CHAPITRE XVIII
Fondation du couvent. — Les Sœurs de la Providence. — Leur œuvre dans Sorel. — Elles sont remplacées par les Sœurs de la Congrégation. — Constructions nouvelles. — La chapelle. — L’incendie de 1915. — Reconstruction. — L’Hôpital. — Sa construction. — Les premières Sœurs de la Charité. — La chapelle. — Les bienfaiteurs de la maison.
La fondation d’une mission des Sœurs de la Providence marche de pair avec celle d’une maison de Frères des Écoles Chrétiennes. Toutes deux sont dues à l’initiative de M. le curé Kelly. Les premières démarches relatives à ces œuvres remontent à l’année 1846. Le 3 mai, dans une assemblée générale, on reconnaît unanimement qu’il serait avantageux pour la paroisse d’y voir s’ériger une maison de refuge pour les malades et les pauvres, tenue par les Sœurs de la Charité ou toutes autres religieuses. Les jeunes filles pourraient y puiser une bonne éducation. Le plan comporte donc un double objet, celui de créer un asile pour les malades et les pauvres et l’autre, non moins louable, l’éducation des filles de la paroisse. On suggère d’employer à cette fin la maison et le terrain occupés par le curé, qui se construira une autre demeure. La question en reste là durant trois ans. Comme les Frères paraissent plus désirés que les Sœurs, M. Kelly leur cède le presbytère. En 1849, il fait une nouvelle assemblée et, le 23 septembre, il a la satisfaction de voir que les deux projets sont également bien vus de la population. Il faut des ressources pour les mener
Le Couvent,
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à bonne fin. Le curé se fait donner l’autorisation nécessaire pour entrer en pourparlers avec les Commissaires. Il désire obtenir le terrain sur lequel la maison d’école est érigée afin d’y établir l’institution nouvelle. La question est rendue à ce point quand M. le curé Limoges arrive dans la paroisse. Entrant dans les vues de son vénérable prédécesseur, il s’occupe activement de l’établissement de ces œuvres. Comme le terrain choisi tout d’abord paraît peu propice, vu ses dimensions restreintes, à recevoir une maison considérable, il jette les yeux sur la belle propriété Jackson et la fait acheter par les Commissaires pour 925 louis. Il s’y trouve une jolie maison en brique à deux étages. Les Commissaires consentent à vendre cet emplacement à l’évêque de Montréal, qui s’engage à verser 725 louis, et M. Kelly 300. Le curé, pour cette fondation, choisit les Sœurs de la Providence. Elles arrivent le 3 mai 1850; en attendant leur maison qui n’est pas prête, elles se logent au presbytère. La bénédiction a lieu le 7 mai. Sur la fin du mois, M. le curé Kelly, alors retiré à l’Hospice St-Joseph, fait commencer la construction d’une chapelle et d’une aile adjacente à la maison Jackson. Le vénérable vieillard étant devenu trop infirme, les Sœurs font continuer ces travaux. La maison, ainsi augmentée, présente une façade de 120 pieds de longueur et conserve ses deux étages primitifs.
Le 27 octobre, Mgr Prince, protecteur zélé de l’Institut des Sœurs de la Providence, vient bénir l’aile et la chapelle neuves. Le même jour, dans l’église paroissiale, il fait encore la bénédiction d’une cloche, offerte par la Fabrique, pour régler les exercices de la maison. M. Jacques- Félix Sincennes et Dame Marie Crebassa lui donnent les noms de Marie-Josephte-Jean-Jacques-Charles. La collecte rapporte 16 louis.
De ce jour aussi date la fondation de la belle association des Dames de Charité. A l’heure même, cinquante d’entre elles s’enrôlent dans cette association, qui a fait tant de bien dans la ville en secondant le zèle des religieuses dont les premières furent : Sœur Marie de la Providence, Sœur Louis de Gonzague, Sœur François de Sales, Sœur Ignace, Sœur Amable, secrétaire .
En février 1851, un chemin de croix est érigé dans la chapelle. Avec le concours des Dames de Charité, les Sœurs réussirent à payer tous les frais de la construction nouvelle; elles soutiennent les malades et les infirmes.
Sous le rapport de l’éducation qu’elles donnent aux filles, rien ne laisse à désirer. L’Inspecteur Archambault, dans son rapport, ajoute ces lignes à leur louange: “A l’Académie, dirigée par les Sœurs de la Providence, il y a 260 élèves, dont 230 externes, 16 demi-pensionnaires et 14 pensionnaires. Elles apprennent la composition littéraire, la botanique, des notions de mythologie, de physique et d’astronomie.”
Ces bonnes religieuses, après un séjour de huit ans et quatre mois, quittent la ville de Sorel. En 1852, Mgr J.- C. Prince, évêque de St-Hyacinthe, étant de passage en France, s’assure les services des Sœurs de la Présentation de Marie, du bourg Saint-Andéol, et leur confie l’éducation des filles de son diocèse. Le 19 octobre 1853, six religieuses de cette communauté ouvrent un noviciat à Sainte- Marie-de-Monnoir ; mais cette institution est transférée à St-Hugues-de-Ramezay, le 14 septembre 1855. Cependant, Mgr Prince, désireux d’amener à St-Hyacinthe la Maison- Mères des Sœurs de la Présentation, propose aux Sœurs de la Congrégation de cette ville d’échanger leur couvent contre celui des Sœurs de la Providence, de Sorel. Ce projet
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est également agréé par les Sœurs des deux Instituts. Il faut cependant le faire approuver par les paroissiens. Pour mieux concilier tous les intérêts, l’évêque informe le curé Limoges qu'en déplaçant les Sœurs de la Providence, “il ne perd pas de vue l’établissement d’une maison de Charité et ajoute qu’il cédera douze lots de la propriété Jackson aux Sœurs de la Congrégation et qu’un Hospice y sera érigé pour le soulagement des pauvres. Il demande ensuite au curé de préparer les esprits à recevoir, de bon cœur, cette mutation.” Le 10 août, il écrit qu’il a hâte de connaître l’opinion des paroissiens. Quant à vous, ajoute-t-il, je sais bien que c’est un nouveau sacrifice du cœur que les évêques vous imposent, mais ils ont tant de confiance en vous qu’ils ont eu le courage de vous le faire subir et ils pensent que vous n’en perdrez pas le mérite....”
M. le curé Limoges, le 12, répond: “les religieuses sont les bienvenues; les esprits sont moins montés que je ne le pensais.” Vers le 18, les Commissaires rétrocèdent à Mgr Prince la propriété Jackson, et le 30 août arrivent cinq religieuses de la Congrégation, savoir: Sœur André, Supérieure, Sœur St-Thomas d’Aquin, Sœur St-Wilfred, Sœur St-Augustin, Sœur St-Édouard, qui prennent la maison délaissée par leurs devancières. Le 30 octobre, M. Limoges écrit à son évêque : “Nos sœurs sont pleines de courage, elles ont un nombreux externat, treize pensionnaires, quarante quart et demi-pensionnaires.” En 1864, dix religieuses enseignent à 401 élèves “avec beaucoup de soin et de succès,” écrit M. l’Inspecteur Archambault.
M. le curé Limoges ne tarde pas à constater le progrès des élèves ; il les visite souvent, les encourage, préside la lecture mensuelle des notes. “Ce bon père, ajoute l’annaliste, ne devait pas jouir longtemps du fruit de son dévouement
à la jeunesse; après trois années dont la dernière ne fut qu’une alternative de souffrances et d’espoir, il dut quitter sa paroisse au printemps de 1861, et le 24 mai suivant, il expirait à l’Hospice St-Joseph de Montréal.”
L’année 1860-1861 fut une année de deuils et d’épreuves. L’une des fondatrices, Sœur St-Wilfred, dès les premiers jours, abandonne sa classe et ses élèves pour retourner à Montréal où la mort ne tarde pas à moissonner cette première victime de la mission. Au mois de mars, une toute jeune enfant de 12 ans à peine, Mademoiselle G. Forest, est choisie pour embellir le jardin du ciel. Enfin, le 24 mai, en la fête de Notre Dame de Bonsecours, M. l’abbé Limoges rend à Dieu sa belle âme couronnée de mérites. “La séance de distribution des prix reflète ces deuils répétés et se plaît à célébrer, à éterniser, si l’on peut parler ainsi, le souvenir de ces trois passages de la mort, surtout celui du pasteur vénéré, du Fondateur du couvent, du père de la jeunesse soreloise.”
L’année 1862, la Supérieure du couvent, Sœur St-André, nommée maîtresse des novices, retourne à la Maison- Mère; cette même année, M. H. Millier est appelé à la cure en remplacement de M. Limoges. Paternel et bon pour l’enfance, M. Millier se fait chérir des maîtresses et des élèves. “Son dévouement, sa bonté, sa libéralité proverbiale, ne cèdent en lui qu’à un zèle éclairé et discret, à une piété aimable et entraînant au bien.”
Les deux Supérieures qui succèdent à Sœur St-André : Sœur St-Zéphirin et Sœur Ste-Anne, ne font qu’un court séjour à Sorel. La Supérieure suivante, Sœur St-Dosithée, est douée d’une nature énergique, entreprenante, et se distingue par son savoir-faire et son esprit d’initiative. L’état de la mission, à cette époque, laisse beaucoup à désirer ; on
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ne peut plus habiter la vieille maison qui tombe en ruines, il faut bâtir. Sœur St-Dosithée assume la responsabilité de cette construction. Le 13 août 1864, on fait, avec solennité, la pose de la première pierre. L’édifice est complété durant l’automne de 1865 et l’on prend, avec grand contentement, possession du nouveau couvent. La bénédiction de la maison et l’érection d’un chemin de la croix suivent de près. Cependant, il manque une entrée convenable à cette maison bâtie en vue d’une aile principale. Sœur St-Dosithée n’a pas le temps de terminer l’œuvre commencée. Élue dépositaire-générale en juin 1866, elle quitte Sorel, au grand regret de tous ceux qui ont eu l’avantage de la connaître. En août 1866, Sœur St-Gilbert lui succède et elle continue l’entreprise. Une nouvelle bâtisse est mise à l’étude; dès que les plans sont approuvés par la Communauté et l’autorité diocésaine, l’ouvrage commence. Le 16 mars 1867, a lieu la pose de la première pierre. La construction, visiblement aidée par saint Joseph qu’on a choisi pour premier architecte, fait honneur à l’entrepreneur. “Jamais maison, une fois terminée, ne paraît plus solide et plus belle.” Le couvent, à cette époque, est, à la vérité, digne de la ville. Il possède une belle chapelle, des dortoirs avec toutes les améliorations modernes, des parloirs pour les sœurs et les élèves, une salle de musique et des classes en nombre suffisant. Mgr de St-Hyacinthe, trouvant l’église paroissiale trop petite pour la population, permit aux Sœurs ainsi qu’aux élèves d'assister aux offices du dimanche dans leur chapelle, ce qui s’est continué jusqu’à ce jour. Cependant, le couvent qu’on a terminé aux frais de la Communauté, se trouve chargé d’une lourde dette. Le contrat passé avec la ville oblige les Sœurs à enseigner aux enfants pour la modique somme de 400 piastres. Le logement, le chauffage, l’entre-
tien des classes, doivent se prendre à même ce maigre salaire. On comprend la gène, la pauvreté, dans laquelle les Sœurs sont obligées de vivre. 11 n’y a pas moyen de recourir à des quêtes, des bazars, que l’on réserve pour l’Hôpital. Il n'y aurait eu de ressources que dans le bon vouloir de la Commission scolaire, et celle-ci, embarrassée dans ses affaires, à court de revenus suffisants pour les maisons d’éducation des garçons qu’elle doit faire vivre, ne veut pas revenir sur les engagements pris à l’ouverture du couvent. Les choses vont ainsi, cependant, tant bien que mal, durant nombre d’années. Au lieu de prendre un essor alerte et vigoureux, le couvent se maintient péniblement; on espère en des jours meilleurs. Lassée d’attendre, une des Supérieures, Sœur Sainte-Humbéline, veut sortir de cette situation. Elle s’adresse au Surintendant de l’Instruction publique et lui explique ses embarras financiers ainsi que les raisons de la Commission scolaire pour refuser un salaire convenable. Elle obtint immédiatement gain de cause. Une allocation, de pas moins de 1,200 piastres, est assignée aux Religieuses, et la Commission se voit obligée de leur payer, chaque année, cette somme, sous peine de perdre son octroi du gouvernement. Les Sœurs ne se prévalent pas de ce succès inespéré et consentent à recevoir 700 piastres, voulant permettre aux Commissaires de faire face à leurs obligations. Avec le temps, la dette diminue et l'on fait des améliorations qui mettent le couvent au rang des maisons d’éducation les mieux aménagées de la Province.
En 1908, un conventum, organisé par les anciennes élèves, sous l'inspiration de la Supérieure, Sœur Marie- Rose, réunit plus de quatre cents anciennes élèves venues de toutes parts pour cette réunion de famille, et célébrer le cinquantenaire de la fondation du couvent. “Inutile de dire
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que ce fut une fête de la joie, de la cordialité et du souvenir. Jamais revoir ne fut plus heureux! Quel bonheur de se retrouver après tant d’années d’absence!..” Depuis le jour de sa fondation, le couvent a poursuivi son oeuvre de zèle et de dévouement. Plusieurs milliers d’enfants ont passé dans les classes. Grand nombre de femmes distinguées, de mères de famille d’un mérite éminent, des religieuses vouées à toutes les œuvres sont sorties de cette maison. En 1915, ce beau couvent devint la proie des flammes. Les Sœurs de la Congrégation ne tardèrent pas à le relever de ses cendres. Une maison moderne, bien bâtie en brique, s'élève à la place de l’ancienne. Les dévouées religieuses qui en ont la direction continuent leur belle œuvre au milieu de la sympathique population de Sorel.
Nous avons vu comment Mgr Prince, tout en préparant la venue des Sœurs de la Congrégation, ira pas perdu de vue les pauvres et les malades. M. le curé Limoges, qui caresse l’espoir de voir un jour une maison pour les hospitaliser, ayant fait part de ses projets à l’évêque, celui-ci, le 10 août 1858, lui écrit d’attendre le moment opportun pour introduire les Sœurs de la Charité dans la ville. Il ajoute : “la communauté ne demande ni fondation ni propriété pour aller visiter les pauvres et les malades à domicile. Une maison quelconque prêtée ou louée par une personne charitable leur suffira. Elles v vivront de leur travail, de la rémunération de la sacristie et d’un bazar annuel pour le succès de l'œuvre. Elles se bâtiront quand Dieu voudra. Tout ce qu’elles désirent, c’est de se dévouer aux soins des malades et de distribuer aux pauvres les aumônes qu’on leur confiera.” M. le curé Limoges remercie les Sœurs Grises de voir qu’elles consentent à venir souffrir à Sorel, et il communique son projet à des personnes charitables,
entre autres aux familles Sincennes et McCarthy qui promettent de lui venir en aide. Le 26 décembre 1858, il convoque une assemblée des paroissiens et soumet ce louable projet. Il est accueilli favorablement et l’on décide que la Fabrique cédera certains lots de la propriété Jackson pour l’établissement du futur hôpital dont les Sœurs de la Charité de St-Hyacintlie auront la direction. L’évêque ayant agréé cette proposition, l’Institution est incorporée le 19 mai 1860, et on lui donne pour directeurs, M. le curé, le marguillier en charge, leurs successeurs, une personne désignée par le Conseil de la ville et deux autres, nommées par le gouverneur en Conseil. L’évêque cède les lots choisis et, avec les 600 louis dus à la Fabrique, on se met en frais de bâtir. M. le curé Limoges, retenu chez lui par une maladie qui l’emporte dans la tombe au mois de mai, ne peut guère s’en occuper. A son défaut, M. l’abbé Charles St-Georges, desservant de la paroisse, devient surveillant des travaux et directeur temporaire. M. le curé Millier continue l’œuvre de son regretté prédécesseur. La maison, bâtie en brique, sur un plan simple mais joli, est une des plus importantes de la ville. On peut dire qu’elle est le fruit de la charité. M. J. -F. Sincennes verse pour sa part 500 louis; M. M. McCarthy donne une somme égale et tout le bois nécessaire à la construction des dépendances. Le zèle de ces deux éminents citoyens ne s’arrête pas là, ainsi que l’écrit M. le curé Millier en 1867 : “L’édifice terminé, il restait une dette de 3,000 piastres à payer aux entrepreneurs et 900 piastres dues pour emprunts; ces messieurs se chargèrent de toute la dette. Chaque année M. Sincennes donnait 200 piastres comme étrennes à l’Hôpital.’’ Outre ces dons gracieux, un bazar, tenu au mois de septembre, produit la somme de 142 louis.
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Les travaux étant terminés, le 22 octobre, quatre Sœurs arrivent dans la ville pour reprendre les œuvres de charité interrompues depuis le départ des Sœurs de la Providence, quatre ans auparavant. C’étaient Sœur Élisabeth Lafrance, dite Sœur Bédini, supérieure. Sœurs Alphonsine Côté, Céleste Vincent dite Sœur St-Michel, Marie Lalime dite Sœur Sainte-Geneviève. Sœur Marie Jauron, supérieure de la Maison-Mère, conduit elle-même ses hiles et prend part à leur installation. Mgr Joseph La Rocque, évêque de St- Hyacinthe, leur fait l’honneur de les accompagner dans la nouvelle maison. Les Sorelois, heureux du témoignage d'estime dont ils sont l’objet, organisent une démonstration extraordinaire pour recevoir dignement ces hôtes distingués. A leur arrivée, tout Sorel est illuminé. L’évêque procède lui-même à l’imposante cérémonie de la bénédiction. Le 23 octobre, après une messe d’actions de grâces, célébrée par Mgr La Rocque, il y a bénédiction d’une cloche pour l’Hôpital, présentée par Son Honneur le Maire Jean-Baptiste Lanière, madame F. Sincennes, M. D. McCarthy, madame D. Armstrong. On lui impose les noms suivants : Jean-Baptiste-Magloire-Hilaire-Daniel. L’autel de la chapelle est dédié à Sainte-Anne1.
Cette maison de bienfaisance s’est maintenue depuis grâce à la libéralité des Sorelois et en particulier des familles Sincennes, McCarthy, Barthe, Armstrong, McNaughton, Chapdeîaine, Crebassa, Précourt, Gill, Brousseau, Chênevert, Bellefeuille, Bruneau, Beaulieu et de Melle Allain. Nous ne pouvons passer sous silence le bazar annuel qui, en ces dernières années, rapporte jusqu’à la somme de neuf
1. Mme D. McCarthy mourut le 1er octobre 1865 et Mme Félix' Sincennes le 15 du même mois. Ces dames furent les bienfaitrices insignes de l’Hôpital.
à dix mille piastres. Les Sœurs se sont toujours montrées dignes de la sympathie dont on les entoure. Elles se distinguèrent particulièrement lors de la grande catastrophe des 12 et 13 avril 1865, en se portant, des premières, sur le théâtre du sinistre pour donner les soins requis aux victimes de l’inondation et les consoler dans cette grande détresse.
Le 8 novembre 1883, Mgr L.-Z. Moreau consacre la chapelle de l'Hôpital et bénit une cloche, don généreux de la Compagnie Richelieu. La liste des parrains se lit comme suit : L’honorable Juge Gill et Mme Gill, l’honorable Juge Mathieu et Mme Mathieu, M. le sénateur Guévremont et Mme Guévremont, Son Honneur le Maire A. Germain et Mme Germain, M. l'abbé M. Lemay et Mme Brassard, M. l'abbé Vanasse et Mlle McCarthy, M. le shérif Guévremont et Mme J. -O. Fortier, M. et Mme James Morgan, M. et Mme A. -A. Taillon, M. et Mme J. -A. Chênevert, M. le Dr Sylvestre et Mme Sylvestre, M. le Dr Jacques, de Montréal, et Mme Jacques, M. et Mme Jean-Baptiste Falardeau, M. et Mme Moïse Beauchemin, M. le Dr Latraverse, Mme Latraverse, M. et Mme Hyacinthe Beauchemin, M. et Mme H.-L. Bureau, M. et Mme Ernest Rondeau, M. et Mme François Gélinas, M. et Mme le notaire Payan, de St-Ours, M. et Mme Charles Blais, M. le major Paul et Mme Paul, de Ste-Anne, M. et Mme Louis Morasse, M. et Mme Jean- Baptiste Lemoine, M. et Mme Lanctôt, de Montréal, M. et Mme Joseph Pagé, M. et Mme William Boivin, M. et Mme William Houle, de St-Robert, M. et Mme Clément Lévesque, M. F. Cloutier et Mlle Hamelin.
L’offrande des parrains et marraines produit plus de 400 piastres. Au mois d octobre 1887, les religieuses célèbrent le vingt-cinquième anniversaire de leur arrivée dans.
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Sorel. Mgr Moreau assiste à cette fête ainsi que M. le curé Millier, alors de Belœil. M. l'abbé Julien-Alphonse Cadotte, vicaire de la cathédrale de St-Hyacinthe donne le sermon. Le 9 février 1896, Mgr Elphège Gravel, évêque de Nicolet, bénit l’Orphelinat qu’on a érigé sur le terrain du vieux collège, grâce au dévouement de M. le chanoine Cléophas Bernard, qui s’intéresse avec un zèle admirable à l'œuvre que poursuivent avec tant de succès les Sœurs de l’Hôpital.
Nous laissons à d’autres le soin d’écrire l’histoire plus intime de cette maison de charité et de prières qui fait tant de bien à la population.