‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 121 sur 275 · CHAPITRE XIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIL

nouvelles d'un tour favorable * furent reçues avec de grands transports â la cour de Jean ^ une ambassade suédoise ftit envoyée en Pologne. On ne consulta pas les états pour cette affaire. Le duc Charles donna la nouvelle assurance qu'on réclamait de lui, d'être dans tous les cas fidèle à Sigismond , prince royal de Suède ^ il y mit seulement pour condition qu'on ne céderait pas FEsthonie. Les demandes des Polonais sur cette question, la contre-élection de Tarchiduc Maximiiien , dont il fallut soumettre les partisans par la force des armes, la crainte de laisser son fils à la merci d'un peuple étranger et turbulent , produisirent une telle impression dans l'esprit de Jean, qu'il répondit à l'envoyé de Pologne , qui venait l'informer du résultat de l'élection , par un refus auquel Sigismond accéda volontiers '. Jean se plaignit même plus tard de ce que le sénat avait employé des moines et des prêtres pour vaincre sa résistance. Son irrésolution fut enfin fixée par le retour de Pologne d'Erik Sparre. Celuici prit la conduite de cette affaire ; il promit l'Ësthonie à la Pologne, tout en persuadant aux Suédois qu'on n'avait rien promis. Il était aussi l'auteur des statuts de Kalmar relatifs au gouvernement des deux Etats ^, et il les présenta aux deux rois pour être signés , ce qui eut lieu le 7 septembre 1587.

C'était une nouvelleJUnion de Kalmar avec des circonstances différentes, mais non moins favorables aux grands. L'ancienne noblesse élève encore la voix, et son langage est peu prudent : elle rappelle que la noblesse de Suède doit être honorée et respectée, parce que de temps immémorial elle tient le premier rang après les rois et les princes, de qui elle tire en grande partie son origine, comme plusieurs princes sont sortis de son sein. Elle glissait sans doute cette observation comme réponse aux repro-

< Cette nouvelle fut apportée par un messager de la reine douairière de Pologne.

* « Ipsemet princeps Sigismundus i Polonica lotus obhorruit profecUone, parentique factus aliquoties supplex, illam de precari cooatur.» (Messénius.VII, 84.)

> StcUuta calmariencia de regimine uMuiçtte regni. — Je n*al pas vu l'original en latin. Charles dit que « c'est une constitution dont Tauteur est Erik Sparre.» (Discours au sénat après la mort de Jean. — Voyez Werwing, t. I, p. 107.) 11 ajoute : « Noire frère le roi, qui avait imaginé d'établir une nouvelle monarchie, consentit à tout, afin de procurer à son fils , oulrç ia 3u$dç, Iç rQyannie de Polognç, i

ches de la maison royale, que Jean s^était mésallié en s'unissant à Gunnila Bjelke* . Elle fait

■ Comme on le voit, Jean ne resta pas longtemps veuf sans chercher une nouvelle épouse. Il balança longtemps entre Sigrid, fille ainée du vieux Pierre Brahe; £bba, filled'Hogcnskild BJcIke, et Gunnila, fille de Jean Bjelke, Il se sentait porté surtout vers la première : sa beauté et la haute considération dont sa famille jouissait auprès des Suédois parlaient pour elle; mais cette alliance trouva de l'opposition dans les frères et les sœurs de Jean. Charles surtout la combattait de toutes ses forces; ils faisait observer « qu'un tel mariage était indigne d'un roi; que les familles nobles, déjà assez puissantes,deYiendraicnt encore plus difilciles à gouverner; qu'on devait éloigner plutôt que rapprocher le point qui les séparait de la dynastie des Wasa.» C'était avec de tels argumens que Charles essayait d'engager son frère à chercher une épouse parmi les princesses étrangères. Ils parvinrent ainsi à empêcher l'union du roi et de Sigrid Brahe. Mais Jean tourna bientôt ses vues sur Gunnila Bjelke, belle jeune fille de seize ans, et ce mariage fut décidé avant que les membres de la famille des Wasa eussent eu le temps d'y mettre des entraves. U parait que Gunnila n'enviait pas le haut rang auquel on l'appelait : son cœur était donné et sa main promise à Liljesparre , et elle refusa le roi quand il la demanda (il avait quarante-sept ans). Jean, furieux, lui lança son gant au visage ; 11 se retirait même , quand les parens, éblouis par l'éclat de cette alliance, cherchèrent par toutes sortes de moyens à l'apaiser > et l'on arracha le consentement de Gunnila par des menaces et par des prières.

La famille royale ne cacha pas son dépit. Gunnila Bjelke , comme nous l'avons vu , avait été dame d'honneur {kammarfrUken) de la feue reine. Sigismond et Anne firent voir qu'ils n'acceptaient qu'avec répugnance l'ancienne servante de leur mère pour la remplacer. Jean donna à ses enfans toute la garde-robe et les parures de leur mère et acheta des eflîets aussi beaux et de même valeur pour Gunnila. Les sœurs de Jean, en Allemagne , murmuraient; la comtesse Catherine de Friesland disait que le diable avait usé bien des souliers avanf d'avoir pu former un pareil mariage. Jean répondit avec aigreur , en citant l'exemple de son père , et il leur écrivit que « son bras pourrait les atteindre même à l'étranger si elles ne voulaient pas cesser leurs glapissemeos. »

Mais l'opinion du prince Charles avait une autre portée que celle de ses sœurs. Jean lui annonça son mariage cinq semaines d'avance, en le priant d'y assister. Charles lui répondit en termes soumis, mais froids, que l'époque était trop rapprochée pour qu'il pût faire ses préparatifs. La colère de Jean n'eut pas de bornes. La princesse Anne , bien qu'opposée au mariage, écrivit deux fois, dans sa terreur, à sa tante la princesse Marie , épouse de Charles, pour la prier de déterminer son mari à se rendre à la cérémonie pour éviter une guerre civile; mais les prières furent vaines, Charles resta inébranlable. II députa un de ses nobles pour le remplacer aux noces. Jean , encore plus irrité, chassa l'envoyé de son frère df la ville et

HISTOIRB DE SUÈDE.

obterrer que beaucoup de plaeet de la oour ne conyienneni pas aux nobles , comme celles de irabans et de domestiques, qui devaient leur être interdites, la demande en Tût-elle faite par ceux-là même à qui on les accorde. — L'objet des statuts de Kalmar doit être la défense de la religion et des libertés du royaume a sous un roi catholique qui régnerait en même temps sur la Pologne. » Quant au premier point, la liturgie de Jean doit être considérée comme une ordonnance à laquelle un concile , qui ne tarderait pas à être convoqué en Suéde, pourrait apporter des modifications. Sigismond n'a^ vait le droit d'y rien changer ni de se présenter en Suéde avec un cortège de plus de dix prêtres catholiques *, cependant il était permis aux religieuses de Yadstena d'avoir un prêtre de leur religion, et leur couvent ainsi que tous ceux que Jean avait fondés devaient demeurer intacts. Yoiei quelles étaient les autres conditions de rUnion : « Une paix stable sera établie entre les deux royaumes^ il sera fbrmé alliance offensive et défensive contre la Russie; la loi et la liberté seront assurées aux deux Etats, et les membres du gouvernement seront pris parmi les indigènes. Après Tavénement de Sigismond au trône de Suède, les affaires seront administrées en son absence comme en sa présence par des seigneurs, au nombre de sept, qui seront renouvelés tous les deux ou trois ans. Le duc Charles aura le droit d'en nommer tm, qui toutefois n'aura aucune préséance, sauf la place que lui assigneront son rang et sa naissance. Les droits du duc restent tels qu'ils ont été fixés par le décret de Yadstena , et le roi lui confirmera ainsi qu'aux comtes et barons , après qu'ils auront prêté serment , leurs fiefs héréditaires. Les hautes dignités du royaume, celles de drots , de marsk, de chancelier et d^amiral , ainsi que les places de préfets (Jandshôfding) ou gouverneurs de provinces, seront données à ceux que le sénat présentera & la nomination du roi. Le trésor, les bijoux et tout le matériel des arsenaux ne peuvent être transportés au delà des frontières , non plus que les revenus de l'Ëlat , hors le cas de mariage du roi ou de ses enfans ; mais dans ce cas exceptionnel même, tout se fera dans l'es-

des fôtes, malgré tousMes ciïorls du sénat pour IV paiser.

Pierre Liljesparre, Tancicn ûancé de Gunnila, Tut marié» par rcnlrcmisç de celle-ci; avec Anne Posse.

prit de la Lai du pays. Aucune nouvelle contribution ne pourra être lipposée au peuple en l'absence du roi. L'avis des étals suédois eti nécessaire dans les questions de guerre , de paix ou d'alliances \ aucune ordonnance royale émanée de la Pologne n'y aura d'autorité saos leur consentement. Aucun Suédois ne pourra être jugé qu'en Suéde , d'après la Loi iuédoise, et après que ses pairs auront examiné son affaire. L'appel des jugemens rendus en LlTooie doit être porté devant le sénat. Le roi ne pourra rien eéder des provinces conquises ou autres dépendantes du royaume ; toutes doivent être administrées par des Suédois et selon la Lai 9uédoiie. En cas de révolte dans l'un des deux pays, l'autre lui portera secours moyennant indemnité. Sigismond sera couronné par un archevêque suédois non catholique, mats qui professera la religion du pays. Son fils atné lui succédera par droit d'hérédité en Suède , et en Pologne par élection si elle tombe sur lui ; ie second fils recevra en fief un duché en Suède, excepté la Finlande ou la Li vonie, qu'il ne pourra posséder en totalité -, l'entretien du reste de la famille sera h la charge de la Pologne ainsi que celui des princesses , si elles sont nées dans eo royaume. Si le roi Jean a des enftins de son second mariage , Sigismond sera obligé de leur faire les avantages que leur père leur assignera dans son testament.* » Tel est en somme [le contenu de ces articles *, nous ajouterons seulement que le roi s'obligeait de veiller A la pureté de la langue suédoise : k On doit employer cette langue , est-il dit , pour la rédaction des documens qui intéressent les deux pays. » C'est pour cela qu'il est enjoint au roi de déihiyer , pour leurs études classiques , quelques jeunes nobles et autres jusqu'à ce qu'ils puissent être élevés aux hauts emplois de la chancellerie ou de rÉglise.

Le bruit courut que tout cela avait été signé par Jean , Sigismond et Charles , ainsi que par la principale noblesse du pays *, on ne voit cependant que les signatures des deux premiers. Les événemens qui vont éclore nous apprendront si Charles avait connaissance de cette formede gouvernement. Le 8 février 1688, le sénat écrivit à Sigismond , qui était alors en Pologne, de tenir fidèlement ce qu'il avait promis dans la dernière constitution convenue entre les deux rois.

Tel élait le gouvernement des sept seigneurs,

CHAPITRP XII.

à Tintiar de celui dos élcoleura en Allemagne. Le grand Gustave] en parle conune d'une invention de quelques sénateurs uqui, dit-il , voulaient faire du roi un javelot pour percer le duc , afln ' de pouvoir se débarrasser des deux. » Il ajoute que ce furent ces hommes artificieux qui conseillèrent au roi Jean délever son fils de manière à ce qu'il pût régner sur les deux royaumes (c'est-à-dire de le faire catholique , ce qui devait le rendre incapable de gouverner la Suède"). La famille des Wasa à cette époque était diminuée et divisée : la maison d'Erik était pour ainsi dire éteinte-, Magnus n'avait plus sa raison ^ Jean n'avait pas d'enfans de sa seconde épouse ; Sigismond s'établissait dans un pays étranger. Charles , en 1579, avait recherché la main de Marie, princesse du Paiatinat* : il a célébré dans sa Chronique rimée le tendre souvenir qu'il en avait gardé. Il donna lo nom do celte princesse à une do ses nouvelles villes ainsi qu'à un domaine où il avait longtemps séjourné avec elle >. Elle avait les vertus de Catherine Jagoilonica , et , comme elle, s'interposait entre les deux frères, toujours prêts à en venir aux mains. Mais les six enfans qu'elle donna à Charles moururent tous en bas &ge, excepté Catherine^ d'où sortit la maison des Deux-Ponts , qui plus tard est montée sur le trône de Suéde. Ce fui sous l'impression de semblables réflexions que Charles écrivit a Sigismond en Pologne pour l'engager à se marier * : « Ils restaient en si petit nom])re!

I Histoire de GusUve-Adolphe dans »cs rapporU avec les événemcos de Cbarlps IX. Nous l'avons déjà citée. BenoU Bcrgius, qui l'a publiée, ainsi que la Oironique de Charles IX, fait remarquer que : « le rccil historique a été copié par ie eccrétaire Falck, depuis bourgrneslro à Wiborg , sur le inanuscrît tracé de la propre main du roi Gustave-Adolphe, quelques années avant que le château de Stockholm eût été consumé par les flammes (1697).

'Fille de Louis VI, électeur palatin, et de sa première femme Elisabeth , fille de Pliilippe-lc-Magnanimejandgrave de Hesse. Le duc, pendant son voyage demanda en personne la main de cette princesse , en 1578; il renouvela sa demande dans ie voyage qu'il fit l'année suivante. Les noces furent célébrées le 1 1 mai à Heidelberg. Il visita encore l'Allemagne en I&83.

^ Marieholm, — En 1583 , Charles fonda Mariestad> qui devint le siège d'un évéché, dont la juridiction s'étendait sur le Yermland et sur les districts de Vadsbo et de Valla.

^ Lettre à Sigismond envoyée par Mauritz Stensson Leyonhufvud et datée d'Orebrc le 9 juillet 1688.

trois seulement du sexe masculip : Tunloq entre eux était nécessaire. Il existait un parti qui avait introduit la discorde entre Tes frères et leurs plus proches parens pendant les années qui venaient de s'écouler. » Il «youla : k Qu'il avait appris qu'une convention , dans laquelle il était intéressé, avait été faite par écrit, qu'elle avait élé consentie et signée à l'époque où Sigismond avait quitté la Suède : il s'étonna q^'o^ la lui eût tenue cacbée. »

Ce fut vers ce temps que les opinions de leap se modifièrent d'une manière remarquable. Au commencement de Tannée il écrivait & sou fils qu'il était menacé de trahisons ; que quelques hommes travaillaient à l'extinction de la famille royale pour s'emparer du gouvernement -, que ces gens disaient hautement que leurs ancêtres avaient eu grand lort de consentir à l'hérédité du pouvoir. Les chefs présumés de cette ligue étaient Hogcnskild Bjelke, Erik Sparre, Thure Bjelke, Gustave Bancr , Glas Akesson Thott et le comte Axel Leyonhufvud, ainsi que quelques autres nobles : « Le duc Charles notre cher frère, ajoulait-il , a sur eux la même opinion. Ifous sommes réconciliés avec lui , ce qui déplaît à ces messieurs * » On voit d'où viennent ces soupçons. Chez Jean ils étaient plutôt l'effet du chagrin qu'il éprouvait de l'éloignement de Sigismond (il attribuait cet éloignemcnt au sénat) que de la confîance que lui inspirait Charles \ car lorsque celui-ci osa de^iander communicalion du contenu du testament que le roi avait fait^ et qu'il voulut s'emparer des reveniis de la préfecture de Strômsholm , Jean l'accabla de^ reproches les plus violens : « Le roi , lui dit-il , est en position de juger par lui-même de ce qui peut être utile au royaume pendant sou règne et après sa mort^ il veut s'entendre à c^ sujet avec son fils dans l'entrevi^e qui doit avoir lieu entre eux à Ileval , car tous deux ont encore , grâce à Dieu, la plus grande autorité dans le royaume. Nous avons su gouverner nos pays et nos duchés lorsque vous étiez encore au berceau , et vous ne serez notre maître et noire précepteur ni aujourd'hui ni dans l'avenir *. » L'humeur du roi devenait avec l'âge

* A Sigismondi au sujet de la trahison du sénat. Kalmar, le 30 janvier 1588. (Voyez les Archives de Jean.)

' Au duc Charles, relativement au gouvernement après la mort du roi et à la séquestration de la rente des districts de Tuhunda cl de Snarringe. Svartsjô, 12 juin i&89. [Archives du roi Jean,)

de plas en plus insupporiable. En 1585, le sénat le fit prier par Sigîsmond de vouloir bien écouter leurs conseils de sang-froid, de mettre un terme à celte colère à laquelle il s'abandonnait si facilement et de quitter le ton d'emportement qu'il mettait dans ses lettres au duc. Le roi répondit qu'il ne désirait rien tant que de ne pas trouver l'occasion de s'emporter ; mais qu'il se sentait d'un naturel fougueux et qu'il ne pouvait souffrir qu'on s'opposftt à ses volontés ■•

Nous avons déjà remarqué que le premier essai théorique sur les attribtUitms de la couranne (regalier)^ élaboré/ par les' grands et dirigé contre le duc, devait recevoir une application inattendue sous le règne de Jean. Cette question fit du bruit ; quelques-uns la regardèrent comme un moyen de gagner les faveurs de la cour, et elle a sans doute inspiré l'idée du décret de Helgeandsholm (de l'tle du Saint-Esprit), lequel, suivant certaines indications, avait été conçu par le roi Magnus Ladulâs, avec l'assentiment du sénat et des états, en 1282, et était resté inconnu jusqu'au 30 juin 1587, qu'un prévôt d'Ostrogothie, Paine Ériksson Rosenstrâle, en révéla l'existence et le communiqua à la chancellerie royale *. Suivant une annotation citée par Lagerbring, ce rapport du prévôt a été connu de Gôran Pehrsson, qui a soutenu qu'il ne méritait aucune confiance '. Une autre annotation écrite de la main d'Erik Sparre attribue son insertion dans les archives à un grand menteur*. S'il est vrai que ces deux personnages se soient prononcés dans ce sens, nous voyons deux hommes appartenant à des partis opposés > mais juges compétens , arriver simultanément à une conclusion & laquelle nous sommes conduits par l'observation des faits que nous présente l'histoire. Nous citons les remarques faites sur le règne auquel

* DélibéraUons du sénat pendant le régne de Jean.

■ y oyez Diplomatarium êuee^ 1. 1, p. 106.

^Diêsert. de Deereto comUiali, vulgo Helge Andê holms betltU, Lond.Goth., 1753. (Voyez son Histoire de Suéde, t. 2, p. 587.) Celte annulation (qui appartient, si ma mémoire ne me trompe , à Hogenskild Bjcllce) tonUent une méprise, puisqu'elle porte que Palnc Ériksson , dont II n*est fait mention qu'au temps du roi Jean, doit avoir montré le décret de Helgeandsholm à GOran Pehrsson. Lagerbring prend sans doute ce G0ran Pehrsson pofur celui dont le nom fut fameux sous le règne d*Érik XIV.

« lagerbring, 1, e. DiplQVM^» euee.f t t, p. 607.

on attribue la résolution *• Quelque^-uos gardent Rasmus Ludviksson comme Tauleur de cette fable *. Si l'on a eu dessein de faire sanetionner par les siècles futurs les nouveaux principes des droits de la couronne qui germèrent en Suède sous Gustave I*% le but a été atteint malgré l'obscurité qui entoure l'origine du décret, car celui-ci a été souvent cité dans cette direction envahissante de l'autorité royale. Celui qui l'a produit a eu aussi ses motifs : dans un supplément à son récit, il conteste à la noblesse le droit de pèche dans les grands fleuves du royaume et celui d'y établir des moulins, droit qui appartient à la couronne, d'après le décret dont nous venons de faire mention '. On prétend que c'est à l'occasion d'un procès de Paine Ériksson , au sujet de la pèche du Brâwiken* , que cette découverte a été consignée dans l'histoire du royaume ".

Le roi Jean avait déjà soutenu auparavant les prétentions de son père sur des mines et des forêts. En 1584, il soumit àla décision royale la question de savoir si des particuliers ne peuvent pas exploiler , en payant une redevance à la couronne , les filons métalliques quand ces filons dépassent les besoins du roi. Le sénat proposa aussi de leur accorder la Jouissance des bois. Le roi déclara qu'il voulait exploiter lui-même tous les filons déjà découverts^ quant à ceux qui le seraient à l'avenir , il consentait à les affermer Jusqu'à ce qu'il jugeât à propos de rentrer dans ses droits *. En 1575, il les exerça en effet dans l'affaire du BUsberg^ « principale montagne de fer depuis les temps les plus anciens, » en défendant aux mineurs d'extraire du minerai des petites mines, qui devaient être abandonnées ; il ordonna de travailler dans la grande mine et de supprimer tous les fourneaux noniprivilégîés. Charles se plaignit, en 1581 , de ce que Jean lui avait défendu d'exploiter une

* Cfr., !«' vol., p. 187.

*«Pa!ne Ériksson ou Rasmus Ludviksson,» diiPeringskOld. (Voyez Diplom,, 1. c.) Peringskôld sonlfeni Tau then licite du décret , mais s'appuie sur une aalre lettre qui porte tous les caractères de fausseté.

» Voyez DiplomaU, 1. c.

* Golfe de la Baltique qui entre dans TOstrogothle. Ce fut sur ses bords qu*eut lieu la bataille célèbre de Brftvalla.

" Messénius est le premier historien qui en ait fait mention depuis.

* Délibérations du sénat pendant le règne de Je^n. (Voyez lc$ Archivas du rof/aume^)

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