‹ Histoire De SoulavieChapitre 3 sur 42 · IV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT-PROPOS

mais encore sur la situation générale de la France et de l'Europe.

Pour compléter le tableau, nous avons consulté les registres manuscrils de la correspondance du gouvernement genevois, que poSsede la bibliothbque de Genéve, et la plupart des publications, parues en Suisse et en France, sur la période de 1793-94, notamment la Correspondance de Grenus et Desonna;, les Mémoires de Bourdillon-Dieday, les brochures de Bousquet, d'Ivernois, etc.

Les Papiers de Barthélemy, récemment publiés par M. Kaulek, le dossier de Soulavie qui existe aux Archives nationales, et enfin les diverses publications de Soulavie lui-méme, nous ont été d’un grand secours pour donner a notre travail les garanties requises en pareille occurrence.

Notre héros, — sice mot peut s’appliquer & l'homme dont nous écrivons l'histoire, — est loin d’étre parfait, et ce n’est pas une apologie que nous avons entrepris de donner au public. Le monument que nous lui éleyons ne sera pas surmonté d'une de ces figures nobles, majestueuses, qui commandent l’admiration et le respect de tous, mais d’une image aux nuances diverses, a l'expression tourmentée, symbole des orages intérieurs et extérieurs sous lesquels s'est courbée en lui l"humaine faiblesse. Nous n’avons pas tenu a faire beau, mais a dire vrai, sans dissimuler aucun trait facheux, persuadé que la vérité doit toujours étre le premier objectif de l'’écrivain comme de [’artiste, et qu’il y aen elle une vertu propre, qui triomphe des sujets les plus ingrats. Les faits que nous avons & raconter montrent chez

AVANT- PROPOS Vv

Soulavie des lacunes, des faiblesses, plus que cela méme, dont nous n’enlendons pas le laver autrement qu’en rappelant au lecteur les défauts généraux de notre espéce el |'influence presque irrésistible que le milieu et les circonsjances exercent sur les individus comme sur les masses. Soulavie a 6té pris dans le tourbillon plus que personne, et il n’était pas mieux armé que la majorilé deses contemporains pour résister au torrent. Encore a-t-il eu le mérite de reconnattre plus tard ses erreurs. Leshommes véritablement grands par l’esprit et le caractére, et capables de rester absolument droits dans les temps troublés, sont malheureusement rares, el d’ailleurs, si leur histoire fournit de salutaires exemples, ce n’est pas celle ot l’on apprend le mieux & connattre le monde oi ils ont vécu.

Soulavie représente une classe d'hommes, on pourrait dire de tempéraments, tres nombreux dans notre pays : étres de sentiment plus que de raison; agissant toujours de premier mouvement, qui n'est pas nécessairement le bon ; plus ou moins mal équilibrés; s’emballant, si l’on veut nous permettre l'expression, comme de vrais Méridionaux qu’ils sont ou qu’ils pourraient étre ; inlelligents d‘ailleurs, mais manquant du calme et du sang-froid nécessaires pour voir juste; regrettant plus tard leurs sottises, mais alors remplacés par d'autres qui imitent leurs fautes en attendant d'imiter ensuile leur repentir. Voila les traits caractéristiques de l’homme-légion quia joué peut-étre le role décisif dans le grand drame révolutionnaire de le fin du siécle dernier, et dont la psychologie importe autant que celle des plus renommés protagonistes, pour bien

vI AVANT-PROPOS

juger les événements. Soulavie est le type du genre et comme, a cdété d’énormes lacunes, il avait des qualités incontestables; comme on ne peut lui refuser une finesse d’esprit, une pénétration et une activité peu ordinaires, on comprendra, — sans parler du patriotisme local,qui le premier nous a mis en campagne, — que ce sujet ait pu nous tenter par ses cOtés piquants et originaux, et que finalement nous l’ayons traité avec des développements qu'il était impossible de prévoir au début.

On nous reprochera peut-étre des longueurs. C’est un

défaut sans doute, mais, le trouvant tres pardonnable chez lesautres, quand il est justifié par l’'abondance des faits et des documents, nous espérons qu’on voudra bien user a notre égard d’une semblable indulgence. A ceux qui nous blameraient, d’autre part, d’avoir embarrassé le corps de l’ouvrage d’un certain nombre de piéces ou de citations qui auraient pu étre renvoyées a la fin comme piéces justi- -ficatives, nous répondrons que le public est un étre multiple, et que si une partie aime la narration bréve, sans preuves immeédiates & l’appui, l'autre, tout aussi nombreuse, préfére la méthode opposée que nous avons suivie. En nous attachanta un sujet, auquel se rattachent tant de questions diverses, el qui nous a cotté de longues recherches, nous ne nous sommes pas fait illusion sur les difficultés de tout genre qu'il présentait. Nous ne nous flattons pas de les avoir toutes surmontées, jmais nous croyons du moins avoir fait preuve d’impartialité. Si telle est 'impression de nos lecteurs, tant mieux! leur suffrage ne nous est pas indifférent. Dans le cas contraire, nous

AVANT-PROPOS Vi

sommes consolé d'avance, bien convaincu de longue date qu'il faut, en écrivant, avoir bien moins en vue la faveur d’une opinion publique quelconque, toujours trés mouvanteet trés légdre de sa nature, que le émoignage de sa propre conscience et la satisfaction d’avoir jeté quelques lueurs de plus dans le grand domaine de l'histoire.

Largentiére, mai 1892.

io en » am.

7 ves?

\- sf "

oo ?

ty . :

at

b 1 Te bby

ae ; - ; ease aes de Sina ee Sethitoiktiys & see slip = silies

ane Broun! ating paciketl se hells ase eg

on gts on. = Ape ai sedans vl x . Leis i eg n ~ : e beet Suutevie, f eh’, ee SF iis 2 ey aye x a Ds deigraieaté ates Pais aieta, (cas tsp: alain ” paarsio. at Aelia - Pagers, nets et 7 a Pay a “Pethenita ; 3. - monet Bets vig: LE ey

oF

Sard diss, Daw i Sap: oi ici a 2 ae ‘ roads; rs, ne “mv Aduor ‘% at sedenum a. Ak joe Salas eos fn , ti wet wh * on atte be rz F

f - : salle 5 a a be se ; -" ; be haatial ag. pie Re a ae ae: os. a sete la Bt NEES val

“ay yaa Renal: eeannd “are y~ gruel

“pala 22, lier. on avgenqere dot ~+ fi

le pate fa i Maret, ie tarsige 5 cass hil

nena ag cata Hf haa Savin, Ste os angers, vac

bene

ot ag ncn

oS et 8 7

“sl

an =, . » 7 a a

pe

- : an qi

<2 os t ; ’

> es

Page 1