CHAPITRE VIII
La guerre anglo-américaine. — Les troupes anglaises et rebelles visitent Sorel. — Défaite du général Bourgoyne. — Les loyalistes à Sorel. — Fondation de la ville. — Son Altesse royale le prince William Henry. — Les humbles commencements de cette ville.
Durant les premières années de la domination anglaise, la colonie a fait peu de progrès. Les Canadiens appauvris n’ont pu encore réparer les pertes que leur ont causées les dernières guerres. L’état d’incertitude dans lequel ils vivent et le changement survenu dans l’administration des affaires, contribuent à accroître le malaise dans tout le pays. Pour comble de malheur, les colonies américaines lèvent l’étendard de la révolte contre leur mère-patrie. Nos populations sont alors plongées dans l’anxiété. La nouvelle se répand bientôt que les rebelles ont pris le fort St- Jean. Celui de Chambly a le même sort peu après. Ce que voyant, Carleton, gouverneur du Canada, ordonne au colonel McLean de se transporter à Sorel dont le fort, très important, garde l’entrée du Richelieu. Conformément à ces ordres, le colonel, à la tête de 350 Canadiens et soldats du régiment Royal Emigrant, montagnards écossais du sieur Fraser, se dirige vers cet endroit où le gouverneur doit le rencontrer. En passant aux Trois-Rivières, 67 miliciens viennent renforcer la petite armée.
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A Sorel, McLean attend vainement Carleton. Impatienté, il s’avance sur le Richelieu jusqu’à la paroisse de St-Denis, où il apprend la chute du fort de Chambly. La population des paroisses riveraines semble mal disposée; les ponts sont rompus en maints endroits ; il prend alors le parti de rebrousser chemin. Plusieurs des siens, gagnés à la cause révolutionnaire, se joignent à l’armée américaine. Découragé, le colonel s'embarque avec une centaine de soldats en destination de Québec. En apprenant ces mauvaises nouvelles, Carleton cherche son salut dans la fuite. Il s’embarque à Montréal avec le major Prescott et 120 soldats dans le but de se retrancher dans Québec en attendant des secours de l’Angleterre. Son voyage précipité n’est pas heureux. Les vents contraires le forcent à jeter l’ancre vis-à-vis la paroisse de Lavaltrie, où il apprend que les rebelles ont pris le fort de Sorel et se disposent à s’emparer de sa personne et de sa suite. Cette fausse rumeur le plonge dans la consternation. Afin de conjurer le danger, le gouverneur ordonne aux capitaines des navires de se rendre à bord du vaisseau amiral et les conjure de prendre les moyens les plus sûrs pour l’empêcher de tomber entre les mains des ennemis. Le capitaine François Belette1, marin de grand courage, déclare sur sa tête pouvoir le sauver ainsi que toute sa flotte; il s’engage à fournir tant d’occupations aux chaloupes américaines, si toutefois il ne les coule pas toutes à fond, que le gouverneur aura tout le temps nécessaire pour se rendre à destination.
Cependant, le capitaine Bouchette, surnommé La Tourtre, a l'honneur d’être choisi pour accomplir cette mission
1 Mémoires de la Société Royale , 1908, 1 ère Section , p. 71 : Jean- Baptiste Bouchette, par M. B. Suite.
périlleuse. Le 17 novembre, le gouverneur débarque sain et sauf à Québec.
Nous n’avons pas à nous attarder sur le siège de cette ville par les Américains. On sait, par ailleurs, en quelles circonstances le général Montgommery meurt en escaladant la citadelle. Dès que cette nouvelle tragique est connue, le désarroi se met dans les troupes révolutionaires. Carleton saisit avec empressement cette occasion si favorable et cherche à gagner le peuple canadien à la cause royale. Les débris de l’armée américaine se replient sur Sorel sous la conduite du général Thomas que la maladie emporte dans la tombe. Le commandement passe au général Sullivan. Il y établit un camp afin de surveiller les mouvements de l’armée anglaise.
Le 8 juin, le général Bourgoyne disperse un corps de 1,800 rebelles près des Trois-Rivières et s’avance jusqu’à Sorel. Déconcerté, le général Sullivan quitte son campement en toute hâte et se dirige vers Chambly qu’il brûle ainsi que le fort St-Jean. Le général Bourgoyne le poursuit jusqu’à Saratoga, mais bientôt, cerné à son tour, il doit mettre bas les armes dans la journée du 16 octobre 1777. Cette victoire remportée par les rebelles met fin à la guerre. Un traité de paix est conclu et les colonies américaines prennent, dès lors, leur rang parmi les nations libres de l’Amérique et de l’Univers.
A la conclusion *de la paix beaucoup de familles et de soldats américains, préférant vivre sous la tutelle de l’Angleterre, demandent à s’établir au Canada. Le gouvernement anglais favorise cette immigration. Il accorde à ces nouveaux venus, qu’on désignera dans l’histoire sous le nom de Loyalistes, des concessions de terre dans les Cantons de l’Est, dans la Province d’Ontario, alors appelée le Haut-
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Canada, et même dans la presqu’île de Gaspé. C’est dans l’intention de venir en aide à ces expatriés que le gouverneur Haldimand achète, au nom de son souverain, de MM. Greenwood et Higginson, pour la somme de 3,000 louis, la seigneurie de Sorel, par contrat en date du 13 novembre
Les villages d’Yamaska, d’Yamachiche, comme celui de Sorel, reçoivent un contingent de loyalistes. Le 8 septembre 1778, Edouard Foy s’adresse aux capitaines des paroisses avoisinant cette dernière place, pour les engager à y bâtir les magasins, les casernes, un hôpital destinés à recevoir les nouvelles recrues. La plupart répondent à cet appel, mais on remarque que le capitaine Charbonnier St- Laurent, de St-Ours, refuse d’obéir et on le met en demeure d’expliquer sa conduite.
Les loyalistes arrivent nombreux d’Albany, de Susquehanna, de Charlotte, de Gloucester. Le 1er juillet 1779, le capitaine Daniel McAlpin, du 60e régiment, apprend au gouverneur qu’il se trouve au pays 853 loyalistes et que 87 d’entre eux résident à Sorel. Quatre compagnies, formant un corps de troupes de 300 hommes, sont au fort avec leurs officiers sous le commandement des capitaines Ebénézer Jessup, John Peter, Robert Leeks, Samuel Adams. Il y a quelques enfants et une vingtaine de femmes : Mmes Dalmage et son enfant, Foster, Parrot, Wilson. Celle-ci a quatre enfants. Mmes McKinnon, Mann, Hartman, Bustead, Maybee, Jones, Rogers, Borden, Stephens, Mclntosh, MacDonnel, Hullibert, Harris ; la famille Cassel est représentée par quatre enfants. Parmi les hommes on remarque les sieurs S. Huntington, John Emberry, John Jones, gardien des casernes, le capitaine Johnston, venu du fort Édouard, et James Brackenridge, des environs de New-
York. “Tous sont dans le dénuement”, ajoute McAlpin, et ont besoin d'un prompt secours ; il en est ainsi de ceux qui ont été dirigés sur Yamachiche.
Le 2 juin 1783, les soldats du régiment de Brunswick sont à Sorel. McAlpin, un mois plus tard, dit “qu’ils ont été si bien disciplinés qu’ils pourraient entrer en campagne deux jours après en avoir reçu l’ordre.”
Au commencement de décembre, il y a à Sorel 132 loyalistes, et ce nombre est porté à 653 en comptant ceux d’Yamaska. Le gouverneur est obligé de pourvoir à leurs besoins. Il a fourni 306 verges de toile, 149 verges de drap de laine, 73 draps, 110 paires de bas, 106 paires de chaussures canadiennes.
Vers cette époque, M. Martel, curé de Sorel, voit le cimetière profané par les ordres du major Nairne, commandant au fort. Le colonel MacKenzie, du 31e régiment étant décédé, le major demande la permission d’enterrer sa dépouille dans le cimetière catholique. Le curé s’y refuse poliment ajoutant “qu’il est mortifié de déplaire au major en ce point, que le cimetière appartient aux catholiques et qu’il est de son devoir de ne pas acquiescer à son désir, mais il ajoute qu’il est possible de déposer le corps du colonel décemment, en dehors du cimetière, en entourant sa tombe de pieux de cèdres et il s’engage à faire exécuter ce travail par ses paroissiens s’il y a la moindre difficulté.” Le major ne “s’est pas contenté de mes raisons, écrit le curé, dans une lettre à son évêque, il a fait enfoncer la porte du cimetière et y a enterré le colonel. Cette voie de faits m’a extraordinairement surpris....1”.
1 Archives de l’Évêché de St-Hyacinthe.
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M. de Montgolfier, alors Grand-Vicaire du diocèse, dans sa réponse conseille au curé de bénir de nouveau ce champ des morts ainsi pollué.
Un ingénieur civil, probablement le major French, trace le plan de la ville en forme de quadrilatère, avec des rues larges qui se coupent à angles droits. Ces rues sont désignées sous les noms des principaux personnages de la maison royale: Georges, King, Queen, Augusta, Sophie, Prince, Phipps, Charlotte.... Au centre, on laisse une place publique ou Place d’Armes ; c'est le Parc-Royal que le touriste admire de nos jours. La ville est divisée en lots à bâtir. L’agent de la seigneurie, Samuel Holland, les accorde sur billets dont on peut trouver encore des spécimens. Chacun de ces lots est concédé en franc et commun socage, sans aucune rente seigneuriale, tel que le veut la proclamation royale. A la demande de Robert Jones, les autorités anglaises consentent à les charger d’une rente, ce qui, plus tard, sera la cause d’un long débat entre les citadins et le gouvernement.
Le 24 juillet 1787, l’agent de la seigneurie rapporte que 107 personnes ont accepté des lots dans la ville. L’établissement des loyalistes, dans la seigneurie, se fait aussi rapidement. En 17701, John Collins, ingénieur civil, à la requête du sieur Edouard Harrison, agent de MM. Grenwood et Higginson, de Londres, a tracé le plan de ce domaine. En 1795, M. S.-L. Watson a rempli la même fonction pour le gouverneur2, afin d’accorder aux loyaux sujets de Sa Majesté des concessions de soixante âcres en super-
1 Archives canadiennes, Ottaiva. Catalogue de plans et cartes,
p. 172, no. 1397.
2 Le même.
ficie. Comme les soldats ont droit à cent âcres, ils ont la faculté de prendre le surplus soit à Cataracoui, soit dans d’autres endroits de la Province.
Le gouvernement de la Métropole favorise le plan de Haldimand dont le but est de fortifier l’élément anglais au Canada et d’arrêter l’expansion de la race française. En établissant à Sorel, aux Trois-Rivières, à Yamachiche, à Yamaska, dans les Cantons de l’Est et même à Gaspé, ces essaims de loyalistes, il espère encercler les fils des pionniers du pays et les noyer au milieu des nouveaux venus. Les desseins de la Providence ne sont pas ceux des pauvres mortels : les loyalistes qui devaient porter le coup de grâce à notre peuple, non seulement sont disparus de Sorel et de ses environs mais, de nos jours, ils désertent leur châteaufort des Cantons de l’Est, où ils étaient les seuls maîtres au commencement du siècle dernier. Nos compatriotes les supplantent et y prennent de si profondes racines que jamais on ne pourra les déloger. A Sorel, on ne rencontre plus qu’une poignée des descendants des vrais loyalistes.
Au mois de septembre 1787, le Canada reçoit la visite de Son Altesse Royale, le Prince William Henry. Québec, Montréal, Chambly, lui font des réceptions magnifiques. Sa visite à Sorel n’est pas banale. La Gazette de Québec rapporte cet événement : “Hier après-midi, le 18 septembre, vers quatre heures, Son Altesse Royale, le Prince, en son retour de Montréal et de Chambly, nous honora d’une visite.... Elle fut saluée d’une décharge de l’artillerie de la garnison lorsqu’il mit pied à terre à la maison seigneuriale, où l’honorable Samuel Holland, écuyer, arpenteur-général de la province, lui ayant présenté un plan de la ville, il plut à Son Altesse Royale de nous permettre l’honneur de lui donner son nom : William-Henry. Après avoir dîné à la
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maison seigneuriale, Son Altesse Royale fut conduite à la Place d’Armes où elle fut saluée derechef par la garnison. Après quoi, ayant fait une courte visite au magasin, elle traversa à Berthier, accompagnée du colonel Dundas et du capitaine Smith, de l’Artillerie. Son Altesse Royale fut saluée une troisième fois en entrant dans le bateau, par la garnison et la milice canadienne.... Il est impossible de faire une description des vives expressions de contentement et de satisfaction qui se manifestaient sur le visage de tous ceux qui étaient présents en cette auguste occasion. Nous nous flattons que tous les loyaux habitants de William-Henry se ressouviendront longtemps de cet événement avec une joie toujours nouvelle....” De cette époque la ville prend le nom de William-Henry qu’elle conserve durant trois-quarts de siècle.
Dans la ville proprement dite, il y a 75 maisons, bâties en bois, et 180 lots concédés. Robert Jones recommande au gouverneur de prélever une rente annuelle sur chacun de ces lots et d’établir des chantiers pour la construction des navires. Il réserve, dans ce but, trois lots de 250 pieds de front sur 600 de profondeur, situés sur le bord de la rivière vis-à-vis la pointe de Saint-Joseph-de-Sorel. Dans sa lettre du 26 mars 1798, il conseille au gouverneur de faire labourer Pile Ronde, d’y bâtir deux granges et de concéder les îles aux Corbeaux et au Cauchon. Il recommande, en outre, de donner à louage la partie du domaine non concédée et de prélever une rente annuelle sur tout ce terrain. Il termine sa lettre en disant qu’il a réservé plusieurs lots pour y asseoir une académie, une prison, un hôtel de ville et une maison du gouvernement. Quant au moulin à scie, érigé dans le haut de la seigneurie, il conseille de le louer
à des particuliers moyennant une rente annuelle. Il y a deux autres petits moulins qui, comme le premier, doivent être réparés.
A cette époque, Sorel renferme deux églises, l’une catholique, l’autre protestante, les édifices du fort, les magasins, les casernes, un hôpital, le château des gouverneurs dont le duc de Kent, père de la Reine Victoria, devait faire un jour sa résidence, situé du côté sud-est de la rivière Richelieu, au milieu d’un beau jardin1. Sur le coteau qui, de là, s’étend dans la direction du nord, les commandants font ériger des ouvrages en terre afin de mettre la ville à l’abri d’un coup de main. Le collège des Frères de la Charité est précisément assis sur une partie de cette élévation de terrain d’où le nom de Mont-Saint-Bernard.
Quel est l’aspect de la ville naissante? Dans le fort proprement dit, se trouvent le manoir seigneurial, le moulin banal, qui sera bientôt transformé en magasin à poudre, les hangars et une maison pour le meunier. Autour du fort se dresse toujours une palissade qui tombe en ruines; il y a deux lots vacants dont l’un appartenant au sieur Jean Le Roux-Provençal et l’autre, au sieur Desnoyers. Quelques pas plus loin se rencontrent la maison de la Poste, celle de l’Ingénieur, les hangars, les boulangeries, les brasseries et les forges. La plupart des bâtiments sont en bois.
En descendant du fort on trouve la maison du Commissaire Général, celle du sieur Guilbault, de M. Farquharson, un emplacement bâti voisin de M. de Couagne. Sur
1 Édouard-Auguste duc de Kent, passa dans cette résidence la saison d’été, de 1791 à 1794. Il était accompagné de Mme la comtesse St-Laurent. En 1818, il épousa, en Allemagne, la veuve Leiningen; de ce mariage est née la Reine Victoria, le 24 mai 1819. Il mourut le 20 janvier 1820. Le duc protégea les familles de St-Ours, de Salaberry, Hatt, avec lesquelles il eut des relations fréquentes. Mme de Riedesel a laissé des mémoires sur cette maison qui subsiste encore.
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ce lot sont trois maisons sises sur le chemin qui conduit à la rivière. Viennent ensuite la demeure de Mme de La Découverte, le marché, le jardin du curé, l’église, les hangars, dont le terrain touche à celui des casernes. En remontant la rivière, à gauche du marché, on rencontre la maison du sieur Riverin, celle de Mme de La Découverte et des sieurs Le Grand, Paterson, Mathis, Macferson. Quelques pas plus loin, on voit les casernes, en face, la Place d’Armes et les maisons de M. Barnes, de M. John Jones, gardien des casernes, du capitaine Corbin, et les terres de Samuel Jacobs, de l'Espérance. Du côté nord de la Place d’Armes sont les emplacements du sieur Macaulay, de Mme de La Découverte, de la veuve Rageot et de Guillaume Farneif, la nouvelle église anglicane, la maison presbytérale, les bâtiments.
En 1795, Isaac Weld, dans une de ses randonnées à travers l’Amérique, ayant visité cette ville, l’a décrit en ces ternies : “Sorelle est située à l’embouchure d’une rivière du même nom qui tire ses eaux du lac Champlain, et les décharge dans le fleuve St-Laurent. Sa fondation ne date que de 1787. Le plan sur lequel elle a été tracée est vaste et régulier avec des rues larges et une superbe place au milieu. Mais on ne compte jusqu’à présent qu’une centaine de maisons, toutes construites avec peu de goût et à une grande distance les unes des autres. C’est la seule ville entre Montréal et Québec où la langue anglaise soit la langue dominante. Les habitants sont en grande partie des loyalistes des Etats-Unis qui se sont réfugiés au Canada. Leur plus grand commerce est la construction des bateaux....1.”
1 Isaac Weld Jr. Travels throught the States of North America, pp. 333 et 334.
Cette citation du célèbre voyageur confirme le rapport de John Jones. Les noms des loyalistes concessionnaires tant de la seigneurie que de la ville nous ont été conservés. Ce sont: le capitaine Joseph Jessup, Graham French, Samuel Rose, John Wilson, John Wilson junior, Silas Hamden, Isaac Iriot, Reuben Hemley, Jeremiah Heleaker, Abraham Heleaker, James Sea, Herman Sea, John Sea, Alexander McNeil, John Gillis, Elike Northrup, Azor Northrup, John Philipps, I. Rogers, William Rogers, Jesse Brown, Dan. Scott, William Upton, Joseph Sutherland, Richard Harris, George Campbell, Peter Plass, le major Jessup et sa famille, Grant Miller1, Aaron Bull, David Castle, Simpson Jenny, David Beatty, Thomas Freeman, Jean Hogle, James Walker, médecin, Joseph Guers, John Poovis, J. Kenny, James Sutherland, John Bryan, Amasiah Howe, Michel Bilby, Patrick Nugent, John Scully, John Gray, John Hall, Phillip Cook, le Révérend John Doty, Dorgal Cameron, John Jones, gardien des casernes2, Daniel Dorge, Mathieu Buckley, Alex White, Patrick Smith, Jacob Dies, Fred Williams, Félix Myers, Henry Dellenback, Samuel Buck, Daniel Buck, George Rowe, Daniel Stuart, Peter Cramer, John Dawson, Stafford Vassell, George Hare, Julius Ruth, Godfrey Sibert, Benjamin Gilloway, Anth. Wilment, John Driver, Eskel Orterhart, Michel Dobbé, Jesse Armstrong, John Robinson, George Foedle, Joseph Elworth, John Ivluck, Arch. Forester, Alexander McKenzie, Charles Fielding, Henry Hogland, John Cole, John Thorne, Elias Holmes, les femmes Brown, Brooks,
1 II obtient le lot no 105, sis du côté sud-est de la rue Prince, et le 13 octobre 1794, il l’abandonne à William Nelson.
2 Du régiment des Dragons de Riedsel ; il obtient le lot no 28.
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Rogers, doser, McPherson, David Rogers, Nicolas Claus, Cato Teine, John Claus.
En comptant les femmes et les enfants, il y a 316 personnes établies dans la ville et la seigneurie. Plusieurs reçoivent des secours à l'hôpital en qualité d’anciens miliciens ou loyalistes. Cet asile donne l’hospitalité aux hommes invalides, aux femmes et aux enfants, jusque vers 1830. En 1825, on y compte 34 hommes, 29 femmes et 5 enfants; en 1830, 34 hommes, 29 femmes et 5 enfants.
Par décision du Conseil, en date du 26 décembre 1787, huit lots de ville sont tirés au sort. Les heureux concessionnaires sont: Robert Monagh, Robert Woolsey, John Askquith, Joseph Frobisher, Robert Lester, John Gray, James McGill, John Antrobus. John Molson obtient le lot 199, de 188 pieds de front sur la rue Queen, et de 140 en profondeur sur la rivière Richelieu.
Plusieurs descendants des premiers colons de la seigneurie y vivent à cette époque; de la ligne seigneuriale d’Yamaska en remontant au fort, sont : Pierre Bibeau, Charles Bibeau, Augustin Forcier, Jean-Baptiste Chevalier, Jean-Baptiste Antaya, Pierre Antaya, Pierre Paul Hué, Pierre La Traverse, Jean-Baptiste Paul, Menon Cournoyer, Louis Cournoyer, Antoine Le Tendre, Joseph-Jean- Baptiste Paul, Pierre Pelletier, Antoine La Traverse, Louis-Étienne Paul, Jean-Baptiste Salvaye, Ignace Aussan, Pierre Bergeron, Jean-Baptiste Lavallée, Louis-Michel Lavallée, Théberge, Young, Antoine-Paul Cournoyer, dont la terre borne remplacement du fort qui prend à l'embouchure du Richelieu en allant vers la ligne de St-Ours.
Eh remontant le Richelieu : Emmanuel Félix Pélc quin, Pierre Péloquin, Jean-Baptiste Mandeville, Menon Paul, Joseph Graveline, Joseph Aussant. Un terrain non concédé, la Veuve Joseph Cartier, Jean-Baptiste Félix, Michel Lavallée, Antoine Cartier, Antoine Bérard, Catherine Mandeville, Simon Roy, Louis Dumas, Joseph-Nicolas Bibault, Bernard Verdier, Dauphiné, François Vandec, père, Julien, Joseph Bibault, Antoine Menon Lavallée, Paul Babin, Jean-Baptiste Auger, Ignace Gosselin.
Au nord de la rivière Richelieu il y a un domaine et les habitants qui suivent : Joseph Tessier, François-Joseph Saint-Martin, Ignace Cournoyer, Pierre Cournoyer, Pierre Beauchemin, Joseph Paul, Charles Mandeville, Charles Millet, Antoine Saint-Martin, Joseph Gouin, Alexis Mandeville, Claude Fortier, Michel Delisle, Alexis Mandeville, Charles Millette, Black, François Péloquin, la veuve Châteauneuf, Antoine Vandal, Claude Millet, Menon Lavallée, les mineurs Félix (Péloquin), la veuve Batoche Saint- Martin, Jean-Baptiste Leclerc, Jean Tessier, Antoine Bibault, Cardinal et Tessier.
A la côte de la Misère ou la pointe de Saint-Joseph de Sorel se trouvent un domaine, deux moulins à vent, les hôpitaux militaires. Là ont été érigées une maison pour le médecin et des bâtisses qui servent à l’usage des officiers du gouvernement ; il s’y rencontre un vaste jardin. Le Dr James Walker, en 1787, a loué ce domaine pour la somme de 200 louis. Il a réparé à ses frais tous les bâtiments, afin de les mettre en bon état. En 1810, Joseph Jollief, par contrat en date du 26 octobre, obtient tout le terrain de 304 arpents ainsi que les 140 arpents du Dr Walker. Le locataire paiera 150 louis et devra indemniser M. Walker.
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Dans son rapport à Finlay, M. le curé Martel déclare que dans la seigneurie il y a 212 francs-tenanciers: 23 sur le fleuve, 30 au sud du Richelieu, 31 au nord, 30 sur l’île Saint-Ignace, 16 à la Misère, 10 au ruisseau Raimbault, 33 au sud du Pot-au-Beurre, 12 au nord, 2 à la seconde rivière du Pot-au-Beurre, 8 sur des emplacements en ville,
1 sur l’île-aux-Ours, 5 en l’île Madame, 11 dans les concessions nouvelles.
Selon Bouchette, en 1815, il y a une population de 1,500 âmes dans la ville et 150 maisons, bâties en bois. Du
2 septembre 1786 au 10 mars 1791, les revenus de la seigneurie ont été de 12,639 livres, 20 copres, d’après le rapport de l’agent seigneurial.