CHAPITRE IL
suivante, taillèrent en pièces une armée de Francs et ravagèrent les rives du Rhin Jusqu'aux portes de Worms, suivant d'anciennes chroniques. Nous nous appuyons en troisième lieu sur ISiSaga d'Olof Tryggwason % d'après laquelle les fils de Ragnar Lodbrok prirent part à cette expédition, qui devait être la même que celle où ils poussèrent, ainsi que le prétend la Saga de Ragnar, jusqu'à Wiflisbourg \ en Suisse. Enfin, tant de circonstances s'accordent avec la Saga suisse qu'il n'est pas invraisemblable que les émigrés s'y fixèrent, d'autant plus que le but connu des expéditions des Normands était non-seulement d'amasser du butin, mais de chercher de nouveaux foyers '. Une fraction de cette armée normande établit les siens dans les vallées des Alpes, pendant que les autres rétrogradèrent à la nouvelle que l'empereur Charles-le-Gros rassemblait contre eux une forte armée sur les bords du Rhin.
Aussi l'historien de la Suisse voit- il une race particulière dans les habitans de ces vallées des Alpes ^, où l'on retrouve aussi l'ancienne fédération suédoise. Des traditions qui ont conservé toute leur force parmi eux, sur la manière dont le pays s'est peuplé *, prouvent que leur établissement y est en quelque sorte récent et qu'ils étaient d'abord peu nombreux *. Si ces présomptions sur leur origine
d*hui le hameau d'EIsloo , dans les environs de Maéstricbti sar la roule de Ruremonde.
* Édition de Copenhague, 1825, t. 1, p 108.
* Aussi appelée Avenclie ; c'est l'ancien Aventieum, s « Utaequirant sibispoliando régna, quibuspossent
Tivere pace perpétua. » (Dudo dans Duchesne, t c.)
* « Sie (Die ersten Schwyzer) varen ein besonderer Stamm, und konnen nach so langer Zeit am besten in dem vorzyglich schônen Volk zu Oberhasli , in dem benacbbalirtem Oberlande und an den Entlibucbern erkanntwerden. » (Hailer, Schweitz. Geschichte. t. 1, p. 410, not. 7.)
* «Eaist imAndenken der Greise In denThâlern des Oberlandes, ivie in alten Jahrhunderten das Volk von Berg za Berg,vonTbalzuThalgezogen.»(Huller, 1,421.
Das sagten uns in den Jahren illl, bis 1780 Die
alten Hfrten. Ibid., not. 15.)
* « Anfangs wohnlen die Schweitzer in svacher Anlahl, weit anseinander In den Wusten der Gebiige. Es var im ganzen Land eine einzige,endiich wurden zwey Kirchen.— Dann wurden die Thaler Schwyz, Uri, Untervalden durch Yerraebrung sowabi der Kirchen als der Gerichtstatten jeder nach und nach Ton dem andern onabhnaglg; doch gegen Ausiander blelten sie zusamraen. —Die Landteute Ton Obtrha^li und ihre Nachbahren in Oberlander Gebirg wurden dieser alten Eidgenosfenichaft endlich fremd.(MuIler, t. l,p. 429.}Von
sont fondées, nous ne devons plus nous étonner qu'au neuvième siècle il existât encore dans ces contrées des idolâtres, à qui il fallait prêcher le christianisme. Quant au nom deSuédois, qui figure dans la Saga d'émigration suisse^ on peut le regarder comme compris sous la dénomination de Normands, qui était à cette époque commune aux peuples des trois royaumes du Nord. Il faut cependant remarquer que les Normands qui accompagnèrent fijôrn Jernsida (fils de Ragnar Lodbrok, et roi de Suède, suivant la Saga du Nord ) sont aussi appelés Yisigoths dans les chroniques étrangères ■ ; il semble donc qu'ils sortent de la Vestrogothie suédoise.