‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 94 sur 119 · LIVRE XXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVII

nople publia» de son coté| le manifeste suivant : a Le peuple français (Dieu veuille détruire leur pays de foad en comble et couvrir d'ignominie leurs drapeaux !) est une nation d'infidèles obstinés, et de scélérats sans frein.». Ils regardent le Coran, TAncien T^lament et l'Evangile comme des fables... vous, défenseur de Tislamismel vous, héros protecteursde lafoiî O.vous, adorateurs d'unseulDieu! qui croyez àla mission de Mahomet, fils d'Abdallah, réunissez-vous et marchez au combat sous la protection du Très- Haut. . . Grâce au ciel , vos sabres sont tranchants, vos flèches! sont aiguës, vos lances sont perçantes, vos caaons ressemblent à la foudre... Dans peu, des troupes aussi nombreuses que redoutables s'avancecoal: par terre, en même temps que des vaisseaux aussi hauts que des montagnes couvriront la surface des mers... Il vous est, s'il plaît à Dieu, réservé de présidera leur entière destruction. Comme la poussière que les vents dispersent, il ne restera plus aueua vestige de ces infidèles : car la promesse de Dieu est formelle. L'espoir des méchants sera trompé, et les méchants périront. Gloire au Seigneur des mondes ! » La Porte faisait ainsi cause commune avec l'Angleterre et avec la Russie blessée de la prise de Malte dont les chevaliers étaient ses protégés. Il existait sans doute sans cette déclaration de guerre une intrigue diplomatique, car Bonaparte avait lieu de croire en partant pour l'Egypte que M. de Talleyrand

Manifeste

du Divan de

Conslantinople

contre

Bonaparte .

1708. aurait su lui ménager les sympathies de la Sublime Porte. ,

(ompTinf^o ^1 fallait agir. Bonaparte avait expérimenté en au Caire, Jialie le péril des révoltes. Il réprima celle du Caire avec son indomptable énergie, offrit ensuite quartier aux insurgée réfugiés dans la grande mosquée et ne pouvant les ramener par la persuasion les couvrit de mitraille. Les grondemeuts delà foudre se joignirent soudain à ceux du canon. Les orages sont rares dans ces contrées. Les Scheiks attribuèrent à celte tempête un sens superstitieux. Ils se rendirent. Mais Bonaparte, repoussant ce tardif repentir, répondit : « L'heure^de la clémence est passée; vous avez commencé, c'est à moi d'en finir. » Il fit massacrer ces révoltés, qui s'étaient souillés du sang français. Quelques exécutions curent lieu après le combat, et le divan fut remplacé par une commission militaire. Dans une proclama; tion qui fut placardée dans la ville, Bonaparte répliqua aux insultes et aux menaces du sultan. Il terminait par ces paroles : a Le plus religieux de:^ prophètes a dit : La sédition est endormie, maudit soit celui qui la réveillera. » Mourad-Bey, poursuivi par Desaix à la tête d'une colonne de àcu% mille hommes, fut rejeté dans le désert, quoique son armée fût encore forte de quatre mille mameluks et de douze mille fantassins. Bonaparte, apaisé, forma un nouveau divan, et partit suivi de BerlhoUet, Monge, Le Père, Costaz et Caffarelli-Dufalga, pour reconnaître les traces du canal de Sçspnris, qui unîssqil «ji,ulrC:

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