CHARLES DE SAINT-ÉTIENNE, SIEUR DE LATOUR
Armes de la famille de Saurel.
gommage à H>orei
A te voir caressé par l’onde de deux fleuves Et mêlant ta rumeur au- bruit vague des flots,
A te voir, oublieux des antiques épreuves,
T’enivrer des senteurs de tes riants îlots;
A contempler, ravi, l’activité fébrile,
Le travail si fécond de tes milliers de bras,
Et l’élan spontané de ta gaîté virile,
Qui dirait que jadis tu souffris, tu pleuras!
A voir le mouvement de tes vastes usines Où se gagne en sueurs le pain de l’artisan,
Qui dirait que tes preux dans ton fort en ruines Maniaient l’arquebuse et le sabre pesant!
O ruche industrieuse où jadis le tonnerre Grondait avec effort, c’est pour avoir lutté Contre l’Anglais tenace et l’Agnier sanguinaire Que tu t’épanouis dans ta virilité.
Aussi, quand le vainqueur qui se disait ton maître Voulut d’un nom nouveau t’affubler désormais,
Ce nom étrange et dur tu sus le méconnaître Et nul de tes enfants ne le redit jamais.
Si tu fus malheureux tu ne fus pas servile ;
Du présent le passé n’aura pas à rougir.
Du fort naquit le bourg, du bourg naquit la ville,
De la ville aujourd’hui la cité va surgir.
O suspends pour un jour ta tâche quotidienne,
Ouvre tes temples saints, ferme tes ateliers,
Que d’un passé sanglant le présent se souvienne, Évoque tes héros, prêtres ou chevaliers.
Dans leurs tombeaux poudreux tressaille leur poussière, Car l’ère du progrès succède aux temps d’exploits; L’industrie aux cent bras a remplacé la guerre....
Aussi vivent Sorel et tous ses Sorelois!
Adolphe Poisson.