurent aussi , dans l'enivrement de leur succès, aller ouvrir les portes des prisons. Le chef de ce mouvement fut arrêté à deux heures du matin. Les Comités réunirent vingt mille hommes de troupes et se disposèrent à livrer combat à Tinsurreclion. La jeunesse dorée se voyant appuyée prit les armes et marcha contre le faubourg Saint-Antoine. Elle y pénétra d'abord sans résistance. Mais, en arrivant à la barrière du Trône, elle vit une formidable rangée de canons et aux fenêtres de chaque maison des fusils et des piques. Les jeunes gens voulurent alors rétrograder, mais derrière eux s'étaient, comme par enchantement, élevées de hautes barricades. Le peuple ne les massacra point; mais il leur infligea des corrections plus humiliantes que dangereuses. Ils étaient