‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 166 sur 275 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

il marcba lui-même pour les couvrir sur la droite, dans la direction du fleuve Liebke, jusqu'au village de Honingsfeldt. Là on commença d'apercevoir Tennemi, qui avec ses forées réunies cherchait à couper le chemin au roi. Il y eut une escarmouche à Tarrière-garde ; le roi en profita pour faire filer le reste de ses troupes. Il parle lui-même de cette affaire en ces termes : « En voulant soutenir une patrouille que nous avions envoyée à Risenborg et que Tennemi essaya de prendre, les nôtres, surtout le comte du Rhin \ contre nos ordres précis , s'étaient engagés avec l'ennemi, qui avait eu le temps de tomber sur eux avec toutes ses forces, et quoique les nôtres prissent courage et voulussent résister, ils furent si vigoureusement chargés qu'ils furent dispersés, malgré leur bravoure , et prirent la fuite , laissant à l'ennemi dix canons de cuir destinés à protéger Tarrière-garde. Nous envoyâmes plusieurs fois chercher d'autres troupes ; elles ne purent arriver à temps : pendant l'escarmouche intempestive du comte du Rhin , elles s'étaient éloignées , et nous étions nous-mêmes trop occupé à l'arriére-garde à rallier nos soldats dispersés. Mais Hans Wrangel étant survenu avec son escadron et celui d'Ekoltz , et lé régiment de Baudissin étant accouru à notre secours, nonseulement nous avons sauvé nos troupes engagées , mais nous avons même repoussé l'ennemi Jusqu'à Honingsfeldt. Nous ralliâmes notre cavalerie (car l'infanterie s'était déjà portée sur Marienbourg), et l'ennemi , voyant que nous lui étions supérieurs en nombre, chercha à réunir son infanterie et sa cavalerie pour nous attaquer avec toutes ses forces^ néanmoins nous nous retirâmes en bon ordre. Deux fois il tenta de nous entamer , d*abord dans un village , puis dans un défilé^ mais il a été bravement reçu et repoussé avec perte. Nous arrivâmes ainsi sans encombre à Martenbourg. Nous avons eu 200 hommes tués. La perte de l'ennemi n'est pas moins grande *, et si nous n'avions pas perdu nos canons et cinq étendards dans le premier engagement , il serait douteux qui a le plus souffert , de l'ennemi ou de nous. » Tel est le récit du roi sur l'affaire où les Polonais prétendent avoir remporté à Stum une si grande victoire. Gus-

< Le «omlG da Rbln, OlhoD Louis, un des colonels

du roi.

tave ne parle pas du danger qu'il a couru ; mais Axel Oxenstjerna en a fait mention : « En 1629, le 17 juin *, on en vint aux prises avec les Polonais à Stum; le combat était acharné. Un soldat ennemi s'attacha au baudrier de Gustave, qui le lui laissa entre les mains et échappa ainsi au danger après avoir perdu ce baudrier et son chapeau. Un autre Polonais le prit dans ses bras et voulut l'emporter; mais Erik Soop accourut à son aide et le sauva en tuant le Polonais *. » Gustave-Adolphe fortifia son camp sous les murs de Marienbourg; ses soldats y souffrirent d'une maladie contagieuse. L'ennemi suivait les mouvemens de Gustave-Adolphe-, mais il n'osait rien entreprendre d'essentiel depuis l'arrivée des renforts amenés de Suède par Jacques de La Gardie *, quoiqu'il y eût journellement des engagemens partiels entre les deux camps fortifiés. Sigismond assistait avec ses deux fils atnés à ces escarmouches :« Il n'a pas apporté d'argent, dit Gustave- Adolphe, mais seulement la promesse de payer au mois d'août la solde pour trois mois ; elle s'élève, pour les impériaux seulement, à trois tonneaux d'or^, somme qu'il parait assez difficile de se procurer. Jusqu'ici les impériaux n'ont rien fait, et comjne ils sont entrés dans le pays contre la volonté des états et sur l'invitation du roi et de son parti, la haine contre^ eux ne fait que s'accroître. Arnheim est encore' avec trois régi mens devant Montau ^ Au moment où nous voulions nous rendre en Suède, le ministre du roi de France , le baron Charnacé, est arrivé dans notre camp, offrant sa médiation pour un traité avec l'ennemi. Nous avons consenti à ce que des négociations s'ouvrissent, relativement à un armistice, aux conditions proposées l'hiver passé par le chancelier, et nous avons choisi pour négociateurs ce dernier, le feld-maréchal • et Jean Baner, qui eurent, le 30 juillet, avec les Polonais une entrevue où l'on décida que non-seulement Sigis-

I Voyez Adlcrsparre , HUtoriika iamlingar, t. 3 ,

* Manuscrits de PalmskOId.

> n avait avec lui des Suédois et des soldats étrangers, entre autres mnie Anglais ou Écossais sous les ordres de Spens.

* Manière de compter en Suède. I^ tonneau d'or vaut 100,000 thalers.

^ Fort que les Suédois possédaient sur la Vistulç. '. « Jacques de La Qardiç.

mond 9 mais aussi la république de Pologne devaient nous donner le titre de roi de Suéde*.)) Les négociations se continuèrent tout le mois d'août sous la médiation de la France , et depuis le commencement de septembre sous la médiation de TAngleterre. Elles furent plusieurs fois sur le point d'être rompues (elles le furent effectivement un fois), non-seulement à cause des préten lions opposées des Suédois et des Polonais, mais aussi par celles des médiateurs*. Gustave n'en attendit pas Tissue pour retourner en Suéde. Le 16 septembre 1629, Tarmistice avec la Pologne fut signé pour six ans, en plein air, à Altmark, non loin de Stum. Strasburg, Dirschau, Wormditt, Mehlsack, Frauenburg furent livrés à la Pologne^ Mittau le fut au duc de Courtaude. L'électeur de Brandenbourg d«^ vait occuper Marienbourg , Stum et Danziger- Haupt pendant Tarmistice. Gustave -Adolphe conserva Elbing, Braunsberg, Pillau et Memel. La liberté de conscience fut accordée aux protestans et aux catholiques , et le commerce fut déclaré libre pour les sujets des deux couronnes.

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