‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 17 sur 275 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

mention , appartenait encore dans les derniers temps h la sénéchaussée d'Upland« Les quatre plus anciens dislricls du Fjerdhundraland sont sans doute ceux qui sont situés entre Ôrsundsbro et Sâfvastrôm ou Sagftn, et celui de Thorsâker dans Touest*. Les limites du Fjerdbuodra s'étendirent avec les progrés de la culture. Trois districts nouveaux ayant été ajoutés aux anciens, il reçut le nom de Sjuhunda, qui s'est conservé dans celui de Siunda ou Siende. Le Fjcrdhundra comprenait tout Tancien Westroanland jusqu'à Westra Aros (aujourd'hui Westerâs*). De l'autre côté, jusqu'à Texlrémité du Mâlaren et aux forêts du Keglan , tout ce qui était cultivé dans le Yestmanland , appelé d'abord Tuhundra 9 formait deux districts *.

Ce que nous avons dit de l'étendue du soi cultivé du Yestmanland est confirmé par les souvenirs que le paganisme nous a laissés. L'ancienne terre cultivée en Suéde est partout peuplée de tombeaux en forme de tertres (àUehôgar). Ces tertres , si connus dans les anciens Folklanden, sont très-nombreux dans le Westrmanland , surtout depuis Thorsâker^ au sud et près des frontières d'Upiand^ ils suivent la direction du lac M&laren et s'élèvent le long des rivages. Les tertres du Westmanland couvrent le pays méridional et le centre * -, le reste était chargé de forêts primitives.

Ainsi s'opéra l'établissement des anciens ha-

comprfs: « A auêtarverdum Tacrinum vettrfrà Stoksund, » dit la saga. l\ s'appelait aussi en ancien suédois Tàr, Tôrm, et il est ainsi écrit dans les actes du moyen âge ; Je n'en connais pas l'origine.

■ Regiêtrum up$al. , c. b, en compte cinq : Trogd, Aashunderi , Hsemda, Simbohundsrl (aujourd'hui Samtana),Thor$akur (ai^ourd'hui Torstuna) et Lagsund. Hais le moiFierdhundraprouye que les districts étaient d'abord au nombre de quatre : Si mtuna, ainsi que celui qui était plus à l'ouest, y a été ajouté plus tard ; il n'était pas d'abord compris dans le Thors&ker, dont le nom indique l'antiquité. La rivière de SAfva est indiquée comme frontière dans la préface de la Loi d'Upland, du roi Birger.

* ^ros signiOe embouchure. Celle de la rivière de Fyris, près d'Upsala, dans le lac Melarn. s'appelle ^ro« (Heimsk., la Saga de saint Olof, c.20d>) onOstra aros. yestra aroê était l'embouchure de la rivière Svarta dans ce lac près de Westeras, qui en prit le nom.

' Selon toutes les analogies, le nom des districts de Siende et de T\ihundra, situés des deux côtés de Vesteras, indiquent qu'ils comprenaient autrefois, l'un sept, l'autre deux districU.

'■ Il n'y a que la paroisse d'Enaker qui fasse exception en s'alloDgeant jusqu'au fleuve de Dal.

bilans de la Suéde proprement dite des deux côtés du Mâlaren*.Ce lac immense et imposant^ qui forme tant de golfes et se couronne de tant d'îles , dans lequel , pour nous servir de l'expression de la Saga des Rois , se déchargent toutes les eaux courantes du Suilhiod , qu'il transporte à la mer*, était dans le c«ur du royaume le principal moyen de communication intérieure et extérieure avec les amis ou les ennemis. Depuis les temps connus , rentrée et la sortie en étaient trés-étroiles'. Dans son intérieur, qui fut avec raison appelé une côte prolongée , où germaient des tles (shàrgârd)^ on trouvait de bons ports : Birca est Tun des plus remarquables ^ ; elle est ainsi décrite : «Yilie située au milieu delà Suède, non loin du temple d'Upsala, le plus célèbre de ceux des Suéones idolâtres , là où un golfe de la mer Barbare ou Baltique, s'avançant au nord, offre un port aux barbares qui habitent ces côtes. La route est dangereuse pour les imprudens et pour ceux qui ne connaissent pas le passage; car les habitans, exposés aux attaques des pirates, ont semé la côte de masses de rochers qui rendent la navigation aussi difficile pour eux-mêmes que pour leurs ennemis. C'est pourtant la plus sûre de toutes les côtes de la Suéde, et les vaisseaux des Danois, des Norvégiens, des Slaves , des Sembes ainsi que des autres peuples Scythes ont coutume d'y relâcher pour y tenir une foire où se fait l'échange des productions de ce sol. » De la Scanie , on touchait en cinq jours â Sigtuna ou â Birca **. A la fin, il est dit clairement que Birca était située près de Sigtuna*, et que de ce

* Ce lac était autrefois regardé comme an golfe ou comme une continuation de la Baltique.

* Heimsltring., Saga de saint Olof, c. 6. »L. c.

* « Birca est oppidum Gothorum, in medio Sveonls posilum, non longe ab eo templo , quod celeberrimum Sveones babent in cultu Deorum, Ubsola dicto; in quo loco sinus quidam ejns freti, quod BaMcum vel Barbarum dicitur, in baream vergens.portum facit gentibus , quœ hoc mare dimisi habitant, optabilem ; sed valde periculosum incautis et ignaris ejus modi locorum etc. > (Adam. Brem. Hist. eccL, I. Il, c. 48.) Birca, qui s'appelle ici oppidum Gothorum, est nommé dans un autre passage du même auteur Birca Sueonum, [De silu Daniœ, p. 59). Les Sembes sont des habitans de la Prusse.

1* « A Sconia Danorum navigantibus ad Bircamquinque dierum habes iter.» (Adam. Brem. De situ Daniœ, p. 59, note 80.)

* « A Sconia Danorum per mare velificans quinto die

lieu on gagnait Upsala dans une journée de chemin*.

Cette description ne convient point à noire petite tle BJorkOn , dans le Mfllaren, où, yu la ressemblance de nom, nos antiquaires ont voulu voir des restes de Tancienne ville , quoique Tauteur à qui nous avons emprunté ce récit, ajoute que lorsqu'il écrivit (1072) « Birca était déserte et dans un tel état de ruine qu'il en restait à peine des traces. » Mais des témoignages antérieurs à celui-ci de deux cents ans nous représentent celte ville dans un état florissant. L*apôtre du Nord. Anschair, Fa visitée deux fois. Son successeur et son biographe, Rimberlus, Ta vue*. D'après leur description, c'est un port de la Suéde, une bourgade remplie de riches marchands, abondante en or et en argent. Dans le voisinage de Birca existait une autre ville ou place forlifiée, renfermant une garnison, peu nombreuse à la vérité. EUe avait des temples ou , selon l'expression des idolâtres, des dieux nombreux et puissans. Là se réfugiaient les habitans et les marchands de Birca pour y sacrifier à leurs dieux, conjurer les mauvais esprits ou écarter le danger qui les menaçait h l'approche de leurs ennemis. Il est clair que cette ville, qu'on ne nomme pas, n'est autre que Sigtuna, que nous avons placée près de Birca ; c'est la même Sigtuna où, d'après la Saga d'Vnglinga, Odin institua des sacrifices et établit sa cour , et que YEdda dit qu'il choisit pour sa résidence fortifiée {borgdslad), c'est la signification littérale du mot^ car tun signifie clôture , et l'on peut juger de ce qu'étaient ces fortifications par ce que nous avons dit de la ville de Lund> qui était entourée de fortifications de bois {tr&borg)> Mais le nom de Birca , dont parlent d'abord les auteurs saxons * qui] écrivaient en latin, a probablement pour racine le mot Scandinave borg (bourg) ^. 11 y a donc idendité dans l'indication de la posilion et du nom. On ne pourrait expli-

pervenias ad Sicionam vel Bircam, juita enim sunt.» (Adam. Brem.)

* « Sictona civitas distat ab Ubsola iUnere unius diei. • [Ibid.)

« Voyez F^ita Ansgarii , p^r Rimbertum et f^ita Rimberti ; Adam. Brem. a suivi ces deux ouvrages. Adam dit que Rimberlus est ailé aussi è Birca. [Hist, ecclet.j lib. I» c. 50.)

> Adam. Brem. et Helmold, Chronic. Slavorum.

* Borg , anglo-saion byric ; de là le mot laUn Byrka ou Birca,

quer pourquoi les anciens Islandais n'ont jamais fait mention de Birca, quoiqu'elle ne fût pas détruite à l'époque où ils visitèrent les bords du MAlaren. Dans tous les cas, l'existence traditionnelle d'une aussi grande ville ne doit pas leur avoir été inconnue *. Ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'ils parlent de deux Sigtuna , dont l'une est appelée Vancienne , et c'est sur son emplacement que nous devons chercher les ruines de Birca.

Dans tous les districts des mines de Suéde, c'est avec le fer qu'on en a extrait que le sol de ces pays a été d'abord défriché ^ il en a été de même dans le district des mines d'Upland ainsi que dans ceux du Yermland oriental , de la Néricieet du Veslmanland**, car si ce pays montagneux, au milieu des cours d'eau et des lacs les plus considérables de la Suède , dès les temps les plus reculés , avait des habitans dispersés dans les forêts , il n'en est pas moins vrai que la culture des terres ne peut dater que de l'exploitation des mines dans le moyen Age chrétien^ encore son plus grand développement fut-il subordonné à l'exploitation des mines sous Charles IX et le grand Gustave- Adolphe. Tout ce pays est jeune : ainsi sont Sala Silfverbergwerk (les mines d'argent de Sala) et Stora Kopparberget (la grande montagne de cuivre). La partie méridionale de la Dalécarlie est la plus ancienne , quoiqu'elle ne se montre pas encore sous ce nom dans l'histoire. Comme partout ailleurs , les grands fleuves ont attiré les habitans, et leurs rives ont été peuplées les premières. Le puissant fleuve

* I>es bardes islandais visitèrent le lac Malaren sous le régne d'Ërik-le-Victorieui et assistèrent k la bataille qui rut livrée à Slyrbjôrn dans les plaines d*lTpsala en 08d.(yoyez Annales de Suèdct 1. 1, p. 206.) Quarante-sept ans auparavant, Birca existait encore, car l'archevêque de Brème , Unni, y mourut en 936 (Ad. Brem., Hist. eccles,, 1. 1, c. 51); niais s! la ville eût été détruite dans cet intervalle, il eût été impossible que le souvenir en fût entièrement efbcé.

' Les districts des mines de Philipstadt, de Carlskoga, de Lekcberg , de Grythytle, de Nora, de Linde, de Nya Kopparberg , de Norberg , de Wester Bergslagen , dans la Dalécarlie, el les contrées de Vestrabergslagen ont été peuplés très-tard, ainsi que le district des mines de Veslmanland et de Néricic, qui les avoisinent. On peut voir dans la forèl de Hagge, dans le Norberke, une pierre qui a servi de borne délimita 11 ve entre la pa~ roisse de Nas dans la Dalécarlie, celle de Malma (près de Kôping dans le Veslmanland) et celle de Linde; mais il n'est question , dans tout cela , que de la dernière période du moyen Age catholique.

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