CHAPITRE XII
blés et g6h6reti% sentimekis. Il avoua QuMl avait commis une faute (et il en demanda pardon) , c'était d'avoir permis à Gustave Barter de tirer trop de soldats de Narva, qu'il ne secourut i)ae ensuite : il avait tant de fois battu les Russes avec peu de monde, qu'il ne les croyait pas plus dangereux qu'en 15t7, lorsque son père et lui défendirent Reval contre cinquante mille hommes. Les juges le condamnèrent à mort, le 20 février 1591, Jour anniversaire de rallaque de Narva ^ toutefois i) demeura encore un an en prison : conduit après ce temps au lieu du supplice, il y reçut sa grâce. Pour Tobtenir du roi, toujours implacable > on avait été obligé de recourir au Jeune duc Jean, qui seul put l'adoucir par ses instances. Lorsque Charles monta sur le trône, Charles Uenriksson fut investi de nouveau du commandement de la Livonie. Il avait pour ainsi dire été élevé dans cette guerre^ à côté de son père, qui pouvait se glorifler d'avoir un tel fils et un neveu tel que Clas Cbrislersson Ilorn *. Son fils eut quatre cnfans, qui devinrent tous des hommes remarquables : le plus célèbre, qui était aussi le plus Jeune, fut Gustave Horn. Il y avait alors plus d'une famille qui portait de tels fruits , ce qui annonçait à la Suéde le siècle du grand Gustave-Adolphe.
Le 28 août 1592, Charles s'était engagé dans de nouveaux liens avec Christine de Holstein *. Cette union lui attira la disgrâce du roi, dont les anciens soupçons se réveillèrent. Sigismond, avant son départ pour la Pologne, avait proposé à cette princesse de partager son trône -, il lui avait envoyé son portrait et des prësens précieux, mais les négociations se rompirent. Cette princesse était d'un caractère sévère. On dit que plus tard , lorsqu'elle fût devenue l'épouse de Charles , elle contribua à faire naître la mésintelligence entre lui et son neveu *. Au printemps de la même année, Jean Ait atteint d'une maladie de langueur. Sur son lit de mort , il fit grâce aux sénateurs empri-
* L'amfral CUs Gfaristersson Honi, qai, sous le règne d'Erik XIV, fafsaH dominer la floUc suédoise dans la Baltique, était fils de Ghristcr Ilorn et Trère de Henri Ilorn.
* Fille du dtac Adolphe de Hoistcin-Gottorp et de Christine, fille du margrare Philippe de Hcsse.
> Werwlng. « La taulè de Sigismotid, la pl-lneesite ËUsabeth de Mekienbourg, lui avait proposé ce mariage ; plus tard, elle ren dls5tit;da >
sonnés. Il déclara que si Dieu prolongeait ses jours , il ne tourmenterait personne pour des affaires de conscience, car la liturgie avait causé trop de ressentlmens et de troubles. Ce fut sa dernière réponse aux remontrances du clergé smSilandais. Six mois après sa mort , la liturgie n'était plus observée que dans la chapelle de la reine douairière Gunnila.
Jean III mourut au chl\tcau de Stockholin, le 17 novembre 1692, à Tàge de cinquante-cinq ans. Sa mort fut tenue cachée pendant quelque temps. On croit que la reine en profita pour se saisir de tout ce qui se trouvait â sa convenance dans la succession. Beaucoup de choses manquèrent ; mais elle présenta les lettres do dotation de Jean qui la dispensaient de rendre aucun compte *. Le duc Charles étendit sur le château un deuil égal à sa colère *. Il flt envelopper le corps dans de riches étoffes et le flt transporter de la petite chambre où il avait été d^abord placé dans une des salles principales du palais, tl accabla de reproches la reine et les sénateurs Clas Bjeikc et GOran Posse , qui avaient reçu le dernier soupir du roi et laissé passer deux Jours sans annoncer sa mort au duc, qui n'était qu'à trois lieues de la capitale '. Charles ordonna même à la reine de sortir du château^ elle n'en flt rien. L'année suivante, il lui adressa des reproches sur la quantité de domestiques inutiles qu'on y entretenait ^.
* \oyez Sljcrnman, 1. 1, p. 385.— Âpres la mort du roi, on ne (rouva pas le Icslament qu'il avait manireslé le dessein de Taire au sujet du gouvcrnemcnL
* Régis luctum iuduiit. (Mcssénius.)
* Le IC novembre, la veille du Jour où le roi expira, Charles écrivit au sénat qu'il avait appris par lettre Tclat déplorable de la santé du roi. Il voulut se rendre dans la capitale; il s'arrêta à SOdcrtcIJe pour recevoir des nouvelles , apparemment , mais elles se firent allendre deux jours.
* Fryxel, dans son ouvrage sur l'histoire de Suède , a tracé le portrait suivant de Jean III :« Le roi réunit dans sa figure la bonté , la beauté et la majesté; de même que le prince Magnus, celui des fils de Gustave qui avait la plus haute stature, il avait une taille élevée de plus de six pieds; le visage eflllé, bien Tait; ofl'rait les traits de sa mère; Il avait les cheveux d'un blond clair, le Tront haut, le nez aquilin, les yeux bleus et grands; sur ses sourcils arqués, on Voyait pour ainsi dire se balancer tous les signes d'une sombre distraction. Dans les derniers temps, il portait, comme son père, la barbe longue : elle était rouge et lui descendait Jusqu'à la ceinture. Il avait le caractère soucieux, alibait la solitude et se llTrait à
la lecture et t ta méditaUon, Dés ses Jeitnes années, son