‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 15 sur 275 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

parcourut avec son armée le pays au delà de Kolm&rden pour combattre dans les champs du Br&waila.

Du côté de Touest , le Suithiod proprement dit fut englobé par Fanclenne Gothie, qui gagna vers le nord dans une étendue indéterminée. Le Yermland, proyince où Olof Trâl&lja porta le premier la hache sur les forêts primitives , après que la haine des Suédois Teut chassé de son premier asile dans la Néricie, le Yermland a été autrefois, comnie il Test aujourd'hui, regardé comme une partie de la Go- Ihie. Mais peut-être n'y a^t-il pas été compris tout entier ; car le Yermland était un pays limitrophe entre la Suède et la Norvège *. Il fut soumis tantôt à Tune, tantôt àTautre, ce qui est confirmé par celte circonstance, que les colons d'Oiof Trftlâlja se renfermaient dans la partie occidentale du Yermland avoisinant la Noryége. La population primitive se réunit d'abord près des cours d'eau qui se déchargent par les longues vallées du pays, dans le lac Yenem^ et bientôt après elle y avait formé un bon établissement *. Les forêts des montagnes couronnaient les vallées arrosées par des fleuves. Tout le Yermland oriental était désert. Dans Fouest , les contrées peuplées du Yermland étaient séparées de la Norvège par la forêt inhabitée (ôde skogen) ' : des brigands y attendaient au passage ceux qui se chargeaient de la dangereuse mission de porter au roi de Norvège les tributs du Yermland^.Yers la Golhie, d'épaisses forêts formaient les frontières , tant sur la côte orientale que sur la côte occidentale du lac Yencrn : ce grand lac, sur les bords duquel les pirates s'étaient établis, le voisinage de Yiken », de la Norvège, des différends relatifs aux frontières et les traditions locales, fixèrent de bonne heure sur ces contrées Tattenlion de l'ancienne saga -, et les eaux du Yenern, ses glaces et ses tles furent le théâtre

taille de Br&valla. (Voyez ^Ana/e« de Stdde, vol. 1, p. 639.)

* « loter Norrmanniam et SYioniam Vermelani. » (Adam. Bremetis.» 1. c., p. 61.)

* La Saga d' Fnglingaf c. 46.

> Eiflaskog-Edaskog. Ce nom s'est conservé dans la paroisse d'Eda, dans le Yermland, et à Eidskoug, en Norvège, qui traverse le chemin de ce royaume au Yermland.

* Yoyez le récit d'un pareil voyage dans le Yermland (vers 944) dans la Saga d'Egil., c. 74, p. 543.— Saxo en rapporte un autre.

de combats dont elle a célébré le souvenir. Jusqu'au onzième siècle, les Finnois patineurs (Skridfinnar ouFinnlappar) errèrent dans les déserts au delà du Yermland *. Le nom de Dalécarlien n'avait pas encore été prononcé.

Nous allons remonter à Fancienne Suède proprement dite (Svealand), qui a donné son nom au royaume, car dès le temps du paganisme, il se composait de la Suède et de la Gothie*. C'est pourquoi Svealand^ Sveawàlde ( empire de Suède ), Suithiod, dans le latin du moyen âge Svedia^Sveda, Sveonia, a une double signification, s'appliquant tantôt à la haute Suède, par opposition à Gôtaland, Gauthiod, Gothia> tantôt & la totalité du royaume >. Sous la dernière acception, qui dérive sans doute de la première, on comprenait la Gothie et môme IcBleking: « Dans le neuvième siècle, dit le roi Alfred, les Suédois (Svéon) étaient bornés at» sud par la Baltique, à Test par les Sarmates, au nord de Taulrecôlè du désert par le Qucniand , au nord^uest par le pays des Finnois patineurs ( Skridfinnar ) et à Fouesl par la Norvège. Ce dernier pays était long , étroit et rempli de montagnes , plus large au sud et àr Test qu'au nord. Il n'y avait de terre labourable et de pâturages qu'aux bords de la mer. Yers l'est, et dans une direction parallèle aux terres cultivées,s'èlèvenl des montagnes sauvages (fjall) * tellement inégales en largeur qu'il faut dans quelques endroits deux semaines , dans d'autres six jours seulement pour les franchir. Les Finnois habitaient le désert. Au delà de ce désert et des montagnes , le long de la Norvège méridionale,ètait la Suède proprement dite (Svealand), qui se prolongeait jusqu'au Quenland du côté du nord '*.»Le onzième siècle nous offre le tableau suivant : « Pour ceux qui

• Adam. Bremens., De situ Daniœ, p. 61.

■ Voyez les Loti du roi Christophe, K.B. LSveriJte, comme on l'écrivait dans le seizième siècle (par eiemple Oiaus Pétri dans sa chronique), est évidemment une contraction de Svea Rike. On a remplacé Sverike par une prononciation plus douce, Sverige , Sverge, aujourd'hui en usage.

*«Sveonum et Gothorum populi,» dans Adam.Brem. Gauthiod est le Gauiigoth de Jordanès. l'historien des Goths : «Acre hominum genus et ad bella fortisslmum. >

« Dans le texte, Hlde moras (des marais sauvages). Hais mor, en anglo-saion , signifie non-seulement forêt, marais, mais aussi montagne et en général désert.

" Voyez la relation du voyagt d^Otlar et d'Ulfiten.

ont passé les fles danoises (ainsi s'exprime riiistorien du clirislianisme dans le Nord à cette époque), s'ouvre un autre monde dans la Syeonia et la Normannia , les deux royaumes les plus étendus du Nord,presque inconnus au continent que nous habitons. Le roi de Danemarck%qui penchait beaucoup pour la religion du Christ , me racontait qu'il fallait au moins un mois pour traverser la Norvège et deux au moins pour traverser la Suède, et il s'appuyait de sa propre expérience,ayant fait douze ans la guerre dans ces pays au service du roi de Suède, Anund Jacques (Anund Jakob). Ces deux états sont encaissés dans de hautes montagnes, celui de Norvège surtout^ les Alpes norvégiennes ombragent la Suède : elle est divisée entre plusieurs peuples, doués d'une grande force physique et habiles à manier les armes ^ leur valeur sur terre et sur mer semble leur assurer une sorte de prééminence sur tout le Nord. Les Yisigoths sont les plus rapprochés de nous : leur pays touche h la Scanie. L'Ostrogothie forme une autre nation. Les frontières de la Gothie s'étendent jusqu'à Birca. Les Svéones occupent les vastes contrées qui séparent le lac M&laren du pays desQuenes*.» Cent cinquante ans plus tard, Snorre Slurleson, faisant allusion au christianisme déjà affermi en Suède, dit : <( Le royaume de Suède est divisé en plusieurs parties, dont l'une comprend la Yestrogothie, le Yermland et les Marches ^ cette partie seule, avec tout ce qui l'avoisine, remplit une si vaste étendue que plus de onze cents églises' sont gouvernées par l'évèque qui y réside. Une

* Cétait le roi Sven Ulfson dont nous avons déjà parlé. Son père Ulf Jarl était Suédois (Saio, 1. 10, p. 103), et il était beau-frère du roi Canut, de Danemark. Quand celui-ci, après la bataille qu'il gagna sur les bords de la rivière de Helge près Landscrone , en Scanie, fit tuer Ulf Jarl, son fils se retira auprès du roi Jacques Anund, en Suède» en 1031. (Heimsiiringl., Saga de saint Olof, c. 163. — Saga deMagnus-le- Bon, c, 23.)

*« Supra eam (Sconiam) tenso lemite Gothi habitant usque ad Bircam , postea longis terrarum spatiis régnant Sveones usque ad terram fœminarum.* (Adam, Brem.) l\ est démontré que cette terra fœminarum, cette fable des amazones venues i Tesprit de l'auteur, n*est que le résultat d'une erreur : le pays des femmes» {qtnnnor) pour celui des Quenes, [Annales de Suède, I*' vol., p. 422.)

>Ce nombre est exagéré. D'après la Loi de f^estrogolAie, il ne se montait qu'A cinq cent quatre-vingtrdouze dans le diocèse de Skara » le Wermiand et le Dalsland, von compris le Sm&land et la Néricie. La Saga

autre partie du même pays est l'Ostrogothie, évèché plus considérable dont la juridiction s'étend sur les tles de Gottland et d'Ôland, qui lui appartiennent ; il y a encore deux autres évèchés , l'un dans la Sudermanie , province deSuilhiod, l'autre dans le Yestmanland ou le Fiâdhrundaland. La troisième province du Suithiod est le Tiundaland ; la quatrième l'Âttundaland -, la cinquième le SiOland. Elle comprend en outre tout le territoire qui borne la mer à l'est. La province qui se fait remarquer dans le Suithiod par une culture plus avancée, des habitations plus élégantes plus commodes esl le Tiundaland ; tout le reste du royaume lui est soumis. Là est Upsala, résidence des rois et siège de Farchevèché : de là vient la dénomination d'Upaala-Ode. Les Suédois donnent ce même nom, Upsala- Ode, aux domaines de leurs rois.» La comparaison de ces divisions nous fait découvrir dans la première le Suithiod , appellation générique de tout le royaume; dans la seconde, dans un sens plus borné, les pays situés au delà du Mftiaren , et dans la troisième toutes les contrées qui entourent ce lac.

Quelle que soit l'époque où la signification de la première a été généralisée , l'acception plus restreinte de la seconde doit être antérieure, et les récits s'accordent sur les moyens de reconnaître l'antiquité de l'une ou de l'autre partie du Suithiod. Prés du lac Màlaren et au delà s'est élevé le premier royaume suédois , dont le peuple était issu des dieux. Odin s'y fixa avec sa cour et il y offrit ses sacrifices, suivant la coutume des Ases, au lieu même où est aujourd'hui l'ancienne Sigtuna, FomSigtuna^ dit la Saga d'Vfiglinga.{Lonq\xe cette saga a été composée,il y avait donc une nouvelle Sigtuna?) Il s'empara de tous les pays environnans. Cependant ses possessions n'étaient pas très-étendues -, elles étaient toutes comprises, ainsi que le temple, sous la dénomination de Sigtuna ■ : ce fut la première propriété du plus ancien roi de Suède ^ qui fut appelée Upsala-Ode quand l'heureux Frey eut transféré la salle des sacrifices à Upsala. Son règne fut signalé par l'état de prospérité du royaume: c'était la paix de Frey; de sorte que le peuple, entrant jdans un

d'Ynglinga (6, 46) ne compte pas les habitans de cette dernière province cemme population de la Suède pro* prement dite.

• La Saga d'Fnglinga, c. 5.

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