‹ Histoire de SorelChapitre 13 sur 64 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

La paroisse anglicane. — Le révérend Scott et ses démêlés avec les autorités. — Le révérend John Doty. — Il devient le ministre de la congrégation. — Ses difficultés avec ses ouailles. — A travers les registres de la paroisse anglicane. — Le révérend James Sutherland Dudd. — Richard Bradford. — Le révérend John Jackson. — L’Académie et le cimetière. — Le révérend William Anderson. — Autres ministres : les révérends P. -S. Williams, — A.- L. Fortin, L.-N. Tucker. — Alfred Barlheu. — C.-J. Machin. — des Brisay. — W. Seaborn. — J.-W. Martin. — Robert Emmet.

La colonie anglaise, établie à Sorel, se met aussitôt à la recherche d’un pasteur. Il y a dans les troupes un ancien aumônier militaire, Thomas-Charles-Heslop Scott, qui a causé des ennuis aux autorités par sa mauvaise conduite. En 1778, le gouverneur Haldimand écrit à Riedesel qu’il n'a aucune objection à ce que Scott soit envoyé à Sorel, où il sera moins dangereux qu’à Québec et à Montréal.

Scott se rend donc à Sorel et prend la charge de la paroisse anglicane, mais il ne paraît pas qu’il y ait amendement dans la conduite de celui que le gouverneur qualifie d'irrévérent. Les choses sont telles que, le 24 octobre 1781, Robert Mathews signifie à Scott sa destitution. Cela n’empêche que plusieurs habitants de l’endroit, en réponse à l’ordre du magistrat, présentent une adresse au destitué, qui n’en continue pas moins d’exercer ses fonctions de pasteur. Le 20 décembre, il remercie ses paroissiens et il adresse une lettre fort grossière au gouverneur, qui tente de le pri-

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ver de sa charge. Le 27 décembre, Mathews lui interdit l’exercice des fonctions du culte, non seulement à Sorel mais dans toute la Province.

Cette défense produit peu d’effet sur les loyalistes qui continuent à appuyer le ministre en révolte. Le 7 janvier 1783, Riedesel écrit au capitaine John Barnes, de l’Artillerie royale, d’assembler le peuple qui soutient Scott et de lui dire combien il est étonné de voir qu’on persiste à lui confier un emploi public dans les limites de la garnison et sans son consentement. “Vous les assurerez, écrit-il, que s’ils m’eussent communiqué leur désir d’avoir un ministre et de maintenir un ministre du culte protestant, et que s’ils eussent choisi une personne recommandable pour remplir cette fonction sacrée, je n’aurais eu aucune objection. Mais je ne puis penser d’agréer un homme établi dans la garnison, qui a été démis de ses fonctions pour mauvaise conduite et dont la vie est si répréhensible....”

A la suite de cet échange de correspondance, le capitaine John Doty est choisi pour exercer les fonctions du culte. Il s’embarque au mois d’avril 1784 à Gravesend. Il arrive à Québec au mois de juin, et à Sorel, le 4 juillet, où il célèbre l’office et prononce le sermon. Cette date rappelle la fondation de la première mission anglicane au Canada.

La chapelle où se réunissent les fidèles, bâtie en bois, se trouve située à l’extrémité de la rue du Roi, à quelques pas seulement du marché Richelieu. Cet édifice a déjà servi d’entrepôt militaire; on s’est contenté de refaire l’intérieur; on a ajouté une tourelle et installé une cloche, qui est encore en usage, de nos jours, à l’église anglicane, la Christ Church.

En 1789, comme la chapelle empiète sur la rue et que le site n’est pas jugé convenable, les anglicans prennent le parti d’en construire une autre sur le Parc-Royal. Le terrain est gracieusement fourni par le gouvernement anglais.

Durant le rectorat du Révérend John Doty, Sorel reçut la visite du prince Guillaume-Henri, duc de Clarence, devenu plus tard Guillaume IV.

Cependant le séjour du ministre, au milieu de ses ouailles, n’est pas des plus paisible. La paix n’est pas encore rétablie au milieu des loyalistes. Ils portent des accusations contre certains officiers de la garnison; ils les accusent de partialité dans la distribution des rations accordées par le gouvernement. L’assistant commissaire général, M. Farqharson, et le capitaine Barnes, sont pris à partie. Une commission d’enquêteurs est formée. MM. Gother Mann, Bery Fisher, W. Summer Powell, John Collins et Samuel Holland, sont choisis pour examiner les prétendues injustices dont on a accusé les fonctionnaires. Ils ne sont pas lents à se rendre compte que tout a été exagéré. Le révérend John Doty exerce les fonctions du culte et celles de juge de paix. On l’a accusé d’avoir laissé impunie une insulte faite à Alexandre White, des gens malintentionnés ayant abattu son mai, érigé selon la coutume du pays. Le rapport de l’enquête blâme M. Doty, qui paraît avoir fait l’affaire d’un parti. On accuse encore John Jones, le gardien des Casernes, de s’être approprié du vieux fer qui appartient au roi : les enquêteurs excusent sa conduite. M. Barry Saint-Léger est accusé d’avoir manqué de respect envers le gouverneur, cette offense n’est pas prouvée. L’ex-ministre Scott, qui demeure encore à, Sorel, accuse le capitaine Barnes de l’avoir privé de la ration à laquelle il a droit en

L’église anglicane.

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sa qualité cT ex-chapelain du 34ème régiment. Au dire des enquêteurs, cette accusation manque de fondement. “Thomas-Charles-Heslop Scott, disent-ils, n’est pas digne de foi ; il a tenté d'extorquer 300 guinées au serviteur du capitaine Barnes, juge de paix, qu’il a accusé de vol. Il a été privé de sa ration à cause de son mauvais caractère. Les subalternes de sa compagnie se refusent à partager sa chambre... Il est la cause de désordres quotidiens parmi les membres de l’Église épiscopale et sème la division en continuant ses fonctions de chapelain. M. John Doty lui a refusé son église pour un office, car il le regarde comme un imposteur....”

Les mois se succèdent sans amener de répit. La lettre suivante, en date du 20 novembre 1792, du révérend John Doty au sieur Christopher Carter, montre que tout ne va pas compie dans le meilleur des mondes.

“William Henry, le 20 nov. 1792.

“Monsieur,

“M. Cleghorn m’informe que récemment vous avez “eu l’amabilité de lui faire observer que je suis un promoteur de divisions et de discordes parmi les voisins. C’est “une fausseté si basse, si malicieuse, que je n’aurais jamais “pensé que vous vous en fussiez rendu coupable, vu les “bonnes dispositions que vous m’avez témoignées.

“J’ai appris que vous avez vu la caricature apposée il “y a peu de jours sur la maison de M. Jacobs, dans laquelle “Mme Doty, Melle C et moi avons été traités avec une brutalité qui eût été une honte pour un frère ; que vous en avez “été si réjoui que vous vous êtes empressé de courir l'apprendre à M. Forister afin de vous réjouir avec lui....”

M. Doty termine sa missive en lui montrant qu’il manque de bienveillance, de dignité, d’amabilité envers celui qui fut pour lui un ami, un bon voisin... Et il l’accuse d avoir propagé ce scandale et de s’être parjuré....

Il y a du malaise dans la colonie loyaliste. Le gouverneur Haldimand a voulu noyer les Canadiens avec cette recrue de gens mal disposés ; mais l’histoire a montré que ce plan a raté. “Ce fut, dit le rapport, l’intention du gouverneur Haldimand, de peupler la seigneurie et la ville de gens industrieux en leur accordant soixante âcres de terre dans la première et un lot dans la seconde, afin de les pousser à se livrer à l’exercice d’un métier selon leur talent. Le contraire est arrivé. La plupart ont mené une vie inactive, de paresse, ne comptant pour vivre que sur le gouvernement. Leur propre jalousie les a poussés à accuser les officiers du gouvernement; l’esprit de critique s’est accru avec le désappointement et une réelle détresse s’en est suivie. L’esprit de parti et de rivalité qui existe entre les familles Doty et Jones d’un côté, White et Smith de l’autre, fomenté par le major Lemoine, est une cause de malaise. Le capitaine Abbot, juge de paix, de l’Artillerie royale, a participé à ces querelles et a violé la foi que l’on peut placer dans un magistrat. Le seul remède à apporter pour faire cesser ces querelles, c’est de forcer M. Doty à abandonner ses fonctions de magistrat, et de le remplacer par M. Delancy. Il

ne sied pas au ministre de l’Évangile de remplir cette fonction....”

Laissons les loyalistes à leurs disputes et disons un mot des actes de l’état civil, conservés dans les archives de la paroisse anglicane. Leur concision ne permet pas de reconstituer les familles anglaises, car, dans bien des cas, selon la coutume saxonne, la femme, à son mariage, adopte le

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nom du mari et perd le sien, même dans les actes importants. Ainsi, à la date du 23 septembre, se rencontre le baptême d’Edouard, fils de James Walker et de Abigaïl Walker. Cette dernière est-elle réellement une Walker? Non, car nous savons par un autre document qu’elle est la fille du major Édouard Jessup qui, en cette circonstance, agit comme parrain du nouveau-né, et son épouse est la marraine.

Le 3 août 1784, a lieu la sépulture de Mme Van Alstine, épouse du major Van Alstine, loyaliste. Le 8 juillet, celle de Henderson Cramer, noyé à 24 ans, serviteur du major Jessup. Le 19 juillet 1789, celle d’Aaron Temple, loyaliste, âgé de 50 ans ; la veuve Graves, 77 ans, a été inhumée le même jour; William Marshall, loyaliste, décédé à 50 ans, est inhumé le 19 juillet 1789.

M. Doty fait encore plusieurs mariages : en juillet 1784, celui de John Anderson, de l’Artillerie Royale, à Jeanne Sutherland. Le 20 septembre, James Sawers, sergent d’artillerie, épouse la veuve Tucker; le 9 novembre, Israël Tomkins se marie avec Rébecca Brown; le 2 juin 1788, John Jones, gardien des casernes, épouse May Haney, et le Dr Robert Jones, Marie Berney.

Le 16 juillet 1787, a lieu le mariage de Andréas Schultz, feimier, et de Marie-Anne Chaco Depie, de Maskinongé. Le 18 avril 1788, Charles Le Maître, fermier, épouse Marguerite de Jerleret, de la Rivière-du-Loup. Le 20 mai 1798, John Dies, fils de William Nelson, instituteur, épouse Lydia-Caroline, fille de William Low, marchand.

Le Révérend John Doty conserve ses fonctions jusqu’au commencement de l’année 18031 Il. Son dernier acte

1 II se retire aux Trois-Rivières, où il se livre à l’enseignement.

Il meurt en 1842, dans un âge très avancé.

est le mariage de Georges Graves, marchand, et de Agnès Wilson, en date du 3 janvier de cette même année.

Le 5 février 1803, le Révérend James Sutherland Dudd fait l’inhumation de Alexandre Lewis, enfant de Samuel Eates. Bientôt le ministre tombe dangereusement malade et succombe. Il est inhumé le 11 mars 1808. Il a 32 ans. Le Révérend Short, recteur des Trois-Rivières, son aïeul par alliance, fait la cérémonie en présence de Philippe Hugues, son oncle, de G. Branly et de William Nelson, syndics de la paroisse. Durant la maladie du recteur, Nelson inhume dans le cimetière le sieur Alexandre Fraser, de Dorvilliers, décédé à l’âge de 80 ans, le 22 février 1808; Rébecca Mclntosh, femme de Daniel Mclntosh, morte à 66 ans, et Frédéric Kerner, décédé le 30 mai, à 60 ans.

Le 11 mars 1808, le Révérend Short baptise Marie- Suzanne, fille naturelle de Sara Belle.

Le nouveau recteur, le Révérend Richard Bradford, fait son premier baptême le 5 juin 1808; c’est celui de Marie Peterson ; et son dernier acte est du 11 août 1811.

Il a pour successeur le Révérend John Jackson, instituteur à Québec, qui prend possession de sa charge au mois de septembre et la conserve durant un quart de siècle. Cet homme distingué a fait beaucoup pour sa paroisse. Il concéda à Y Institution Royale, pour y faire ériger une école, un vaste terrain que le gouvernement avait accordé le 15 janvier 1799, à la congrégation protestante. C’est lui encore qui, au mois d’août 1833, obtient de M. John Kent Wells, l’agent de la seigneurie, six lots situés entre les rues Charlotte, Elisabeth, Sophie, pour y établir un cimetière destiné à recevoir les corps des protestants de l’endroit. Ce don est accepté par le recteur, William Nelson, Aaron Allen, syndics, et Georges Nelson, sacristain. C’est là que

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furent inhumés nombre de militaires appartenant à l’armée anglaise, des officiers distingués et des hommes qui ont joué un rôle important dans l’histoire du pays. Ce champ des morts servit jusqu’en 1884; à cette époque la congrégation fit l’acquisition d’un autre terrain sur le coteau, sis en dehors des limites de la ville, près du collège Mont-Saint-Bernard.

Vers 1911, les hôtes du vieux cimetière, qui dormaient à l’ombre des grands pins, où se trouve le poste des pompiers, furent transportés dans le nouveau, ainsi que nous l’avons vu. C’est là que maintenant nous pouvons lire sur les pierres tombales, vieilles de plus d’un siècle, les noms d’hommes qui ont exercé une réelle influence sur nos destinées, les Nelson, les Jones, les Walker, que nous avons rencontrés. Mentionnons en passant les noms des colonels

Gates, Porteous, Ringler, Thompson, Stephens, du seigneur

Ross Cuthbert, de Berthier, d’Edmond-Henry Parsons, né à Southwick, Angleterre, le 15 mai 1820, décédé au château des gouverneurs le 27 novembre 1870; de William Saxton, né à Nottinghamshire, Angleterre, décédé à l’âge de 81 ans, le 11 septembre 1875; d’Élisabeth Bailey, sa femme, décédée le 25 février 1876, à 78 ans. Qu’on nous permette d’ajouter à cette liste déjà longue les noms de John Jones, fils du premier, sergent dans le 49ème Régiment, décédé à 49 ans, de James Sea, ancien capitaine de la police provinciale, décédé le 8 décembre 1827, à lage de 70 ans, de Pierre Guérout, juge de paix, mort à Saint-Denis-sur-Richelieu, à l’âge de 79 ans, de Pierre Plasse, soldat loyaliste, mort à l'hôpital à l’âge de 36 ans, de John Rilley Jackson, fils du recteur, inhumé le 30 avril 1833, de Hanna Holmes et d’Hélène Gales, noyées toutes deux en tentant d’échapper au feu qui a éclaté sur le Canadien Union Steamboat, écrit le recteur, la première était veuve de Joseph Holmes, et âgée de 45 ans.

Le Recteur John Jackson quitte la paroisse le 2 septembre 1836. Il est inhumé le 13 février 1839, à l’âge de 74 ans.

La paroisse dite du Christ Church fut légalement constituée en Rectorat royal par lettres patentes du gouvernement impérial. Le recteur Jackson et son successeur ne relevaient pas du Synode Anglican mais de la Couronne.

M. William Anderson, son successeur, né à Québec en 1811, fit ses études dans cette ville à l’école du Dr Wilkie. Devenu ministre, il prend possession de la paroisse anglicane de Sorel au mois de septembre 1836.

Le 16 août 1842, la pierre angulaire de l’église actuelle fut posée par Sir Henry Jackson, commandant en chef des troupes du Canada. Cette église, telle que nous la voyons encore de nos jours en face du Parc-Royal, fut construite sous la surveillance de M. James Sheppard, père de M. Albert Sheppard.

En 1865, M. Anderson fut nommé chanoine de la cathédrale Christ Church de Montréal, par le Révérend Dr Fulford, métropolitain de l’Église anglicane. En acceptant cette nomination, il fut obligé de quitter Sorel, mais il conserva son titre de recteur ainsi que le droit de nommer des ministres pour la desserte de la paroisse. Il avait épousé Annie Henshaw. Un de ses fils, John Colborne Anderson, docteur en médecine, fut inhumé à Sorel, le 30 octobre 1870.

Des inhumations qu’il a faites nous avons relevé les suivantes: le 12 février 1839, celle de John Daniel Dorge, loyaliste, décédé à l’âge de 90 ans; le 10 septembre 1842, la sépulture d’Élisabeth Coul, veuve de feu le Révérend Jackson, décédée à l’âge de 85 ans; le 21 juin 1845, Son

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Excellence le lieutenant-général Sir Richard Downes Jackson, chevalier, commandeur de l’Ordre du Bain, commandant général des milices au Canada, décédé à Montréal, à l’âge de 67 ans.

Le 4 juillet 1884, la population anglaise célèbre le centenaire de la fondation de l’église anglicane. M. Anderson, de Montréal, fait l’historique de la mission et donne la biographie des ministres qui sont passés à Sorel.

Parmi ceux qui ont rempli les fonctions de leur ministère citons : M. P. Williams, depuis le 30 janvier 1853, M. A.-L. Fortin, depuis le mois de janvier 1875. Le 28 octobre 1876, il fait la sépulture d’Alférey Nelson, décédé à l’âge de 87 ans. Au mois de novembre 1877, M. L.-N. Tucker lui succède, et lui-même est remplacé par M. Alfred Barlheu.

Le 18 août 1882, le révérend C.-J. Machin, co-recteur, fait l’inhumation d’Elisabeth Walker, épouse de Robert Nelson, maître de navire, décédée à l’âge de 59 ans. Le ministre officiant est son parent, le révérend L.-C. Wurtele, issu d’une vieille famille loyaliste qui a fourni au pays plusieurs personnages distingués. Qu’on nous permette de la faire connaître plus intimement.

Les Wurtele sont originaires de Strumbfelbach, dans le Wurtemberg. Jonathan Wurtele, le fondateur de la branche canadienne, fut du nombre des loyalistes qui vinrent s’établir au Canada. Il épousa Louisa-Sophia Campbell, fille d’Archibald Campbell, issu de la noble maison de Breadalbane, Écosse, et de Charlotte Saxton, fille du fameux capitaine Saxton, dont on rencontre le nom à Sorel dès l’origine de cette ville. De ce mariage sont nés cinq garçons et deux filles: Charles-J .-C. Wurtele; il étudia le droit et demeure encore à Sorel. Le 21 juillet 1870, il

acheta les cens et rentes de la seigneurie1. L honorable J onathan-S ax ton-Campbell, né le 27 janvier 1827 ; il épousa Julia, fille de feu le Dr Wolfred Nelson, le héros de 1837 , et en secondes noces, Sarah, fille de Thomas Braniff, de Staten Island, New-York. L'honorable Juge Wurtele était catholique. Il fut inhumé le 29 avril 1904. Archibald Wurtele. Il fut secrétaire-trésorier du chemin de fer Atlantique et Lac Supérieur. Arthur-Shepard-Campbell Wurtele, décédé le 21 mars 1899; le Révérend L.-C. Wurtele, qui fut pasteur de l’église anglicane, à Acton Vale. Les deux filles sont Mmes John Rankin et R. Fortier.

Le Rév. L.-V. Larivière devient pro-recteur en 1882. Le 8 mars 1887, M. Walker Windsor officie aux funérailles de James Jones, décédé à l’âge de 84 ans. Le 27 novembre 1888, il fait l’inhumation de l’honorable James Armstrong, juge en chef de Sainte-Lucie, décédé à Sorel. Il avait épousé Delle Marie-Anne-Charlotte Olivier, fille de M. Hercule Olivier, qui fut inhumé à l’église catholique le 4 juillet 18982.

Le 17 juin 1889, M. Walker Windsor fait l’inhumation de John Saxton, décédé à l’âge de 65 ans. En 1892, le rectorat est occupé par le révérend William Niedorn Dulthie. En 1894, M. Lestock des Brisay en prend la direction et il demeure à Sorel jusqu’en 1910. Il sut se créer de nombreuses sympathies. Son successeur, le révérend W. Seaborn, le 16 février 1901, fait la sépulture de Robert Nelson, capitaine de navires de la Compagnie Richelieu. Le

1 Greffe de Jobin, Archives du Palais de Justice. Sorel. Par acte en date du 25 octobre 1871, M. Wurtele vendit ses droits à Thon. James Armstrong, juge en chef de l’île Ste-Lucie.

2 La famille Armstrong est alliée aux familles Labelle, Langevin, Olivier. Mme Armstrong s’est toujours distinguée par son dévouement et sa charité envers les pauvres de Sorel.

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ministre R.-D. Irwin le remplace de 1907 à 1915. De cette date à 1921, le révérend J.-W. Martin dirige la paroisse; à sa mort, il est remplacé par le révérend Robert Emmet.

La congrégation anglicane ne compte plus qu’une poignée de fidèles, la plupart alliés aux familles canadiennes et parlant le français. Que sont devenus les centaines de loyalistes qui se sont établis dans William-Henry avec leurs femmes et leurs enfants à la fin du XVIIIe siècle? Ou ils sont morts sans laisser de postérité ou, les uns après les autres, ils ont émigré vers d’autres cieux, abandonnant ainsi les destinées de la ville aux mains des fils des premiers colons de la seigneurie. Qui ne voit en cela une attention admirable de la Providence qui protège notre race d’une manière si évidente? Ceux qui arrivaient nombreux au commencement du siècle dernier pour nous noyer sont à jamais disparus; les vaincus d’hier restent les paisibles possesseurs des domaines de leurs ancêtres! Nul ne pourra contester que cette victoire toute pacifique qui a son prolongement jusqu’aux confins des Cantons de l’Est, vrai château-fort de l’élément loyaliste, ne puisse être attribuée aux vertus chrétiennes que la religion catholique sait inculquer à ses enfants en développant chez eux avec l’amour de la famille l’attachement à la terre canadienne.

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