CHAPITRE VI
La famille de Ramezay. — M. Claude de Ramezay. — - Son arrivée au Canada. — Services qu’il rend comme gouverneur des Trois-Rivières. — Il est fait gouverneur de Montréal. — Il obtient la seigneurie de Monnoir et celle de Ramezay. — Son mariage. — Sa mort. — Sa famille. — M. Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay. — Sorel en 1724. — Le fort. — Où Ton retrouve les descendants des premiers colons.
Le nouveau seigneur de Sorel, M. Claude de Ramezay, appartenait à la vieille noblesse de France. Né le 15 juin 1659, à La Gesse, évêché de Langres, du mariage de noble Timothé de Ramezay, seigneur de La Gesse, Montigny et Boisfleurant, et de Dame Catherine Tribouillard, il entra de bonne heure dans les troupes royales et devint lieutenant de la compagnie de Troye. Le 10 septembre 1686, M. le marquis de Denonville le présente au ministre pour qu’il lui confie un poste de capitaine. Cette faveur lui est accordée le 1er mars 1687 et il obtient une commission de capitaine d’infanterie à la place du sieur de Macary. La même année, il assiste à la prise du pays des Tsonnontouans par les troupes françaises.
Lors de l’attaque de Phipps contre Québec en 1690, il rend des services signalés. Le 1er juillet de la même année, il est fait gouverneur des Trois-Rivières en remplacement de M. de Varennes qui vient de mourir. En 1696, il prend une part active dans l'expédition dirigée contre les Iroquois, et le 28 mai 1699 il obtient le commandement géné-
ral de toutes les troupes de la colonie. L’année suivante, le roi lui accorde une pension de 600 livres, et le 20 juin
1703, il est créé chevalier de l’Ordre royal et militaire de St-Louis. Il devient gouverneur de Montréal le 15 mai
1704. Il conserve ce poste durant vingt ans. En 1708, il obtient la seigneurie de Monnoir et, le 17 octobre 1710, celle de Ramezay, comprenant trois lieues de terre de front sur autant de profondeur, à savoir : une lieue et demie de terre de front au-dessus de la rivière Cibouet, qui tombe dans la rivière Yamaska, et une lieue et demie au-dessous avec les îles qui s’y trouvent. On sait comment M. de Ramezay devint seigneur de Sorel.
Le 8 novembre 1690, il épouse, à Québec, Delle Marie- Charlotte Denys, fille de Pierre Denys de la Ronde et de Dame Catherine Le Neuf. M. François Dupré bénit cette union en présence de M. de Bécancour, de M. de Subercase, du marquis de la Grois et du sieur de la Pérade.
M. de Ramezay meurt à Québec le 1er août 1724; il est inhumé dans l’église le lendemain. Mme de Ramezay le suit dans la tombe le 9 juillet 1742. Des seize enfants issus de ce mariage, mentionnons les suivants : Louis, baptisé le 1er juillet 1694, devient seigneur de Monnoir; Charles-Hector, né aux Trois-Rivières le 18 mai 1695, embrasse la carrière des armes et périt à bord du navire le Char meau, le 28 août 1725; Marie-Catherine, née le 7 juillet 1696, entre chez les Ursulines sous le nom de Mère Sainte- Radegonde; elle est inhumée le 18 mai 1725; Marie-Charlotte, née aux Trois-Rivières le 31 juillet 1697, entre à l’Hôpital-Général de Québec où elle fait profession le 30 mai 1718, sous le nom de Mère Saint-Claude de la Croix. Elle meurt le 15 novembre 1767. Louise-Geneviève, née le 21 novembre 1699, épouse, le 10 décembre 1721, Louis-
Henri Deschamps de Boishébert, fils de Jean-Baptiste Deschamps de Boishébert, seigneur de la Bouteillerie et de Dame Catherine-Gertrude Macard1. Marie-Elisabeth, née le 14 février 1707, épouse, le 1er septembre 1740, M. Louis de la Corne, sieur de Chapt et de Saint-Luc, Jean-Baptiste- Nicolas-Roch, que nous retrouvons plus loin.
M. Claude de Ramezay, à sa mort, laissa quatre héritiers : Al. Jean-Baptiste-Nicolas-Roch, Louise-Geneviève, femme de Al. Deschamps de Boishébert, Elisabeth, épouse de Al. de La Corne, et Louise, qui ne se maria point.
Le premier, né à Alontréal, le 4 septembre 1708, entre au service du roi en qualité d’enseigne à l’âge de douze ans. Il est fait lieutenant en 1726. Deux ans plus tard, il va combattre les Renards, sous les ordres de Al. de Lignery. Fait capitaine en 1734, il commande en 1742 à la Baie d’Hudson, au poste Nipigon. Il se rend en Acadie en 1746, à la tête de 1800 canadiens et sauvages et il se distingue dans cette campagne. Pour reconnaître ses glorieux services, le roi lui décerne la croix de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis. Il devient major de Québec en 1749, lieutenant du roi en 1758. Il eut le triste devoir de remettre la ville aux mains des Anglais. Après la capitulation, il retourne en France et le roi lui accorde une pension de 800 livres. Il eut six enfants de son union avec Delle Louise Godefroy de Tonnancour qu’il avait épousée le 6 décembre 17282. Le 12 juin 1739, le gouverneur de Beauharnois lui accorda une augmentation de terre de deux lieues de front sur trois de profondeur au bout de la sei-
1 Fille de Nicolas Macard et de Marguerite Couillard, de Québec.
2 II fut inhumé à Blaye (France) en 1777. Sa veuve mourut à cet endroit en 1791. M. Claude de Bonnault: Les Canadiens en France et aux colonies après la cession (1760-1815), dans la Revue de l’histoire des Colonies françaises, XII e année, 1924, p. 500.
gneurie de Monnoir. Le 18 juin, les Déliés Angélique, Louise et Élisabeth de Ramezay, obtenaient à leur tour le reste du terrain situé en arrière de la seigneurie de Sorel, entre les seigneuries de La Vallière, Fézeret et de St- Ours. Le 17 mai 1758, pour la somme de 3,000 livres, Delle Louise-Geneviève de Ramezay, veuve de Jean-Baptiste Deschamps de Boishébert, vend tous ses droits au seigneur de Ramezay, son frère.
Les guerres iroquoises ayant cessé, les colons peuvent se livrer au défrichement sur des terres nouvelles. Des recrues importantes viennent renforcer le noyau des travailleurs du sol. Durant le premier quart du dix-huitième siècle, Sorel entre dans la voie du progrès. L’aspect du bourg s’est modifié. Le nouveau fort, bâti de pierre, présente des proportions plus imposantes. Il se dresse fièrement sur la pointe formée par la rivière Richelieu et le grand fleuve et semble défier l’ennemi avec ses quatre bastions Une palissade en pieux de cèdre, de dix à douze pieds de hauteur, serrés les uns contre les autres, l’entoure et forme un quadrilatère bastionné aux angles, de sorte que toutes ses parties peuvent être vues et facilement défendues. Dans l’enceinte fortifiée se trouvent le vieux manoir, l’église de cinquante pieds de longueur et de vingt de largeur, bâtie en bois de charpente, le presbytère, de trente-cinq pieds par vingt-deux, un corps de garde pour loger les soldats en service, une écurie, deux étables, une bergerie, le moulin à vent, bâti de pierres des champs, et une maison de vingtcinq pieds par dix-huit qui sert de logis au meunier.
Les défrichements ont aussi progressé. Sur le domaine du seigneur, il y a cent arpents de terre labourable et vingt-cinq de prairies. Dans la seigneurie proprement dite se trouvent cinquante-deux habitants, trente-huit maisons,
DE SES ORIGINES À NOS JOURS
trente-huit granges, quarante étables, 596 arpents de terre labourable et environ soixante de prairies.
Quels sont les noms des braves qui, à cette époque reculée de deux siècles, vivent sur ce coin de terre? Quel est alors l’état de leur fortune? — Un document des plus précieux, Y Aveu et Dénombrement de 1724, l’indique1. Si nous suivons la route qui commence aux limites de la seigneurie d’Yamaska en remontant le fleuve jusqu’au fort, nous rencontrons les habitants dont les noms suivent. Le premier, Jean Chevalier, possède six arpents de terre de front sur trente de profondeur. Au seigneur, il paye annuellement une redevance de treize livres de rente, six chapons, un sol de cens par chacun des. dits arpents. Il jouit d’un droit de commune. Il a une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable. Né à Montréal, du mariage de Joseph Chevalier et de Marie Barton, il a épousé, à la Pointe-aux-Trembles, de Montréal, Catherine Lavallée, le 28 novembre 1701. Il eut dix enfants. Il meurt à Sorel le 28 novembre 1752; il y compte encore des descendants.
Jean Bibault , son voisin, a trois arpents sur trente, chargés de trois chapons de rente, un sol de cens, une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable. Il est le fils de François Bibault, qui s’établit à Sorel vers 1680, et de Louise Esnard.
Pierre Salvaye de Tremont, au sud, a une terre de deux arpents de front sur trente. Il paye une rente de quatre livres, dix sols, un sol de cens. Il a une maison, une grange, une étable, sept arpents de terre labourable. Le 1er juin 1714, il épousa, à Sorel, Geneviève Hus,
1 Archives du Parlement de Québec.
fille du sieur Paul Hus. A cette époque, il a déjà une famille nombreuse. Il est inhumé à Sorel le 14 juillet
Louis Paul Hué 1 a une terre de neuf arpents, chargée de trente sols de rente, un sol de cens, une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre en valeur. Il est le fils du patriarche de ce nom que nous retrouvons plus loin.
Pierre Hus Cournoyer a deux arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable, quatre de prairies.
Michel Lamy a deux arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable, quatre de prairies. Il est né du mariage de Isaac Lamy et de Marie-Madeleine de Cheurainville, qui figure au recensement de 1681. Il a épousé, le 9 février 1723, sur l’île Dupas, Marie-Madeleine Desrosiers-Dutremble.
Charles Vanet-Le Parisien a deux arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, quinze arpents labourables, quatre de prairies. C’est un ancien soldat du régiment de Carignan. Il fut inhumé à Sorel, le 22 avril 1723.
Paul Hus, père, a quatre arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, vingt arpents de terre labourable, quatre de prairies. On le rencontre à Sorel en 1681. De son mariage avec Jeanne Baillargeon1 2, il eut
1 Ou Paul Hus.
2 D’après M. B. Suite, à son contrat de mariage, rédigé par le notaire Jean Cusson, au Cap-de-la-Madeleine, le 16 juin 1669, il est dit habitant de Québec et natif de Montigny, près de Rouen, fils de Léonard Hus et de Marguerite Lanfant. Jeanne Baillargeon est fille de Mathurin Baillargeon et de Marie Métayer, du Cap-de-la-Madeleine.
quatorze enfants, neuf garçons et cinq filles. Il a fondé une véritable dynastie de Paul, qui sont devenus les Paul Hus, les Hus Millet, les Hus Cournoyer, les Hus Latraverse, les Hus Paulet, les Hus Capistran, les Hus Lemoyne, les Hus Beauchemin. Le 2 octobre 1727, il divise ses terres entre ses enfants et quelques-uns de ses petits-enfants. Toutes sont situées dans Pile du chenal de Moine et autour de la baie de la Vallière. A son fils Louis-Paul Hus, il donne onze arpents; à Pierre Hus Cournoyer1, trois arpents et demi; à Étienne Loyseau, son gendre, l’île au Fantôme; à ses petits-fils : Paul Hus, quatre arpents de terre de front sur toute la profondeur jusqu’à la baie, un arpent en superficie dans l’île aux Barques ; à Pierre Hus Cournoyer trois arpents ; à Jean Lavallée, son gendre, quatre arpents; à Jean Lavallée, son petit-fils, deux arpents, ainsi qu’à Étienne Hus ; quatre arpents à Blanc Millet, son fils, et à Blanc Despins; tous obtiennent alors un arpent dans Pile du chenal du Moine et les droits de commune2.
Michel Pelletier, père, a dix arpents sur trente ; il est issu d’une des plus anciennes familles de Sorel. Il a une maison, une grange, une étable, vingt-cinq arpents de terre labourable et cinq de prairies. Il porta le nom de Pelletier dit Antaya. De son épouse, Françoise Meneux, il eut onze enfants.
1 II a épousé Marie-Angélique Niquet. Il est inhumé à Sorel, le 3 avril 1733.
2 Plus tard, les droits de chacun s’embrouillèrent, écrit M. Suite, à la suite des ventes et des transactions, si bien que, en 1865, l’honorable J.-B. Guévremont fit passer une loi érigeant les propriétaires en corps constitué sous le nom : Le président des syndics des îles du Moine
Veuve Pierre Letendre, née Catherine Lamy, que nous avons rencontrée au recensement de 1681, a élevé une nombreuse famille sur sa terre de huit arpents. Elle a une maison, une grange, une étable et vingt-cinq arpents de terre labourable. Son mari fut inhumé le 14 avril 1714, à Sorel; elle-même le suivit dans la tombe le 21 janvier 1750.
Joseph Pelletier, fils, a quatre arpents sur trente, dix arpents de terre labourable.
François Pelletier a quatre arpents sur quarante et quatre de terre labourable.
Pierre Pelletier a une égale étendue de terre en superficie et en valeur.
Germain Le Roy a aussi quatre arpents sur quarante, en plus, une maison, une grange, une étable et quinze arpents de terre labourable.
Veuve Julien Laforest a une terre de quatre arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, vingt-cinq arpents de terre labourable.
Au-dessus de cette terre est un domaine de dix arpents qui appartient au seigneur, sur lequel sont le fort de Sorel et tous les édifices mentionnés plus haut : le manoir, le moulin banal.
Sur la rive sud du Richelieu sont les habitants qui suivent :
Louis Paul Hus, fils, a une terre de trois arpents sur quarante; il a une maison, une grange, cinq arpents de terre labourable.
François Plante est établi sur une terre de trois arpents sur quarante; il a une maison, une grange, une étable, quatre arpents de terre labourable.
L’Académie du Sacré-Cœur.
DE SES ORIGINES À NOS JOURS
Joseph Chevalier, fils, a une terre de trois arpents mais point de bâtiments.
Félix Péloquin a une terre de quatre arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable. Il est né du mariage de François Péloquin dit Crédit, soldat, et de Marie Niquet1. Il a épousé Marie Pelletier dont il eut dix-sept enfants, qui s’allièrent aux Lavallée, Mandeville, Hus, Salvaye, Letendre. La descendance de ce patriarche est encore très nombreuse dans Sorel et les paroisses avoisinantes.
Le sieur Étienne de Miray de V Argenterie, qui a épousé le 22 décembre 1695, à Sorel, Delle Louise-Charlotte, fille de Pierre de Salvaye, et de Dame Catherine Le Roy, possède quatre arpents de terre de front sur quarante de profondeur. Il a vingt arpents de terre labourable.
Jean Mandeville a deux arpents de terre de front sur quarante, une maison, une grange, une étable, dix arpents de terre labourable.
Guillaume Arnaud dit Clermont a quatre arpents sur quarante, dix arpents de terre labourable, pas de bâtiments.
Pierre Péloquin a quatre arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, huit arpents' de terre labourable, quatre de prairies.
Jean Le Merle a la même superficie, une maison, une grange, une étable.
Jacques Hély a trois arpents sur quarante, maison, grange, étable, huit arpents de terre labourable, huit de prairies.
1 Histoire de la famille et de la seigneurie de St-Ours, I, p. 218.
Pierre Lemire est établi sur une terre de trois arpents sur quarante, il a une maison, une grange, une étable, dix arpents de terre labourable et trois de prairies.
Claude Jodoin a une égale superficie de terre et huit arpents de terre labourable.
A Ticolas S ans pitié a huit arpents de terre labourable.
Du côté nord de la rivière Richelieu, à son entrée, et
joignant le domaine du seigneur, sont les habitants qui
suivent :
Jean Mandeville a trois arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, vingt arpents de terre labourable, huit de prairies.
Dclle de V Argenterie a cinq arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, vingt arpents de terre labourable et dix de prairies.
Mathurin Blette dit Gazaille a deux arpents et demi de terre de front sur quarante, une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable et deux de prairies. Il est né à Sorel vers 1678, du mariage de Jean Blette dit Gazaille et de Jeanne Bouveau1 Il. Il épousa à Sorel, le 5 février 1719, Geneviève Bégnier, qui lui donna plusieurs enfants.
Jean Niquet a quatre arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, dix arpents de terre labourable. Il est né vers 1668, du mariage de Pierre-René Niquet et de Françoise Lemoine. Une des sœurs de Jean Niquet se maria à César Marin de la Malgue. Cette famille s’allia aux Hus, Miville, Cartier.
1 Le contrat de mariage fut rédigé le 16 avril 1671, à St-Ours.
Il était originaire de Sarrazat, diocèse de Périgueux. Voir: Histoire
de la famille et de la seigneurie de St-Ours, 1, p. 326.
DE SES ORIGINES À NOS JOURS
Mathurin Blette a quatre arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable.
Pierre Blette dit Gazaille a quatre arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable. Il est le frère de Mathurin Blette Gazaille. Il a épousé Angélique Niquet, fille de Pierre-René, le 3 février 1726. Il mourut à Sorel et y fut inhumé le 25 janvier 1728.
Jean Beignet a deux arpents sur quarante, dont dix de terre labourable; il n’a pas de bâtiments.
Charles Vanct dit Le Parisien possède dix arpents de terre labourable, quatre de prairies.
Mme de Saurel a deux arpents sur quarante sans bâtiments, quinze arpents de terre labourable, quatre de prairies.
La veuve Charles Beignet a trois arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, dix arpents de terre labourable, quatre de prairies.
Pierre Hus-Millet a quatre arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable, quatre de prairies.
La veuve Jean De Lisle a une égale étendue de terre dont dix arpents labourable, quatre de prairies, une maison, une grange, une étable.
Richard Hossang a six arpents par quarante, six de terre labourable, une maison, une grange, une étable.
Jean Lagache a trois arpents par quarante, deux de terre labourable, maison, grange, étable.
Ni caisse Lafeuillade a quatre arpents sur quarante, quatre de terre labourable, maison, grange, étable.
Gilles Bourgault a trois arpents sur trente, quatre de terre labourable, maison, grange, étable.
Philippe Guertin possède quatre arpents labourables, maison, grange, étable.
Joseph Deplaine a une même superficie: quatre arpents labourables, maison, grange, étable.
Étienne Deplaine: comme le précédent.
Louis Lacroix a trois arpents sur trente, quatre de terre labourable, maison, grange, étable.
François La Croix : comme le précédent, cinq arpents de terre labourable.
Guillaume Deplaine a cinq arpents de terre labourable. Antoine Courrier a trois arpents sur trente, une maison, une grange, une étable, cinq arpents de terre labourable.
Étienne La Rue a trois arpents sur trente, quatre de terre labourable, une maison, une grange, une étable.
Paul Guertin a trois arpents de terre labourable, une maison, une grange, une étable.
Dans les îles, la colonisation a aussi progressé. L’île Ronde, en 1724, appartient à M. Arnaud, curé de l’île Dupas. Il s’y trouve une maison, une grange, quarante arpents de terre labourable et quarante de prairies.
M. Michel Dagneau, écuyer, sieur de Douville1, fut le premier concessionnaire. Par contrat en date du 19 novembre 1695, Mme de Saurel lui a cédé ses droits, moyennant une rente annuelle de quatre livres, deux chapons vifs et six deniers de cens. M. Dagneau vendit cette île pour la somme de 1,200 livres à un marchand qui a laissé un nom célèbre dans nos annales : Étienne Volant Radisson, fils de
1 Le 8 octobre 1736, M. Douville se fait concéder deux lieues de terre de front par trois lieues de profondeur sur le lac Champlain. Archives du Palais de Justice, Montréal : Greffe de Mésière.
DE SES ORIGINES À NOS JOURS
Claude Volant de St-Claude et de Françoise Radisson1. Il y avait alors sur l’île une maison entourée de pieux de cèdres, une étable, un hangar, tous couverts en paille, et vingt arpents de terre labourable.
Le 19 novembre 1694, le sieur de Radisson obtient du gouverneur de Frontenac le fief Radisson comprenant les îles, îlets et battures “qui se trouvent dans le lac Saint- Pierre, au-dessous des îles concédées à M. de Saurel, depuis le bord du chenal du nord jusqu’au grand chenal de l’île Plate, sur une distance de trois quarts de lieue de longueur et autant de largeur.”
Le 14 janvier 1722, en présence de Charles Benoist et de Joseph Philippeaux, à Ville-Maria, Radisson et son épouse Geneviève Le Tendre vendent leurs droits “dans les îles et îlets de la Batture aux Carpes, aux sieurs Pierre Lamy père, Louis Lamy fils, et à Pierre Le Tendre, à la charge de payer 500 livres de France, à raison d’une rente annuelle de vingt-cinq livres, et de cinq sols de redevance envers les vendeurs, à chaque mutation de propriétaire.” Ces îles joignent d’un côté l’île-aux-Ours et de l’autre Fîle-à-la-Cavalle2. Vers le même temps, Radisson vend une autre partie de son fief au sieur Duplessis-Faber. Il meurt à Montréal et est inhumé le 15 juin 1735.
1 Étienne Volant est né le 29 octobre 1664. Il épouse à Sorel, le 9 décembre 1693, Delle Geneviève Le Tendre, veuve de François Pelletier. Le contrat de mariage est fait sous seing privé en présence de Messire de St-Claude, prêtre, de Jean-François et de Charles Volant de St-Claude, ses frères, Pierre Le Tendre, frère de l’épouse, et du Frère Laurent, curé de Sorel.
2 Le 23 août 1754, Pierre Lamy vend à Dame Thérèse Duchouquet, veuve du sieur de la Découverte, un tiers de ces îles. Montmarqué. La rente de vingt-cinq livres est transportée par M. Duplessis- Faber, le 4 février 1754, au sieur de La Corne St-Luc, ( Adhémar ) qui, le 15 octobre 1766, la cède à Mme de la Découverte. Le 17 mai 1790, M. Pierre Martel, exécuteur testamentaire de cette dame, vend le tout au sieur Edouard Jessup, Juge de la Cour des Plaidoyers communs et Major des Milices.
En 1724, l’île-au-Ours1 appartient au sieur de Richardville, gentilhomme canadien, fils de Claude Drouet, écuyer, sieur de Richardville, officier dans les troupes, et de Dame Marie-Françoise Desrosiers-Dutremble, dont le mariage a été célébré à Champlain, le 18 mars 1687. On connaît six enfants issus de cette alliance: Marie-J osephte, née le 23 janvier 1691 ; elle épousa, à Sorel, Louis Dandonneau, sieur du Sablé; Armand, baptisé le 25 mars 1695; il épousa Delle Catherine Lamy. Il obtient dans cette île une terre de cent arpents. Michel-Ignace, né le 14 octobre 1696. Antoine, baptisé le 6 avril 1699; il épousa Marie Lamy, et en secondes noces Françoise Houtlas. Étienne, baptisé le 21 avril 1705; Claude, né en 1718, qui épousa, le 8 mai 1747, Marguerite de Couagne.
Le 14 janvier 1719, Claude Drouet accorde à ses fils, Armand, sieur de Richardville, et à Antoine, sieur de la Colonnerie, une “îlette, située entre l’île-aux-Ours et l’île-à- L’Orne2.”
Telle est la belle famille que Claude Drouet a élevée sur son île. Plusieurs de ses enfants ont servi dans l’armée et ses descendants se sont perpétués durant plusieurs générations. En 1724, sur l’île-aux-Ours, se trouvent cinquante arpents de terre labourable, trente de prairies, une maison, une grange, une étable. Au sud-ouest de File, il y a un domaine de quatre-vingts arpents en superficie appartenant au sieur Sanschagrin, une maison, une grange, une étable, vingt-six arpents de terre labourable et six de prairies.
1 Le Pailleur. M. de Ramezay accorde cette île le 17 janvier 1717.
2 Le document porte “Une y Laitte antre lisle aux ours et lisle à Lornes.”
DE SES ORIGINES À NOS JOURS
L’île Madame, concédée par Mme de Saurel, le 24 juillet 1724, aux frères Lamy: Pierre, Claude et Noël, devient la propriété de Pierre qui, en premières noces, épouse Catherine Badaillac-Lapîante et, plus tard, Delle Catherine Salvaye. Deux de ses filles entrent dans la famille Drouet : Catherine, qui épouse Armand Drouet, sieur de Richardville, et Marie, qui s’allie à Antoine Drouet, sieur de la Gravière. Quant à son fils, Jean-Baptiste Lamy, il épouse Mme Thérèse Lefebvre-Duchouquet et lui abandonne ses terres.
En 1724/ Pierre Lamy, sieur Desfonds, possède une maison, deux granges, deux étables, quatre arpents de terre labourable et vingt de prairies. Depuis deux ans, il est le propriétaire de la plus grande partie des îles de la batture aux Carpes.
Sur l’île St-Ignace se trouvent un domaine de vingt arpents de longueur, une maison, une grange de soixante pieds par vingt-cinq, une étable, soixante arpents de terre labourable et vingt de prairies. Du côté du nord-est, en arrière de ce fief,
Louis Fcifart a quatre-vingts arpents de terre en superficie, une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable, cpiatre de prairies.
Joseph Fafart a deux arpents de terre sur trente-deux, une maison, une grange, une étable, dix arpents de terre labourable, quatre de prairies.
Louis Dutremble a trois arpents de terre sur trente-cinq, une maison, une grange, une étable, douze arpents de terre labourable, quatre de prairies.
Jean-Baptiste Désorcy a trois arpents sur trente-cinq, une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable, quatre de prairies.
La veuve Michel Désorcy a trois arpents de terre sur trentecinq, une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable, quatre de prairies.
Gabriel Lespine possède une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable, quatre de prairies.
Joseph-Marie Denis possède trois arpents par trente-cinq, une maison, une grange, une étable, dix arpents de terre labourable, trois de prairies.
François Lespine a trois arpents sur trente cinq, une maison, une grange, une étable, dix arpents de terre labourable, trois de prairies.
Joseph Désorcy a une égale étendue de terre, une maison, une grange, une étable, douze arpents de terre labourable, trois de prairies.
Nicodème Turcot a trois arpents de terre sur trente-cinq, une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable, quatre de prairies.
Gabriel Désorcy a trois arpents sur trente-cinq, une maison, une grange, une étable, douze arpents de terre labourable, trois de prairies.
Jean Champagne a trois arpents sur trente-cinq, une maison, une grange, une étable, huit arpents de terre labourable, trois de prairies.
Gabriel Antaya-P elletier a trois arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, dix arpents labourables, trois de prairies.
Jean Plante a trois arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, dix arpents de terre labourable, trois de prairies.
DE SES ORIGINES À NOS JOURS
Pierre Faut eux a trois arpents sur quarante, une maison, une grange, une étable, douze arpents de terre labourable, trois de prairies.
Jean-Baptiste de Sallières a trois arpents de terre sur quarante, une maison, une grange, une étable, douze arpents de terre labourable, trois de prairies.
Jean Plante a trois arpents sur quarante, une maison, une' grange, une étable, douze arpents de terre labourable, trois de prairies.
François Plante a une égale superficie de terre défrichée et non défrichée, une maison, une grange, une étable.
Le Sieur Douville, officier, a un arrière-fief, relevant du domaine, de six arpents sur trente, à la charge de Foy et Hommage, à chaque mutation de propriétaire; il doit aussi porter à l’église de Sorel, tous les ans, le jour de la St-Pierre, patron de la paroisse, un bouquet de fleurs. Il a une maison, une grange, une étable, dix arpents de terre labourable, quatre de prairies.
Sur l’île, il a trois arpents de terre de front sur quarante, une maison, une grange, une étable, quatre arpents de terre labourable.
La veuve Laroche a trois arpents sur trente, une maison, une grange, une étable, douze arpents de terre labourable et quatre de prairies.
André Duclos a trois arpents sur trente, une maison, une grange, une étable, quinze arpents de terre labourable, cinq de prairies.
Léonard Dufaulx a cent arpents en superficie, une maison, une grange, une étable, quatre de désert.
Nicolas Lamy, du côté du sud-ouest de l’île, possède centvingt-cinq arpents; il a une maison, une grange, une étable, trente arpents de terre labourable, dix de prairies.
La seigneurie, on le voit, a fait beaucoup de progrès. Les descendants des premiers colons y sont de plus en plus nombreux et tous s’attachent fortement à la terre ancestrale.