CHAPITRE Xin
lia
Minier 159S. Dm dèpulAs clercs ci Ifilqiics s'y rendirent de tonles les parties du royaume, mais la Finlande n'y enroya que peu de reprè-* •entans ^ Leduo.atee le sénat, quatre èvè^ qnes *, plus de trois cents clercs , et une foule de noUes , de bourgeois el de paysans assis-* taienlaux séances* Nioolafls Bothniensls, professeur de théologie & Upsala, M nommé préaident malgré son Jeune Age. 11 avait été mis en i^son pour a\oir combattu la Mturgio : ce choit était un hommage rendu à runirersité d'Upsahi pour la fld^ité inébranlable qu'elle avait gardée an protestantisme pendant les disputes soulevées à Toccasion de cette liturgie. Le dessein du synode était de la relever de la décadence où elle était tombée. Quand il fut ccHivemi qtie la sainte Écriture telle que Teipliquail celte assemblée devait être la seule base el la seule régie de la doctrine évangéHque , et qu^on eut pareouru tous les articles de la confession d^Attgsbourg, Peirus Jonaa, nouvellement confirmé par Charles comme évéque du duché', se leva et demanda A tous ceux qui étaient présens s'ils reconnaissaient cette doctrine , s'ils voulaient Tadopter, et s'ils étaient résolus, en cas que ce fût la volonté de Dieu, t)e soufTHr pour elle. Tous répondirent : « Nous sacrifierons pour elte tout ce que nous possédons dans ce monde , nos biens et notre vie. » Alors le président dit A haute voix : « La Suède est devenue un seul homme, el nous n'avons tous qu^un seul Dieu *, » Tolitcs les innovations introddilea sous le régne précédent dans le culte et hi doctrine furent aînées. Le catéchisme de Luther fut adopté de nouveau comme base de l'enseignement religieux, et le rituel de Laurenlius Pétri le fut pour le culte *.
* MSMénitts dit qtt'tl n'y avait point de Flmisis. WerwiDg avaact tecastralre: MKftnt loi» révéqiie, le éoyen ëtt ehspilre et le reclemr de l'écûle d*AI»o j étaient présens. Les signatures des memtMres do st- MMie m» fuient pas toutes recaoiUies à Upula ; Vaele ftit enyeyé daaa tes prwlnees.
* Les èvèqaes de iJnkCping, de Stremgnls, de Vesliras, d*At>o. t'arehevéché était vaeaot: on y poorvnt pesdant le synode, ainsi qu'aux évéehés de Voxiô , de Skara et de Wiborg.
* U ne re«ml sa nomination eennie évéqne de Slrcngnas 400 le S janvier IâSQ. Il fut sacré pendant le synode, quoique son élection datât do 1580. (Voyez tes archive» du royaume,)
* Vayes la relation dn synode , par NIeetai Bothnionêls, (JUméoaft AtaAorOAa Màrko,^ î^ f oK)
« Après qu'on eat imposé la llttirgie ea Snèdc^ on
Les évéques do royaume, qui s'étaient montrés les plus chauds partisans de la liturgie, furent les premiers à l'abjurer, et les prêtres suivirent leur exemple; ils finirent tous par faire amende honorable, el ils prièrent le sénat do leur remettre l'engagement qu'ils avaient eontraclé par écrit d'accepter la liturgie. Ils avaient gagné leurs bénéfices par cette soumission à la volonté de Jean '. Le sénat le leur promit; mais le duc retint les écrits dans sa chancellerie. Plusieurs sénateurs engagèrent les prêtres à ne consentir jamais & rien qui fût contre la parole de Dieu et leur propre conscience. Hogenskild BJelke, ayant parlé dans le même sens , s'attira le reproche d'avoir lui** mémo violemn>ent établi la liturgie en Ostrogo- Ihie. Les clercs du duché crièrent victoire , et avec eux les états laïques, chez lesquels la liturgie de Jean et les troubles qu'elle avait occasionnés avaient détruit juqu'aux dernières traces le pouvoir du pape en Suède : « Tout, dans le gouvernement de l'Église, disait-on au synode d'Upsala, s'est fait par des voies ténébreuses ^ par la ruse et la violence, sans examen et sans jugement, contrairement à toute loi , de sorte que ceux qui avaient accepté la liturgie furent nommés évéques sans qu'on eût consulté le clergé. Les réformes que Jean avait tentées no furent pour lui qu'une source d'embarras. On avait donné aux paroisses des prêtres qui éte4ent non-seulement ignorans, mais encore liberiins, voleurs, parjures, assassins, ivrognes et débauchés : les meilleurs bénéfices étaient toujours réservés à ceux qui signaient la litur-gie ; mais les prêtres évangéliques de bonne foi, savans et perséTérans, qui l'avaient repoussée, étaient méprisés , hais et persécutés à outrance. Ainsi il était évident que si la liturgie n'était pas abolie avant l'avènement de Sigtsmond, la parole de Dieu, dans le pays, serait comme une lumière exposée au souffle de la tempête. » Les vainqueurs usèrent modérément de leur avantage. On promit l'oubli du passé -, personne ne (ùt persécuté, in seul curé fut destitué, ce fut celui de Stockholm, Pierre
défendit d'enseigner le caléclitsme de Luther à la ien* nesse. li foi enjoint aui prêtres de Ure tes pères do rÉglise ; on fit circuler dans le peuple des livres d 'or*^ tbodoxie, tels qne JSceii Enckitidion, et CahehitmuM CttnUii et ConntltatiOMs Qtssamlri,
* Et ils voulaient gagner la conservation de ces t)f« néfiees par lonr apostasie. {Jfot$ ^éVéâttewt.)
PftfveIssoD, qui avait osé défendre ouvertement la liturgie et qui s'était montré tellement intolérant dans Texercice de ses fonctions que le roi Jean , sur la demande de la bourgeoisie, avait été obligé de Finterdire '. Le duc s'était abstenu de prendre part aux délibérations^ il se contenta de signer le décret et les résolutions *, tout en laissant voir son mécontentement contre le sénat, qui n'avait pas demandé son avis. Il admit en même temps la suppression du sacrement dans la Cène , celle du sel et des cierges dans la cérémonie du baptême et celle d'autres rites conservés du catholicisme et qu'on ne devait faire disparaître qu'avec ménagement. Quelques divisions intestines signalèrent la fin de ce synode. Les mêmes évêques qui venaient de se rétracter cherchèrent à prouver leur orthodoxie par un zèle outré : non contens de la destruction de Verreur des sacremens^ ils demandèrent que les partisans de Zwingle et de Calvin fussent regardés comme hérétiques. Les termes étaient trop clairs pour qu'on ne s'aperçût pas qu'il était question des réformés. Le duc et le clergé de son duché étaient soupçonnés d'en faire partie. Le décret du synode était déjà lu et approuvé : le président, en déposant ses fonctions, refusa d'y rien changer ou ajouter. Ces prélats insistèrent. L'évêque de Strengnâs se proposa comme médiateur ; Charles lui donna son consentement en termes singulièrement choisis : « Fourrez dans cette secte tous ceux que vous voudrez, même le diable, car il est aussi mon ennemi. » Dans une lettre confidentielle à l'archevêque et aux professeurs d'Upsala, 15 mai 1594, il s'exprime ainsi : « On nous maudit aujourd'hui comme favorisant les doctrines de Calvin et de Zwingle; mais nous affirmons n'appartenir à personne, si ce n'est au Christ ; nous ne sommes ni à Luther, ni à Zwingle, ni À Calvin : nous sommes à la parole de Dieu. » Les décisions du synode d'Upsala, dont l'Église suédoise célèbre tous les cent ans le souvenir ', furent un coup décisif et rigoureu-
* Défense de la bourgeoisie de Stockholm contre les accusations de Pierre P&fvelsion. [Vo'jeiHandlinordhiii.)
'Le décret fut publié, au nom du duc, du sénat, des évêques, de la noblesse, du clergé et de la bourgeoisie, le 20 mars 1593. A une assemblée proylnciale tenue dans son duché , le duc le fit approuver et signer par les paysans.
* Dans Us premiers temps» chaque dimanche^ après
sèment porté \ eUes affermirent la réforme en Suède et par suite en Europe. — De nouveaux rapports qui devaient avoir une grande influence dans la lutte qui se préparait prirent naissance à cette époque. Henri de Navarre écrivit à Charles pour lui proposer une grande ligue protestante * . Sigismond venait de se marier à une princesse d'Autriche *.
La diète polonaise, où s'agitait la question de rélévation de Sigismond au trône de Suéde , fut comme de coutume orageuse. Enfin on reçut le consentement et Targenl nécessaire pour le voyage, en échange de la promesse du roi, disait-on en Suède, de livrer TEsthonie à la Pologne. Olof Sverkersson fut congédié avec des lettres de Sigismond au duc où il lui exprimait sa reconnaissance pour les peines qu'il s'était données. Charles pouvait être sans inquiétude au sujet de l'Esthonie : le roi voulait conserver les privilèges du royaume' et placer ses affections indépendamment de la croyance de ceux qui en étaient Tobjet^ mais il ne pouvait sanctionner les délibérations du synode d'Upsala prises en son absence '. Plusieurs envoyés apportèrent de semblables promesses conçues en termes ambigus. En Suède, on demanda des déclarations plus précises, surtout sur la question religieuse. Pour les obtenir de lui , on lui dépêcha le sénateur Thure BJelke , chargé de pleins pouvoirs que Charles fit lire dans toutes les provinces , ainsi que la décision du synode d'Upsala en ce qui touchait le peuple suédois. L'envoyé, après avoir été accrédité auprès du roi , devait le prier d'indiquer l'époque de son départ afin que Charles put lui envoyer la Dotle
le 17 février, on prêchait sar le texte da chapitre f&, V. 2 , livre II des Chroniques, (Voyez les Archives du royawne pour l'année 1595.)
■ « Ad procnrandam in Eeclesfa Del concordiam et retundendos romani anUchristi conatus. > Ce fat dans ce but que Henri envoya Ségur aui protestans d'Allemagne et qn'il écrivit de sa main à Jean et au duc Charles. Les lettres sont imprimées dans Henriei NavarroTum régis Epistolœ depace eeelesiastieaconstituenda, Ulrecht, 1079. Ses tentatives de médiaUon s'étendirent aux puissances catholiques, n avait alors le projet de visiter les cours de tous les princes d'Allemagne.
* A Gracovie, le 21 mai 1S92. Il eut pour première épouse Anne, fille du duc Charles, fils de l'empereur Ferdinand l^ et de Marie de Bavière; sa seconde était sa sœur Gonstanlie.
> « Upsaii» décréta supremo magistratu Inconsulto , nec possent, nec deberent rata censeri. » (Messénius , Vin, p, t2.)