‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 132 sur 275 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

dans toùlcequoje vous ordonnerai. » La plupart levèrent la main , mais il y en eulbcaucoupqui no le firent pas. Ensuite le prince parla de la dot de la princesse Anne et dcrarriérédesoldedes troupes ; il ajouta : u Nous allons régler cela de manière qu'il n'en coûtera pas cher à chacun. » Les paysans alors proposèrent de i»ayer immédiatement la contribution, et remercièrent le duc de ce qu'il ne la faisait pas trop peser sur le peuple* . Les lettres du sénat expédiées en Pologne au roi Sigismond restèrent six semaines sans réponse. On entendit plusieurs secrétaires du roi, mal intentionnés contre la Suède, dire: « Laissez le ducetle sénaten veniraux mains, cela leur fera du bien -, ce sont tous des hérétiques. »

Yoilà un échantillon des transactions d'une ancienne diète de Suède; nous puisons ce qui suit à la même source : ce Les états proposèrent de suivre à l'avenir une autre marche dans les diètes ; ils demandaient que tous les articles qui devaient être discutés en public fussent d'abord soumis à la délibération des habitans de chaque province 9 lesquels enverraient ensuite leurs députés à la diète , savoir : l'évoque avec quelques autres membres du clergé , six de la noblesse, six de l'armée, six bourgeois et six paysans avec le sceau de leur district. » On voit par là combien il y avait encore de vague el d'incertitude dans la composition de la représentation nationale; elle flottait en quelque sorte entre l'ancienne constitution , basée sur l'intervention des provinces, et la nouvelle qui reposait sur les états, et telle qu'elle se forma à la fin du règne du grand Gustave-Adolphe.

Charles fit publier les délibérations de la diète de SOderkOping en suédois, en allemand et en latin. On confirma les décrets lancés contre les catholiques du royaume *. L'exercice de leur culte fut interdit à Stockholm, àDroltmigholm elà Yadstena, et leurs prêtres furent proscrits. Le couvent de Yadstena , le dernier qui était resté debout en Suède et le plus célèbre , fut entièrement supprimé. Les religieuses, en petit

* L'auteur dit que cette contribution fut payée dans itoH ans et qu'elle 8*élevail à des sommes considérables, qui ne furent employées ni à la dot de la prioeesse Anne ni à la solde des troupes. Quant à la dernière assertion, il est à croire qu'elle a son fondement dans la haine que l'auteur portait au prince Charles. La première est exacte, puisque la princesse Anne ne se maria pas.

* Datés de Nykdpiog et de Stockholm, les 28 julUel ell''aoûllW5.

nombre , qui existaient encore trouvèrent uif asile à Dantzig, dans le couvent de Saînle-Bri-^ gitle, où Sigismond les fit recevoir. Une pcr* quisition générale fut faite dans toutes les églises du royaume pour en faire disparaître Jusqu'aux derniers signes du catholicisme*. Le nouvel archevêque Abraham Angermannus donna car-* rière, dans cotte circonstance, à son caractère emporté. Les peines disciplinaires de l'Église étaient le fouet et le régime au pain et â l'eau ; on inondait les récalcitrans d'eau froide et glacée. Le désordre de l'Eglise avait fait revivre les an-* ciennes superstitions. On aurait peine à croire qu'il y avait encore des personnes qui servaient Odin; c'était cependant une expression fami-lière à ceux qui l'invoquaient pour en obtenir de l'or et des richesses K Les rapports des évê-^ ques contiennent des preuves horribles de l'état sauvage des mœurs à cette époque : des assassins, dit-on, segorgèrentdusangde leurs ennemis *. Ces faits sont attestés par un prêtre qui avait commis plusieurs meurtres et plusieurs crimes, et pour lesquels les tribunaux furent indulgens*, « parce que, après avoir fait partie des dissidens , il était revenu aux bons principes, » el qu'il ajoutait ainsi l'apostasie à ses autres crimes. Il y en eut plusieurs qui, ayant cherché à faire leur chemin par des délations , finirent misérablement. On vit le curé Erik, dans la paroisse de Badelunda , lequel avait accusé l'ancien évêque Beliinus de Ves-» terâs d'avoir des relations intimes avec les catholiques, et qui l'avait remplacé en 1606,

*« Visitationcm, quam incepit archiepiscopusin Ves* trogothia, perduiit dicto anno(159G) primum pcr totam Gothiam, cum Smolandia et OElandia, deinde in rel!quis diocesibus eamdem conUnuare perget. » Cette visite fut supprimée l'année suivante sur Tordre de Charles.

* En 1&78, Erik d'ôsterby, paroisse d'Hedemora , se rendit au point d'intersection de deux chemins et pria Odin de lui prêter de Targent. Alors s'offlrirent à lui deux chiens noirs qui vomissaient des flammes que les vents emportaient dans Pair. Il mourut huit jours après et fut enterré comme un âne (hors des murs du cimetière). En 15S0, Oiofde Garphyttan voyageait dans les bruyères de Gr&dôhaden. Odin lui apparut et l'engagea âne pas voyager de nuit. L'année 1601 offrit un nouvel exemple d'une personne qui servait Odin. (Voyez le Diarium du curé Erici Andréa, manuscrit de la bibliothèque de runiversité d'Upsala.)

> Relation des visites générales dans la paroisse ds Linkôping, en 1696. (^cles de Vhiitoire de la réforme en Suède, V, p. 383.)

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perdra la tMê lor rèduAni poar aïK^ eomrais im dooUe «dtiUèfe daas la viUe même où il ATiAi été nommé èvêque K Pendant que Pardievêqne faiaail la Yidle iiuialsiloriale dea 4gltoet de protinees ^ le curé Erik Schepperus MfdoyaM tout mb rtle à Stockbolm. Cet dem hemmea lurbideft» •'étaient H^ signalé» par leiirt enpoHeaient dans leaquerellea soulevées |Mir la tUnrgie, et ils ne tardèrent pas A laisser perecr leur intonlioB de s'inmiseer dans les af- (airea dttgottTemenient.Gharlet deslituaScbep* pems , parée qu'il avait prtehë contre la eon* Iribulion foUe par les étals à Sôderkdping pour acquitter ta dette nalionaley et qu'il avait •aaspéré ta bourgeoisie de ta capitale. L'éTfr* que taprH sous saproteelioo. Charles lot éeri* Ytt : a Mous toulons eonser? er ta droit que notre père se réserva, dinlerdSre un prêtre quand sa conduite mérita cetta punition. Si nous voultoBS reeoBBalIre une autorité supérieure à nota en matière leUgieuse S nous aimerions autant Me ta serviteur du pape qu'être celui de rarebevéque et du elMipiIre d'Upsala'. » Le duc B'aiHprottva pas ta manière dont l'arebevêque qjÀa les perquisitions dans les églises. Il se comporta comme un ennemi furieui, non comme un ardievéque; H Jeta l'inquiétude parmi le peupto, qui reptrda ta disette et ta tarriUe tamtae qui se suivit et dura trois ans eomme unepimition du ciel pour ta prétendue réfoTHM d'Abraliam Angermannus*.

* ikTMlias étti êèm la Cknmi^e âei Mfu0i, qtM

ce récit n'est qu*uae tradition; cependant il existe cliez pliuieartatttears.U même année (1600), NieolaOs P»iri fut aonuaé évéque de Vester&$ , nuiis il mourut avant d'entrer en fonctions. Bellinu» fut réUitéaré et mourut dans cette dignité en 1618.

* Voilà bien U mot de rénisme de toutes ces inrétendues réformes : « Point d'autorité supérieure à la ni^tre l » G^of« de Véditeur.}

* Lettre à rarchif^aé, touchant irili Scbepperus» en date du 33 ao4t 1596. (Voyez les Archivés d» rùf^aums, ) Tous deux reprochèrent au doc de s'être attribué l'honneur du décret du synode d'Upsala. Il écrivait un Jour à Abraham Angermannus : « Si neus a*avions pas été lé, les albires auraient pris une autre tournure. » Et il disait vrai.

^ Un grand nombre de personnes périrent durant cette famtae» qui commença en i$96, après des pluies et des taottdations continuelles. Sigismond défendit l'exportation du bié des ports de Pologne pour la Suède. Le récit de celte Camine, tracé par un ancien journal d'église et rapporta dans les collections de Palmskôld^ est affligeante Plusieurs années après, Tamoar du peuple pour |e« auciens rites se manifesta encore. En 1002, les

Le mécontentement des paysana aoèdoin eA pu avoir des suites f&clieuses pour le duc si ie peuple n'avait eu eonflance en lui. Nous ne pouvons en donner de meilleure preuve que let passages suîvans des lettres dea Dalécarliens aui habitans des autres provineea ; eUes sont datées de Tuna , le jour de l'I^pbaDie, iSff7 : « Nous ne voulons pas avoir pk» de rois que la loi ne nous en donne; puisque le roi n^esl pas auprès de son peuple et que se» fils et son frère sont mineurs , nous ne pouvons reoon* nsttre pour notre régent d'autre prinee que lo due Charles *. » La dèfenae de Sigiamondy d'acquitter les oonlributions ordonnées par le due, sa promesse de proléger tous ceux qui résisteraient aux résolutions de la diète de SOderkOpiog, ses lettres et ses messages^ ainsi que la résistance, d'abord sourde, puis ouverte du sénat, tout fut inutile. li n'y avait pas de milieu. Le décret de la diète dont nous venons de faire mention déclarait tous ceux qui s'en séfiaraîent ennemis de la patrie. Il résulta de là, U est vrai , que la plupart des sénateurs et des nobles qui étaient présens adhérèrent h la résolution * ; mais on verra quelle bonne loi Us apportèrent dans son exécution *. CIm Fieming non*seulement résista ouverlement é la résolution de SOderkOping, mais il penèeuta tous ceux qui y avaient adhéré, et en générai tous ceux qui osèrent porter plainte au dtic La Finlande eut à souffrir d'une collision en* tre les paysans et les cavaliers de Fieming. La f uerr^ des massiies (kltMekriget) , ainsi nommée à cause des armes dont se servirent les paysans y Ait marquée par des cruautés sans exemple et coûta la vie à onze mille habitant du Tawastland et de l'Osftrobotlinie. Charles voulait qu'on employât la force des armes pour soumettre Clas Fleming et ses partisans ; il s'opposait h ce que la Livonie et la Fmbnde

psyssas de Rviatutts temMrsat a l'impravlsts sar leur eoré, parce aa'tt ae voulait pas iarre de aeraies le

jour de Saint-Laurent. (Voyez les uirchives du royattme. 1602.)

> Voyez Fryxell, IV, p. 24, d'après les Arckittet du rojfuume.

* Adhésion des nobles et des sénateurs ab«ens à la résolution de Sôderkôping signée à lôokôping ie 20 Janvier 1596. (Voyez \%i Archives du royaume.)

* Charles ne pouvait pas se plaindre de ne pas trou- Ter de dévouement dans ceux qu'il avait forcés par ses neaaces de donner une adhésion que leur conscicoce repoussait. {JYote de V^iteur.)

cHAPitRB inï.

fussent séparées dé la Suéde*. Le sénat temporisa, négeeia et finit pàt tout rejeter. Posse réfuta le oommandement de Parmëe. Le dae annonf a, le S novembre 1596, qn^I allait déposer les rênes diî gouVememeiit ; mats il déelara que les ayant reçues des états, tl Toahit les reineUre entre leurs mains. A eet elfet, il ooniroqua une noutelte diète à Arboga pour le mois de fétrier de Tannée sultante. Cependant le 13 janvier 1597» les états généraut reçurent de Sigismond une lettre par laquelle il leur annonçait qu*ayant appris que te duc ne Toulait phis rester chargé du gouyernemeal, il le remettrait aux mains du sénat.

Le 25 Janvier, Charles écrivit à Stgiimoad : il Que ses envoyés ne lui avaient pas encore aoQoncé qu'il lui relirait le gouvernement , et qpi^ils tenaient sous silence beaucoup de grieilk quHls avaient divulgués dans |Ies provinces : de I& des discordes et des révoltes. Les parens du roi avaient été jHevés par le duc d'une captivité profonde ft la hauteur du trône, n avait soutenu les droits de Sigismond, quoique eût demandé, en son absence, l'autorité de ré^ gent. L^hérédité devait être anéantie par les pleins pouvoirs que le n>i avait donnés à ses gouverneurs. On nMgnorait pas que plusieurs avaient dit que rien n'irait bien tant que les descendans de Gustave conserveraient la couronne. C'était par de tels moyens qu'on avait autrefois semé la discorde dans la maison royale et introduit des princes étrangers sur le trône. Le trop grand nombre de régens n^étalt pas moins au détriment du roi qu'à celui du royaume : ces régens disposent de tout ce qui leur plaU, comme si le pays était livré au pillage. — Les paysans d'ailleurs étaient à craindre : attachés à la famille royale, ils ne voulaient pas entendre parler d'oligarchie \ ils visitaient le duc et hit adressaient leurs plaintes depuis son àbdicalioa, comme ils faisaient auparavant/, de tous les points du roiame^ les babUans te sappiiaieal de ne tot point abandonner. L'arrivée du roi pouvait seule remédier é cet état de choses { cependant le duc avait convoqué les états i Arboga *. » Itens une autre tettre datée du nwis d'oc^obse^ îl dil : n Nous vooloas expo- 1er É votre majesté te vérité toute nue en Ta^ vertissant que si IVm ne prend pas d^autres me-

efd siyfflNii« (Yoyss Iss jfreMveê eu fo^imme.) * Af9hivu in royotims, I5sr«

sures en ee qui leodie te goufernemeiit, noea nous abstiendrons de vous dbéir, et nous en« ploierons les moyens qui sont en notre pouvoir pour nous sauver, nous et la patrie *• a

Le sénat avait gardé le sttence à rabdicatlon du duc. La première voix qui se Ht entendre fût celle de raeadéinte d^llpsata : • C^ avea uÉe preibnde douleur (4 décembre ISM) qo e les protesseorsont appris l'abdiei^ion du due, el qu^ulls fhssent plus à nette que tous attirai d'M eakttler les suites^ eepeedant, en qntfiM de Suédois et oeeupani une ehaire d*caseignei> ment, fl était de tour devoir de prter te due e( te sénat de ne point séparer teuH InléffMs. »

Nous nous hfttons d'arriver an déMdment. La diète se réunll au mots de Janvier \WT^ malgré ta détense du rei et roppasitioa du sé-i^ nat K Un seul sénateur sepréseota, llhcanslaBl comte Aiei L^onhnfnid , teniôl rennemi de Chartes, tantôt eehii de Sigismond, gagné aiH Jottrd*hut au due par de grandes . dotalienai Presque léote la noblesse s*abeUnt de paraître^ à l'^emeptloii de cette du duché. Les prêtres ar« rivèrent; mais ceux qui s'étaient déclarés anpa* ravani les plus grands adversaires dn roi flnrent soupçonnée d'iavoir secrètement embrassé soa parti. L^arebevêque Abraham Angemannua flit publiquement accusé par te duc d'avoir travaHM à répandre te décret du roi contra la résolution de SMerkôping, quH avait signée hii-mème. Deux ans après il lut destllné, et H mourut de misère en prison. Seliepperus fût aussi Jeté dans une dure eaplivite ; mais II ob^ tint plus tord sa liberié et mourut curé d'Enkôpittg. La diète d'Arboga Ait troublée par dea scènes turouHueuses. Chartes paria \ tes pay sent l'approuvèrent par leurs aoclamaltons et dirent qu'ils te défendraient Jusqu'é tear denter soih plr. Armés de ha^es et de massues, fis se tevérent en masse contre tes seigneurs *• Cbar«

* A Siglsmoadi AbOj îs I octoikre. (Voyes tes*^rcii^ ««I du royaume, 1597.)

* Le due Farsit èf nvoqiSs é l¥p(Hpie de lu Ibtrs, eé bssMoep es pariai|t m troarslsat rsusnMéi. Il svsH tei9sai«é Iss f^jMàê svi foirss d'Eakapim s( d'Up* Sais. Les IteléesrUenS firsot clrcoler leurs lettres ei Invitèrent les autres â se Joindre â eni.

* « Les nobles présens à Th^tel de ville ont proféré âeê menaces contre nous; Ils ont prétendu qu'on ne devait pas permettre aui paysans de Juger les noMet. Nous ne roulons Juger personne, mais le décret de Sô^ derkeping les Jugera. Les états sont responssMss , car Ils éuient cbacnn pour teas et tous pour elia<un« Les

les fil rédiger et signer le décret de la diète, qui fut répandu depuis et signé dans les districts par les paysans. Les conventions de Soderkôping furent confirmées ; quiconque y ferait opposition deyait être contraint par les armes comme ennemi du royaume, et ie duc, qui reprit la direction des affaires sur la demande de la diéle, n'en différa pas Texéculion. La plupart des sénateurs quittèrent le royaume , Erik Sparre le premier. Charles s'empara d'Elfsborg ^ de Stégeborg et de Kalmar ; puis il traversa la Baltique pour reprendre la Finlande, où Glas Fleming venait de mourir. Àbo, défendue par sa veuve, Ebba Slenbock, tomba avec toute sa flotte entre les mains de Cliarles. li emmena prisonniers plusieurs membres des premières familles du pays et Samuel Lafey, venu de Pologne comme messager de Sigismond. Plusieurs habilans d'Upsala et de Stockholm qui avaient pris les armes pour le roi furent décapités. Ainsi le feu de la guerre civile éclata avec énergie, et Ton vit s'accomplir k prédiction faite par Sigismond dans un de ses manifestes : u que les étals ne s'apercevraient de quelle manière le duc voulait représenter le roi que quand ils porteraient les armes contre leur roi légitime*. » Suivant une des résolutions de la diète d'Arboga , le roi devait être invité à revenir dans son royaume. Avons-nous besoin de dire qu'on n'en fit rien P Le roi luimême annonça son dessein de rentrer dans sa patrie ; il manda à sa flotte de le prendre à Dantzîg. Il jugeait nécessaire de prendre avec lui des troupes étrangères ^ si tout était tranquille en Suède, il se proposait de les renvoyer sans retard. Le duc s'en rapportait toujours aux états. Ceux-ci répondirent par deux nouveaux décrets des diètes d'Upsala et de Yadstena *, et s'engagèrent à défendre jusqu'il la dernière extrémité les résolutions déjà prises , et à tout souffrir plutôt que de permettre que le duc ou tout autre fussent inquiétés à ce sujet. Ils blâmèrent énergiquement la conduite des sénateurs qui avaient quitté le pays et de ceux qui avaient voulu exciter d'abord une révolte, puis introduire une armée étrangère : ils devaient être traduits devant les tribunaux pour

IMysans ont autant â dire sur la noblesse que celle-ci sur les paysans.»

*Wcrwing, 1. 1 , p. 370. Nous n'avons cité de la correspondance que ce que nous avons Jugé Indispensable. ^ » U 20 février et le 26 Juin 1598,

des actes si coupables. La tournure que priren

les affaires décida d'avance du sort de ces seigneurs, doués presque tous de grands taleos.

Sigismond , ayant attendu en vain la flotte suédoise, s'embarqua àDantzig sur des vaisseaux marchands qui étaient en embargo ^ il était accompagné de cinq mille Polonais et d'une cour brillante. Le 30 juillet 1598 , ii aborda à Kalmar, qui lui ouvrit ses perles en peu de jours. Il chercha de toutes manières à détruire l'opinion qu'il rentrait en ennemi. Dos chargés d'affaires allemands et anglais étaient venus, sur ses pressantes instances, comme médiateurs entre lui et son oncle. Sa présence produisit un grand effet : le bruit avait couru en Suède qu'il était mort. Les Dalécarliens , qui, sous le règne du roi Jean et pendant les troubles de la liturgie, avaient voulu porter le prince Charles sur le trône, prirent encore les armes dans cette circonstance, et ils répondirent aux députés de Sigismond : « qu'ils ne croiraient pas que le roi fût vivant avant de l'avoir vu *. » Les sénateurs qui accompagnaient Sigismond firent tous leurs efforts pour tourner les esprits en sa faveur. La Livonie était au pouvoir du roi \ une grande partie de la Fin lande tomba aussi entre ses mains après que Arwid Stâlarm, gouverneur du roi, eut repris Abo. Il menaça les côtes de Suède et tenta d'y débarquer trois mille hommes ; mais il fut repoussé par la flotte du duc et par les paysans de rUpland *. Stockholm se déclara pour le roi, ainsi que presque toutes les troupes de la Gothie, où ses partisans les plus ardens étaient d'anciens gouverneurs de Sigismond. Les forces de Charles , comme jadis celles de Gustave Wasa , sortaient principalement de la Suède > proprement dite, de la Dalécarlie et du Norrland ^ ses troupes réglées venaient de son duché. Un mois se passa en négociations insigni-

^ Ihre de tumulto Dalecarlorum. Sigismond se plaint de ce que les paysans racontent que les Polonais avaient envoyé dans le royaume un cordonnier qui lui ressemblait beaucoup. (Werwing, , 1. 1, p. m.)

* Les paysans upiandais se rassemblèrent an nombre de plusieurs milliers, et on leur donna ponr chefs deai professeurs d'Upsala, NicolaQs Bothniensis , celai qui avait présidé le concile d'Upsala, et Jacques Ériksson , qui s'a«tjo{gnU quelques hommes versés dans le métier des armes. Après avoir fait leur provision, Us marchèrent en hâte contre les Finnois. Leurs porte-manleaui n'étaient presque remplis que de saucissons, ce qui fil appeler ceUeeipédiUon celle des 9tMci$iQn9 (iorfkri* get). (Werwing, t. I, p. 387.)

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