‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 167 sur 275 · GUERRE D'ALLEM4GNE · texte numérisé non relu

GUERRE D'ALLEM4GNE

Gustave-Adolphe avait trente-quatre ans , il était par conséquent parvenu au plus grand développement de ses facultés. Il n'y avait pas alors en Europe de nom qui lH*illdt d'un plus Yif éclat : « Ce roi de Suède , dit RicheKeu *, est un nouveau soleil qui vient de se lever, jeune, mais d'une vaste renommée. Les princes maltraités ou bannis de TAUemagne ont dans leur malheur tourné leurs regards vers lui comme le marin vers l'étoile polaire. » L'histoire a eonsigné les négociations entre les princes d'Allemagne et Gustave-Adolphe , depuis 1614. Il reçut alors à Narva, du Landgrave Moriiz, de Hesse-Cassel, un envoyé chargé de le prier de se tenir prêt à tout événement. Une

* Voyez la lettre de GusUve-Adolphe au comte palatin Jean-Casimir en date du 10 août. {Archives du roycutme.)

'II s^éleva des contestations entre les ministres français et anglais au sujet de la préséance , et ni Tun ni Tautre ne voulait céder : « Réglez vos affaires sans les consulter, et laissez-les s'arranger entre eux , » écrivit Gustave à Aiel Oxenstjerna le 8 septembre.

• Mémoires de Richelieu. Taris, 1823.

ligue fut formée entre plusieurs électeurs et États d'Allemagne contre les catholiques pour la défense du libre exercice du culte ; l'Angleterre, les Niederlandes, la Suisse en faisaient partie. On voulait appeler ostensiblement le roi de Suéde à cette alliance ^ on lui en fit bientôt rinvitalion par un envoyé deHeilbronn,oi!ilcs protestans venaient d'avoir une réunion. La lettre, datée du 25 février 1614, était signée de Frédéric V, électeur du Palatinat; de Jean II , comte palatin de Deux-Ponts \ de Jean-Frédéric, duc de Wurtemberg^ de George-Frédéric, margrave de Bade^ de Christian, prince d'Anhalt, et de Joachim-Ernest, margrave de Brandenbourg. La réponse de Gustave-Adolphe prouva sa bonne volonté^ mais elle démonlra clairement les obstacles qui s'opposeraient à leurs vœux et aux siens tant que durerait la guerre de Pologne et de Russie. Dans une ordonnance du 6 mai 1615, où il prescrit certains jours de prière à ses peuples , il les engage à prier le ciel pour leurs frères de ménie croyance en Allemagne*.

Ce qui manquait surtout, c'était la goih corde. L'électeur de Saxe avait tenté, mais en vain, d'entrer dans la ligue catholique* plutôt que de reconnaître le Palatinat réformé comme chef de l'union protestante ; et lorsque le malheureux Frédéric Y du Palatinat perdit aussi vitequ'il Tavait gagnée la couronne deBohèBae, que lui avaient offerte les rebelles , on vit Jea»- George de Saxe, laissant aux théologiens le soin de discuter sur le point de savoir si les luthériens se rapprochaient plu» des catholiques que des réformés, aider l'empereur à supprimer la liberté religieuse en Bohême' en recevant la Lauface pour prix de son apostasie. La guerre de trente ans venait de commencer.

Les dévastations opérées en Allemagne par les armes réunies de l'empereur, de l'Espagne et de la ligue , les malheurs de la maison palatine et la diss(^ution de l'union évangélique firent naturellement tourner vers les souverains du Nord toutes les espérances des princes et

'.Voyez Hallenberg. t. ï, p. 246.

* Voyez Baumer, Geschiehte EuropoM teit den funfzehnten Jahràundert, t. 3, p. 354.

' Voyez Ualtenberg, t. 4, p. 80J; Raumer, 1. c , t. 3, p. 391. — Gustave- Adolphe envoya des munitions à ^électeur du Palatinat. Mârten Paull, dans ses instructions du 26 août 1620, avait ordre d'envoyer boit canons et quatre mille boulets en Bobéme. (Voyez les Archives du royaume.)

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