‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 18 sur 275 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

de Dala {Dalelfven) nous en oiTre un nouvel exemple. Les Sagas des Rois nous représentent cette terre comme exploitée de temps immémorial par la main de Thomme ^ il en est de même partout où Ton rencontre des tertres lumulaires » {fiitehôgar). Ici se trouve aussi le JemhUraland (pays produisant du fer) du paganisme , et le district oriental des mines actuel (Ûsterbergslagen) ^^ le plus ancien de Suède , autant qu'on peut employer cette expression de district à une époque aussi éloignée \ llern- Mraland s'étendait l Jusqu'aux limites des Westerdalarne ( la Dalécarlie occidentale ) \ sous cette dénomination, on comprenait même les Osterdalarne ( la Dalécarlie orientale ). Thorsâng, autrefois Thors-Angur, est sans doute une des plus anciennes bourgades de la Dalécarlie, et diverses traditions expliquent de quelle manière les habilans do Thorsâng ont établi leurs vacheries dans le haut pays^ à Falun, sur le Kopparberget (montagne de cuivre), à Sundborn , et k Svârdsjo. L'expédition de saint Olof, au printemps de 1030, traversa ces contrées et se rendit en Noryége par la Helsingie (Hehingland) et le Jemlland. En sortant de TUpland, elle passa par d'épaisses forêts et poursuivit sa marche jusqu'au Jembâraland , à travers des bois , des déserts immenses , souvent arrêtée par des rivières. Les compagnons de saint Olof transportaient des barques , et à chaque halte ils construisaient pour s'abriter des hultes, qui furent longtemps appelées les huttes d'Olof {Olofs bodar) Cent cinquante ans plus tard il se lit, dit-on, une excursion encore plus aventureuse, Le roi Sverre », fuyant du sud de la Norvège, parcourut avec une troupe de brigands, qui l'avaient choisi pour chef, la forêt de douze milles^ {Tolf-mila J'Ao^en) jusqu'au district d'Eke *, dans le Wermland. Ensuite ils péné-

* Halphers fait mention des liimali des paroisses de Husby, de Hedemora, de By, de Grytuas, de Tiina, de Thorsâng et de Nas. En général, ils sont rares, et Ton n'en voit pas au delà du nord du fleuve de Oâl. Il ne s'en trouve p«is dans les Osterdalarne ( la Dalécarlie orientale), sinon peut-être à Mora.

' Les paroisses de Tuna^Skedwi, Sater, Husby, Hedemora, Garpenbcrg, By et Folkerna.

* Voyez la Saga deSvemc, c. 12,

* Elle porte encore ce nom, ainsi que la foret frontière vers la Dalécarlie Tiomilaskogen ( la forêt de dix milles}.

^ Eikis hcrat., édit. de Copenhague.

trèrent ensemble dans une forêt encore plus étendue des Westerdalarne ( la Dalécarlie occidentale), et ils arrivèrent à Malung*, bourgade à laquelle la chasse et la pelleterie ont yalu un nom et des habitans. De là, au milieu d'obstacles et de difficultés incroyables, que leur opposaient les débordemens des rivières, les déserts et les forêts, ils firent quinze haltes, ne vivant que de la chair des oiseaux et des élans que la chasse leur procurait. Ces aventuriers parvinrent enfin au Jernb&raiand , qui signifie Osterdalarne (la Dalécarlie orientale) , probablement Elfdalen ou Mora. Quel aspect avaient au douzième siècle ces conirées que Gustave Wasa a rendues depuis si célèbres ? L'idol&trie y régnait encore. Le peuple n'avait jamais vu de roi et ne savait , dit la tradition , si ce qu'on appelait de ce nom était un homme ou un animal ^ il n'était jamais sorti de ses forêts pour communiquer avec ses voisins. Cependant Sverre en fut bien reçu, et ce fut avec son secours qu'il put continuer sa route, malgré les rivières et les lacs, du Jernb&raland au Uerjedalcn (le Herjedal) , l'espace de dixhuit haltes, et pousser enfin jusqu'à Trondhem, par le Jemtland. Souvent cette troupe n'avait pour toute nourriture que des écorces ou des baies, qui s'étaient conservées pendant l'hiver sous la neige. Cette excursion eut lieu en 1 177. Sverre repassa le Jernbâraland Tannée suivante. Alors les paysans lui montrèrent des dispositions moins favorables : pour entraver sa marche, ils abattirent des bois ; ils dirent à Sverre qu'ils n'étaient pas habitués à de semblables visites de rois, et ils né voulurent pas le recevoir. Il pénétra ceiîendant près d'AIfta, dans la Helsingie.

Suivant les plus anciens documens, la partie la plus méridionale de la Suède était habitée par des Goths : une saga, moitié mythique, moitié historique , parvenue jusqu'à nous , a pour objet la prise en possession de la partie moyenne du pays par des Suédois ( Svear ). L'histoire constate que la partie septentrionale était livrée à la culture. Des colons ont commencé , dès les temps d'idolâtrie , à chasser les habitans nomades de ces vastes conirées. Toute la partie suédoise du Norrland (pays

* Molungr. On présume que ce nom dérive de \x chasse des martres , car mard (martre) se prononce mol. Les habitans vivent encore du produit do la préparation des peaux.

du Nord), baigoco par la Baltique, depuis Tembouchure du fleuve de Dal* Jusque par delà le Norbolten (Norbollinie), a été connue jusqu'au quinzième siècle sous le nom gé* néral de Helsingeland (Helsingie). A Touest, plus près des montagnes (Fjëllenj, on trouvait le Herjedal et le Jemtland. Voici ce qu'on lit dans les Sagas des BoiSy au sujet des premiers habilans de ces provinces : « Kettil Jamte, fils d'Anund jarl de Sparabo, dans leTrondhem, se retira devant le roi Ûsten 111* râda de Tautre côté du Kiôlen , à Test ^ il défricha la terre et édifia des maisons dans la province qui porte encore le nom de Jemtland. Grand nombre d'habitans de Trondhem se retirèrent dans ce même canton pour se mettre à Tabri des guerres qui éclatèrent quand le roi Ôsten accabla d'impôts le peuple de Trondbem et lui donna pour roi son chien, qui s'appelait Saur. Keltil avait un petit-fils , ThorerHelsing, qui donna son nom au Helsingland (Helsingie). Il y cultiva la terre ^ et lorsque le roi Harald Hftrfager voulut soumettre le royaume, beaucoup de Thronds et de Naumdôles ( Thronder och Naumdô- 1er) quittèrent leurs foyers, et ils défrichèrent alors plus de terres à l'est du Jemtland ; quelques-uns côtoyèrent le Helsingeland , h Test , le long de la mer, devinrent sujets du roi de Suède et commercèrent avec ce pays. » Mais ce fut le roi Haquin (Hftkan) Adélstens fostre qui donna des bases plus solides au commerce entre la Norvège et le Jemtland *. Ainsi les premiers habitans du Norrland sont déjà désignés comme adonnés au commerce. Ils trafiquent encore aujourd'hui des produits de leur chasse et du bétail qu'ils élèvent , tant est invariable l'ordre fondé sur la nature du sol. Quant au Herjedal , voici ce qu'on en dit : « Herjulf était merkisman , c'est-à-dire porte- étendard du roi Halfdan Svarte , père de Harald H&rfager, auprès duquel il était en grande faveur. Dans un repas il fut saisi d'un si violent mouvement de colère conjlro un autre courtisan qu'il le frappa d'une coupe garnie en argent, laquelle se brisa. Le courtisan en mourut. Ce meurtre , qui valut à Herjulf le nom d'Hornbrylaren », le fit exiler.

' * « Quas regioDcs fluvius Elf dislingaft a Svecia. » Ericus Olai.

' Voyez la Saga du roi Hâkan Adelstens fostre, c. 1 4. * Briseur de coupe.

Il fut bien accueilli d'Erik Emundsson,'^rdi de Suède, dont il fut longtemps le guerrier. A la fin il séduisit la sœur du roi, Ingeborg, qu'il enleva, et se fixa avec elle dans une vallée sauvage, au sud du Jemtland, laquelle fut nommée, à cause de iul'^Herjulfsdal (vallée de Ilerjull) ou le Herjedal *. »

Les habitans du Herjedal montrent encore aujourd'hui l'endroit qu'ont habité Herjulf et sa femme, ainsi que le tertre qui cache leurs cendres "et leurs^trésors, aux'J)ords de la rivière Herje , à quatre milles à l'ouest de l'église de Lillherrdal ". Ils parlent encore de sa fille et de ses quatre fils , dont deux luèrentHeurs^frères dans une dispute qu'ils eurent au sujet de leur pêche. Les deux qui survécurent régnèrent, dit la tradition, sur de petits états en Norvège, et au nombre des premiers habitans de l'Islande se trouvait un de leurs petits-fils. Les élans et les bêtes » tuées à la chasse étaient dans le Herjedal , comme dans le Jemtland, le premier et principal moyen de subsistance des colons. Les peaux leur servaient à faire un commerce d'échange avec la Norvège ; la communauté d'origine et le voisinage les lièrent avec les habitans de ce pays^ Mais à l'est, le long de la mer, dit Snorre Sturleson , les Suédois avaient défriché la Helsingie <*, et partout les premières populations s'étendirent des bords de la mer dans les vallées arrosées par des fleuves. Dans la Gestricie {Gestrikeland) elles suivaient en partie

« Voyez y Histoire de Norvège de Schôning, 1. 435.

\f^oyez Hulpliers, Description de Herjedalen , pp. 43, 47. Dans les vaUées de Ljung et de Ljusne, paroisse de Hede, on rencontre de semblables tertres qui s'appellent collines du bien» collines^ païennes {gods hôgar, heiningah,), où Ton a trouvé des pièces d'argent (1. c, p. 74). Le Jemtland ne possède presque aucun de ces tertres. (Hulphers n'en signale que deux dans la paroisse de Matmar). Une seule rune sur le FrOson rappelle le souvenir d'Ostmader, fils de Gudfast, qui fit baptiser le Jontalant (Jemtland). l^a Dalécarlie n'a eu également qu'une pierre runique, autrefois près Hcdemora.

> Le JemUand porte dans ses armes an élan avec un loup sur la gorge et un faucon sur le dos. Les armes des provinces, quoique d'une origine plus moderne, servent souvent à reconnaître les premiers moyens d'existence de ces pays. Aussi les armes de Néricie, les flèches mises en forme de croix, indiquentelles la chasse dans les bois : les trois montagnes brillantes de Westmanland désignent leurs mines ; le bouc de Helsingie, l'entreUen du bétail.

* Heimskringla, 1. c.

* Hcimskringla, Saga de Hâkan Adelsten.y c. 14.

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