‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 161 sur 275 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

mée, 80U8 te règne de Jean III, mais elle fut remise en vigueur par Charles IX, et elle se maintlot jusqu'au temps de Gustave-Adolphe, lorsque ce prince forma une armée permanente.

Le code militaire de Gustave-Adolphe est écrit de sa propre main : « Le roi , y est-il dit, comme représentant de Dieu sur la terre , est le juge suprême en temps de paii et de guerre. » L'armée devait avoir un conseil de guerre m^ périeur et twi inférieur (ôfveroch underràU) lorsqu'elle était en marche ou en campagne. Le conseil de guerre pour Finfantcrie était nommé regements rait (conseil de régiment)^ le conseil pour la cavalerie Ryitare rât^conseil de cavalerie). Le premier était présidé par le colonel ou le lieutenant-colonel assisté de deux capitaines , deux lieutenans , deux sous-lieulonans (fândrik) et six sous -officiers-, le second était présidé par le colonel ou le capitaine {ryHmiistare) de cavalerie de la compagnie du roi iliffana). Les assesseurs étaient choisis dans toutes les compagnies de cavalerie : c'étaient trois capitaines, trois lieutenans, trois cornets et trois sous-offlciers. Le conseil de guerre supérieur (ôfverràii) était présidé par le riksmarsk , ou en son absence par le maréchal (fëltmarshalken). Les assesseurs étaient le maréchal, le général d'artillerie, le fultr^achtmàsiaren *, le général de cavalerie, le quartiermaitre général, les inspecteurs (mùnsterher^ rame) y et enûn tous les colonels, et en leur absence les lieutenans-colonels. Au conseil de guerre supérieur appartenaient tous les crimes de haute trahison et les affaires civiles en appel de conseil de guerre inférieur ainsi que tous les grands crimes. Dans les cas de crimes capitaux, il n'y avait pas d'appel^ cependant le jugem^t était soumis à l'approbation du riksmarsk ou à celle du roi s'il était présent. Dans les affaires criminelles qui emportaient la peine de mort, celle de la perte d'un membre ou de l'honneur, on formait le cercle des soldats en rase campagne ^ si l'affaire était civile, le procès avait lieu sons la tente. — Les peines étaient la décapitation et la perle de la main avec plus ou moins de déshonneur. Le supplice le plus déshonorant était celui de la corde. On devait décimer par ce moyen la compagnie de fantassins ou de cavaliers qui auraient lâché pied

* Répondant à major-général. La charge de major n*exîslail pas encore dans les régimens ; elle était remplacée par celle de OfversCe waklmcistare.

dans le combat tandis qu^ils pouvaient encore employer l'arme blanche. Les autres devaient marcher sans étendards, coucher hors du camp et le nettoyer jusqu'à ce qu'ils eussent recouvré leur honneur par de nouvelles preuves de courage. Les peines du chevalet, de la prison, des fers au pain et à l'eau , des verges , de la destitution et de la dégradation, de l'expulsion ignominieuse hors du cantp étaient appliquées aux soldats. Les coups de bâton n'étaient pas permis*. Les prostituées n'étaient pas reçues dans le camp * ; mais un soldat pouvait avoir sa femme avec lui. Les prêtres devaient faire lo service divin chaque dimanche et prêcher une fois dans la semaine s'il y avait lieu. I^es prières se faisaient soir et malin. La loi était lue aux régimens une fois par mois-, elle le fut pour la première fois par le chancelier du royaume , dans le camp formé par neuf régimens à pied et dix compagnies de cavaliers, en tout vingt raille hommes rangés en bataille dans la plaine. Toute la maison royale y assistait : c'était lo 24 juillet 1621. La flotte comptait 148 vaisseaux et 10 yachts; elle fut dispersée par des tempêtes. Le vaisseau que montaient Gustave- Adolphe et Charles-Philippe arriva à Pemau , d'où le roi et le duc se dirigèrent par terre sur Riga : c'était le rendez- vous des vaisseaux. Le 5 août, l'amiral du royaume, Charles Carisson Gyilenhjelm, entra sans obstacles dans la Duna, pendant que les habitans de Aiga brûlaient leurs faubourgs. 6ustave*Adolphe fortifia le camp suédois sur un monticule de sable, à l'est de Riga , et divisa son armée en quatre corps. Le premier camp était commandé par le roi et {mr le duc , qui avaient sôus leurs ordres Mansfeld et Gustave Horn. Le second camp , à droite , était commandé par Jacques de La Gardie, qui avait amené par terre des renforts de la Finlande. A gauche , sur la terre seigneuriale de Hintz , était le troisième camp, sous Herman Wrangcl , nommé feld-maréchal (grade qui correspondait alors à celui de lieu-

* Le comte de Decken , dans son Histoire du due George Braunsicig et Luneburg (Hanovre, 1834), dit de ces lois (t. 2, p. 113) : « Si on les compare à d'autres du même temps, elles se distiogaalent par un sen-liment d'humanité qui contraste fortement avec le codo pénal de Charles V. »

* Dans chaque régiment de lansquenets allemands, il y avait toujours une foule de prostituées; elles étaient placées sous la surveillance d'un officier appelé Aur^nweiùei.

tenant général). Le quatrième camp avait à sa tète le colonel écossais Sealon et était le plus près de la ville , à celé d^un moulin à vent. Au delà de la Duna et sur les îlots du fleuve, en face de la citadelle de Dunamunde, Herman Fleming éleva des fortifications. Les amiraux Gyllenhjelm et Clas Fleming interceptèrent toute communication du côté de la mer. Ayant en vain tenté la voie des négociations, le roi commença, le 13 août, le siège de Riga. Les fortifications des tlols de la Duna furent achevées sous le feu de Tennemi. Les Suédois tirèrent de tous leurs reiranchemens sur la ville : on y envoyait plus de mille boulets par heure. Les trois tours, la porte nommée Sandportmy les parapets, de vingt pieds d'épaisseur, furent tellement endommagés qu'ils ne protégeaient plus les assiégés. Le 29 août, le roi commença à faire remplir les fossés de fascines. Le même jour il écrivit à son beau-frère , Télecteur de Brandenbourg, que la ville opposait une vive résistance , mais qu'il était déjà parvenu aux fossés et qu'il espérait un succès complet : « Tel est status belli; ce serait trop, sous le tonnerre des canons, de vous dire status reipublicœ*. » Riga fui défendue par les bourgeois, qui n'étaient soutenus que par 300 soldats. Sigismond leur avait promis des secours de Dantzig, mais il n'en vint pas. Le général lithuanien Radziwil fit aussi dire à la ville qu'elle pouvait compter sur son assistance. Pendant le siège, dans les derniers jours d'août, il se montra sur l'autre rive de la Duna avec des cavaliers Polonais -, mais il se retira après avoir fait de vains efforts pour traverser le fleuve. Le 2 septembre, Gustave-Adolphe somma la ville de se rendre ^ elle était alors abandonnée à ses propres forces. Gomme le trompette envoyé en parlementaire avait été retenu dans la ville pendant les délibérations du magistrat et des envoyés polonais , le roi regarda ce fait comme une manifestation formelle de la continuation des hostilités. Il fit tirer de nouveau sur les forlificalions et tenta plusieurs fois l'assaut-, mais il fut repoussé ou par les balles des assiégés ou par l'explosion des mines. L'attaque continua pendant deux

* Gustave-Adolphe avait fait la connaissance de la princesse Marie-rEléonore de Brandenbourg au mois d'avril 1820; il obtint le consentement de sa mère et do rélecteur, et le mariage se fit à Stockholm, le 36 no' vembre.

jours et deux nuits des camps suédois et de la flotte stationnée dans la Duna. La citadelle de la porte Saint- Jacques, les fortifications duSandport (le port au Sable) et celles de la nouvelle porte étaient détruites. Pendant la nuit , les fossés furent remplis, un pont fut jeté, sur lequel les soldats pouvaient passer pour aller à l'assaut; mais le pont fut criblé de boulets et brûlé : beaucoup de guerriers suédois furent tués. Trois jours après, le trompette fut renvoyé dans le camp, rapportant des reproches sur ce qu'on avait recommencé l'attaque pendant la délibération des magistrats. La ville ne pouvait violer la foi promise et jurée au roi de Pologne ; elle laissait à la volonté de Dieu de décider de son sort. On travailla aux mines avec tant d'ardeur de part et d'autre, que les défenseurs de la ville et les Suédois se rencontrèrent face â face et en vinrent aux mains pendant que les attaques et les sorties continuaient alternativement au-dessus de leurs tètes. Le 1 1 septembre, les Suédois avaient miné les fortifications en trois endroits où il y avait déjà de grandes brèches. On commença par détourner le cours d'eau qui alimentait les fossés , deux ponts furent construits , et le roi résolut de livrer un assaut général le jour suivant. Nous avons encore les ordres écrits de sa main. 11 devait commencer dans la soirée du 12. On avait tiré à boulets rouges toute la journée; mais avant de commencer l'attaque, on fit une nouvelle sommation à la ville. Le magistrat demanda deux jours de sursis , espérant que le secours qu'il attendait des Polonais arriverait pendant ce temps-là. Le roi n'accorda que vingt-quatre heures; alors le magistrat consentit à traiter des conditions de la reddition de la ville. Le 16 septembre, Gustave-Adolphe y fit son entrée solennelle avec toute son armée. L'humanité avec laquelle la ville 4*ut traitée fait l'éloge des vainqueurs et des vaincus. Le siège avait duré six semaines. Le roi courut I plusieurs fois de grands dangers en encoura- ' géant les soldats dans les tranchées , où on le vit la bêche à la main. Lorsqu'il choisit l'emplacement de ses camps sur l'éminence de sable, un boulet passa sur la place même qu'il avait occupée, immédiatement après qu'il se fut retiré. Plusieurs personnes furent tuées à ses côtés pendant le siège , et le sang d'un noble livonien, Stackciberg, jaillit sur ses habits. Une autre fois un boulet traversa sa tente au-

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