‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 124 sur 275 · HISTOIRE HE SUEDE · texte numérisé non relu

HISTOIRE HE SUEDE

nières années*, beaucoup de familles avalent perdu (rois et quatre de leurs enfans par les levées qui s'exécutaient annuellement avec une rigueur extrême. On avait promis d'alléger les impôis sans Jamais tenir parole. Une cour d'où réconomie, Tordre et Tobéissance étaient bannis \ la construction de grands édifices , de châteaux et d'églises, tout concourait à augmenter la misère du peuple, de sorte que les buissons et les ronces croissaient là où Jadis on voyait des champs et des prairies, et que de riches paysans parcouraient les lieux où étaient leurs propriétés , tendant la main comme des mendians. Le tiers des villesétaienl désertes; la llturgicavail sem^a division dans rÉglise-, les troupes, abandonnées, sans solde, dans un pays étranger, en proie à la famine et & la misère, étaient dégoûtées de la guerre; la paix était le premier besoin du pays : on ne devait donc pas la fuir quand Tennemi paraissait la désirer aussi. » Ces observations étaient faites au nom du sénat. Celui-ci , la noblesse et les chefs de Tarmée en présentèrent d'autres en commun, après avoir tenu des conférences dans la cathédrale de Reval. Us avaient appris que le roi Sigismond voulait quitter le trône qu'il occupait en Pologne pour retourner auprès de son père ; ce projet était contraire aux lettres des deux rois, à leur honneur et à leurs sermens. On avait bien des exemples de quelques rois qui avaient déposé le sceptre; mais ils l'avalent fait à hi face de l'univers. L'histoire ne signalait qu'un seul prince qui eût abandonné aussi honteusement sa couronne et ses Etals, disait-on , c'était Henri '. H était plus glorieux d'éviter en toute occasion de marcher sur ses traces que de les suivre. Si Sigismond ne remontait pas sur son trône , la Suède pouvait ajouter les Polonais au nombre de ses ennemis : ses forces ne suffiraient pas pour résister à de telles inimitiés -, il en résulterait que l'amour des sujets se refroidirait et pourrait même, selon toute probabilité, dégénérer en haines et en révoltes*. Au reste,.leurs majestés pouvaient compter sur la fidélité des seigneurs, qui étaient prêts à verser leur sang pour défendre les droits de Sigismond au trône de Suède. » Cet acte était revêtu de soixante et une signatures, dont celles de tous les sénateurs présens , excepté

* Henri de Valois, roi de Pologne, quitta ce pays en f &73, quatre mois après son élection , pour aller régner en France.

•Vojrei WerwïDg, supplêmçnt, p, (20,

celle de Clas Fleming. — Gomme il paraissail que ces observations devaient rester sans ré— sulat, on les réitéra auprès de Jean, sans obtenir autre chose que la réponse d'Olof Swerkers^ son que nous avons déjà mentionnée : « qu'ils devaient obéir ou choisir un autre roi. » Sur ces entrefaites , les chefs de l'armée se rendirent au château ^ ils déposèrent leurs draj[)eaux sous les fenêtres des deux rois, s'engageant par serment à ne pas tirer Fépée pour eux si par leur imprudence ils attiraient tant d'ennemis à la Suède. Les Polonais menacèrent de leur c6té. Hogenskild Bjelke, à qui le roi avait laissé le commandement de Stockholm, lui écrivit que le duc Charles avait commencé des (roubles. Sigismond s'arracha des bras de son père le 30 septembre, et Jean, après avoir envoyé ses fondés de pouvoirs pour négocier avec les Russes, se rendit au rivage au milieu de ses sénateurs, qui lui rendaient de vains hommages après lui avoir adressé de sévères observations ; et entouré de ses guerriers , qui demandaient à grands cris la paix et du pain , le roi, morne et silencieux,gagna son vaisseau, gardant au fond de son cœur un profond ressentiment.

A son arrivée, Jean trouva que le duc B'était tenu tranquille et que l'avis de Hogeoskild Bjelke était faux. Une réconciliation eut lieu entre les deux frères : elle avait été provoquée par des propositions de la part de Jean ; on remarquait entre autres celle-ci : a que la noblesse et le sénat ayant manifesté de la prédilection pour les libertés dont Jouissaient les Polonais et d'autres peuples , on n'étendrait Jamais les privilèges qu'ils possédaient déjà *. » Charles fut réintégré dans l'entière possession de son duché et fut réellement chargé du gouvernement du royaume. 11 y employait ses propres deniers. Une grande partie des> droits maternels de sa petite-fiUe fut ainsi dissipée \ il mit ses bijoux en gage et contracta des emprunts auprès de sa sœur la duchesse de Mecklenbourg. 11 devait en même temps aviser aux moyens d'empêcher que le roi ne dépensât ce qui était destiné aux frais de la guerre. Jean, qui avoua que Charles faisait plus en trois Jours qu'on ne faisait habituellement en trois mois, se livra tout entier à sa haine contre le sénat ^ il le qualifia dans des actes publics de mauvais conseil du royaume

* Au duc Charles, relativement k quelques affaires, çn 1^89, ^pr^s le rçtour du ro| de Reval,

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