‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 93 sur 119 · LIVRE XXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVII

le premier jour de Tan VII. Mais de toutes les ma- 1798 gnificences qui furent déployées dans cette cérémonie, aucune ne produisit plus d'impression sur Tarmée et sur la population que ces magnifiques paroles qu'il adressa à ses soldats : « 11 v a cinq ans, l'indépen- Pi-ociama ion

'' * ' *■ de Bonaparte

«dance du peuple français était menacée : vous prî- û ses souiai^. « tes Toulon; ce fut le présage de la ruine de vos « ennemis. Un an après, vous battiez les Autrichiens o à Déga; Fannée suivante, vous étiez sur le sommet ce des Alpes. Vous luttiez contre Màntoue, il y u deux «ans, et nous remportions la célèbre bataille de a Saint-Georges : Tan passé, vous étiez aux sources a de la Drave et de Tlsonzo, de retour de TAllemagne. « Qui eût ditalors que vous seriez sur les bordsduNil, « au centre de l'ancien continent? Depuis l'Anglais, « célèbre dans les arts et le commerce, jusqu'au hic( deux et féroce Bédouin, vous fixez les regards du c< monde. Soldats, votre destinée est belle, etc. Dans cc'ce jour quarante millions decitoyens célèbrent l'ère ce des gouvernements représentatifs, quarante milc< lions de citoyens pensent à vous, » etc. Les conquérants trouvent toujours des poètes. On chantait dans la

grande mosquée du Caire : ce Réjouissez-vous, ô

c( fils des hommes, de ce que le grand Allah n'est plus « irrité contre vous. Réjouissez-vous de ce que sa mice séricorde a amené les braves de l'Occident pour vous c< délivrer du joug des mameluks. Que le grand Allah ce bénisse le favori de la victoire! Que le grand Allah c( fassetprospérerTarméedes braves de l'Occident!»

Cause

de la haine

des Égyptiens

contre les Français.

Avec celte dissimulation particulière aux peuples courbés sous un despotisme séculaire, les musulmans affectaient un respect et une admiration sans bornes pour Bonaparte. La grande mosquée du Caire retentissait du bruit des louanges que lui adressaient les Scheiks. a Réjouissez-vous, ô fils des hommes, s'écriaient-ils, de ce que le grand Allah n'est plus irrité contre nous! Réjouissez-vous de ce que sa miséricorde a amené les braves de l'Occident pour vous délivrer du joug des Mameluks! Que le grand Allah bénisse le favori de la victoire! Que le grand Allah fasse prospérer l'armée des braves de l'Occident! » Deux causes radicales excitaient la haine des musulmans contre le vainqueur : ils ne croyaient pointa la sincérité de ces démonstrations de respect pour leur culte et ne pouvaient souffrir le système d'impositions qu'il avait jugé à propos de substituer aux réquisitions militaires. Mourad et Ibrahim excitaient contre les étrangers le fanatisme religieux, si puissant parmi ces peuples. L'agitation commença dans les provinces. Elle éclata bientôt au Caire; Les n^contents profitèrent d'un moment où Bonaparte se trouvait au vieux Caire pour organiser la révolte. Us massacrèrent le général de brigade Rupuîs et te Polonais Salkowski, aide de camp du général en* chef. F.e signal de l'extermination partit des mosquées. Bonaparte fut obligé de rentrer par la porte de Boulak. Le soulèvement s'étendit dans toute l'Égyple et les Anglais attaquèrent les ports. Le divan de Constanti-

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