‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 156 sur 275 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

suédoise sous les ordres du duc Jean et du maréchal Kru8 élait occupée à ravager le Halland. Dix-huit paroisses furent victimes de la fureur des soldats , et le roi de Danemark éprouva un grand échec en battant en retraite, non loin de Falkenberg *. 11 courut le danger d'être pris-, mais il fut sauvé parla générosité de Christian Barnekou . qui lui sacrifia sa vie. Encore aujourd'hui, les paysans nomment les taches répandues sur une grande pierre érigée à Tendroit où il succomba, le sang de Christian Barnekou. Gustave -Adolphe, avec une autre partie des forces suédoises, avait quitté les fortifications de Ryssby, prés de Kalmar, et s'était dirigé vers laScaniepour attirer Vattention de Tennemi sur ses propres provinces. En faisant sa retraite, Gustave-Adolphe, qui avait envoyé une grande partie de ses troupes en avant, fut attaqué à rimproviste, non loin delà frontière occidentale du district Westra GOinge , par les Danois, qui revenaient d'une expédition dans le Sm&land. Le combat se livra sur les glaces du lac de WidsjO dans la soirée du 1 1 février. Il périt beaucoup de monde par le fer ou dans les eaux. Le roi tomba sous la glace avec son cheval ^ mais il fut sauvé par le jeune Pierre Baner et par un cavalier courageux du régiment d'Upland, nommé Thomas Larsson, qui reçut en récompense le hemman dlgelstad, dans la paroisse de Romfertuna, que ses descendans possèdent encore aujourd'hui. Le bruit courut eu Suéde et au delà des frontières que Gustave- Adolphe avait succombé. Cette guerre eut des chances diverses et fut signalée par des actes réciproques de cruauté , car des deux côtés l'acharnement était égal. Les champs du Sm&land restèrent sans culture ^ on ne trouvait plus de cbevaux , à peine pouvait-on s'en procurer pour les courriers chargés des dépèches les plus importantes du roi. Une levée en masse pour la défense du pays fut effectuée dans tout le Sm&land et dans une partie de la Ycstrogo- Ihie. On fit des préparatifs pour la campagne qui devait s'ouvrir dans l'été, le Danemark avec toutes ses forces, la Suède avec une partie seulement, car elle avait à combattre la Russie et la Pologne. Les Danois parurent les premiers sur le théâtre de la guerre. Leurs troupes, la plupart mercenaires, quittèrent leurs

I X près de trois railles de Falkenberg, dans une vallée pr^ae entourée de montagnes. Le traducteur Ta vue^

quartiers d'hiver au mois d'avril, et après avoir été passées en revue ÀHelsingborg, elles furent divisées en deux corps: le plus nombreux, sous les ordres de Christian lui-même, devait envahir la Yestrogothie , tandis que l'autre, sous le maréchal Gerdt Rantzou, tenterait d'occuper le Smâland, l'Ôland et l'Ostrogolhie. Une partie de la flotte danoise, si bien équipée « que l'Océan, dit le Français Peleus, l'aurait admirée s'il avait eu des yeux, » fit voile pour Kalmar pendant que l'autre partie bloquait la citadelle d'Elfsborg, dont Christian en personne entreprit le siège, les premiers jours de mai , avant que SternskOld, qui avait reçu des ordres de Gustave-Adolphe, eu t pu renforcer la garnison, qui n'était que de quatre à cinq cents hommes commandés par Slrâle. Cette importante citadelle capitula le 24 mai, après un siège de dixneuf jours. Quarante canons, beaucoup de munitions et six vaisseaux de guerre tombèrent au pouvoir de l'ennemi. Le V juin, Gullberg, dont la garnison se composait presque exclusivement d'étrangers, se rendit sans résistance. Les ennemis y trouvèrent quatre-vingts canons, cinq cents fusils et des provisions pour une armée entière. A la même époque, les soldats écossais et irlandais pillèrent et chassèrent de leurs maisons les habitans de Lidkôping, qu'ils devaient défendre, et à l'approche de l'ennemi ils prirent la fuite : car le roi Christian avançait dans la Yestrogothie à la tète de trentedeux compagnies à pied et de onze à cheval. Gustave-Adolphe ne pouvait mettre en campagne que onze compagnies à pied et huit à cheval • ^ aussi évita-t-il le combat jusqu'à ce que, appuyé des forces de l'Ostrogothie, conduites par le duc Jean, il pût l'offrir à son tour *. Christian, dont les troupes avaient beaucoup soufTert de la faim et des maladies, se retira & Gullberg, et laissa par là à Gustave-Adolphe la faculté de se porter sur Rantzou. Celui-ci de son côté avait commencé les hostilités en s'emparant du fort dcRyssby, qu'il détruisit, et de

« Les compngnîes n'étaient pas égales en nombre. Peleus évalue leur effeclif à six ou sept cents hommes. D'après ce calcul, les forces réunies du Danemark étaient de vingl-cinq mille hommes et celles de la Suède de onze mille. Jahn {Histoire de la guerre de Kalmar) pOrte a 22,500 hommes les forces de Christian contre la Suède ; elles montaient même à quarante mille, en y comprenant Tarmée de Bantzou.

• Voyez Hallenberg, t. 2, p. 240,

sa

rtlc d'Oland. Pendant Thlver, le» Danois avaient déjà fait de vaines tentatives pour occuper cette île. La citadelle de Borgholm se rendit : tout fut mis à feu et à sang dans Ftle. Les prôtres furent envoyés prisonniers en Danemark, parce qu'ils avaient excité le peuple à la défense. Bantzou^de retour d'Oland, suivit la côte ^ mais après avoir passé la rivière d'Em, il se dirigea vers rintérieur et chassa d'HOgsby les derniers débris des troupes suédoises qui avaient occupé le fort deRyssby. Delà il marcha sur Wimmerby, que les habitans avaient abandonnée. Il se mit en marche de nouveau pour les rives de la Baltique, brûla la ville de Westcrwik et porta la dévastation jusqu'à SOderkôping, qui subit le même sort. Alors le désordre qui se mit dans son armée, le manque de vivres et la mutinerie des soldats allemands Tobligèrent de se retirer en toute hâte. Gustave, quoique n'étant pas arrivé à temps pour lui couper la retraite à Kalmar, lui causa cependant de grands dommages. Ce fut pendant celte marche fatigante I qu'il apprit que Christian se portait de nouveau sur lônkOping. Cette ville était la position la plus importante du sud de la Suède, depuis qu'Elfsborg et Kalmar étaient au pouvoir des Danois : « C'était la clé du pays inférieur -, » aussi travaillait-on sans relâche à la fortifier. Gustave craignait que les deux corps ennemis ne flssent leur jonction dans cet endroit-, il paratt que c'était en effet le plan de la campagne. Combien le jeune roi ne surpassaitil pas ses généraux dans l'art de la guerre ! Les deux commandans du chàleau de lOnkôping, JOran Mânsson Stjerna et Stcn Claesson Bolja, lui proposèrent de miner la citadelle et de se retirer avec les troupes qu'elle renfermait. En général, il fut mal servi dans <;elte guerre, et au commencement du siècle de Gustave-Adolphe, si fécond en grands guerriers, on voit qu'il manquait de chefs expérimen lés*. Huit noblcd seulement accompagnèrent le roi à lOnkôping. Le secrétaire du duc Jean écrivait : « Dieu nous vienne en aide, car personne ici ne veut obéir, ce qui fait que les affaires vont mal *. »

< Le roi tomba malade à lônkôping.

* Jbid., t. 2, p. 446. — Défaut de caractère national en Suède, suivant Aicl Oxensljerna , qui disait dans le §énal en 1630 : « Ordinant , reordinant et tameny sine ordine vivunt. » (Voyez les manuscrits de PalmskOld.)

Dans ce danger pressant, le dernier qui menaça la Suède du côté du Danemark, ce fut Gustave-Adolphe en personne, aidé par les paysans suédois, qui sauva le pays. Ceux-ci (à l'exception de quelques paroissel de la Yestrogothie et du Dalsland qui se soumirent à l'ennemi) montrèrent le plus grand zèle pour la défense de la patrie. Ils aimaient mieux brûler leurs maisons que de les abandonner au pillage des troupes danoises. Ils se retiraient dans les forêts, dont Ils abattaient les arbres; quand l'occasion se présentait. Ils tombaient sur les bandes ennnemies, qui parcouraient isolément la campagne, dans l'espoir du pillage, et leur faisaient éprouver des pertes continuelles. Ils puisaient une nouvelle ardeur dans la présence du roi. La petite guerre anéantit les grands projets de Christian. Un autre obstacle entravait ces projets : les mercenaires étrangers avaient plus d'influence sur les chefs que ceuxci n'en avaient sur leurs soldats. Rantzou avait rétrogradé à la première nouvelle de la retraite de Christian. Celui-ci quitta les environs de lônkôping lorsqu'il apprit le mouvement de son général, et revint par le plus court chemin dans le Hailand , sur ses propres Etats. *" Les événemens des frontières de la Norvège et la dernière tentative du roi de Danemark contre Stockholm ne sont que des circonstances accessoires dans cette guerre. Dés les premières hostilités, Gustave-Adolphe avait invité les Norvégiens à se réunir aux Suédois, lis répondirent par une invasion dans le Dalsland et le Vermiand. Douze cents Niederlandais cl Écossais avaient été enrôlés pour le compte de la Suède ; la majeure partie fut amenée d'Ecosse par Mônnichhofen, officier d'origine niederlandaise. Ils tentèrent de débarquer à Trondhcim ; mais ayant été repousses, ils descendirent à Stôredalcn, où ils ne trouvèrent point de résistance. Ils traversèrent la Norvège et firent des excursions dans le Jemtland et le Ilerjedal^deuxprovincesquelesSuédoisavaicnl occupées pendant la guerre 5 ensuile ces bandes prirent leurs quartiers à Stockholm et dans les villes maritimes. Une autre partie de ces mercenaires, commandés par le colonel Sinclair, débarqua à Romsdalen en Norvège ; mais Us furent tous massacrés cnroulepar les paysans norvégiens, dans un défilé, près duGuldbrandsdalen. La flotte suédoise commandée par l'amiral GOran Gyllensljerna > n'avait rien fait de loulo

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