‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 164 sur 275 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

diez Bauske et Birzen , qui ont plus d'importance que vous ne pensez ■. » I^a Gardie répondit à ces reproches par une yicloire remportée sur les Polonais à Wenden *.

Les mois d'hiver furent consacrés aux soins de Tadministralion intérieure et aux préparatifs de la seconde campagne contre la Prusse. Le gouvernement fut remis entre les mains du sénat pendant Tabsence du roi : il devait se réunir deux fois par semaine, le lundi et le Jeudi , de huit à onze heures, et s'assembler exlraordinairement chaque fois que les circonstances l'exigeraient ; il avait aussi à rédiger et ù inscrire le résultat des délibérations >. Le roi donna le commandement des troupes qui restaient en Suéde à son beau-frére le comte palatin Jean-Casimir. Une extrême prudence était recommandée dans la perception des nouveaux impôts, surtout de celui de mouture, de peur d'occasionner des troubles pendant l'absence du roi, et si l'on en remarquait quelques symptômes, il valait mieux céder et attendre une meilleure occasion. L'avarice, <( dont quelques officiers faisaient preuve CD accordant des congés illégaux, méritait une punition : c'était aux procureurs royaux à les accuser devant la cour supérieure *. » On fit des enrôlemens à la fois en Allemagne et en Ecosse. Gustave Horn fut envoyé pour renforcer les troupes de la Livonie avec les soldats de la Finlande. Il est fait mention d'archers >> (6âgeskyttar) , ce qui prouve qu'on n'en avait pas supprimé l'emploi dans l'armée suédoise, quoiqu'on eût remarqué pendant toute la guerre avec le Danemark que le soldat suédois était presque partout armé du mousquet et que la cavalerie elle-même avait remplacé la lance par l'arme à feu.

Ijq roi écrivit à son beau-frére au sujet do son passage en Prusse, en 1627 * : « Nous avons appareillé par un assez bon vent, le 4 mai , et nous voici arrivés heureusement aujourd'hui 8 à Pillau. Nous y avons trouvé les

* Voyez les Archives du royaume, 1627.

* Jbid.

* Instruction pour le sénat pendant Tabsencedu rot. (Voyez les Archivée du royaume, 1036.)

* Voyez la lettre du roi à Nlls SijernskOld, commandant de Pillau, 9 juiHet 1627.

* A Nils Bjelke, au sujet des troupes de Finlandei 26 avril 1627. (Voyez les Archives du royaume,)

* Pillau, 10 mal 1027. (Voyez les Archives du royaume.)

affaires en bon état *, nous débarquons immédia* tement nos soldats pour offrir la bataille & l'ennemi , qui a neuf mille hommes sous les armes et est cantonné dans quelques villes de la Pomerelle, suivant sacx>utume : cependant il a avancé sur leDantziger-Werder.Le comte palatin devait accélérer l'arrivée de la cavalerie et des recrues suédoises. L'électeur a réuni des troupes à un ou deux milles de Pillau : il redemande cette ville \ nous verrons ce qu'il veut faire. » Bientôt après le roi écrivit au sénat ■ : « La demande de l'électeur, que Pillau lui soit restituée, a été écartée par négociation. Il est obligé de nous ménager s'il ne veut que la Pologne lui enlève son fief. » Et dans une autre lettre : a Nous avons traité avec notre beau-fk-ére Télecteur, et nous sommes parvenus à obtenir de lui un armistice jusqu'à la Saint-Michel. Depuis lors, nous avons fait do nouveaux travaux aux fortifications de Pillau , et nous y avons mis une garnison de trois régimens*, nous nous sommes portés avec le reste sur Hôfl *. L'ennemi a pris position en face,àI)antziger-Werder, pour ne pas perdre toute communication avec son artillerie. Comme il était en force , nous avons décidé de l'attaquer le 25 mai. Nous avions pris nos dispositions de manière à ce que l'affaire fût engagée par le comte de Thurn et Jean Baner ; les halebardiers devaient donner ensuite. Les soldats furent parlagés sur les bateaux, et tout aurait certainement réussi à souhait, si chacun eût fait son devoir et suivi nos ordres; mais une barque seule, commandée par Axel Duval , aborda ù la rive opposée. Une partie négligea de se diriger, à l'aide de rames, vers le point indiqué ; les autres donnèrent sur des bancs de sable ; quelques-unes se rendirent où nous n'eussions pas voulu , de sorte que le désordre se mit dans noire plan. Alors nous nous sommes jeté dans une petite nacelle pour faire exécuter nos disposilions; et comme dans de telles circonstances le combat devient sou* vent très- chaud. J'ai été blessé d'une balle au ventre. Cependant nous devons remercier Dieu de ce que cet accident n'a pas eu de suites fâcheuses; nous espérons être rétabli dans

* Le 15 mai.

* Haupt ou Hort est un fort, prés de Dantzlg, que les Suédois avaient pris Tannée précédente. Avant l'arrivée du roi à Pillau, les Polonais avaient cherché à le reprendre, mais ils furent repoussés par le maiécbal Hermaa Wrangel.

quelques jours et pouvoir nous remettre à la tète des affaires. Dans cette situation , nous avons été obligés de faire retirer nos troupes , qui n'avaient pas souffert de grandes pertes. Le comte de Thurn a été blessé , ainsi que le capitaine Axel Duval. Comme nous sommes assuré que l'exagération s'emparera de cette nouvelle, nous avons voulu vous communiquer tous ces détails pour vous prémunir contre les versions qui seraient contraires à la vérité. » Cette lettre fut écrite le Jour même de l'événement * \ elle contenait en même temps la nouvelle de l'arrivée de l'envoyé niederlandais à Ëlbing « sans doute pour négocier la paix entre nous et la Pologne, écrit le roi , et peur réclamer la liberté du commerce avec Danlzig ainsi que celle de la navigation sur la Vistule. » La blessure du roi se guérit. Il rassembla ses troupes à Dirschau dans l'intention d'attaquer Koniecpolski, dont le camp n'élait qu'à un demi-mille de là. Alors arriva la nouvelle que le général Potocki avait assiégé Braunsberg, et cette ville serait tombée en son pouvoir par l'effet des intelligences qu'il y avait formées si le roi ne fût venu à son secours ; il poursuivit l'ennemi, respace de cinq milles , jusqu'à Wormditt. Cependant Mevé se rendit à Koniecpolski. Le roi vengea celte perte par l'attaque des retranchemens de l'ennemi en face de Hôfl ^ ils furent emportés le 4 juillet : u Nous vous avons annoncé, écrivit le roi au sénat, la victoire qui nous a rendus maîtres, presque sans effusion de sang, des forts élevés par lesDanlzigois. Ayant appris la défeclion de l'électeur et son dessein de faire passer à l'ennemi des secours considérables, nous avons laissé le chancelier à Hôft, et nous sommes entrés le 12 dans la principauté pour déjouer ce projet. Nous avons rencontré le corps auxiliaire à Morungen; il était fort de dix-huit cents hommes de pied et de quatre compagnies de cavaliers avec cinq canons. Nous avons enveloppé l'ennemi, qui s'est rendu par capitulation et est entré avec plaisir à notre service ; nous en avons renvojé une partie par considération pour l'électeur. Nous avons eu beaucoup de peine , ajouta le roi, à nourrir nos soldais avec ce que nous avons trouvé ici-, nous sommes étonne de n'avoir reçu de Suède que quelques milliers de Iha-

• Berwald, 25 mai 1627. (Voyez les y/rchives du royaume.) Dans la barque du roi, personne ne fut blessé que lui ; il tenait le gouvernail en main.

lers , qui ne suffisent pas à nos besoins. Nou9 avons eu le dessus avec l'ennemi, d'abord dans une petite escarmouche, le dernier jour de juillet , entre Dirschau et le camp ennemi ] nous avons battu deux compagnies de hussards * et quatre compagnies de cosaques avec un petit détachement de nos cavaliers ; puis le 7 août, lorsque nous déployâmes toute notre cavalerie et l'ennemi la sienne, la moitié de la nôtre (car dix-neuf compagnies ne prirent aucune part à l'action ) repoussa Fennemi, de sorte qu'il fut obligé de chercher sa sûreté dans son camp, où le général Koniecpolski se sauva sans chapeau et à pied. Le jour suivant, nous nous sommes présentés en ordre de bataille devant le camp ennemi et nous avons fait jouer notre artillerie. Nos adversaires paraissaient vouloir prcn« dre la fuite, mais Dieu ne l'a pas permis , car dés le commencement de Taffaire, dans un défilé d'où nous voulions débusquer les mousquetaires ennemis , nous avons été nous-mônie blessé par une balle à l'épaule droite, prés du cou. Cet accident a arrêté nos desseins , et la victoire n'a pas été complète; cependant nous remercions Dieu d'avoir empoché que nous fussions trop grièvement blessé pour reproridre le commandement de nos troupes. Il paraît que les victoires de l'empereur donnent du courage à nos ennemis *. » Cette dernière supposition est confirmée par Axel Oxenstjerna : u L'ennemi a déjà reçu, écrit-il au sénat, des renforts de l'empereur, qui a envoyé le duc de llolslein avec son régiment au secours du roi de Pologne. Il n'est pas probable que la paix se fasse , malgré les efforts des envoyés niederlandais. Tout est encore indécis avec l'électeur de Brandenbourg^ cependant j'espère que les difficultés s'arrangeront. Le roi est si bien rétabli qu'il peut monter à cheval. Les commissaires polonais prétendent toujours que la Suède doit être restituée à leur roi à et ses descendans : nous n'entendons pas cela. Le roi Sigismond et le prince Vladislaus sont arrivés au camp polonais ^. Pendant le séjour du roi à Dirschau, séjour qui s'est prolongé jusqu'au

* Les hussards, dans la langue de ce temps, étaient appelés spcrreuler.

* Au comte palatin. Dirschau, H août 1C27. (Voyez les Archives du royaume.)

^ Le lires du chancelier du royaume à Gabriel Oxensljerna et au sénat en date des 15 et 18 août 1627, (Voyez \es Archives du royaume)

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