CHAPITRE XIII
M. Joseph-Magloire Limoges. — Il devient curé de Rawdon. — - A Sorel. — Fondation de l’hôpital et du couvent. — Il fait des réparations à l’église. — La Société de St-Michel. - — Mort de M. Limoges.
Le nouveau curé, M. l’abbé Joseph-Magloire Limoges, naquit le 11 novembre 1821, du mariage de M. Pierre Limoges et de Dame Lucie Viger. Il fit ses études au collège de Montréal et fut ordonné prêtre par Mgr Ignace Bourget. le 5 octobre 1845. Il exerça tout d’abord le ministère à Rawdon et fut desservant de la paroisse de St-Alphonse- Rodriguez. Trois ans plus tard, à l’âge de 28 ans seulement, son évêque l’appela à la cure de Sorel, où il se rendit le 1er octobre 1849.
Avant de prendre sa retraite, son prédécesseur avait déployé beaucoup de zèle pour assurer la fondation de l’hôpital et du couvent. M. Limoges travailla avec un dévouement infatigable à consolider l’œuvre de M. Kelly. Le 14 mars 1850, il achète la propriété Jackson, comprenant dixhuit lots, située à l’ouest du terrain de la Fabrique. Sur cet emplacement se trouve une maison à deux étages; il lui fait subir des modifications. Le 2 mai, les Sœurs de la Providence viennent prendre charge de cette institution qu’elles dirigeront durant huit ans et quatre mois.
DE SES ORIGINES À NOS JOURS
Cependant, l’église paroissiale étant devenue insuffisante pour loger la population, le curé résolut d’y ajouter des galeries. Il profite de cette circonstance pour lui faire subir plusieurs transformations. Les travaux, si l’on en croit un chroniqueur du temps1, furent exécutés de la manière la plus heureuse, en faisant disparaître, dans cette restauration, “les pitoyables festons et autres ornements dont on l’avait surchargée.” L’auteur de cet article proteste encore contre la présence de deux toiles, enduites d’une épaisse couche de vernis, “qui continuent à défigurer le maître-autel, où se trouvent deux bons tableaux de l’école française, honteux de leurs voisins....” MM. Eusèbe Pelletier et John Humphrey ont été les peintres employés à ce travail2.
Dans le cours de cette année, M. Limoges fit l’acquisition d’un orgue exécuté par la maison Ovide Paradis, de St-Michel d’Yamaska. Cet instrument possédait deux claviers, dix-sept registres complets et un jeu de pédales. Le curé enrichit le trésor de l’église de beaux candélabres, d’un ostensoir et d’ornements d’un grand prix. En 1853, la Fabrique fit assurer l’église, le presbtyère et la sacristie, pour une valeur totale de 3,900 louis. Le 17 décembre 1854, le curé reçoit l'autorisation d’emprunter une somme destinée à l’achat d’un nouveau cimetière que M. l’abbé A. O’Donnell, alors desservant, bénit en 1857.
M. Limoges, faible de santé, fit plusieurs voyages dans l’espoir de refaire ses forces. En 1856, il visite le Haut- Canada. L’année suivante, des personnes généreuses, Mmes Connelly et McCarthy lui offrent un voyage en France, en