CHAPITRE XIIL
qui devait ramener. Les sénateurs Erik Sparre et Glas Bjelke furent également envoyés en Pologne avec la même mission. Ils rencontrèrent Sigismond, qui se rendait àDantzig. La plupart des sénateurs paraissaient dévoués au duc. Ils n^éiaîent pas tous aussi prudens que le vieux chancelier du royaume Nils Gyllensljema. On lui demandait son avis sur les instructions à donner à Thure Bjelke. Il répondit avec de grandes circonlocuiions : a que les affaires de la Pologne élaient au-dessus de son intelligence.» On disait qu'un légat du pape était arrivé à Varsovie pour exhorter Sigismond à rétablir dans son royaume héréditaire Fancienne Église, et qu'il lui apportait des secours en argent pour cette entreprise * *, qu'un ministre de Fempire travaillait dans le même but ; que le légat du pape suivait le roi pour le couronner en Suède *, que Sigismond , dans son voyage , devait fermer les églises prolestantes de Thorn et d'Elbing -, que les alarmes qu'éveillerait cette conduite occasionneraient des révoltes pendant son séjour ù Stockholm. Tous ces bruits augmentèrent les craintes que lui inspirait son pays natal. Glas Fleming continuait à braver dans la Finlande l'autorité du duc et du sénat. Il y eut un échange de lettres très-curieuses entre le duc et ce seigneur, dont le caractère, qui avait quelque rapport au sien, le rendit aussi fameux par sa grossièreté que par son intrépidité *. Enfin, sans en demander la permission à Charles , il partit pour Dantzig avec la flotte de Finlande, fit embarquer Sigismond avec son épouse, sa sœur et leur suite, et après une traversée difficile les déposa à Stockholm , le 30 septembre 1593. Gharles se trouva au pont du chftleau pour recevoir le roi. La rencontre d'Abraham Angermannus, arclievèque nouvellement élu , l'adversaire le plus acharné de la liturgie, fut pour le roi aussi désagréable que la
* 30,000 florins, suivant TypoUu^. A part ce que la Lilhiianie avait offert, il en coûta à la Pologne 200,000 florins, d'après les propres paroles de Sigismond à Gharles, le 13 mars 1594.
■ Le duc écrit, en date du 7 avril 1503, que, sans les ordres du roi, du duc et du sénat, personne ne devait entrer au château, TùtH^e même Glas Fleming lui-même, ni aller à Narva, quoi que celui-ci pût dire.— Fleming, dans une lettre, sinlitule ainsi : « Glas Fleming, baron et seigneur de Wik, riksmarsk, amiral et général en chef de terre et de mer, aujourd'hui sous le gouvernement de plusieurs maîtres, mais qui n'obéit qu'au roi Sigismond. Si quelqu'un de mes égaux veut m'imposer, Je le frappe à la léte. i
présence du légat du pape , Malaspina , parut f&cheuse à Tarchevêque '. Après une courte entrevue, |)endant laquelle le duc ne put retenir Téclat de sa colère contre Glas Fleming et le comte Axel Leyonhufvud, ce prince se retira dans son duché en laissant au sénat le soin de traiter avec le roi.
On réitéra la demande des assurances qu'on exigeait du roi , mais Sigismond ne voulut pas accepter les résolutions du synode d'Upsala, ni réleclion de Tarchevêque; les jésuites et les prêtres de Stockholm prêchèrent les uns contre les autres. Il voulait affecter Téglise de Fancien couvent des Franciscains au culte catholique, et il y flt célébrer par force un enterrement selon le rite de ce culte. Les Polonais et les Suédois se battirent au milieu de Féglise, et le sang coula. n n'avait de Suédois autour de lui que ceux qui avaient embrassé le catholicisme et qui se mon^ traient ardens à le propager. Il s'entretenait de préférence avec le légat du pape et ses compagnons polonais. Le sénat de Suède ne le vit pas souvent, et la députation du clergé suédois ne put être admise auprès de lui *. Dans sa réponse au sénat, au mois de Janvier 1594, il s'étonna qu'on voulût mettre des conditions à son couronnement. Il fallait faire connaître la différence entre un gouvernement électif ei un gouvernement héréditaire. Il suivait en cela les avis de ses conseillers, les jésuites, « qui inventaient tout ce qu'il y avait de fin et de dange-* reux, » dit le grand Gustave-Adolphe. Une au* tre réponse sortie de la bouche du roi venait de la même source : <( Comme roi élu, disait-il, sa conscience lui défendait de tolérer aucune religion autre que celle qu'il regardait comme la véritable. » Mais il était né roi héréditaire d'un royaume qui professait une autre croyance,
* Sigismond écrivait au duc Gharles : « C'est pour nous quelque chose de pénible de voir Bf . Abraham, qui avait encouru la disgrâce de notre père, nous recevoir au nom du clergé.» Le duc demanda l'éloignément du légat du pape , ce que les sénateurs qui étaient allés à la rencontre du roi à Dantzig avaient aussi demandé. On répondit qu'il n'était pas envoyé au royaume, mais au roi. On lui devait d'autres remerclmens pour le zèle qu'il avait mis â favoriser le voyage du roi. Il n'avait pas à se mêler du gouvernement , et il s'était toujours comporté avec prudence dans toutes les contestations religieuses, quoique pussent dire les prêtres.
' Le roi écriyit à Charles qu'il avait bien raison do recevoir ainsi la députation. La lettre est datée du %% janvier 1504,
et il la voulait laisser intacte, pourvu qu'on accordât la même liberté à ceux qui partageaient la sienne, c'est-à-dire aux catholiques *. On se rendit donc à Upsala, aninié de sentimens hostiles. Les états y étaient assemblés en même temps pour célébrer les funérailles du roi Jean et le couronnement de Sigismqnd. Lapremiére cérémonie eut lieu avec beaucoup de solennité -, mais le légat du pape fut chassé do la procession , et Ton menaça de mort les jésuites s'ils osaient mettre le pied dans Téglise. Le jour suivant, l'intendant de l'église dit avoir vu, ainsi que plusieurs autres personnes , le sarcophage de Jean couvert de sang*. Le duc assistait aux funérailles ; il était accompagné de trois mille cavaliers et fantassins, qu'il logea sur les terres héréditaires dans les environs d'Upsala : « Je ne me sépare pas de vous , dit-il aux états. SI Sigismond veut être votre roi, il faut qu'il accède à vos demandes. » Il déclara au roi qu'il fallait faire toutes les concessions avant le couronnement. Lorsqu'il fit cette déclaration au château d'Upsaia, îl était accompagné de la noblesse et du sénat; son discours fut accueilli par les acclamations du peuple qui était au dehors. Les paysans lui offrirent la couronne-, mais il leur imposa silence. D'autres parlèrent de mettrele jeune prince Jean sur le trône avec une régence.
La cour perdit le temps à faire des réponses évasives et do vains efforts pour semer la division parmi les états. Le bruit courut qu'on préparait un guet-apens contre le duc. Un Nioderlandais qui à cette époque vivait à la cour, catholique lui-même et partisan dcSigismond, raconte qu'on fit une proposition dans ce sens au roi, en lui offrant d'avance l'absolution de ce péché". Le caractère de Sigismond était une garantie de l'horreur que dut lui inspirer une telle ouverture, la prudence ne reûl-ello pas détourné d'attaquer un rival plus fort que lui par ralTeclion que lui portaient les étals et les soldats dont il pouvait disposer. Cependant Charles redoubla de vigilance! et tint ses cava-
' Baazii, Invent. Eccl, sviog,, p. 547.
' Messe DÎ us.
' Jac. Typotius, Reîatio historica de rcgno Sueciœ, ^ Un Italien, Strozzi, avertit le duc de prendre garde à lui. Charles dit avoir reçu lui-ménic de l'étranger la nouvelle qu'à l'époque du couronaciucnt à Upsala on avait tenté trois fois de l'assassiner , comme on avait fait à Stockholm avant que le roi quittât le royaume. (Voyez les Archives du royaume.)
liers prêts. Les états , prosternés et en prttret, s'engagèrent unanimement à défendre les résolutions du synode d'Upsaia : « Un catholique ne pouvait remplir aucune fonction -, lo Suédois qui quittait sa foi pour embrasser la caClii^icisme ou qui y faisait élever ses enfaoa perdait sa qualité de Suédois ; les catholiques pou> vaient séjourner dans le royaume en se lenaoC tranquilles, mais ils ne pouvaient exercer leur culte que dans la chapelle du roi '. » Ce fut là tout ce que la cour put gagner \ et lorsque eofia le duc menaça de se retirer et de dissoudre les états s'il ne recevait pas une réponse précise dans les vingt-quatre heures , le roi se soumit À tout ce qu'on demandait. Les états ehftDièreoi le Te Deum comme s'ils eussent remporté uae grande victoire \ aussi l'élection du nouvel évéque f uUelle confirmée , noais le roi ne voulu! pas recevoir la couronne des mains de cet h<»nme qu'il détestait. Le même jour que ces concessions furent faites % ie 19 février 1594, Sigisoaond et la reine furent couronnés dans la cathédrale d'Upsaia par l'évèque Belliaas, de Yesterâs. L'archevêque lut les prières. Le roi en prêtant serment, ayant baissé la main, leduc lui fit observer qu'il devait la tenir levés. Lotmême prêta le sien sans s'agenouiller, wbù% U posa son chapeau aux pieds du roL — Ses droits, comme duc« furent reconnus sans modi* fication \ il reçut même le Dalsland pour ga^ rantie de ses créances sur la couronne.
Sigismond n'accordait qu'à contre-cœur la liberté spirituelle et temporelle en Suéde, dit le grand Gustave-Adolphe, et comme il u'arait promis qu'à son corps défendant, il lui fallut moins de temps pour changer d'avis qu'il ne lui en fallait pour aller d'Upsaia à Stockholm, car il ne fut pas plutôt arrivé dans cette dernière ville qu'il nomma le comte Erik Brahe, catholique, au gouvernement de celte capitale, fonction qui n'existait pas encore. Malaspina, semblable à une épine qui aurait piqué le roi au pied, fut la cause principale que le roi viola sa promesse. On fonda des séminaires ^ le culte fut interrompu dans les environs deStockholm : on était obligé de s'armer comme autreftns pour se rendre à l'église. On adressa des plaintes
< Voyez le décret des états généraux au sujet de la religion; Upsala, le iQ février 15U4.
^ La déclaration du roi au sujet de la religion qu'on voit dans les Arclducs du royaume diCTére de celle qui se trouve imprimée chez Stjeruman.
a« td : tt M •*iMiiMt «mhm répreitiM. hn t0nMkn du roi IfMTaieiit d-tf leurs leur in* térèt é|i«dbr m ivfi ftmU0b II Crilill Milrs te SuM» M eonkttiUMi pour hire eitermiMr tel tbMUvMilei iiM pir tel aiilr«k Le it)i •• rM* dâl M toute hâte en Potegne» Et Suède tout ée^ Tutt MteefpteuuilM, phudt Iteo d'oMbMiieCi mOm fPd te méiihteUigiucii m mttMirtèi mtee IM MigMun puiMiii» car ehique ptovtaee «it MU tMftmenr ) UMM eoMus te diguite di tel Suède âf«U été, wm l'aide de fiteu, ne^ pectee Juiqtt'atenelqueee foyeume^ bteutete d*afoir éte teumb i uueut» peupte^ éteii feitt ittieel par te terevuure de mi hebiteui^ Il • traiife dam te dau«» qui tetuaMteiideiliouH iMe qui l'oppoièténl à rufcèeultea dei pNete du rel. Le ièflfti» quilteil à BtoeUniui ^ pm« leeleeeutre rtetenltou du ttMmanpie, iteteii»*» {lortee iKiri dai fronUèRiteitegedtt Bouterau» MeM« Il détail en eoMlItuer un qui dirigerait
le pur* PMdaul IM ebieuee. n te eoUMBunique
«a ni GlMrlei (Ouiteve-Adolpke le «ri tou^
Jours de eelte eipteteidu en peitent de lou
père, qui éteil ateft milnda à N ykflping). Le
roi MeUi qneiqu'à iqgret un plate poulroÉr
per tequel te due éteit anieriié à pnedie
en OMin, duMotetenuMil etee te lénèt, r«dnii^
nidrelion du mjeume; mate il ordonna eut
gnueemeurt dei piefineai de ne pai obéir ; iii
firent ce qu'ils Youlureat. Le peuple, qui amit
eoutnnne, luTteul en fluède^ d'être gonteimé
Mdwnt lei teii, troute dur d*èlre mattinUé par
œssaneetneurs} et conme tes paysans sont
toe^oors diipoate à se plaindre, ito eeeouraient
en fente à StoAliotai^ od on «valt eu Jusque^
rbaUtade detes éaouler et de teur rendre Jus*
tloe^ Le gouveinsniant ereit esieré d'arraotaer
à fliiismond des poundre phis ètebdus et des
inSimetioAs pbis dtlaMIèsi eBb d'être à mime
de aenrir te roi nt te penpk. On fit des pnn
messes tent que te roi s^oêrna deiis sa iapi«
tete^neiiion en ajourna l'exéeulten de Jour en
Jour, Jusqu'à ce que la Boite du roi fût prête à
nwttre àte TOite Jusqu'à BUkndkbenS puis 6n
se «rut ttspensê de tel tenif . Ce fM roHgIne
de lou^ les dèi4^fes qui solTireât. Moul
* Elfirosbben on flUdinsnabben, port lOr et très-commode, est célèbre dans l'histoire de Suède. Tous les tsUseaut marchands et ceux de Stockholm doivent passer par Birinabben, DalarOn et Sandhamn. Ce fut là que fé grand GusUté-Adolphe mit à la toile pour ouvrir Il glorieuse ctmpiine eo Miemàgne*
âUPJTIUI UUi ^
evans m te manière dont te Suède avait été gOttfMDèe pendant rUidon de Kaboar : d'un eêléi de puissans seigneurs de proTinces qui tenS| fpiii te ooin de sénateurs du royaume, réfUèféetannomd'uo roi absent ^ de Tautre^des PMfsens turbulens qui s'attecbëreat à ceux de ees QoMiM qui osèrent se s^[)arer des autres pour soutenir au moins au nom du régent Tap^* parapee d'un pouvoir royal en quelque sorte indigène. On n'a jamais su Jusqu'à quel point la nouvelte union avec la Pologne ram^a les mèipMS faite ou fit revivre les anciennes pré-*' tentions et les anciens abus, comme si Gusteve Wasa n'avait Jamais eusté \ c'est cq^endant U ipie se trouve te dé des événemens.
^ Nouf revenons au ciiancelier du royaumoi BrikSperrei cet intrépide déTenseur de ce que te pQbtesse et le steat appelaient Tancienne liberté suédoise. Ce fut à l'arrivée de Sîgismond en Suède «le lui Ait repnisept écrit connu sous le nom de Posiulaia nobilium *^ il fut signé par les principaux du sénats après qu'on eut supprimé quelques expressions où te plume de l'auteur se OMHitrait trop bardie. Après des félicitetions à Sigismond au nMet de son retour dans sapatrtef a contre te v<donté et le dessein de beaucoup de personnes, » et Tappréctetion des avantages à» Tunion avec te Pologne, union que l'auteur parait regarder comme son œu-r vre propre, il passe brusquement à te démons* tration de cet axiome; que te Suède ayant tou^ Jours été un État libre et soumis aux lois, elle ne doit pas cesser de l'être parce qu'elle est devenue royaume béréditaire. Les malbeurs et les souffrances qu'elle a eu é subir dans les derniers temps sont tracés avec les plus sombres couleurs. Une monarcbie absolue éteit contraire à te parote de Steu , à te sagesse des ancien^ à te raison et à te Zei ds iWde. L'exeuH pie d'Erik prouvait qu'un roi héréditaire pouvait être déposé comme un mitre à cause de sa lyraante. M^ur en dê$pQtê est une «(prèssion qu'on n'avait Jamais entendue en Suède ; cqmdaat quelques personnes disaient qu'avant te temps de Gusteve, il n'y avait ni libertés ni privilèges , et que c'étùt cbose inusitée en Suède de parler d'élaU à qui appartenaient
* Il s pour titre : JHiksenê râd$^ Riddsrskapg och menige ad$ls oration och underddrUge skrifteliga begàran att âtt^uta derat gamla urminna frihet och pHviUgUfr êàfom och ondr^ RiMs SiOndêr /îla mdUo.
HISTOIRE DE SUEIJE.
ces libertés. Mats n'y avait-il pas' des étals lorsqu'on accepta la succession héréditaire? Qui avait donné le consentement? — N'y avait-il pas des princes, des chevaliers, des nobles, des évèques, des prêtres et une formidable armée, quoiqu'elle eût clé décimée par une guerre longue et sanglante? — M'y avait-il pas des bourgeois , des mineurs et des paysans , qui étaient plus puissans et plus estimés qu'ils ne le sont ailleurs ? Quoique certaines personnes disent que le roi Jean voulait Juger toutes les affaires spirituelles et temporelles , il vaudrait mieux penser à ce qui doit être que de rappeler ce qui a été. Ce n'étaient cependant pas des droits eiorbitans ou injustes qu'on demandait (la noblesse ne lesaimait paset ne les recherchait pas ; elle ne demandait que ceux qu'elle avait eus depuis des siècles). Puis vient une comparaison entre les anciens privilèges des sénateurs et ceux de la noblesse , surtout sous l'Union*.
Conformément à ce que Sparre avait dit, Sigismond promulgua, avant son couronnement, une assurance particulière à la noblesse dont les privilèges étaient considérablement étendus. Toutes les fonctions Judiciaires furent réservées à la noblesse, ainsi que tous les hauts emplois de la chancellerie, des régences provinciales et de l'armée ; Jamais des roturiers ne pouvaient être leurs supérieurs ou leurs égaux. Le royaume devait être gouverné par les conseils du sénat, et personne ne pouvait être admis dans cette assemblée sans le consentement de ses membres. Les sénateurs et les nobles devaient être entretenus honorablement au moyen des terres et des dotations, et avoir le droit de Juger leurs sujets*. L'équipement des cavaliers se faisait encore moins rigoureusement, et la noblesse pouvait entrer immédiatement en Jouissance des droits et privilèges qui en résulteraient. Ce qu'il y a de remarquable , c'est qu'on combat les droits de la couronne fondés sur la résolution supposée de Helge Andsholm, et que l'ouvrage d'Erik Sparre est évidemment lancé contre cette résolution. 11 prouve, par l'ordonnance de 1485, que des montagnes à filons métalliques n'appartiennent pas & la cou-
■ SuiTSnt Warmholtz, celte pièce a été imprimée à Stockholm en 1594. Nous avons cité d'après le manuscrit.
■ Erlli Sptrre cl(e rordounance du sénat de Telge, enl380, • ^
ronne^ les avantages que ceUe-d peut tirer des mines ; les droits des propriétaires sur elles, en ajoutant que, d'après les registres du royaume 9 qui se sont conservés à Sirengnâs, les plus anciens du sénat avaient indiqué co détail comment tout cela s'était fait au temps du roi Christopher. On oppose la Loi du pay aux prétentions élevées sur les bois communaux des districts; on désapprouve tout droit exclusif sur des fleuves appartenant à la couronne. Dans les privilèges de la nobtease tout est déclaré illégal. On voit par les lettres de confirmation des comtés et des baronnies ce qu'étaient les comtes et les barons. Les habîtans sont priés de reconnaître le possesseur pour leur comte et baron légitime, de lui garder, après le roi, fldèlilé et obéissance, et de lui rendre en un mot tous les hommages qu'ils doivent à la couronne. — Une quantité de dotations furent distribuées. On se plaignit de la partialité et de l'influence illégale des secrétaires royaux. La noblesse n'était pas contente. Sigismond demanda, le 9 mars 1594, l'opinion de Charles , parce que la nt^lesse , malgré la déclaration donnée à Upsala, réclamait des privilèges encore plus étendus. Charles, qui avait déjÀ prié le roi do se défier de ces aouvcdlcs réclamations*, répond qu'il ne peut pas donner de conseils, parce qu'ils seraient mal interprétés*.
Après le couronnement, le duc se retira dans ses États, et une maladie, peut-être même ses craintes le retinrent à Nykôping pendant le peu de semaines que Sigismond séjourna encore en Suède. Le dessein du roi, de retourner sans retard en Pologne pour remplir une promesse solennelle , avait été déjà annoncé aux états avec la déclaration que le duc et le sénat gouverneraient l'Etat en l'absence du roi. Le peuple s'imagina que Charles ,,les grands et le sénat gouvernaient, et les sénateurs partagé* rent cette opinion , comme cela se vit bientôt
* Charles écrivait le 5 novembre 1593 : « qu'il avait appris que les nobles demandaient plus de privilèges; que le roi devaitleur faire dire pour quels services ; si c'étaient d'anciens privilèges , il fallait en constater l'origine et rexistence. »
* Réponse à Sigismond, 4 avril 1594. On lit dans cette lettre : « qu'il ne peut rien dire au sujet de la dot de la reine Gunnila. » Cependant il éuit d'avis qu'on retranchât des prétentions qu'elle élevait et qu'on donnât l'Ostrogothie au jeune duc Jean après la mort de Magnus, laquelle eut lieu le 21 juin 1595.
CIJAPITRE XllJ.
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aprèsyforsqueparut une con8litulion,lc20 mars 1594. On reconnut dans son étendue et dans sa rédaction la plume d'Erik Sparre. C'est une grande oligarchie, ayec des rouages compliqués , partagée entre des fonctionnaires nobles et dominée par le sénat, qui décide des affaires à la majorité des suffrages. On voit que les statuts de Kalmar n'étaient i>as oubliés. L'auteur s'appuyait de l'exemple du Danemark, où le sénat avait gouverné sous la minorité de Christian lY. Le roi parut satisfait de cette constitution , et ses agens la publièrent bientôt dans les provinces. Charles la rejeta ^ elle était contraire , suivant lui, aux lois et aux coutumes de la Suéde. En qualité de prince héréditaire par droit de naissance, il avait celui d'être à la tète du gouvernement pendant l'absence du roi, quoiqu'il ne désirftt pas cette charge si le roi restait dans le pays. Le sénat, d'après la Loi deS^de^ délibérait comme conseil, non comme chef. Le Danemark étant un royaume électif, ce qui s'y pratiquait ne pouvait pas être applicable en Suède '. Il écrit au sénat : ce Pour ce qui regarde le gouvernement, il n'y a pas de règle plus certaine que la Dn de Suéde et le serment du roi. Celui-ci doit régner, à qui sa mejesté voudra confier le gouvernement pendant son absence *, alors il n'est pas besoin d'instructions étendues. Tout ne peut pas être prévu ou tellement ordonné que le salut du royaume ne puisse exiger des mesures contraires. Chaque révision de la constitution sera l'objet d'une négociation, non-seulement avec celui à qui est confié le pouvoir suprême, mais aussi avec ceux qui doivent être gouvernés '. » Charles demanda de nouveau la convocation des états avant le départ du roi, en communiquant un projet basé sur les principes que nous venons d'indiquer pour les pleins pouvoirs qu'il réclamait de Sigismond et le serment de fidélité qu'il voulait prêter entre ses mains. Dans la suite du roi se trouvait un homme qui conseilla d'accepter toutes les propositions sans restriction , c'était Arnold Grothuscn, son ancien précepteur. La Suède avait besoin d'un gouvernement : Charles prendrait sans doute de force ce qu'il valait mieux lui accorder de bonne grflce. Toute la question roulait sur la
I Réponse «ax envoyés de Sigismond. (Voyes lYerwing, l. l.p. 250.)
* Au sénat, relativement i Tadministration du pays. (Voyez les Arehivu du royaume, ]684.)
succession et la couronne de Sigismond , q«ii ne pouvaient être sauvées que par ce moyen. -^ C'est ce que Charles ne cherchait pas à cacher': •t Si votre majesté part, écrit-il au roi ', sans que vos sujets sachent par qui et de quelle manière ils seront gouvernés , nous redoutons les suites graves qui pourront en résulter, et c'est notre devoir d'en avertir votre majesté «.» Celte déclaration si précise, qu'on demandait à Sigismond, était tout à fait opposée ù son caractère. Il temporisait par des refus ou des demiconcessions. Dépourvu de force pour imposer sa volonté, il dut céder, et jamais personne ne l'a fait plus mal à propos que lui. C'est pourr quoi ses négociations portent l'empreinte d'une grande irritabilité *. Le sénat , indécis et divisé , n'avait pas non plus sa confiance , et la religion offrait déjà une source de divisions que Sigismond n'apercevait pas. Personne n'était admis auprès de lui, à moins qu'on ne partageât ses opinions religieuses , et l'on vit à la fois deux légats du pape, un second légat étant venu pour féliciter la reine de son accouchement \ Les prêtres de la ville attaquèrent dans leurs sermons ceux de la cour, et réciproquement les catholiques manifestèrent leur mépris pour le culte de Luther. Les bourgeois montèrent la garde pour protéger leurs pasteurs lorsque ceux-ci allaient prêcher. Dans la semaine sainte , le roi et la reine lavèrent les pieds de douze pauvres. Le jour de Pftques, le curé Erik Schepperus déclama contre cette cérémonie, et dit qu'il valait mieux faire l'aumône à ces mendians, qui étaient sur le point de mourir de faim. Il arriva plusieurs seigneurs polonais avec des suites nombreuses et turbulentes pour assister au baptême de l'enfant royal. Le roi augmenta sa garde polonaise, dont les excès avaient déjà excité tant d'indignation. Il répondit avec dédain aux expres-
■ Le i5 juillet 1504, au départ du roi. (Voyez Wer** wing, t. I, p. 25C.)
* Réponse au roi au sujet de son départ, en date du 4 Juillet 1 594.
' Par exemple , il était question de marier sa sœur, la princesse Anne, au margrave Jean-George de Brandenbourg, elle sénat en avait dit quelques mois. Le roi, entre autres choses, écrivit au sénat : « Quant au mariage de la princesse Anne , nous n'avons autre chose à dire, sinon qu'il ne nous convient pas d'offrir notre sœur.— 6 Juin 1594. » (Voyez les j4rchives du royaume,)
* Elle avait mis au monde une fillç qui mouruf bientôt après,
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