‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 12 sur 275 · IDOLATRES · texte numérisé non relu

IDOLATRES

Coup (Tœil sur le pays et sur les progrès de sa culture.— Coos-

tiiuUoD etmœure.

G^est au neuvième siècle que le flambeau de l'histoire commence à éclairer le Nord. Celte lumière, qui, jaillissant d'une nouvelle ère â laquelle commence le christianisme, répand aussi quelque jour sur les derniers momens du paganisme , amène cette question préliminaire : « Qu'étaient le peuple et le pays dans les temps anciens? » Et ce n'est qu'aujourd'hui que nous osons hasarder une réponse basée non sur des hypothèses incertaines , qui pourraient s'exercer librement dans un champ sans limite, mais sur le témoignage authentique d'une époque & présent connue au moins dans son ensemble. Nous nous appuierons aussi sur d'autres t^ moignages , la nature du Nord et les tom* beaux de nos ancêtres : la première n'a pas dépouillé sa forme primitive; les derniers couvrent notre sol , déterminent ses anciennes bornes, et l'affection reconnaissante invoque encore les ombres qui les habitent. Nous interrogerons la nature ancienne du pays, nous évoquerons les souvenirs des morts pour apprendre a connaître le séjour des vivans. Peut-être parviendrons-nous à réunir un grand nombre de

den Unterwaldern isteineSage.da&aie die letztenChrisc

ten waren Es kommt um das Ende des neuntê

Jahrhunderts ein Wigger unter dem Namen Schwei- Mer Apoitel vor. » (Ibid. not. 37.)

' yiMigotht. (Voyez Langcbek. Soript, rerum dan^ tome 1, page 52&.J

traits épars dans un tableau d'ensemble où la Tèrité rayonnera et à tirer de ce que nous connaissons des inductions positives pour nous guider dans des routes plus éloignées, plus incertaines ou complètement inconnues.

D'abord comment représenter le pays dans ce que nous nommerons le clair-obscur de Tantiquité? Si nous portons nos regards sur les contrées les plus méridionales de la Scandina- Tic , la Scanie ( Skàne ) est la première que nous rencontrons. La ^culture dés cette époque y était plus avancée que cliez les peuples qui rayoisinaient au midi; c'était à son origine un pays marécageux (Kàrrland) , comme son nom paraît rindiquer % ou couvert de forêts primitives dont les racines se montrent encore dans les terres desséchées de la plaine, lesquelles servaient de retraite aux buffles (uroxar), à rélan et au renne. Elle est connue par son abondance de céréales , par ses divers articles de commerce, par ses populations guerrières * à une époque où Tintéricur du Jutland était dé- 1 sert ' et rAUemagne remplie de sombres forêts. Dans le Sund, dont la partie la moins large est en face d'Heisingbourg *, on voyait chaque été, dans le neuvième siècle , une flotte d'Ôresund** {Ôresunds flotta) qui rapportait de ces côtes

* «fifeaun signifie, en langue islandaise, t/n pays marécageux. Il est vrai qae ce nom se prononce Skùn , tandis que Skdne (la Scanie) se prononçait autrefois Skaune, comme Tbabltant de cette province nomme encore sa pairie. Mais ces transformations dans la prononciation ne sont pas rares: ainsi on écrivit Jadis le moi gang, gaung et gOfig; le mot lâng était autrefois Idng , laong et long. L'ancien nom e.st Skan-ey (Sk&nô). — Sconia insula, dans Adam. Bicm., parce que le pays est baigné de trois côtés par la nier.

* «Sconia armata viris, opulcnta frugibus, divesque mercibus. > (Adam, hremens.. De situ Dan iœ.)

* « Terra Salfuginiset vasts soliludinis. Porro, cum omnes Iractus Gernianis profuudis borreant saltibus, sola Jutland cœteris horridior.» (L. c).

* A Seland in Scouiam trajectus maito brcvissîmns in Halsingeburg , qui et vider! potest, 1. c, p. 57. Heisingiaborg est cité (en 993) dans la Saga de JViaU c. 83. On trouve aussi dans ce même dizain Hioslad (aujourd'hui Ystad en Scanie). Torfœus, Hst, Norv,, t.3, p. 3. Elseneur (Helsingôr) est sans doute Halseiri, en Danemark,que la Saga de Faerajinga.c. l.dit être la plus grande foire du Nord. L'abordage s'appelle halta : de lè HaUôre ou HeUingGr, Ualeingeborg ou HeUingeborg et HaUehamn sur la côte septentrionale de la montagne de Kulla {Kullen) en Scanie. Ainsi le nom de ces deux villes ne vient pas d'une expédition des habilans de HeUingeland (Helsingie).

» EgrarfloH. La Saga d'Egil, Havn., 1809 , p. 78. 79.

poissonneuses de riches cargaisons ou achetait à la foire de Skanôr ', célèbre dans ce temps , du blé germé , du froment et du miel. Lund * est désignée comme une ville de commerce considérable , entourée de fortifications de bois ( tr&borg ) , garnie de remparts et pourvue de magasins où était déposé le butin, en marchandises et en or, que les pirates avaient amassé dans leurs expéditions *; mais cette ville était aussi le but des attaques des aventuriers qui inquiétaient les mers du voisinage.

La Scanie ( d'où Ivar Widfamne doit être parti pour conquérir le Danemark et la Suède ) formait d'abord un royaume indépendant. I^ plus ancienne description que nous possédons des états du Nord la représente comme faisant partie du Danemark depuis la fin du neuvième siècle *. On la peignit plus tard comme la plus belle partie de ce royaume, quoiqu'elle s'en séparât quelquefois, parceque, ne pouvant souffrir l'oppression , elle opposait souvent à ses tyrans une heureuse résistance , au moyen de ses hommes et de ses armes **, qui la plaçaient bien au - dessus de Seland et du Jutland. Le Halland et leBleking (Blekingen*) sont représentés comme deux branches 'de la Scanie, qui s'étendent vers les frontières de la Norvège et vers la Gothie *, et qui furent comprises sous la même dénomination quand la domination danoise se fut affermie dans ces contrées *. Le

* Ce n'est plus qu'une petite ville; elle avait une grande importance dans les temps idolâtres et même à l'époque florissante de l'union de Hansa,

' Aujourd'hui la ville de Lund n'est plus remarquable que par son université et son église cathédrale. Du temps du pagmisme on y comptait quatre-vingt mille babitans. Dans son premier âge catholique, elle avait dix-huit églises et plus de soixante chapelles. [Voyez Lunds Tidningar, 1793.)

'«Civitas Lundona, aurum ibi pIurImum,quod raplu congcritur. » (Adam. Brcmens., p. 56.)

* Voyez la relation du voyage d'Ottar et d'Ulfsten insérée dans la traduction auglo-saxone de rbistoirc d'Orosii, qu'on attribue au roi Alfred et récemment publiée par Rask à Copenhague.

^ « Viris et armis prsstantior esse probatur. » Helmold, Chron, slav., 1. f, c. 85.

* Provinces de Suède situées dans la Gothie (G6taland).

' «Hallandia et Blekingia ab integritate Scanin, ceu rami dupplices et unius arboris stipite promeantes. » (Saxo, prœf,)

" «Gotelba fluvius aNordmannis Gothiam séparât. » [Voyez Adam. Brem., De situ Daniœ, p. 60.)

*La SagadeKnytlinga parle du Halland en Scanie [Halland a Skan-ey).

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