‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 79 sur 119 · IT · texte numérisé non relu

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hjm;. L'infortunée jeune princesse avait alors dix sept

ans. Son adolescence s'était écoulée dans la prison du Temple, au milieu des horreurs de la Révolution. Elle avait vu son père partir pour Téchafaud. On l'avait successivement séparée de son jeune frère, de sa mère et de sa tante. Elle ignorait encore leur sorl au milieu do Tannée 1794. Jamais victime plus innocente ne fît de la vie un plus terrible apprentissage. Cette fille de France, que sa naissance et son âge appelaient à la plus riante des destinées, balayait elle-même sa chambre et allumait son feu. A côté d'elle le sang des siens coulait sur l'échafaud, et son jeune frère mourait de langueur sans qu'elle en fût seulement informée. Douée d'une angélique résignation, elle attendrissait Tâme de ses geôliers et puisait une force au-dessus de son âge dans ses sentiments religieux et dans le souvenir des dernières recommandatioms de ses parents. Elle pardonna saiis doute, mais les Français lui furent toujours odieux. La fortune, qui devait lui rendre le rang souverain et la ramener en France, ne put lui faire oublier de tels souvenirs. Lorsque, plus tard, elle errait solitaire sous les ombrages des bois de Marne, elle songeait moins sans doute aux splendeurs de la monarchie restaurée qu'à ces heures terribles qui, durant toute sa vie, évoquaient dans son souvenir le spectre du passé.

Pendant l'année i 795, les rigueurs de sa captivité s'adoucirent. Mais quelle douceur que celle qui lui apportait tant d'éternels regrets ! On lui rendit ses

deux gouvernantes , mesdames de Tourzel et de Mae- i^se. kau. Enfin le 19 décembre, à quatre heures du matin, elle sortit de cet enfer et revit les étoiles. M. Benezech, ministre de Tintérieur, la conduisit à la voiture qui devait Temmener hors de France. Elle partit accompagnée de ses gouvernantes et de personnes autrefois attachées à la maison royale. Elle s'arrêta entre Huningue et Bâle, dans une maison de campagne, le 25 décembre 1795. Le peuple des environs vint saluer son infortune. Les prisonniers français arrivèrent le 6 janvier 1 796, et l'échange eut lieu selon les conditions stipulées. La princesse partit ensuite pour Vienne, et épousa trois ans après, le 10 juin 1799, le duc d'Angoulême, neveu de Louis XVIII. Ce mariage n'eut lieu qu'après de longues et difficiles négociations avec la cour de Vienne* Un des témoins de ce mariage fut l'abbé Edgeworth de Firmont, qui avait accompagné Louis XVI à l'édiafaud. Des souvenirs funèbres devaient planer jusque sur sa couche nuptiale. Après avoir assisté à de si grandes infortunes, tous deux se rencontraient comnie des âmes échappées d'un autre monde.

Tandis que la fille de Louis XVI se dirigeait vers Vienne, Quinette, Bancal, Camus, Lamarque, Drouet et Beurnonville arrivaient à Paris. Quoique Paris Ait bieu changé depuis l'époque où ils l'avaient quitté, ils reçurent un accueil chaleureux et prirent dans les conseils la place qui leur avait été réservée. Un reflet des anciens jours projetait encore ses lueurs

des partie.

1796. sinistres sur cette société nouvelle. Le 21 janvier approchait. Les conventionnels, en majorité dans les Anniversaire conscils, saisircnt cctlc occasion de forcer au parjure da 21 janvier. Iqxjts collègucs royalistcs. Ils proposèrent de célébrer Agiuticn la mort du dernier roi des Français, et comme si Téchafaud n'était pas le'serment le plus terrible de tous les serments de jurer haine à la royauté. Chaque membre des conseils dut, le jour de cette fête patriotique, articuler la formule prescrite. Les royalistes en furent quittes pour protester intérieurement contre celte violence faite à leur conscience. Les serments ne se marchandent pas en politique. Chacun jura. Le vieux Dupont de Nemours et un de ses collègues essayèrent seuls d'ajouter aux mots : Je jure haine à laroyatUé^ ces paroles, et à toute espèce de tyrannie^ ce qui était une allusion blessante contre ceux-là mêmes qui avaient décrété le serment. On les obligea de le répéter sans y rien ajouter, humiliation à laquelle ils se soumirent. Rien ne coûte aux partis pour accomplir leurs desseins. Ils s'indignent des serments qu'on leur impose, et ils trouvent légitime de s'introduire dans le sein des conseils d'un gouvernement pour mieux le trahir et le perdre.

Ainsi en essayant, comme la plupart des gouvernements, de suivre une politique de juste milieu, le Directoire mécontentait à la fois les royalistes et les révolutionnaires. Les premiers le trouvaient trop radical, les seconds trop modéré. Les réquisitions, l'emprunt forcé, les lois sur les prêtres et les émigrés, ne pa-

paissaient pas aux révolutionnaires des mesures suffi- 1796. samment énergiques. Ilsattribuaient à cette prétendue mollesse le discrédit des assignats et se plaignaient qu'on songeât à supprimer un papier qui avait sauvé la Révolution. La suppression des distributions de pain dans Paris était l'objet de leurs plus amères récriminations. Ils se plaignaient aussi qu'on continuât les oursuites contre les massacreurs de septembre, tandis qu'on acquittait la plupart des insurgés royalistes du 13 vendémiaire. La masse générale, fatiguée de guerres, d'impôts, de réquisitions, offrait aux mécontents des deux partis opposés un champ où chacun d'eux espérait pouvoir semer, en temps et heure, le grain de la révolte. Mais si le but était le même, les moyens différaient. Les royalistes, battus en Vendée et en Bretagne, battus en vendémiaire, prétendaient concentrer leur action à Paris, agir par la presse et par les intrigues parlementaires dans les conseils. Cette politique a fini par prévaloir dans le parti royaliste, qui s'est décidé à l'adopter exclusivement. Ce système lucratif et peu périlleux tend toujours à prévaloir parmi les comités secrets des partis assez riches pour stipendier leurs agents. Le parti révolutionnaire, au contraire, dénué de ressources, belliqueux par tempérament et par les passions qu'engendre la misère, marchandant moins sa vie par cela même qu'elle est plus précaire et plus malheureuse, incline volontiers vers l'insurrection. Un incident acheva de précipiter, en 1796, les natriotes dan^

1796. cette voie sanglante déjà tant de fois parcourue depuis 1789. Le Directoire, par une décision du 8 ventôse an IV (février 1796), fit fermer le club du Panthéon, où se réunissaient d'anciens jacobins, des ten^oristes et des membres des clubs de la Révolution.

Cette mesure, motivée par les infractions des panthéonistes à la Constitution de Tan III, qui interdisait à ces réunions de constituer un bureau et de distribuer des diplômes, exaspéra les hommes exaltés du parti révolutionnaire. Ils continuèrent pourtant de se réunir dans une salie du café des Bains chinois, qu'ils décoraient du nom de Temple de la Raison, et où ils chantaient des chansons patriotiques. Une conspiration ne tarda pas à s'y former. Ceux qui la dirigeaient prirent des dispositions pour une insurrection prochaine. lie chef le plus apparent de la conspiration était François-Noël Babeuf qui, selon la mode du temps, prit un surnom romain. Il adopta d'abord celui de Camille, et ensuite celui de Caius Gracchus, en mémoire des deux tribuns qui proposèrent la loi agraire. Les doctrines qu'il professait au club du Panthéon et dans son journal le Tribun du peuple j et auxquelles on a donné le nom de babouvisme^ n'avaient cependant rien de commim avec la motion des Gracches sur le partage des terres conquises. C'était une conception matérialiste ayant pour base l'égalité absolue, pour but le bonheur commun^ qui ne saurait être considéré par des esprits

Babeuf et sa doctrine.

élevés comme un véritable but social. La théorie des 17%. ég^ux, qui depuis a donné naissance au communisme, n'était, dans le cerveau de ceux qui la conçurent, qu'une aspiration vague et incomplète, un embryon d'utopie dépourvu de base religieuse, philosophique et politique. On y retrouvait un mélange des principes émis dans les Droits de l'homme, et quelques formules absolues empruntées aux théories anciennes sur la mise en commun du sol et de son exploitation. La famille appartenait à l'État, et le pouvoir à une dictature tirée au sort. Ces rudiments grossiers qui, depuis, ont séduit l'imagination de. quelques penseurs qui devaient leur prêter le prestige de leur talent, ne dépassaient pas beaucoup alors les conceptions romanesques et bizarres du chancelier Thomas Morus et du moine Campanella.

^beuf avait réuni autour de lui un certain nombre conjurauou d'ddeptes. Les plus illettrés partagèrent sans doute ces croyances, car l'utopie plaît aux pauvres et aux ignorants comme une image grossièrement coloriée plaît aux yeux des enfants; mais les plus intelligents, sans se soucier au fond de la doctrine, la regardaient comme un instrument d'insurrection, et ne songeaient qu'à son résultat politique, qui eût amené la destruction du Directoire et des Conseils, restauré la Gonveniion, le Comité desalut public, la Constitution de i 793. et le régime de la Terreur. Soixante-huit anciens Montagnards proscrits ou non élus, et un député par département devaient former cette Conven -

de Babeuf.

1796. tion nouvelle. Ils organisèrent d'abord un Directoire secret de quatre membres. Babeuf, Dabon, Darthé, ancien secrétaire de Joseph Lebon, et le Florentin Buonarotti, descendant de Michel-Ange, déjà connu par sa mission à Lyon, relativement à Chalier, furent les membres présumés de ce Directoire secret; mais on n'a de certitude que relativement à Babeuf et à Darthé. Ces chefs étaient en rapport avec d'autres agents subalternes qui ne se connaissaient pas les uns les autres. Par le moyen d'une hiérarchie ainsi combinée, il était impossible de saisir l'ensemble de la conjuration; mais la nécessité d'embaucher des partisans dans l'armée et de constituer un comité insurrecteur obligea les conjurés à étendre le cercle de leur confiance. Ils s'adjoignirent d'anciens généraux destitués, Rossignol, Parent, Lami, Fyon; un membre de rAssemblée législative, Antonelle; d'anciens conventionnels, Drouet, Lepelletier de Saint- Fargeau, frère de la victime du garde Paris, Ricord, Choudieu, Amar, Vadier, Huguet, Laignelot. Ces derniers se souciaient peu des doctrines de Babeuf, et celui-ci tenait en médiocre estime ces hommes plus expérimentés que lui en politique ; mais de part et d'autre on espérait bien dominer le mouvement.

On prépara l'acte insurrectionnel, les guidons et les armes. Des imprimés à l'adresse des démocrates français furent également tenus à la disposition des chefs. On y invoquait la constitution de 1793, la Convention, qu'on déclarait non dissoute. Le peuple

insurgé proclamait le réiablissemenl de la Conslilution de 1793, la liberté, Tégalité et le bonheur commun, les barrières et la Seine devaient être fermées, le Directoire et les Conseils dissous et jugés par le peuple, les biens des émigrés distribués aux pauvres et aux défenseurs de la patrie. D'autres mesures, que leur violence ne permettait pas de livrer à la publicité, étaient également arrêtées. Les révolutions ne se font pas sans effusion de sang. Les conjurés le savaient et se proposaient d'exciter la colère du peuple, afin qu'il les débarrassât des hommes qui eussent entravé leur marche. Ils avaient noué des relations avec la légion de police, formée par le conseil du général Bonaparte avec les patriotes belliqueux qui, en vendémiaire, étaient venus offrir leurs services à la Convention et avaient formé le bataillon des patriotes de 89. Mille invalides, quinze cents grenadiers du Corps législatif, cinq cents soldats détenus, autant d'officiers destitués, mille canonniers, quinze cents fonctionnaires révoqués, environ cinq mille révolutionnaires de Paris et des départements devaient, dans l'estime des chefs, prendre part à l'insurrection. Ces calculs n'avaient rien de fondé. Ils pouvaient tout au plus éblouir des hommes crédules et ignorants de la situation .

On remarquera sans do ute des contradictions singulières entre le plan insurrectionnel et la théorie du bonheur commun. La courte carrière. du chef qui la dirigeait offre les mêmes contradictions et les

Antécédents deBabeuL

Poursnitat

exercées

contre lui.

1796. mêmes incertitudes. Babeuf, fils d*un officier au service de TAutriche, avait occupé les modestes fonctions de commissaire terrier à Roye. L'algèbre et la géométrie furent l'objet de ses premières études. Sous TAssemblée constituante il avait publié un ouvrage intitulé : le Cadastre perpétuel. Comme la plupart des jeunes hommes de son temps, il se jeta dans le mouvement révolutionnaire. 11 y apportait Texaltation des esprits impatients chez lesquels le sentinaent domine la réflexion, et qui, frappés d'une idée, ne tiennent pas compte des obstacles que la société et la nature humaine lui opposent. L'idée d'une égalité absolue, chimérique, s'était logée dans son esprit avec cette rigueur qu'apportent souvent les mathématiciens qui sortent de leur sphère spéculative, lorsqu'ils abordent les matières politiques . Emprisonné deux fois, il n'en devint que plus ardent. Chez les caractères de cette trempe il n'y a qu'un pas de l'exagération au fanatisme, et, pour le franchir, il suffit d'une persécution : Babeuf en subit une de l'espèce la plus odieuse. Membre du district de Montdidier en 1 792, on le condamne à vingt ans de fers pour substitution de nom et de date dans l'adjudication d'un bien communal. Les historiens qui font la guerre aux idées en attaquant la vie privée et que la mort elle-même ne désarme pas, prétendent que Babeuf fut réellement coupable; d'autres prétendent, au contraire, qu'il fut victime d'une erreur sans intention frauduleuse. Quoi qu'il en soit,

Je mandat d'amener resta sans exécution, et Babeuf i796. occupait, en 1 793, les fonctions de secrétaire des subsistances à la Commune de Paris . Il attaqua Pache et Garai, qui le firent écrouer à TAbbaye le 31 décembre 1 793. Le tribunal de cassation, saisi d'un pourvoi, annula le jugement du tribunal d'Amiens, et le renvoya devant le tribunal criminel de TAisne, qui le mit en liberté, Babeuf reprit ses fonctions, mais il les quitta bientôt pour fonder le Journal de la liberté de la presse, auquel il donna, ie mois suivant (octobre 1794) le titre de Tribun du peuple. De l'exaltation Babeuf était alors arrivé à l'illuminisme, dernière et dangereuse période de Tétat mental dans lequel vivent certains agitateurs. La misère, les soins de la famille (Babeuf était marié et père de deux enfants) ajoutaient encore à toutes ces causes d'excitation morale.

Comme la plupart des .individus qui vivent dans l'abstraction, Babeuf suivit une ligne politique incertaine et contradictoire. Il eût été logique de la part d'un partisan de Tégalité, d'un démocrate pur comme il pensait l'être, de se rapprocher de Saint- Just et de RobespieiTe. Il se jeta au contraire dans le parti de Fréron et dans le mouvement thermidorien. Il est vrai que Saint- Just et Robespierre poursuivaient un but social fort différent de celui que se proposaient les Egaux. Robespierre et Saint-Jus t étaient les théoriciens de la vertu, et Babeuf croyait que la fin de la société était la recherche du bonheur

^796. commun. Il se jeta dans la réaction thermidorienne et publia divers pamphlets véhéments contre le système de la terreur et de la dépopulation. Il suivit en ceci l'exemple des Hébertistes et des partisans de Marat. Il se sépara ensuite de Tallien et de Fréron, qu'il traita de buveurs de sang, et fut arrêté le 7 février, par ordre du comité de sûreté générale. Emprisonné à la Force, conduit à Arras, ramené à Paris, mis en liberté le 26 octobre 1795 (4 brumaire an IV), il reprit alors la publication de son Tribun du peuple. Ses idées politiques avaient subi une profonde modification. Aigri par rinfortune, il exprima le regret que les septembriseurs n'eussent pas anéanti les spoliateurs du peuple. Les débris du parti révolutionnaire, oubliant leurs anciens dissentiments, serraient leurs rangs éclaircis. Babeuf, devenu l'un des principaux chefs de cette faction désespérée, organisa la conspiration des Egaux.

Griseï trahit La couspiratiou était à la veille d'éclater lorsqu'un

les conspirateurs. i • / ^

de ces hommes qui, heureusement pour la société, ne reculent pas devant le triste rôle de délateurs, livra le plan des conjurés. C'était un capitaine de la2 P demibrigade nommé Grisel, caserne à l'École-Militaire. Les chefs du complot cherchaient des affiliations dans l'armée. Un ami de Grisel lui fit faire la connaissance de Darlhé, dont il sut capter la confiance, et qui l'initia et lui donna un brevet d'agent. Grisel sollicita une entrevue de Carnot, alors président du Directoire, et le 15 floréal (5 mai), il fit une rêvé-

lalion complète et continua de suivre, pour le compte iw. du Directoire, le fil de la conjuration. Il parvint à connaître la demeure de Babeuf et le lieu où les conjurés devaient procéder à une dernière délibération. Sur ses indications, Babeuf et une partie de ses complices furent arrêtés, écroués à l'Abbaye et transférés au Temple. Drouet seul parvint à s'échapper. On saisit également, au domicile de Babeuf, les papiers qui contenaient le plan détaillé de la conspiration. Cette importante capture eut lieu le 13 floréal par les soins de Cochon de TApparent, que le Directoire venait de placer à la tête d'un nouveau ministère, celui de la police générale.

Pendant qu'il était à la prison du Temple, Babeuf, avec une audace singulière, et qui prouvait que sa force d'âme égalait son fanatisme, écrivit au Directoire une lettre ainsi conçue : « Begarderiez-vous comme aii-dessous devons, disait-il, de traiter avec moi de puissance à puissance? Vous avez vu de quelle vaste confiance je suis le centre, vous avez vu que mon parti peut bien balancer le vôtre ; vous avez vu quelles immenses ramifications y tiennent. J'en suis plus que convaincu, cet aperçu vous a fait trembler. Qu'arrivera-t-il de cette affaire lorsqu'elle paraîtra au grand jour? que j'y jouerai le plus glorieux de tous les rôles. On pourrait me condamner à mort, mais mon jugement serait aussitôt réputé prononcé par le vice puissant contre la vertu faible ; mon échafaud figurerait glorieusement à côté 'de ceux de Bar-

1796. neveldl el de Sydney. Vous irriteriez toute la démocratie et la République, à qui vous devez votre puissance, et qui peut en un instant vous la retirer, » Pour toute réponse,- le Directoire pressa Tinstruclion, et les conseils votèrent le renvoi des accusés, parmi lesquels figurait le député Drouet, devant la haute cour nationale, qui devait se réunira Vendôme. Celait une institution de Tan lïï. Il fallut procéder à son organisation. Vendôme fut fixé pour lieu de réunion de la haute cour. Mais le nombre des accusés s^éievant au chiffre de soixante-cinq, T instruction devait se prolonger jusqu'au commencement de Tan V.

Ceux des conjurés qui n'étaient pas arrêtés ne perdirent point courage. Ils résolurent de se porter au camp de Grenelle, où ils croyaient trouver des partisans, et, forts de Tappui ou de l'inertie des troupes, enlever leurs chefs et renverser le Directoire. Pour tromper l'opinion, ils convinrent de semer des cocardes blanches et quelques drapeaux blancs avec des inscriptions royalistes et des menaces de nàort contre les républicains. Au moyen de pétards, ils se proposaient en outre de mettre le feu à divers quartiers de Paris. I^e ministre de la police, Cochon, suivait ces préparatifs. Il sut que la révolte devait éclater dans Conspiration la uuit du H au 12 fructidor (28 au 29 août). Vers des pétords. j^ milicu dc la nuit, quelques boîtes et quelques pétards éclatèrent en- effet, mais le mouvement fut comprimé avant d'avoir pu se développer. I^es chefs du parti, parmi lesquels figuraient encore le général

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