‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 176 sur 275 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

monté le premier mx éebdies, reçut 1,000 ibaler» et Tui noiQiQé capitaine au régiment de la garde royale {lif regemimi^l). Is roi , poursuivant Tennemi, se dirigea vers I^ansberg, qu'il prit le 16 avril S et voulut occuper Kusirin et Spandau pour être k même de secourir Magdebourg.

Cette demande était de nature à rendre nécessaire sa visite à Berlin à la tête de son armée : « Je ne puis blâmer Télecteur mon beaufrëre , disait le roi à cette occasion , do s'attris* ter, car Je demande des choses dé)icales et dangereuses *, mais ce n'est pas pour moi que je les demande , c'est pour le salut de Télecteur lui-môme , de son pays et de la chrétienté. Mop chemin va à Magdebourg *. » On n'osait refuser ce qu'il demandait \ mais pour arrêter Tilly on réclama aussi l'assistance de la Saxe. La conservation de Magdebourg , si importante pour

Impériaux crièrent t « Amateqrs de strOmling (espèce de harengs de la Baltique), la faim vous a fait manger tous vos canons de cuir 1 • {Swed. intêlHg., t. 1 , p. 89.) Le roi, dans nno lettre au chancelier, raconte ainsi la prise de Francfort : « Gomme nous ignorions complètement où Tilly voulait diriger sa marche en quittant Neu-Brandenbourg , nous nous rendîmes k Sch^edt pour avoir des nouvelles. Li nous apprîmes qu'il allait assiéger Magdebourg. Alors nous nous por^ tâmes sur Francfort poor être pins près du congrès de Leipzig et olllrlr la bataille à Tiliy* Nous envoyâmes le marchai Horn pour assiéger Gripswald et, sMl était posi ibie , faire une diversion dans le Mecklenbourg. Mous arrivâmes A Francfort le 2 avril ; l'ennemi mil le feu aux faubourgs. L0 S,* nous fîmes placer quelques bal tories et commandlmw l'attaque des portes Pfr quelques troupes protégées par le feu de nos canons. Mous n*avions Jamais pensé à prendre la ville. Mais les nôtres ne se contentèrent pas de chasser Tennemi de tous ses ouvrages avancés, ils le poursuivirent Jusque sona les mura, et quelques-uns, pourvus é'éelielles, entrèrent dans la ville et s'y battirent Jusqu'à ce qu'ils eussent fait sauter les portes. On chassa ronnemi; plusieurs de ses officiers furent faits prisonniers, d'autres furent tués; ceux qui parvinrent A se sauver se retirèrent de l'autre cOté de l'Oder, dans la Silésie. Toutes leurs munitions et vingt étendards sont tombés enlrc nos mains. Tilly accourait au secours de Francfort; mais arrivé a AIl-Brandenbourg, il apprit que nous étions maîtres de la ville. Nous jetons des ponts sur la Warta, et nous nous proposons d'assiéger Landsberg avec fureur, » (Voyez les Archives du

' Le commandant fut tué. La garnison, d'après le calcul des Suédois, était de cinq mille hommes ; lorsqu'elle quitta la forteresse, elle était suivie d'un Immense bagage et de deux mille cinq cents prostituées.

* Voyez RhevenbOller, t. 11, p. 1786.

lit cause protestante et qui avait résisté & toutes les forces de Wailenstein, n'était pour personne aussi précieuse que pour rélecteur de Brandenbourg : cette ville impériale avec son évécbé devait être dans le nord de TAUemagne la première grande victime de redit impérial de restitution , qui réintégra Téglise catholique dans toutes les possessions qu'elle avait perdues dans Fespace de soixante-dix ans, depuis la paix de religion à Augsbourg , et c'était contre cet édit que les princes proteslans , assemblés & Leipsig 9 avaient déclaré vouloir prendre les armes. Celui qui devait perdre le plus par la prise de Magdebourg , c'était le fils de Télecteur *, outre que Tilly par cette conquête se rendait très-redoutable à tout Télectorat. Néan-moins c'était en vain que Gustave-Adolphe demandait le secours de la Saxe \ on lui refusa même le passage de l'Elbe. Bientôt le bruit se répandit dans toute TAIIemagne que Magde*bourg avait été pillée et réduite en cendres par les soldats de Tilly. Le commandant Falkenberg fut tué dès le commencement dé l'assaut : « Magdebourg, dit Salvius «, est tombée le

' Le ebapitre avait nommé le prince Auguste de Saxe, second fils de l'électeur Jean-George » à Varchevécbé de Magdebourg. LVmpereur, en vertu de l'édit de restItuUon , déclara Télection non valable et fit nommer un de ses propres fils, Léopold-Guillaume.

' Magdebourg, située dans le cercle de la basse Saxe et aujourd'hui Tune des forteresses les plus formidables de la Prusse, fui fondée, suivant la tradition, en Thonneur de Vénus par le général romain Drusus. Des récits historiques fixent sa fondaUon au temps de Henri-roiseleur et d*Othon-le-Grand. Sa position et ses fortifications la rendirent longtemps Imprenable : de lA son nom de Magdeèourg, c*est-A dire la ville, le èaurg vierge, en latin ParthenopoHi. Le commerce et Tinduslrie rendirent cette ville puissante et riche ; elle comptait dans ses murs quatre-vingtdix mille habitans ; elle était le chef-lieu d'un peUt archevêché où la doctrine de Luther prévalut de bonne heure, en sorte que le régent de la ville prit le titre d'administrateur au lieu de celui d'archevêque. Christian-Guillaume , oncle de Marle-Èléonore, épouse du grand Gustave, possédait cette dignité lorsque la guerre de trente ans arriva. C'était un prince emporté et irréOéchl. En se déclarant pour le roi de Danemark dans la guerre contre l'empereur, il fut entraîné dans ses malheurs et chassé de ses États. Le chapitre nomma pour son successeur le prince Auguste, second fils de l'électeur de Saxe; mais cette élection fut désapprouvée par Ferdinand II et par le pape. L'archiduc Léopold-Guillaume , fils du premier, tût invesU de l'épiscopat. Le premier efltet qui en résulta fut que Ferdinand chercha à exterminer la religion

10 mai au pouvoir des impériaux *, cette ville florissante est en cendres : il ne reste que la cathédrale, (rois ou quatre maisons qui Fentouraient et quelques huttes de pêcheurs sur la rive de TElbe. Falkenberg a défendu d'abord avec beaucoup de valeur les ouvrages avancés, et Tennemi pour les prendre a été obligé de livrer plusieurs assauts et a perdu un grand nombre de soldats-, il n'en comptait que 2,000 sous ses ordres , et les impériaux 2,400. Je tiens d'un cavalier qui a assisté au siège qu^on avait prop«)sé à Falkenberg de se

protestante et que les bablUns furent en batte anx vexations des soldats de WaUenslein. Le peuple exaspéré n'attendait qu'un signai pour lever Télendard de la révolte et secouer les fers qui pesaient sur lui.

Christian-Guillaume trouva un asile auprès de GuS' tave-Adolphe, et if revint avec lui en Allemagne. Il arriva A Magdebourg A la faveur d'un déguisement : il harangua le peuple A Thétel de ville ; on prit les armes et l'on chassa les faibles troupes qui occupaient le pays. Ce que ce prince avait fait était prématuré : Gustave -Adolphe était encore trop éloigné pour pouvoir efficacement secourir la ville en cas d'attaque; il y envoya un brave officier, Diedrich Falkenberg , qui fut nommé commandant d'une garnison de deux mille trois cents hommes, faibles moyens pour défendre des ouvrages aussi étendus que ceux de Magdebourg. Dés l'automne de 1G30, les troupes de Pappcnheim se prétentèrent devant la ville. Les bourgeois furent bientôt repoussés dans leurs murs, et toutes les bandes de Tilly s'approchèrent pendant l'hiver. Ces troupes signalaient leur passage par l'incendie des villes et des bourgades et par des vexations de tonte espèce. Mais le siège de Magdebourg ne commença pas avant le mois de mars 1631, parce que le générfil des catholiques avait été appelé au secours de Demmin et de Francfort. L'ennemi tâcha de gagner par des intrigues secrètes ce qu'il ne pouvait obtenir A force ouverte. Il connaissait la faiblesse de la garnison et les divisions qui anéantissaient les meilleurs plans de défense de Falkenberg. Le 1 4 avril, on ouvrit les tranchées et l'on commença A tirer sur la ville ; mais tous les efforts échouèrent contre la bravoure de ceux qui la défendaient. Des bruits vagues circulèrent dans le camp et dans la ville que Gustave- Adolphe était en marche pour venir délivrer Magdebourg. Tilly résolut alors de tenter l'assaut, et le 10 mai, A sept heures du maUn, le courageux Pappenheim, A U tète des Wallons, commença l'attaque. Tout réussit : les bourgeois, assoupis par la fatigue, furent réveillés par les cris des impériaux qui étaient déJA dans la ville. Falkenberg fut tué , et avant midi la ville était prise et abandonnée au pUlage des soldats. Leur brutalité et le désespoir des habitans donnèrent lieu aux scènes d'horreur qui se reproduisent toujours dans de semblables occasions. L'incendie ajouta bientôt ses ravages A ceux du pillage, et A dix heures du soir la ville n'existait plus. Le J3 mai, Tilly fllson entrée solennelle dans la place. Il était silencieux et sombre. Le tableau

rendre avec les honneurs de la guerre ; mais qu'il refusa ainsi que son armée , parce qa^on y mettait pour condition qu'ils embrasseraient le catholicisme. Les impériaux avaient gagné trois cents bourgeois de Magdebourg. La plupart de ces derniers se sauvèrent dans la cathédrale ; deux Jours après ils reçurent leur grAce. Ceux qui s'étaient sauvés dans les autres églises périrent tous. On maltraita surtout les prêtres ; on les tua d'abord au milieu de leurs livres , puis on y mit le feu. Les femmes mariées et leurs flUes furent attachées & la queue des chevaux , traînées dans le camp et livrées à la brutalité des soldats. L'église Saint-Jean était remplie de femmes : on dit qu'elle fut incendiée après que les portes en eurent été fermées. Les Croates et les Wallons se distinguèrent surtout par leur cruauté : ils Jetaient les enfansdans les flammes. Quelques malveillans reprochent à notre roi de n'être pas venu au secours de la ville, comme il l'avait promis; d'autres rejettent la faute de ces malheur sur l'électeur de Brandenbourg. Mais presque tous s'accordent à dire que l'électeur de Saxe en est la principale cause: non-seulement il avait refusé de se réunir au roi de Suède et de rien entreprendre en faveur des assiégés , mais encore il arrêta les munitions que la ville avait achetées^ Quoi qu'il en soit, le roi était en marche pour porter du secours aux assiégés lorsqu'il apprit qu'il n'était plus temps. »

L'intervalle qui s'écoula depuis la destruction de Magdebourg jusqu'à la victoire de Leipzig, c'est-à-dire tout l'été de 1631 , fut sans aucun doute l'époque du plus grand embarras que Gustave-Adolphe ait éprouvé en Allemagne. Accusé de ce qui était arrivé , il Jugea nécessaire de se jusiifler dans un mani-

de désolation qui s'offirit A ses yeux souleva dans son Ame de tristes pensées et des réflexions amércs sur la fragilité de toute grandeur et de toute puissance. Il répéta «tes mots de Virgile sur la destruction de Tro<e i

yemt summa dles et inelactabile fàlum

fuit ilium et ingeru

Gloria Parthenopes

Il annonça ses succès A l'empereur en ces termes ' « Depuis le sac de Troie et celui de Jérusalem , jamais l'histoire n'a vu un pareil jour. » Hais ces désastres, loin de favoriser la cause des caiholiques, irritèrent les protestans; Ils se laissèrent aller A la vengeance, et les scènes de Magdebourg ébranlèrent les espérances du vieux Tiliv, lorsque, pour la première fois, fl se trouva en présence de Gustave-Adolphe sur les champs de Leipzig. {IVo(9 du traducteur.)

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