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M. Billot renouvela ce contrat le 2 février

2. M. Martel se réserve pour lui et ses successeurs, à perpétuité, six arpents de terre en superficie au cas où l’on voulût y bâtir, un jour, les édifices du culte. Greffe de Badeaux.

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roisse et l’île Dupas du 24 février au 10 mars. M. Charles- Ambroise Brouillet est chargé de ces dessertes du 17 mars au 8 octobre. Le 9 avril 1805, M. Martel rendit son âme à Dieu, âgé de 53 ans. Il fut inhumé dans l’église par M. le curé de Berthier, en présence de MM. Lenoir, Brouillet, desservant, Olivier, ami du défunt, et Dutalmé, son cousin.

Dans le cours de l’été, Mgr Pierre Deneau, en visite pastorale, laisse une ordonnance pour faire réparer le presbytère. M. Louis-Gabriel Lenoir-Rolland recueille la succession. Il naquit le 13 juillet 1753 du mariage de Gabriel Lenoir et de Madeleine Monet. Il fit ses études classiques à Québec et fut ordonné le 11 novembre 1781. Appelé par son évêque à la cure de Sorel, il y arrive le 12 octobre 1805. Il a, en outre, la desserte de l’île Dupas. Il ne fit pas un long ministère dans la paroisse. Déjà atteint par la maladie, il meurt le dimanche, 22 juin 1806, à l’âge de 52 ans. Ses funérailles ont lieu le 24 juin. M. Pouget, curé de Berthier, chante le service, en présence de MM. Thomas Kember, curé de Verchères, J. -F. Hébert, curé de St-Ours, Louis Lamothe, curé de St-Cuthbert, François Boissonnault, curé de St-Sulpice, P. Gibert, curé d’Yamaska, et J.- P. Perraud.

La paroisse ne reste pas longtemps veuve de son pasteur. Le 30 juin, l’évêque de Québec adresse au curé de Saint-Sulpice, M. Boissonnault, sa lettre de mission.

Né du mariage de sieur Pierre Boissonnault et de Dame Thérèse Gendron, le 31 décembre 1775, le nouveau pasteur a été ordonné le 16 février 1800. Ses confrères et son évêque le tiennent en haute estime. Le dernier lui écrit en l’appelant à la cure de Sorel: “Vous êtes redevable de ce “poste en partie à l’estime que M. Pouget a conçue pour “vous et à la bonne réputation que vous vous êtes acquise

“parmi vos confrères, réputation dont il faut rendre hom- “mage à Dieu sans en tirer vaine gloire1.”

M. Boissonnault administre la paroisse pendant huit ans et deux mois. Durant son séjour, Mgr Plessis, en visite pastorale, par ordonnance du 18 mai 1809, exige que les élections des marguilliers soient faites à l’avenir selon la coutume. La Fabrique existe depuis quatre-vingt-dix ans et les actes de délibérations se font encore par devant le notaire. Dorénavant, on devra rédiger les résolutions de Fabrique et insérer dans un registre spécial non seulement les procès-verbaux des délibérations de Fabrique mais encore ceux des élections des marguilliers. Le 3 novembre 1809, le sieur Antoine Saint-Martin est élu à cette charge, le procès-verbal est insinué dans le registre en bonne et due forme.

Durant la guerre anglo-américaine de 1812, M. Boissonnault voit son troupeau s’augmenter d’un grand nombre de soldats. Le fort est toujours sous la garde de militaires dont le nombre s’accroît de plus en plus. Des Canadiens-français s’enrôlent comme volontaires dans l’armée coloniale pour défendre leur patrie menacée par les insurgés. C’est le moment où l’immortel de Salaberry forme son glorieux bataillon des célèbres Voltigeurs Canadiens. Il remporte d’abord la victoire de Lacolle, dans la journée du 21 novembre 1812, et celle plus remarquable de Chateauguay, le 22 octobre de l'année suivante. A cette dernière bataille, sa petite troupe de braves d’environ 350 hommes, dont 200 Canadiens et 150 sauvages, formée de ses Voltigeurs et d’une compagnie de Fencibles, repousse une armée forte de 7,000 hommes, dont 400 cavaliers, appuyée par douze ca-

1 Archives de l’Évêché de St-Hyacinthe.

L’église Notre-Dame

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lions. Les annales de Sorel conservent quelques-uns des noms de ces braves. Ce sont: John McDougall, Augustin Thomas, de l’île Madame, Pierre Saint-Martin, John Allago, Le Dr Jean-Baptiste Gaucher, chirurgien, Edouard Aubert, Louis Ouéry.... Dans le régiment du Canadiati Fencibles sont: Joseph Allard, Charles Sangster, Joseph Wilmont, John Dautous, Duncan Cameron McDonnell, Joseph Dusang, Aaron Valley, Abraham Langlade, François Tibus Cantara, Toussaint Labelle, Joseph McCrea, Louis Roy, caporal. Ils étaient présents à la bataille de Chateauguay. Plusieurs autres parmi lesquels sont des Bourbeau, Beauregard, Beauchemin, Brisebois, Cloutier, Champagne, Daigneau, Drapeau, Dumas, Gagné, Thobodeau, étaient parmi les défenseurs de la patrie. Une famille soreloise, celle de Pierre Beaupré, s’est fait remarquer en fournissant à l’armée onze enfants, sans compter un de ses gendres qui s’enrôla aussi volontairement1.

Le 10 février 1812, M. Boissonnault bénit le mariage de Joseph Drouet, sieur de Richardville et de Marguerite Antaya. Il était le descendant de cette belle famille Drouet qui a fourni plusieurs officiers remarquables. Le 30 janvier 1813, Guillaume de Lorimier, enseigne dans le régiment Canadian Fencibles et fils du chevalier Louis de Lorimier et de Delle Skeler, se marie à Delle Louise Loedel, fille de Henry Loedel, médecin et de Delle Marguerite Gamelin.

Dans le cours de l'été de 1814, M. Boissonnault accompagne Mgr Plessis dans sa tournée pastorale. M. Louis

1. Beaupré, selon M. Benjamin Suite, ingénieur-civil, fut le père de dix-huit enfants. Il mourut en 1816. Pour se consoler de l’isolement dans lequel le plongea le départ de ses douze fils militaires, ce brave père de famille composa une chanson qui fut publiée dans le Bulletin des Recherches Historiques, Y, p. 237.

Gagné le remplace temporairement. Le 10 septembre, il quitte Sorel pour prendre la direction de la paroisse de Saint-Jean-Port-Joli. Il prend sa retraite en 1843 et il meurt le 7 février 1854.

Vers la fin de septembre 1814, les paroissiens sont desservis par un jeune prêtre de 26 ans, M. René-Olivier Bruneau, vicaire de la Rivière-Ouelle. D’une santé débile, ayant à desservir l’île Dupas conjointement avec Sorel où de nombreux soldats catholiques sont en garnison au fort, il se rend bientôt compte que la tâche est trop lourde pour lui. Le 1er octobre, il écrit à l’évêque: “Il se trouve présentement quatre à cinq cents soldats catholiques de sorte “que l’église est trop petite, le dimanche, pour les contenir “avec les paroissiens. Je vois, de plus, que je ne pourrai “suffire à ma double desserte. Je gémis de me voir la “charge de tant d’âmes, mais ce qui me console un peu c’est “que j’espère que Votre Grandeur aura pitié de moi, l’an “prochain....”

L’évêque, dans sa réponse, lui accorde la permission de célébrer deux messes, l’une pour les paroissiens, l’autre pour les troupes.... “Votre desserte, déjà très forte, reçoit une augmentation par ces étrangers. Rendez-vous utile à tous autant que la santé vous le permet ; si, après avoir essayé vos forces pendant une année, vous vous trouvez incapable d’y tenir, vous ne manquerez pas de me le faire savoir; mon intention n’est pas de vous tuer, mon cher enfant, mais de vous employer, selon vos forces et vos talents, à l’œuvre essentielle dont nous partageons tous les travaux et dont nous attendons du Ciel la récompense....” Du 28 décembre 1814 au 8 janvier 1815, M. Bruneau, malade, est remplacé par M. l’abbé D. Robitaille.

Au mois d’avril, l'évêque lui offre la paroisse de l’île Dupas où il fera sa résidence. M. Bruneau lui répond que cette proposition ne lui va pas. “Je suis fatigué des traverses. J’aime un endroit où l’on a la vue de l’eau, mais il ne me plaît pas dès que, pour en sortir, il faut mettre le pied dans un canot....” Le 16 octobre, il devient curé de Saint- Sulpice où il demeure quatre ans. Il décède à Verchères le 29 juillet 1870.

Le nouveau curé, M. René-Pierre Joyer, est né à Tours. Il quitte la paroisse de St-Sulpice qu'il occupe depuis 1806, mais ne fait pas un long séjour dans sa nouvelle cure. Agé de 52 ans, de santé faible, dès son arrivée, il communique ses impressions à Mgr Plessis : “C’est dommage pour moi que je sois toujours malade, car je crois que je me plairais bien à Sorel; les habitants sont bons, polis, honnêtes et dociles, l’endroit est gai et joli, mais l’ouvrage est fort considérable....” Plus tard, il écrit: “Sorel est un monde, c’est une source presqu'inépuisable, plus j’en confesse plus il en vient. Ils m’écrasent, ils viennent à toute heure, j’ai à peine un moment pour me reconnaître. Il est vrai que je ne vais pas vite.... Il arrive de temps à autre que plusieurs s’en vont sans pouvoir se confesser et cela me fait beaucoup de peine; quel fardeau!.... Je n’aurais jamais pensé que Sorel eût été si considérable et si étendu. J’ai la place la plus pénible du canton.... Je crois bien avoir 1,600 communiants et j’ai deux dessertes, mais enfin j’irai tant que je pourrai et je crains de ne pas aller bien loin....”

Le 14 mars 1816, il écrit de nouveau : “N’ayant pu confesser aux Quarante-Heures, l’ouvrage presse. Les habitants viennent en foule à confesse (c’est la deuxième semaine de carême). Ma santé s’affaiblit tous les jours au point que. je crains à chaque instant d’écraser sous le far-

deau....” Le 23 mars, il reçoit du secours dans la personne de M. C.-A. Brouillet, qui demeure avec lui jusqu’au 29 septembre. M. Joyer, à cette date, quitte la paroisse pour prendre la direction de la cure de Saint-André-de-Kamouraska. Il meurt à Montréal, le 19 janvier 1849.

Comme on le voit, les curés de Sorel se succèdent rapidement. A peine y ont-ils séjourné durant un an qu’ils s’estiment heureux de s’en aller sous d’autres cieux. La charge est trop lourde pour un seul prêtre. Celui que l’évêque choisit, cette fois encore, n’est pas plus persévérant que ses prédécesseurs. C’est M. Pierre Bourget, missionnaire à Tadoussac. Le 28 septembre, 1’évêque lui écrit: “Je vous destinais la cure deÿ Éboulements ; mon cher Bourget, la difficulté de trouver un homme assez robuste pour joindre la desserte de l’île Dupas à celle de Sorel m’a décidé de vous en charger. Malheureusement, vous ne savez pas l’anglais et il faut tâcher de l’apprendre....”

M. Bourget se rend à Sorel. Un mois après son arrivée, il écrit à l’évêque: “Je suis fort en peine, je vois plus d’ouvrage que je n’en pourrai faire. Je ne suis pas assez expéditif au confessionnal pour confesser 1,900 pénitents..”

Le surcroît de travail n’est pas la seule cause des fatigues du curé. La question toujours pendante de la reconstruction du presbytère entre pour beaucoup dans ses peines. La vieille maison curiale, de quarante pieds par trente, bâtie de bois en 1767, allongée de douze pieds en 1784, réparée en 1805, n'est plus logeable. Le 6 novembre 1815, M. Joyer a rappelé au souvenir de son évêque que cette maison est en mauvais état. Il s’en est contenté et il a passé l’hiver dans ce misérable logis, ce qui a contribué à aggraver sa maladie. De Kingston, le 9 juin 1816, Mgr Plessis ordonne

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aux Sorelois de bâtir une résidence à la place du vieux presbytère “sans goût, sans élégance, qui dépare et disgracie la rue où il est placé.... “En attendant, il veut qu’on mette à la disposition du curé un logis convenable....” Peu après son arrivée, M. Bourget reprend la question et, le 29 octobre, il écrit à son évêque : “Les paroissiens me paraissent bien disposés à faire tout ce qu’on demandera d’eux.... Les uns le voudraient en brique, c’est le petit nombre, les autres en bois mais à deux étages, d’autres enfin le désirent semblable à l’ancien. Je crois cependant que si je prenais un de ces partis, celui-là l’emporterait facilement sur l’autre..” A cela l’évêque répond : “Il m’est assez indifférent que les paroissiens le bâtissent en bois, en brique ou en pierre, pourvu qu’ils bâtissent sans délai. La maison que vous occupez et qui s’en va en ruine est, à ma connaissance, le second presbytère en bois. Cela semble décider de la nécessité de bâtir en brique ou en pierre, mais la brique est chère et il n’y a pas de pierre dans l’endroit. Le bois même n’y est pas fort commun ni à bon marché. D’après ces données, décidez entre eux et vous de la matière que vous emploierez pour le construire....”

Le 28 décembre le curé écrit : “Les paroissiens ne sont pas plus avancés pour leur requête qu’ils ne l’étaient au premier octobre. J’ai voulu les presser de la leur faire signer, ils m’ont répondu qu’ils s’en étaient bien passé quand ils ont fait leur église, qu’ils n’en avaient pas plus besoin pour le presbytère. Je les vois partis pour faire une bâtisse semblable à celle que j’occupe, si Votre Grandeur ne leur parle pas sérieusement. Je plains celui qui l’occupera, s’il a autant froid que moi....”

L’évêque, constatant si peu de bonne volonté, revient à la charge. Le 4 janvier, il les presse de se soumettre de

bonne grâce aux procédures légales et les menace de retirer le curé de la paroisse, s’ils ne se mettent pas en mesure de bâtir selon les formalités requises par la loi. Quel fut l’effet de cette injonction sur les habitants? M. Bourget nous l’apprend: “La lettre de Votre Grandeur, sans avoir fait beaucoup d’impression sur les paroissiens, les a cependant excités un peu. Ils sont décidés à bâtir en bois et ils en ont même descendu sur la place. Ils continuent cependant à ne pas se soumettre à la loi et ils promettent que leur curé sera content de la maison qu’ils lui feront sans ces formalités. Pour moi, je ne saurais en dire autant, car je les crois un peu négligents et je ne leur vois presque pas de matériaux préparés....” Le 18 février, l’évêque répond: “Je ne sais plus que dire à vos paroissiens s’ils ne sont pas remués par ma lettre pastorale. S’ils veulent bâtir, (pourvu qu’ils bâtissent) sans suivre les formalités de la loi, c’est à leurs risques plutôt qu’aux vôtres.”

Le 26 avril, M. Bourget informe l’évêque que les paroissiens ont entrepris la construction du presbytère.... “Il se présente une nouvelle dépense : la cloche est cassée, presque hors de service, les habitants veulent bien en avoir une autre, si Votre Grandeur veut leur permettre de prendre l'argent du coffre, ils disent qu’ils ont assez du presbytère à faire bâtir pour cette année....”

Sans autres formalités, les Sorelois érigent à la hâte une maison curiale. Les travaux sont si mal exécutés que l’année suivante il faut recommencer. M. le curé Bourget ne voit pas la fin de l’entreprise. Il demande son départ et, le 15 septembre 1817, il devient curé de Châteauguay. Il laisse à son successeur le soin de la paroisse. Il meurt à l’Islet le 20 février 1833.

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