CHAPITRE XII
M. Jean-Baptiste Kelly. — • Débuts de son ministère. — Vicaire à St- Denis-sur-Richelieu. — Missionnaire à Madawaska. — Curé de St-Denis, de Sorel. — On lui confie la desserte de Drummondville. — Le presbytère de Sorel. — Nouvelle église. — Le meurtre de Louis Marcoux. — Sorel en 1837-38. — Fondation de la paroisse de Ste-Victoire. — L’hôpital et le collège. — Mort de M. Kelly.
Le nouveau curé de Sorel, M. Jean-Baptiste Kelly, a été un homme d’œuvres. Il est né à Québec, le 5 octobre 1783, du mariage de Jean Kelly et de Dame Marguerite Migneron. Il reçut tous les ordres, moins la prêtrise, dans la cathédrale de Québec. N'étant que diacre, son évêque l’envoie à Saint-Denis-sur-Richelieu chez M. le Grand-Vicaire Cherrier. Il est accueilli avec joie par ce dernier qui s'empresse, dès le 5 septembre 1806, de remercier Mgr Plessis “du lieutenant-vicaire cpt’il lui procure.” Dans une autre lettre, en date du 14 octobre, le curé Cherrier dit encore : “Je souffre à Saint-Denis des gros temps d’automne mais suis soulagé par le charmant lieutenant-vicaire que votre bonté m’a procuré.”
M. Kelly est ordonné le 9 novembre 1806, dans la chapelle du Séminaire de Québec, et retourne à St-Denis où il demeure jusqu’au mois d’août 1808. De là, il est envoyé dans les missions de Madawaska et reçoit à cet effet des pouvoirs extraordinaires. Il passe l’hiver de 1809 sur les bords de la rivière St-Jean. Il a beaucoup à souffrir du
froid dans un presbytère presque inhabitable. Sa santé étant compromise, l'évêque lui permet de venir hiverner au Canada. Il retourne dans sa mission en 1810, mais il en revient à l’automne.
Il y avait treize mois que M. le curé Cherrier était décédé lorsque l’évêque choisit M. Kelly pour lui confier cette cure, le 12 octobre 1810. “Sans être un homme très éminent, écrit M. l’abbé Desnoyers, il possédait à un haut degré la confiance de ses supérieurs. Ceux-ci lui confiaient souvent des missions qu’ils n’osaient donner à d’autres.” M. il est nommé à la cure de Sorel et il conserve la desserte de Kelly demeure cinq ans à St-Denis. Le 15 décembre 1817, l’île Dupas. Le 19 septembre, il reçoit un vicaire dans la personne de M. Isidore Poirier.
A Sorel, M. Kelly doit s’occuper du presbytère en construction. Le 14 octobre, il informe Mgr Plessis de ce qui s’y passe : “Je suis ici depuis le 7, écrit-il, et mon bagage n’est arrivé que le 9. Tout est par les places. Il n’y a ni armoires, ni clanches aux portes, ni porte de cave, ni escalier pour monter au grenier, mais en peu de jours, j’espère que tout va se débrouiller. Le presbytère est peu logeable....” Le 22, il ajoute dans une autre lettre: “L’ouvrage est extrêmement mal fait. Je crois que nous gèlerons cet hiver....” Le 17 décembre: “Je suis un peu mieux que dehors, la pluie, la neige, ne manquent pas....”
Les prévisions de M. le curé Bourget, son prédécesseur, se réalisent. M. Kelly est faible, souvent malade. Dans une de ses lettres, le 31 mars 1818, il rend compte à l’évêque de son état: “Depuis janvier, j’ai presque toujours été malade. Le samedi saint, je me suis trouvé dans une grande faiblesse. Depuis ce temps-là, je sens des douleurs continuelles dans la poitrine. Elles m’inquiètent un peu,
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mais je compte sur le beau temps....” Dans presque toutes ses correspondances, il se plaint de son état de santé. Ce qui n’empêche pas son évêque de lui confier, en 1818, la mission de Drummondville qu’il ouvre en 1819, et celle de Miramichi où il se rend en 1820. Le 26 octobre de cette même année, il est à Drummondville. Il y reste quatre jours. Il baptise six enfants et confesse quarante personnes.
Pendant ce temps-là, les Sorelois s’apercevant qu’il leur est impossible d’achever le presbytère avec les contributions volontaires, demandent à l’évêque la permission de prélever une répartition. M. Jean-François Hébert, curé de St- Ours, nommé délégué à cette occasion, se rend à Sorel. Assisté de MM. Jean Kent Welles, l’agent de la seigneurie, et de Michel-Félix Péloquin, experts, il examine le nouveau presbytère et rédige le procès-verbal suivant: “Il faut recommencer la couverture entièrement, resserrer, doubler les plafonds et les planchers. Le terrain est exposé à être rongé par les eaux de la rivière Richelieu, et le quai qui termine l’emplacement du curé doit être rebâti à neuf.”
L’évêque ayant approuvé la proposition des francs-tenanciers, ceux-ci rédigent une requête aux commissaires civils, portant 208 signatures, certifiées par le notaire Henry Crebassa. Le 1er avril, M. Kelly déclare que “tout ce qui a été fait est généralement à défaire depuis la cave jusqu’au grenier. Il faut voir cela, ajoute-t-il, pour en avoir une idée....”
L’élection des syndics a lieu sans tarder. On prélève une répartition de 9,271 livres, 12 sols. L’évêque permet de prendre, au coffre, la somme de 2,400 livres. Avec ces argents on parvint à faire le presbytère qui se voyait encore en 1874 tout près des quais de la Compagnie Richelieu.
Dans l'année 1818, le curé achète une cloche qu’il paie 2,556 livres, un tableau de la Visitation de la Ste-Vierge et un autre de la Présentation de Jésus au temple.
Le 8 mai 1819, est inhumé le sieur Joseph Drouet, écuyer, sieur de Richardville, décédé à 83 ans, époux de Marguerite Antaya.
En 1821, la paroisse renferme une population de 3,502 âmes. Au recensement de 1823, il s’y trouve 580 familles donnant 3,881 âmes. C’est le moment où le curé commence à agiter la question de la reconstruction de l’église. Celle qu’il a laissée à Saint-Denis était l’une des plus belles du diocèse. A Sorel, étant à l’étroit, il conçoit le projet d’en bâtir une plus digne de la Majesté du Seigneur et plus en rapport avec les besoins de la population. Avant d’agir une question importante doit être résolue: sera-t-elle érigée sur le site de l’ancienne ou dans un endroit plus propice? Le terrain sur lequel elle s’élève ne peut s’agrandir, borné qu’il est par la rivière Richelieu d’un côté et les casernes de l’autre. Ce voisinage expose l’église en cas d’incendie. Au surplus, le gouverneur a déclaré que les édifices du gouvernement resteraient où ils sont, mais pour faciliter la reconstruction de l’édifice, il consentirait ou à placer leur entrée du côté opposé ou, mieux encore, à accorder un autre terrain dans la commune si tel est le désir de l’évêque.
Nous n’entrerons pas dans les détails des correspondances qui sont échangées entre le curé, l’évêque et le gouverneur. Le 10 février 1822, le premier écrit: “Un petit nombre et les plus raisonnables veulent ce que l’on voudra. La plus grande partie de la paroisse et peut-être ceux qui ne veulent rien faire, désirent que l’église reste à sa place et que l’on répare.... Les gens des îles disent que ce sera très incommode pour eux si elle est éloignée de l’eau, leurs
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canots étant exposés à être volés. Ceux des concessions éloignées ajoutent qu’ils contribueraient volontiers mais ils craignent une division dans quelques années. Ils n’auraient pas d’objections si on les assurait qu’on leur remboursera leur argent dans le cas d’une division....1”
Pendant ces pourparlers, la requête se signe lentement. Le 6 septembre 1822, le notaire Henry Crebassa certifie que les 284 signatures sont authentiques. On la porte à l'évêque qui délègue dans la paroisse Mgr Lartigue. Il y reste trois jours, choisit le site de la future église sur un terrain donné par le gouvernement. Le 29 août 1823, il revient à Sorel et règle que l’église, la sacristie et le cimetière seront érigés sur le terrain donné par le gouvernement, d’environ 400 pieds carrés, borné au nord par le fleuve St-Laurent, au sud par les terres non concédées, à l’est par le chemin qui conduit à la concession vulgairement appelée le Pot-au-Beurre, et à l’ouest par le terrain de James Dorge. Le temple aura cent-trente-cinq pieds de longueur, soixantedix de largeur, trente-sept de hauteur, et les murs auront deux à trois pieds d’épaisseur. Il y aura deux chapelles latérales. La sacristie devra avoir trente-quatre pieds par vingt, et autant de hauteur. Ces dimensions furent modifiées sur demande faite par quelques-uns des opposants. Le 23 mars 1824, pour les amener à accepter cette construction, Mgr Lartigue retranche les chapelles et dix pieds sur la hauteur des murs.
A la suite de cette entente, on prélève une répartition de 54,050 livres et les syndics sont élus : Joseph Forcier, Louis Mandeville, Jean Crebassa, Jean-Baptiste St-Martin, Barthélemy Cournoyer, Prisque Péloquin, Pierre Dufault. Lord Dalhousie verse généreusement une souscription per-
1 Archives de l’Evcché de St-Hyacinthe.
sonnelle de 500 louis pour la nouvelle église dont il accorde le terrain par lettres patentes en date du 1er décembre 1824. Le 21 mai suivant, l’arpenteur Jean-Olivier Arcand, de St- Michel d’Yamaska, en compagnie de M. Kelly, de John Kent Welles et de Pierre Letendre, mesure remplacement concédé. Il a 421 pieds sur la rue Georges, 369 sur la rue Léopold, 611 sur la rue Charlotte, formant une superficie de cinq arpents, quatre-vingt-quatre perches et cent dixhuit pieds, pour le premier lot. Au nord de la rue Georges se trouve un autre terrain de deux arpents, quatre-vingtneuf perches et deux-cent-soixante-seize pieds.
Les travaux de la maçonnerie sont commencés en 1826, mais l’église n’est livrée au culte qu’en 1830, bien qu’on célébrât encore des offices dans le vieux temple jusqu’en
Le sieur Augustin Leblanc, maître sculpteur, de St- Grégoire, district des Trois-Rivières, obtient le contrat pour la décoration de l’église. M. l’abbé Desnoyers nous apprend qu'elle se distinguait par son apparence sombre ; ainsi, ajoute-t-il, le voulait le goût de l’époque. M. Kelly voulut que son église revêtit un caractère analogue au temps que le pays traversait, car l’année 1832 fut une année de calamités.... “La voûte de ce temple, peu arquée, écrit le même auteur, toute composée de losanges et de rosaces, et les galeries latérales sont soutenues par dix colonnes rondes et cannelées. Six autres plus petites soutiennent le jubé. On n’y voit pas d’or. Il y a dans la nef deux-cent-un bancs, distribués en quatre rangées doubles, et cent-soixante dans les galeries. Les trois tableaux du chœur tiennent le milieu entre le beau artistique et la médiocrité. Les trois autels et la sacristie, assez vaste d’ailleurs, n’offrent rien de remarquable....”
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Depuis que M. l’abbé Desnoyers a écrit ces lignes, beaucoup de changements ont été effectués dans le vieux temple qui a longtemps porté le nom de son fondateur. Sa décoration intérieure vient d’être rajeunie par les soins du curé actuel, M. le chanoine Cléophas Bernard.
En 1831, l’emplacement du vieux presbytère et ses dépendances furent remis au gouvernement anglais, qui donna en retour 115 âcres de terre dans l’île de Grâce. Cet échange fut approuvé par les paroissiens en une assemblée tenue le 10 novembre 1839, et tout fut terminé le 21 décembre 1858 sous M. Limoges. Les lettres patentes de la concession des terrains appartenant à la Fabrique portent la date du 10 mai 1841.
Une fois l’église terminée, M. Kelly songe à se bâtir une maison curiale. On lui permet d’employer la pierre du vieux temple, et il érige une maison en croupe de cinquante pieds par quarante, avec rez-de-chaussée, un étage franc élevé et hautes mansardes, flanquée d’une belle galerie qui en fait le tour. C’est un presbytère spacieux et vraiment confortable. Il a été complètement transformé en ces dernières années.
En 1831, Elle Dupas reçoit son premier curé. Ceux de Sorel sont enfin délivrés de cette desserte lointaine, et si ennuyeuse à cause de la traversée. En 1832, un fléau terrible, le grand choléra, passe par tout le pays. On compte, à Sorel, plusieurs victimes. D’autres événements malheureux viennent attrister le bon M. Kelly. On vit encore dans une époque agitée. Les partis politiques sont aux prises. Souvent, il y a des bagarres dans la ville, où l’on compte plusieurs buvettes. Le vieux dicton “les gens de Sorel ont le bras mortel,” trouve ici son entière application.
A la date du 14 septembre 1826, M. Kelly porte plainte contre un de ses paroissiens entré chez lui ivre en blasphémant. On voit encore un nommé Ritchie accuser en présence du juge de paix John Kent Welles, Louis Marcoux, David Brisset et François Caméraire, d’avoir pris un bateau appartenant à Joseph Frigon et dont le déposant avait la garde. Ceci se passait le 7 avril entre sept et huit heures du soir. Brisset, en le voyant venir avec six ou sept hommes, tire un pistolet et menace de lui casser la tête. Ritchie lui dit qu’il a la garde de ce bateau et qu’il veut le reprendre. Marcoux crie de tirer et lui-même brandit une hache. Brisset fait un pas pour saisir la hache, mais Marcoux le culbute à l’eau et il est obligé de se sauver à la nage.
Ce Louis Marcoux fut tué, à l’âge de 36 ans, pendant les élections de 1834, par Isaac Jones. Voici les circonstances de ce tragique événement. A cette époque, Louis Marcoux est marchand. Il vit avec son beau-père, André Schultz, et jouit d’une certaine popularité. Ardent partisan de Nelson et de ses collègues qui travaillent au redressement de nombreux griefs dont nos pères se plaignent avec tant de justesse, il a embrassé la cause des patriotes avec toute l’ardeur de ses convictions. Les luttes longues et pénibles que les Canadiens ont menées jusque là, ne produisant que peu de changement dans l’administration des affaires publiques, il devient évident que la colère du peuple va bientôt s’enflammer. L’élément fanatique règne en maître. A Sorel une poignée d’Anglais mène tout à sa guise, et les Canadiens, encerclés par la caste militaire, s’ils sont patriotes, pour cette raison font moins de bruit qu’ailleurs. La famille Jones, encore nombreuse, est représentée par Robert Jones, James Jones, Isaac Jones. Le premier, gardien des casernes, est en même temps juge de paix et mem-
1° La maison de la veuve Coton où les partisans de Marcoux étaient assemblés.
2° Maison de Dumas, où la cheminée devait être construite.
3° Maison de Grenier.
4° Endroit où les ouvriers ont été attaqués.
5° et 6° Fenêtres par lesquelles Dumas a vu les péripéties de l’attaque et Marcoux blessé.
7° Endroit où Isaac Jones a tiré un coup de feu en l’air.
8° Puits sur le lot de Dumas, derrière lequel Isaac Jones, poursuivi par Marcoux, se serait retiré?
9° Endroit où Marcoux est tombé.
bre de la Chambre d’ Assemblée. Deux candidats briguent les suffrages: M. John Pickel, de Montréal, et John Jones, fils, de Québec. L’élection est violemment contestée, par les deux partis en présence depuis le 26 octobre 1834 jusqu’au 7 novembre. Toutes les mauvaises passions sont mises en œuvre. Les sympathies se forment rapidement et se dissipent aussitôt. Comme les voteurs sont rares, les animosités et les rixes augmentent. On recourt à divers expédients. Dans la ville se trouve un nommé Dumas qui désire donner son suffrage à M. Jones, mais n’ayant pas de maison habitable, ce qui lui donnerait le droit de vote, il veut employer un subterfuge pour appuyer le candidat de son choix. Les partisans de Jones, sachant qu’il possède une masure inachevée, manquant de cheminée, veulent lui en construire une afin de lui donner l’apparence d’une maison, et ils engagent un maçon pour la construire durant la soirée. Plusieurs de ces derniers se rendent chez Dumas. En face, chez Mme Paul, se tiennent plusieurs individus qui s’amusent. Sur les neuf heures du soir, Marcoux arrive en calèche conduit par André Lavallée. Il reste quelques instants dans cette maison et en sort bientôt avec les assistants. Dans la rue, ils entendent un coup de feu tiré dans la direction de Dumas. Marcoux se précipite vers l’endroit où le fusil est apparu. Il y trouve Isaac Jones tenant à la main un fusil qu’il pointe vers sa poitrine. Marcoux le détourne obliquement avec sa canne en disant : “Ne tire pas, Isaac, ne tire pas!” Mais, à ce moment, James Jones s’écrie: “Tire, Isaac, tire!” Sur ce, Isaac fait partir la détente et toute la charge atteint dans le bas du ventre Marcoux qui tombe en s’écriant: “Je suis un homme mort!” Des amis s’empressent autour du blessé; on le conduit dans la maison d’Alexis Péloquin, où le Dr Michel-Étienne Haller
Le premier couvent.
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lui donne les premiers soins. Il expire le 8 novembre dans sa maison, ayant enduré d’horribles souffrances. Les funérailles ont lieu le 10 novembre au milieu d’un grand concours de peuple qui lui décerne le titre de martyr. L’affaire a son dénouement devant les tribunaux. Le procès des frères Isaac et James Jones s’instruit le 4 mars 1835, à Montréal. Les juges Georges Pyke, Jean-Roch Rolland et Samuel Gale sont sur le banc. L’honorable Michel O’Sullivan remplit la fonction de solliciteur général. Les avocats John Boston, Henry Driscoll, Robert Amion, Aaron- Phillip Hart, agissent pour la défense. Remplissaient les fonctions de jurés: Hyacinthe Paiement-Larivière : Alexis Ponton, de Ste-Marie de Monnoir; Pierre Ponton et J. -B. Chagnon, de la même paroisse; Alexis Taillefer, de Ste- Martine; Donald Fraser, de St-André; Donald-M. Martin, de St-Eustache; Georges-Simon Le Roy, de St-André; Charles Renaud-Blanchard, de St-Jean-Baptiste ; Patrick Drumgoold, James Daly et John Drein, de Montréal.
Plusieurs autres Sorelois, partisans de Jones, sont également compromis. Les deux accusés plaident “non coupables.”
Dans sa charge aux jurés, le solliciteur-général fait connaître “que dans la journée du 5 novembre, Isaac Jones aurait déclaré, en parlant à Moïse Duplessis, notaire, de Sorel, qu’il y aurait meurtre ce jour-là.”
Les principaux témoins à charge sont le notaire Duplessis, le Dr Wolfred Nelson, le Dr Haller, les sieurs André Lavallée, Alexis Paul, Hus Cournoyer, Pierre-Louis Deligall, Pierre Carpentier, François Hughes, maître d’école, Charles Pagé, Charles Armstrong, Alexis Péloquin, Paul Péloquin, Pierre Cardin, Dr Édouard Carter, Maxime Aussant, Xavier Paul-Hus Cournoyer, François Ron-
deau, Pierre St-Martin, Martel Paul-Hus Cournoyer, Pierre Triganne, Hector Martin, Joseph Lamer, François Tibus- Cantara, Louise Benoît, veuve de Paul Hus, Françoise Deguise, Charles Desmarais. Ceux de la défense sont également nombreux. Les avocats de la couronne et de la défense firent d’éloquents discours. Un verdict est rendu, par les jurés, en faveur des accusés que la cour remet en liberté.
Cependant la mort de Marcoux a toujours été considérée comme un meurtre par les Canadiens en dépit de cette décision des petits jurés. Bien que les obsèques de la victime aient été grandioses, le Dr Wolfred Nelson veut faire davantage. Il prie M. Kelly de chanter une grand’messe le jour où les Sorelois et les admirateurs de la victime placeront au cimetière un monument à sa mémoire.
Le curé renvoie Nelson à Mgr Lartigue, qui réfère la question à M. le Grand-Vicaire Deniers. Sur l’avis de ce dernier, l’évêque répond “qu'on ne s’opposerait pas à ce projet, pourvu qu’il ne fût pas prononcé de discours et que l’inscription ne renfermât que des paroles de paix.”
Ces restrictions de l’autorité religieuse ne conviennent guère aux organisateurs, qui ne commandent pas moins chez le marbrier un monument. A la mi-octobre, la pièce est presque terminée. Le 14, M. Deniers écrit à Mgr Lartigue: “Ce monument sera une pyramide surmontée d’une croix. On y mettra cette inscription: Marcoux , mort pour la défense des droits de la patrie; ou bien cette autre : Marcoux est mort. Vive la patrie! M. Kelly, ayant eu vent du dessein des patriotes, me dit qu’il ne consentira point à ce qu’on plaçât dans le cimetière de son église ce monument.” La réponse de l’évêque ne se fait pas attendre : “Je défends, dit-il, qu’on mette sur la pierre l’une ou l’autre inscription
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mentionnée, ou qu’il y soit fait aucune allusion aux causes politiques de la mort de Marcoux; la seule que je trouve digne du lieu où repose son corps est celle-ci : Ci-gît Louis Marcoux, décédé.... novembre 1834; il mourut en chrétien et pardonna.”
Devant cette décision si formelle de l'évêque, les promoteurs du monument en renvoient l’érection à une date ultérieure. Les patriotes prennent même la détermination de le transporter dans la paroisse de Saint-Denis, où l’inauguration a lieu le 23 juillet 1836. L'Écho du, Pays raconte ainsi cet événement. “Hier a eu lieu à St-Denis l’érection du monument à la mémoire de Marcoux, suivant les annonces qui en avaient été faites. Un assez grand nombre de personnes des diverses parties du comté s’y trouvaient réunies pour être témoins de cet acte de reconnaissance. Tout le monde se rappelle que Marcoux perdit la vie pendant les dernières élections, lorsqu’il exerçait son droit le plus sacré de citoyen, celui de choisir un membre honnête et indépendant pour soutenir les intérêts dans les parlements. La cause fut menée devant les tribunaux. On sait quelle a été la décision de la Cour. Le comté résolut, en conséquence, de ne pas laisser passer cet acte sous silence. Il voulut néanmoins que quelque chose attestât aux générations futures le courage et le dévouement de cet honnête citoyen. C’est donc hier qu’a eu lieu, au milieu d’un concours nombreux, l’érection du monument.... Toutes les personnes présentes ont participé à l’enthousiasme que cette circonstance était propre à faire naître. Quand le monument eut été placé au lieu qui lui était destiné, le docteur Nelson prononça un discours analogue à la circonstance, pendant lequel de nombreux bravos se firent entendre. MM. Marchessault et Giard furent appelés à dire quelque chose qui
se rattachât à letat où se trouve aujourd’hui le pays; ce qu’ils firent, et ils furent bien goûtés.... Le monument représente une pyramide en pierre polie des carrières de Montréal. Sur le pied, se trouve l’inscription suivante: “Passant, rends hommage à la mémoire du patriote Louis Marcoux, tué à Sorel , le 8 novembre 1834, en défendant la cause sacrée du- pays, âgé de 34 ans. Ses dernières paroles furent : Vive la Patrie !”
Le monument subsista un an. Les soldats anglais, en novembre 1837, après leur retour à St-Denis, le culbutèrent et le brisèrent. Plusieurs fragments, enfouis, plus tard, dans les fondations d’une grange du village de St-Denis, furent mis à découvert en 1915, et grâce aux soins de M. le Dr J.-Bte Richard, le monument a été réparé et placé sur une base nouvelle. Il restera désormais sur ce coin de terre pour rappeler le temps déjà loin où nos ancêtres avaient à lutter pour empêcher nos prérogatives, nos droits, de sombrer sous les coups de l’oligarchie qui se faisait de plus en plus tyrannique.
L’orage qui gronde depuis longtemps éclate sous la poussée énergique des chefs patriotes, les Papineau, les Nelson. Nous avons écrit ailleurs1 les causes de cette rébellion. Nous avons dit comment sont adoptées à Saint-Ours les résolutions révolutionnaires. Le mouvement se répand bientôt dans toutes les campagnes principalement à Montréal, à St-Eustache, sur les rives du Richelieu. A Sorel, tout est relativement calme. La présence des soldats casernés au fort en impose à la population. C’est de là que, dans la nuit du 21 au 23 novembre 1837, part le colonel Gore avec cinq compagnies d’infanterie, une pièce de canon
1 Histoire de la famille et de sa seigneurie de St-Ours, II pi> 216 à 294.
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et un piquet à cheval. Il a reçu l’ordre de se joindre au colonel Whiterall entre St-Denis et St-Charles. Désirant prendre les rebelles entre deux feux, il traverse la paroisse de St-Ours, livre quelques maisons au pillage, entre autres celle du Dr Dorion, mais dans la journée du 22 il est complètement défait à St-Denis. Une poignée de patriotes, mal armés, a raison des troupes anglaises bien fournies de munitions. Le soir de cette rude journée, le commandant de nos patriotes aurait pu écrire, sans doute, comme autrefois Montcalm à son ami Doreil après la victoire de Carillon : “Quels soldats que les miens, je n’en ai jamais vu de pareils !” Cependant, Gore est plus heureux la seconde fois à St-Charles, il incendie le village et fait plusieurs victimes.
Robert Jones, promu à la position de juge de paix, par le gouverneur, le 23 décembre 1837, reçoit en même temps la faculté de faire prêter le serment de fidélité aux habitants du comté. Il ne tarde pas à dresser une liste de ceux des citoyens de Sorel et des paroisses voisines qui sont accusés de sédition. Ce sont: Charles Gouin, Louis Chapdelaine, Hippolyte Chapdelaine, Denis Péloquin, de Saint- Ours, accusés d’avoir entretenu des intelligences avec l’ennemi et d’avoir fait le coup de feu à St-Denis. Olivier Chamard, présent à cette bataille, “contre sa volonté.” François Mignault, arrêté les armes à la main, est soupçonné d’avoir participé au meurtre du lieutenant Weir. Pierre Beaulac était présent à la bataille de St-Denis ainsi qu’ Antoine Daigle, mais “contre leur gré.” François Nault-Labrie était à St-Ours. Joseph Duval, François Marion, Pierre Noël, Dominique Charland, J.-O. Arcand, Léon Rousseau, Amable Paradis, Amable Marion sont encore accusés d’avoir tenu un langage séditieux et irrespectueux envers la Reine.
Le 28 janvier 1838, sur la déposition de Joseph Berthiaume, du baron Auguste Diemar, Édouard Bonin, François Hébert, les juges de paix Robert Jones et Henry Crebassa émettent un mandat contre Carme Le Noblet Duplessis, de St-Ours et aussi de Contrecœur1.
Le 7 juin 1838, Pierre Triganne, bailli, a capturé Joseph Duval. Six patriotes seulement sont en prison, cinq sont délivrés sous caution et quatre sur la promesse qu’ils garderont la fidélité.
Bientôt, un mouvement loyaliste, inspiré par le clergé et des citoyens éclairés, succède à l’effervescence populaire et s’étend de paroisse en paroisse. A Sorel, les officiers de milice du troisième bataillon du comté de Richelieu, formé de Canadiens, assurent Sir John Colborne qu’ils sont prêts à défendre les intérêts de Sa Majesté si les rebelles viennent à attaquer la ville. Au mois d’août 1838, a lieu une grande assemblée sous la présidence de Robert Jones, colonel des Milices. M. Narcisse Darminault Crebassa fait la fonction de secrétaire et l’on prend des dispositions pour préparer une réception enthousiaste au gouverneur Durham.
Enfin, le 14 novembre 1838, Robert Jones apprend au gouverneur que les habitants de St-Michel d’Yamaska offrent leurs services pour défendre la cause de la Reine. Cette proposition est acceptée avec reconnaissance.
1. Contrecœur était alors un petit bourg où les patriotes pouvaient comploter sans crainte. Il paraît que la belle résidence de M. Jean-Marie Richard, notaire et député du comté de Verchères, était le lieu de leurs réunions. On dit que les 92 Résolutions y auraient été rédigées par les chefs patriotes.
Le 7 février 1838, le sieur Olivier Rieutord déclare que Marion est un fidèle sujet, qu’il va régulièrement aux offices divins, qu’il l’a rencontré tous les dimanches et ne l’a entendu parler de la Reine qu’en termes respectueux.... Le Noblet, N. P. Ce même notaire, le 7 octobre 1820, donne à l’Institution Royale, pour l’avancement des sciences, un terrain sis à Contrecœur. Dou'cet, N.P.
DE SES ORIGINES À NOS JOURS
Après ces jours de tristesse, le calme se rétablit peu à peu dans nos campagnes. Quelques patriotes payèrent de leur vie le zèle qu’ils avaient déployé pour la défense de la patrie ; d’autres languirent plusieurs mois dans les cachots et furent exilés. Il nous revinrent après l’amnistie de 1844. A quelque temps de là, le bon M. Kelly eut à subir une épreuve des plus sensibles. Une de ses nièces, Delle Joséphine Éléonore Destimauville, qui devint plus tard Mme Louis-Paschal-Achille Taché, venait le visiter durant les vacances. A Sorel vivait un certain docteur Georges Holmes, célibataire, ami de M. Kelly, qui avait ses entrées libres au presbytère. Un jour vint où, ayant conçu un amour coupable à l’égard de cette personne, Holmes résolut de faire disparaître de la scène du monde celui qui, d’après lui, était un obstacle à son bonheur. Il tenta d’abord de faire empoisonner le Dr Taché, en envoyant, à deux reprises, à Kamouraska, des servantes chargées de cette triste besogne. La première revint sans accomplir sa mission ; la seconde fit boire du poison au docteur, mais sa forte constitution lui sauva la vie. Ce que voyant, le docteur Holmes résolut de l’assassiner. Il part avec son attelage et se rend à Kamouraska. Il épie le moment où le docteur Taché passera par la route qui conduit à sa villa. Puis, le voyant venir, il sort des broussailles, accomplit son meurtre, cache le cadavre dans la forêt, et revient en diligence à Sorel, où il arrive de nuit. Il y a chez lui un étudiant en médecine du nom de Van Ness. Il le prie de dételer son cheval et de prendre celui du voisin et de l'atteler à sa voiture. Il lui déclare qu’il a provoqué le docteur en duel et l’a tué accidentellement. Il se rend chez M. le curé Kelly qui lui donne de sage avis et lui défend de se suicider. Afin d’éviter les coups de la justice, il prend le chemin des États-Unis et
il se retire à Burlington, où il meurt après avoir pleuré sa faute1. A la suite de cette triste affaire, M. le curé de Sorel perdit quelque peu de sa popularité. Quelques-uns de ses paroissiens le manifestèrent bien à son retour d’un voyage d’Europe qu’il fit en 1843, en compagnie de Mgr Joseph-Sabin Raymond, du séminaire de St-Hyacinthe. Durant son absence, MM. Louis Boué et Ludger Gravel furent les desservants de la paroisse. “La réception que lui firent certains de ses paroissiens, écrit M. l’abbé Desnoyers, fut loin d’être convenable. Certes, ses soixante ans, ses vingt-six années de services rendus à Sorel, valaient autre chose. Mais fascinés qu'ils étaient par une influence étrangère et indue, nous les excusons.” M. Kelly ne tarda pas à reprendre son prestige. Dans une lettre, en date du 21 décembre 1843, il écrit: “Mes rebelles sont tournés sur un autre côté, il paraît qu’ils cabalent pour avoir un marguillier de leur choix....” Le 26, dans une lettre à Mgr Bourget, il ajoute: “Voilà, à la fin, les plus chauds partisans de M. B. rendus à reconnaître leurs torts et à faire des aveux. Le père C. et son fils sont confondus; d’autres sont venus faire des excuses. L’élection des marguilliers a été selon mes désirs, tous les braves gens de la paroisse sont venus en grand nombre et les autres n’ont pas osé se montrer. Toutes les mesures que j’ai proposées dans cette assemblée et dans une autre le lendemain, le jour de Noël, ont été reçues avec applaudissements, et j’ai eu là une grande preuve des bonnes dispositions de tous les honnêtes gens de la paroisse à mon égard....” A cette époque, se recrutent un peu
1. Nous avons de lui plusieurs lettres dans lesquelles il regrette de n’avoir pas suivi les conseils de ses vrais amis. M. George-Isidore Barthe a écrit un roman sur cet événement tragique. Mme Taché fut arrêtée sous l’accusation de complicité et incarcérée dans la prison de Sorel. Elle fut ensuite acquittée honorablement.
DE SES ORIGINES À NOS JOURS
partout dans les différentes classes de la société certains individus affublés du titre pompeux de Notables qui, sans autorité ni responsabilité, écrit M. le Dr Sainte-Marie, prétendaient régler par leur présence, leurs avis et leurs démarches, tout ce qui concernait les affaires publiques et plus particulièrement les affaires paroissiales. ‘‘Nous connaissons telle paroisse, dit un auteur du temps, où la Fabrique eut à soutenir un procès de près de neuf ans contre ces prétendus trouble-fêtes qui.se disaient grands amis de la paix.
‘‘Le 20 avril 1843, l’autorité civile, par la voix des Juges Rolland, Day et Gale, arrêta les pouvoir de ces gens et le 8 novembre suivant, Mgr l’évêque de Montréal en fit presque autant en les limitant dans leurs prétentions. Il se peut que les Notables de Sorel aient été au fond des difficultés de M. Kelly.”
Le 5 avril 1842, fut fondée la paroisse de Sainte-Victoire. Les registres portent la date du 24 février 1843. La première chapelle fut bénite le 14 juillet 1844, lors de l’ouverture de la paroisse. M. le curé Kelly, sur la fin de sa carrière, voulut doter sa ville d’une maison de charité où les pauvres, les malades, seraient hospitalisés. Il proposa même de céder son presbytère pour en faire un collège, et de construire une nouvelle maison curiale. Il offrit une somme personnelle de 150 louis, à la condition qu’il lui fût permis de toucher tous les arrérages dus à la Fabrique jusqu’au premier janvier 1845. Le nouveau presbytère fut construit en 1848. A la suggestion du Dr Meilleur, surintendant de l’Éducation, il fut décidé que le presbytère serait mis sous le contrôle des Commissaires pour servir de logement aux Frères et aux élèves. Cette maison fut vendue
pour la somme de 200 louis. Le 17 août 1849, trois frères des Écoles Chrétiennes arrivent à Sorel; ils ouvrent les classes le 26; il y a déjà quatre-vingts élèves.
Le 28 octobre 1846, M. Kelly fait ériger un chemin de croix dans son église. Une cérémonie des plus imposante a lieu eu présence de MM. Armand de Charbonnel, prêtre de St-Sulpice, qui devint évêque de Toronto1, Jean- Baptiste Marcotte, curé de l’île Dupas, M.-D. Marcoux, curé de Maskinongé, P. Lafrance, curé de St-Aimé, C.-T. Lebrun, curé de St-Michel, Antoine Fiset, curé de St-Cuthbert, J. -B. Giroux et Jean-Baptiste Drapeau, vicaires de Sorel, et un grand concours de peuple. Le 18 octobre 1848, une cloche de 700 livres fut achetée et bénite, pour compléter le carillon; on fit l’achat de deux autres, dont l’une du poids de 1,065 livres, appelée Henriette, fut présentée par M. John McBean, et Dame Léocadie de Ligny Armstrong, et l'autre, de 660 livres, appelée Josephte, par M. Jean-Baptiste Martin, marguillier en charge et son épouse, Dame Josephte Lavallée-Letenclre. Le Père Martin, supérieur des Jésuites, prononça le sermon. Mgr Jean-Charles Prince, évêque de Martyropolis, coadjuteur de Montréal, présida la cérémonie.
M. le curé Kelly, voyant les Frères installés et à l’œuvre, songea à fonder un hôpital. En face du presbytère, la Fabrique possédait un lopin de terre depuis 1824, sur lequel était bâtie une maison d’école pour les filles. Naturellement, on jeta les yeux sur ce terrain pour y ériger le couvent. Le 23 septembre 1848, une assemblée générale des citoyens se déclara favorable au projet. M. Kelly ne put
1 En 1860, il résigna son siège et entra dans l’ordre des Capucins à Lyon; il mourut en 1891.
en voir la réalisation. Son âge, ses infirmités ne lui permettant plus d’exercer le ministère, il songea à prendre un repos que lui méritaient ses trente-deux années de service dans la milice du Seigneur. Il donna sa démission et quitta ses chers paroissiens le 30 septembre 1840. Il se retira à l'Hospice Saint-Joseph de la Longue-Pointe où il mourut le 24 février 1854. Ses restes furent transportés à Sorel et déposés sous les voûtes de l’église près de la chapelle Saint- Jean-Baptiste, du côté de l’Epitre. Mgr Ignace Bourget présida la cérémonie. Dix prêtres assistants ont signé au registre. M. Kelly, chanoine honoraire de la cathédrale de Montréal et Grand-Vicaire du diocèse de Saint-Hyacinthe, était âgé de 70 ans, quatre mois et vingt-trois jours.