‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 13 sur 275 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Halland , & la fin de la période de ridol&trie , C8t cite comme un pays pauyre , offrant peu d'appÀt à ravidité des pirates '. Cependant au onzième siècle il abondait encore en forêts de chênes et de hêtres *. On présume que dans le neuvième, le Bieking appartenait à la Suède '. Les habitans sauvages du Bieking * étaient des pirates redoutables; ils amassaient de For et de rargent et faisaient beaucoup de prisonniers. Dans le même temps, les tles de Gottland et d'Oland étaient déjà des possessions suédoises *. Il fallait franchir d'épaisses et sombres forêts et de rudes montagnes pour se rendre de ia Scanie dans le GOtaland (Gothie), et Ton ne savait lequel offrait le plus de dangers d'un voyage par mer ou de la route par terre •.

Le pays montagneux qui commençait en ce lieu et de là se prolongeait au sud jusqu'à la Gothie était appelé , depuis les temps les plus reculés, Smàlanden '.

La mer baignait le Smftland oriental, qui armait des pirates *. Dès le neuvième siècle , MOre en faisait partie *. Kalmar était connu de bonne heure comme un port marchand *®. Le Smâland moyen et méridional est nommé Yerend: il est entouré des forêts les plus épaisses ; mais c'est un bon pays , giboyeux, sillonné de rivières poissonneuses, riche en abeilles et en prairies **. Le Smâland occidental, près des frontières du Halland, fut longtemps appelé Finôdemarken , Finskogen, Finhcden , même Finland »■. Le Fin Skog (forêt des Fin-

* Var land ecki audigt. (U Saga d'EgiU p. 246.)

* La Saga de Knytlinga, c. 28.

* Kelalion du voyage d'OUar et d*Ulfsten, où cette province est appelée Tile de Bieking {Blecinga-ey),

* « Barbari qui plcichani dicuntur. « (Adam. Brem , I. c.)

» f^oyage d'Oitarct d'Ulfsten,

* Adam. BremensiS) I. c: « Per ardua montfam, per abrupla pelrarum, per condensa sylvarum.» {P^oyez\a légende de saint Sigfrid, Historia S, Sigfridi. Benzelius, Monumenta UpsaL, 1709, p. 4.)

' Iji lettre Gnale du pluriel SmalOnd (lisez SmaulOnd, comme les Sm&landais prononcent ce mot) était autrefois en usage.

* La Saga de lYtal, c. c. 30, 83.

* Le Foyage d'Oltar et d'Ulfsten.

^ K.almar nàs (promontoire de Ralmar). (Helmskr., la Saga de saint Olof, c. 108, vers 1020).— Kalmar est appelé, cent ans après, ville marchande. (Heimsk., la Saga de Sigurd Jorsalafarare, c. 27.)

■• Historia S. Sigfridi, écrite en 1205, (Benzelii, Mouumenta M$t vet. EcclesicSySV» Ups.y 1707, p. 4.)

" Fineyde dans la Saga de Knytlinga, flnirid dans

nois) paraît avoir été très-étendu autrefois; U embrassait même les grandes forêts qui séparaient la Yestrogothie du gouvernement actuel de Bohus (fiohuslàn) et qui couvraient tout le Dalsland. Cette dernière province n'avait pas d'autre nom que Markeme (marches), c'est-&dire les forêts (markbygden) : c'est le pays de bois qui s'étend Jusqu'aux frontières actuelles de la Norvège, lesquelles ne s'arrêtaient autrefois qu'au fleuve de GOta. Dans le onzième siècle, on disait que depuis les plus anciens temps * ce pays avait été borné par le Gôta Elf (fleuve de GOta), ù partir de la mer jusqu'au lac Yenern d'un côté , et|^de l'autre par Markena (marches) ■ jusqu'à EdorSkog (la forêt d'Éda), et le Kôlen au pied duquel il vient finir. Cependant on disputait sur les limites des royaumes, et cela était bien naturel quand ils avaient des déserts pour frontières. Des rois de Suède agrandirent la Yestrogothie jusqu'à Svinesund, sur les côtes occidentales de la mer. Les Norvégiens prétendirent à la souveraineté en titre de tout le pays à l'ouest de Yenern. Les habitans des frontières, indépendans au milieu de leurs montagnes et de leurs forêts , ne s'inquiétèrent pas plus de la domination suédoise que de celle de la Norvège. La population des Marches (markbygd), Yisigolhe d'origine, préféra cependant à la fin se soumettre à la Suède; on la considéra comme appartenant à la Yestrogothie, et elle reçut postérieurement le nom de Yisigoths à l'ouest du lac de Yenern.

La contrée connue aujourd'hui sous le nom . de préfecture de Bohus ( Bohuslftn ) l'était \ autrefois sous ceux de Ranrike > d'Elfvarfylke, d'Alfhem * et de Yiken •. Les hommes de Yik

\&Loidesf^isigoths, Finhid sur des pierres runtqui Terra Finlandiœ dans Ericus Olai, Les habitans que Saio appelle Finnenses sont visiblement les Finwedi (les habitans de Finweden ou de Finskogen). Adam. Brem. dit que longtemps auparavant ils demeuraient avec les^Wermlandais, entre la Norvège et la Suède, et quMIs appartenaient au diocèse de Skara.

* C'est là du moins ce que dirent les payans aui envoyés de saint Olof, vers 1019, (Heimskr., la Saga de saint CHofy c. 69.)

■ Cest -à-dire J9a/f/afu<, vraisemblablement le Nordmark dans le P^ermlandf où commence la forêt d'Éda.

* Ce pays s'étendait depuis le fleuve de GOta Jusqu'au Svinesund. (Heimskr., la Saga d'Olof Tryggwason, G. 130.)

^ Cette contrée comprenait tout l'espace renfermé entre les fleuves de Raum et de GOta. (La Saga de Bervara, c. 1.)

* Ainsi fut nommée toute la contrée de la baie

et ceux d'EVinkock Elfmànneme) étaient enclins À la piraterie {vikingar) \ ils formaient un peuple rude et grossier , vivant sur la mer et par elle, et très-mal famé. Les sagas rapportent que rintérieur du pays était habité par les descendans de Troll {sorcier, magicien) et d'jélfvar, plus laids que le reste des hommes. Là , où les terribles cataractes de Troilhâlta mugissaient dans la solitude, Starkotter avait autrefois combattu le champion du magicien Hergrim : sa victoire lui donnait des droits sur Ogn Alfafoster ^ mais celle-ci aima mieux mourir que d'être son épouse. Le commerce anima de bonne heure les côtes de Viken, autant que cela se pouvait dans un pays peuplé de pirates. Le grand fleuve de Goia, qui, venant de Yenem^ décharge dans la mçr ses eaux enflées d'un grand nombre de courans tributaires, ne devait pas s'ofl'rir en vain à des hommes qui tentaient la fortune par tous les moyens^ pacifiques ou violens. L'tle Uisingen, qu'il embrasse à son embouchure, appartenait par moitié à la Suède et à la Norvège. Un peu plus au sud et à peu de distance , Brftnnô , ancien repaire de pirates , terreur de tous les vaisseaux, ou Danaholmen , qui n'est pas éloigné de DrSinnO, était le point de contact des frontières des trois royaumes , de sorte que la Yestrogotbie , au sud du fleuve, touchait autrefois à )a mer. Les vaisseaux remontaient le fleuve jusqu'à Kungahall S qui tire son nom des rendez-vous nombreux que s'y sont donnés des rois du Nord, et même un peu plus haut. Jusqu'à l'ancienne Lddôse*. Les Yikeverians allaient chercher à l'étranger du •* blé et de l'orge germes ». LôdOse avait des dépôts de gros drap % de sel, de harengs etde marchandises de première nécessilé,qu'on transportait dans l'intérieur du pays. Aussi lesYisigoths aimaient peu la guerre avec (a Norvège, parce qu'elle interrompait les communications. Fal-

d'Opslo (Cbri8iiaDia)i en Norvège, jusqu'au fleuve de GOU.

* Àujourd*hui Kongelf, petite ville sur ie Gôta.

* La bourgade était située dans le district û*Mê (Aleharad), sur ta côte de la Yestrogotbie : « Kaupdstadur i Liodhusum er vid Elfina tyrer Sunnan. » ( f^oy«i Reimbegla» l.c.HU est question non-seulement de Konghall , mais aussi de liôddse dans le dixième siècle. (La Saga de Niai, e. 3, S3.]

» hàSagad'Estil,P' 81.

* L'Islandais Rut, amant de Gunnbild , reine de fforvége, nommée la mère des rois , lui donna cent liunes de gros drap, à Kunghàll, en 9C1. (La Saga de

kOping, déjà citée dans les temps éloignés ', e( Skara*, où se faisaient sans doute les sacrifice» à l'époque du paganisme *, étaient dans Tintérieur de la Yeslrogothie des places de commerce qui devaient recevoir toutes leurs marchandises de Viken.

Mais par quelle route se nouaient ces relations commerciales à la fin du dixième siècle ? Cette route parcourait une grande forêt de deux journées de marche ^. Il y avait des montagnes et des rochers à franchir ; les marchandises étaient transportées sur des chevaux. Le voyage offrait des dangers, parce qu'on s'égarait facilement dans des chemins peu connus et que le bois était infesté de voleurs etde brigands : des paysans eux-mêmes se livraient sans répugnance à cet infâme métier , et quand le bruit de la hache annonçait au voyageur fatigué l'approche d'un défrichement ou le voisinage de quelque habitation, malheur à lui s'il réclamait un gîte ; il le payait de sa vie. Il y avail cependant au centre de la forêt une maison ouverte {sàlokus) ", une de ces auberges inhabitées, établies dans l'intérêt du commerce dans les lieux les plus dangereux ; les voyageurs pouvaient s'y abriter avec leurs bagages.

Tel était l'état des frontières qui séparaient les provinces les plus peuplées du pays. De ce nombre était la Yestrogotbie (Tester Gôtland), l'une des provinces les plus anciennement cultivées de la Suède. Dans les derniers jours du paganisme apparaissent les Yisigoths, rivalisant

* Saxo, lorsqu'il (ait TénuméraUon des champions de la bataille de Br&walla, d'après le chant de Star> kotter, I. VIL P- 144, nomme entre autres Findar de Wlken {Findar maritimo genitus $itu), et Bersi, né à Falukoping {apudFalu oppidum creatus). Nous voulons rectifier par cette citation ce que nous avons avancé à cet égard dans nos Annalet de Suède, p. 641, no 1.

' Fal^Oping et Skara , aujourd'hui petites villes de Yestrogotbie. La dernière est surtout remarquable par ses souvenirs historiques , par sa cathédrale et son gymnase ; elle est le siège d'un évéché.

* Raupstadr at Sk^rum ou Skaurum (Heimskringla, la Saga d'Olofh saint, c. 70, 96) est souvent cl^ tée dans le onzième siècle.

* Voyez la relation du voyage que le Yisigoth Anolgils fit de Konghall Jusqu'à la Yestrogotbie en a97 avec Hallfred. (La Saga d'Olof Tryggwaêon, Ed. Skalholt, p. 2,c. 31; et ensuite Torfoeus, Hiet, NwrVs t. U. p. 476.)

^ On en rencontrait une de ce genre sur la route qui Joignait Tronhiem etle Jemtland; elle était assez grande pour contenir douze voyageurs et leurs marchandises^ (Hcimsk., la Saga d'Olof le saint, c. 1610

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