‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 133 sur 275 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

fiantes. ïje roi se rendit à Stegeborg, où le duc se dirigea également avec son armée, le 8 septembre ; mais pendant la nuit, il fut tourné par le colonel Weyer, qui commandait les Polonais. Le général des troupes royales , Far^sbacb, portant sur sa lance la tète d'un ennemi, conjura le roi de profiter de Tavantage qu'on venait de remporter ; mais lorsque Sigismond vil couler le sang de ses sujets, il fit cesser le combat et dire au duc qu'il pouvait se retirer. Sa clémence fit une impression profonde, même sur Charles, qui, dans le premier moment, déclara en présence de ses colonels qu'il 'était disposé à quitter le royaume avec sa femme et ses enfans si la tranquillité et la paix ne pouvaient être acquises qu'à ce prix. Des négociations s'ouvrirent de nouveau et toujours sans résultat. Charles exagéra encore ses prétentions lorsque sa flotte fut arrivée. Le roi se retira à Linkdping. Le duc le suivit après avoir pris Stegeborg. Sur l'une et l'autre rive du Stâng, près de Linkôping, eut lieu , le 25 septembre 1596, la bataille de Strftngebro, où l'armée royale, attaquée par le duc, qui ne souffrit presque aucune perte, essuya un désastre complet. Deux mille hommes, suivant les rapports officiels, couvrirent la terre de leurs cadavres. Sigismond aurait pu sans doute être fait prisonnier si Charles n'eût consenti à un armistice , quoiqu'on eût tiré un coup de fusil sur lui pendant les négociations. A peine le combat était-il terminé que le roi et le duc eurent une entrevue qui eut pour résultat le traité de Linkôping (28 septembre), où l'on convint de déposer les armes de part et d'autre, de congédier les soldats étrangers, la garde royale exceptée, de remettre le gouvernement au roi , qui devait régner d'après son serment, et convoquer la diète avant quatre mois-, jusque-là, ceux que le duc avait nommés aux emplois devaient y être maintenus. Le duc excepta de l'amnistie générale et de l'oubli du passé cinq sénateurs seulement qui avaient accompagné le roi à son retour de Pologne : c'étaient Gustave et Sten Baner, Erik Sparre, ThureBjelke et GOran Posse. Il exigea que ces seigneurs lui fussent livrés. Ce fut en vain que le roi employa le comte Erik Brahe et d'autres pour obtenir du duc qu'il renonçât à cette condition : a A vous, monsieur le comte Erik, répondit Charles , je ne porte aucune inimitié , parce que vous êtes de la même religion que 1q

roi et que vous avez agi selon votre conscience ; mais il n'en est pas de même des cinq que je réclame, et si le roi ne veut pas les livrer volontairement, il y a dans mon camp assez de braves gens qui se chargeront d'aller arracher les ennemis de la patrie et les traîtres du milieu des' soldats qui entourent le roi. » Alors il montra une troupe de paysans armés qui arrivaient pour grossir les rangs de ses guerriers. Les seigneurs furent livrés. On les entendit dire que s'ils eussent été aussi fidèles au duc qu'ils l'avaient été au roi, ils auraient reçu une toute autre récompense. Leur affaire devait être instruite et jugée par des hommes impartiaux, choisis même parmi les étrangers. Le roi et le duc se séparèrent à Linkôping. Sigismond s'embarqua à Stegeborg^ les vents le poussèrent à Kalmar, où il laissa une garnison polonaise*, puis il fit voile, non pour Stockholm, mais pour Dantzig. Il avait été convenu dans le traité de Linkôping que les états étaient dispensés de l'obéissance envers celui qui le violerait -, ils s'assemblèrent à lônkôping au commencement de 1599 et rompirent les sermens qui les liaient au roi, conditionnellement toutefois , pour le moment. Dans une nouvelle diète, ouverte à Stockholm le 24 juillet, la même rupture fut prononcée avec cette addition : (( Que si le roi Sigismond, dans le cours de six mois , n'envoyait pas son fils Yladislaus en Suède pour en occuper le trône et y être instruit dans la religion protestante , lui et sa race perdraient pour jamais leurs droits à la couronne. » IjC duc fut nommé prince hérédidaire régnant du royaume. Si les Finnois refusaient obéissance , on devait les y contraindre par la force : quiconque s'opposerait à la résolution des états , serait traité comme traître à la patrie.

Ainsi finit le règne de Sigismond \ le nom qu'il portait ne reparut plus sur le trône. Il s'était plus fait connattre à la Suède comme zélé catholique que comme roi. Sur le trône de Pologne, qu'il conserva jusqu'à sa mort, il développa plutôt les qualités d'un homme privé que celles d'un prince. Les longues guerres occasionnées par les prétentions de cette branche de la famille des Wasa , qui succomba à cause de sa religion , conduisirent le peuple suédois dans la voie des conquêtes , carrière riche de gloire , mais aussi féconde en déplorables dé-* sastres,

HISTOIRE m SUEDE.

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