‹ Histoire de soixante ans: la Révolution, 1789-1800Chapitre 97 sur 119 · LIVRE XX VII · texte numérisé non relu

LIVRE XX VII

dric, Suze et Chcvasso lombèrent aux mains du parti i7ao. palriotc. Le roi de Piémont dut se résoudre à Tabdication et à la fuite. Il abdiqua entre les mains de Jou- à^ *°"

bert, et se retira dans Tile de Sardaigne (1). '^* *** ''*^"**"'

L'Autriche, avant de se mettre en campagne, avait pendant ce temps envoyé le général Mack au roi de Napîes, dont il commandait les troupes^ Mack disposai! de soixante mille hommes. II en prit quarante mille dont il forma six colonnes, et marcha contre Championnet qui défendait le territoire romain avec une petite armée de quinze mille hommes. Mais ce générai, aidé de Macdonald et de Rcy, tira un habile parli de ces soldats aguerris, 11 ne laissa que huit cenis hommes au fort Sainl-Ânge, permit à Mack d'entrer dans Rome, et, concentrant ses forces, il battit en détail leç troupes napolitaines, malgré leur supériorité numérique, et rentra dans Rome au bout de dix-sept jours. Mais ne bornant pas là sa campagne, il poursuivit les Napolitains, prit Gaële et Capouo, et contraignit le général Mack à accepter un armistice et à pgyer huit millions de contributions. Les lazzaroni, furieux et maîlres de la ville de Naples, essayèren|t, de résister. Ils commirent tant d'excès que le roi lui-même abandonna sa propre cause, et se réfugia, le ,21 janvier 1799, en Sicile, après avoir du roi L Napies signé un traité avec la Porte. Championnet prit Naples ®° ^**^''®* d'assaut aprè^ une courte défense des lazzaroni. Les

(1) 10 décembre 1798.

Prise de Naples

par Cliampibnnet.

Expédilioii

manquer

en Irlande.

crimes de ces misérables avaient à ûe point excilé l'indignation des honnêtes gens, que les bourgeois se tournèrent contre eux, et ouvrirent, le 23 janvier, les portes du fort Saint-Ehne au général français.

Le Directoire se préparait à entamer k guerre générale, mais avant de Tentreprendre, il essaya de donner suite au projet de descente en Irlande que Hoche avait vainement tenté, el que le départ de Bonaparte pour rÉgypte, avait fait ajourner^ L'expédition fut confiée à un général aventureux el hardi qui s'était distingué en Vendée. Humbert partit de Rochefort avec trois frégates et douze ou quinze cents hommes. On devait lui envoyer du renfort. Mais Tescadre qui portait ces nouvelles troupes ne put quitter Brest que le 16 octobre. Elle fut rencontrée par une division anglaise, et perdit sept navires. Humbert, débarqué en Irlande, avait tenu pendant seize jout^ contre l'armée entière de lord Cornwalis. Le renfort n'arrivant point, il ùtl enveloppé et contraint de se rendre le 8 septembre. Enhardis par ce succès, les Anglais tentèrent urt débarquement à Ostende, et laissèrent deux mille prisonniers entre nos mains. La frégate anglaise l'Embuscade fut prise àTabordage le 14 décembre par la corvette la Bayonnaise^ lieutefaànt Riéher.

Au moment de soutenir une nouvelle lutté' contre l'Europe coalisée, la République était danî>'unc situation qui eilt arrêté un gouvernement Bnfoins confiant en lui-même. La faiblesse et raudoce ftirenl

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deux traits dislinctifs du Directoire. Aux embarras 1799. Unanciers se joignaient les tracasseries d'une opposition très-aclive de la part des patriotes et des mo- î^ji^^'ion

*^ * du Uirctioirc.

dérés, et les troubles incessants des Républiques, gui, prolongeaient au dehors le système directorial. A ces difficultés (Jéjà si insurmontables il faut ajouter celles qui naissaient de l'état dq guerre presque perpétuel dans lequel vivait la France depuis 1792. La guerne donnait aux militaires, et aux administrations plus ou moins improvisées qu'elle engendre, une im- . poptance considérable; Nos armées savaient alors remportpr.des victoires, mais elles n'avaient point en- Eut dcb armées. core^^cquis cet ordre adnairable, et ces mœurs qui ia distinguent aujourd'hui. La tutelle de l'État était insufiîsante à contenir ces troupes commandées par des généraux trop semblables souvent à des chefs de bander ou à des chefs de partis. Pour que l'armée devînt une véritable institution, il fallait d'abord . qu'elle fût courbée sous la discipline d'un i(Aef unique, que la conscription passât dans les habitudes autant que dans les lois, et que l'État, par une administration rigoureuse et régulière, en fît un iustrunaent docile et véritablement subordonné . au pouvoir civil. Chaque général en rqnom^ 3e livrait aisément aux inspirations de son génie, et Sj'a- ; bandonnait laux passions de ; la conquête. Lçs fournisseurs et les états-majors dévoraient la. substance .du ^pJdîit,; ,qui, ^ pon tour, chierchail; unie cotmpcnsa- ..lidMi a^ujdétifiment des. pays conquis^ .Cette époque

est encore trop rapprochée de nous, pour que Thistoire puisse dire toute sa pensée sur ce sujet, et flétrir les hommes qui seront flétris un jour. La justice, par son immixtion récente encore dans ces matières, ferme la bouche à la conscience de l'histoire. Mais sans nommer personne, il est permis de dire que du Directoire, datent en France, une multitude de fortunes dont Torigine fut le vol et la malversation. L'Italie fut non moins pillée et dévastée que délivrée. Barras seul chef politique du Directoire, toléra ces excès dont il donnait l'exemple. Ses collègues furent impuissants à les réprimer. Merlin et Treilhard étaient deux avocats, titre qui commençait à sonner faux aux oreilles d'une époque militaire. Lareveillère, honnête homme, mais idéologue manquait d'autorité. Rewbell trop mêlé aux hommes d'expédient, décrié, n'inspirait nulle confiance. La conduite de son beau-père Rapinat, en Suisse, achevait de le perdre dans l'opinion. Avec un nom tel que celui de Rapinat, il eût fallu déde riiaiie. ploycr une probité austère pour échapper à la sa-

Mesures

administratives tiro, ct Rapiuat ne fut ni plus ni moins qu'un

du Directoire i i , i m* i i i i

pour la perception hommc 00 SOU tomps, ct OU milicu dans lequel la da^nsiw^Ts f'O^tuiï^ '^ j^^a* Les quatro collègues de Barras esconquis. sayèrent pourtant de couper le mal dans la racine, et d'étouffer les plaintes qui s'élevaient comme un seul cri de toutes les grandes villes de L'Italie. Sur la proposition de liareveillère, un décret créa des commi;5sions civiles et financières chargées de rece-

Daintcs

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