‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 19 sur 275 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

les côtes , en partie la rivière de Gafvel (Gafvelân ), (d'où ia ville de Geflc a reçu son nom), jusqu'à Siorsjôn (le ^rand lac*j, dont les bords étaient cultivés de temps imnié-* morial, surtout dans TOrvansiô et loThorsâker. La Geslricie était autrefois séparée (elle Test encore) de la Helsingie par la forûl d'Ôdmordm y jadis si vaste que, quoiqu'il s'y soit formé une nouvelle paroisse dans le quatorzième siècle*, les voyageurs n'en sont pas moins obligés de s'arrêter à mi-chemin dans un gîte (sâlohus) établi probablement à l'époque de l'idolâtrie '. Ainsi que toutes les anciennes forêts situées sur les fronliëres, elle était fameuse par les assassinats et les brigandages qui s'y commettaient, et le Morâhàchen (rivière de l'assassinat) était le véritable point de séparation des frontières *. La loi d'Upland était suivie jusqu'à cette rivière -, de l'autre côté , c'était celle de Helsingie. Les divers noms en usage prouvent que les emplacemens des tombeaux et des sacrifices ont servi comme de point de réunion aux anciens colons. Voici quelques-uns de ces noms : Sunnanstigskih gen, HOgen % Sundheden , Hôgen % Nordstigen. Gustave Wasa parla d'une de ces collines aux populationsdc la Helsingie. Les noms que nous venon« de citer désignent aussi des possessions

*I1 ne faut pas confondre ce lac avec celui de StorsjGn dans le JemUand.

' La paroisse de Skog , dans la Helsingie méridionale, était jadis une forêt appartenant à six paroisses voisines de la Gestricie et de THelsingie, qui y avaient leurs pâturages. Ceux-ci devinrent des champs labourables [boland), que quelques propriétaires donnèrent à leurs enfans, pendant qu'ils demeuraient eux-mcraes dans leurs hameaux. Des disputes s'élevèrent bientôt entre les colons et leurs pères qui voulurent Centrer en possession de leurs terres, quoiqu'elles eussent passé à titre d'héritage à leurs petils-enfans. Les colons demandèrent l'autorisation de fonder un nouvel établissement , ce qui leur tut accordé par le roi Magnus Érikson en 1343. Ce récit peut être considéré comme l'histoire de la marche de l'agriculture dans le Norrland et même dans toute la Suède. Les vacheries avec leurs pâturages ont toujours été comme les avant-postes de la culture.

' Iledninga gârden (la maison païenne) sur les confins des paroisses de Skog et de Hamr&nger est placée, dans un document relaUt à la ligne de démarcation {Râgâng), entre la Geslricie et la Helsingie. (V. O. Celsius et Al rot, Dissert, de Gestricia, Upsal, 1720 )

* On dit qu'elle a reçu son nom de l'assassinat de saint Etienne, apôtre chez les habilans de Helsingie. Il nous semble que cette dénomination est plutôt dérivée du mot mor (forci).

d'Upsala-Ode, sur lesquelles on se basa pour la division de la Helsingie. La partie nord-est de celle dernière conlrée est probablement celle qui fut peuplée par des Norvégiens sortis du Jemlland et du Herjedal , qui traversèrent la forêt de Jàml (Jamlskogen) et plantèrent çà et là leurs habitations jusqu'au bord de la mer. La partie méridionale et moyenne de la Helsingie fut cultivée avant celle que nous venons de nommer. Mais l'éducation des bestiaux, la pèche dans la Baltique et la chasse des oiseaux de mer (car les oies sauvages furent les premiers hôtes de la Helsingie) étaient sans doute d'abord les moyens de subsistance de ces peuples, plutôt que les productions de la terre. On peut en dire autant des provinces plus éloignées, telles que le Medclpad et l'Angermannie (Jngermanland), dans lesquelles la population a suivi davantage la direction de la côte. Dans la première, située entre les grands fleuves de Njurunda et d'Indal , situation d'où elle tire son nom •, est la vallée de Njurunda, au midi. Elle fut peuplée , comme l'indiquent ses antiquités , antérieurement à celle que baigne le fleuve d'Indal *. La pêche du hareng ou du stroemting ' est aussi ancienne dans le Medelpad que le nom de Silânger^ La pêche du saumon * fut exploitée par les Augermanniens (littéralement habitans des golfes et des îles) dans l'archipel que forme à son embouchure

* Cette position est l'origine du nom Medelpad. On prononce dans cette contrée Melpa, qui n'est qu'une contraction de Midelfva. Le Mldelfvaland est le pays situé entre les elfvor (fleuves) : les armes de la province portent deux fleuves.

^ Le Medelpad méridional a beaucoup de tertres tumulaires et de pierres runiques. On trouve souvent des tertres dans l'Angermannie le long du fleuve. Il n'y a qu'une pierre runique dans la paroisse de Nordingrâ.

> Petit hareng qu'on pèche dans la Baltique.

*Deux harengs sont dans les armes de cette paroisse» et son nom s'écrivait autrefois Sillanger. {Hareng, en suédois sill.) Asp et Genberg, Dissert, de Medelpadai antiqua et hodiema, Holm, 1734. Nos anciens antiquaires faisaient dériver son nom de Sali, Salig (heureux) , ils trouvaient ici les Insulœ Beatorum ou les Iles des Bienheureux. j4ngr signifie golfe, isthme, côle insulaire , en général une position étroite et coupée. C'est de là que l'Angermannie a reçu son nom. Nas 1 Silangri et NordsUgher i Sioboradhi (aujourd'hui la paroisse de Sabro), sont désignés comme appartenant à Upsala-Ode dans la Loi de Helsingie, K. R.

fl.XI.

^ L'Angermannie a trois saumons dans ses armes.

le fleuve d'Angermannie {Angermanlandsàn), le plus considérable de la Scandinavie , où Hernôsand * se trouve citée, dés le quatorzième siècle, comme port et comme place de foire. En entrant dans le Vesterbotten (Veslrobothnie), on rencontre les derniers tertres tumulaires *• Des amas de pierres sont les seuls tombeaux qui restent. Les noms des fleuves sont lapons ^ Ce fut d'abord la pêche du saumon qui détermina les Norvégiens à traverser les montagnes, au printemps et dans Tété , jusqu'à Tembouchure de ces fleuves. Quelques-uns même y passèrent Fhiver. Les Suédois augmentèrent le nombre des colons, et les Lapons, repoussés des côtes, se retirèrent dans rintérieur. Dans la première moilie du quatorzième siècle, k terre était peuplée et cultivée jusqu'à Skeldepth (en lapon, SildîU , cataracte), aujourd'hui Skellefteâ. Au delà étaient des déserts, ce qui n'empêchait pas des paysans, qui se livraient au commerce (Birkarlar), de fréquenter ces hautes régions, surtout Torne&, à cause de la pêche et des échanges qu'on faisait avec les Lapons. Ce fut à cette époque que les archevêques d'Upsala étendirent le nom de Helsingie, qui se bornait à leur diocèse. Jusqu'à la Finlande, y compris rOstrobothnie. La terre était cultivée de temps immémorial Jusqu'au fleuve d'Umeft, en Yestrobolhnie, et même un peu au delà. Aussi le paganisme dura -t- il ici plus longtemps qu'ailleurs.

La partie la plus septentrionale de la Scandinavie fut appelée Finnmark. C'était, d'après les anciens, un pays immense, baigné par la mer à l'est, au nord et à l'ouest, découpé de golfes, hérisséde chaînes de montagnes désertes, sillonné de grands lacs et de vallées ombragées de forêts. De hautes montagnes, du nom de Kôlarne, côtoyaient les déserts *. Le Finnmark,

* Aujourd'hui ville , résidence du gouTerneur et de l'évéque.

* n y en a , dit-on, dans la paroisse d'Uraeâ, prés le village de Klabbdle. {f^oy. Hulphers, la Deser, de f^estr.) Quelques-uns prétendent qu'ils sont l'ouvrage de la nature.

* lies fleuves Unie , Lu le , Pile, Rine, Kalii et Torne : en lapon Ubmeano, (de ff^uorMt forêt, et àno^ fleuve). Torne (aujourd'hui ville), parait tirer son nom d'une tour, en suédois tom, qui la dominait. La ville a une tour dans ses armes. Tom (tour), en lapon tome, est probablement emprunté du mot suédois.

* Saga d'ECU, c. 14.

au neuvième siècle, commençait au delà du Halogaland norvégien et se terminait à la mer Blanche. Les Norvégiens levèrent des impôts sur les habitans sauvages du Finnmark; les colons suédois , quand ils furent assez nombreux, suivirent leur exemple dans la Laponie suédoise. Cet impôt est appelé fiwMkaU, ftwaskôp et finnfàrd. Nous possédons des documens sur ces mouvemens, sur Tétat du pays, sur les aventures et les mœurs de ces colons. Nous ne citerons que le plus ancien , qui contient en même temps la relation d'un voyage, du Halogaland, autour du cap Nord, jusqu'à l'embouchure de la Dwina, dans la mer Blanche *. Le Norvégien Ottar (qui avait quitté son pays en 870) disait à son maître Alfred , roi d'Angleterre, que son pays était le plus septentrional de la Norvège , près de l'Océan occidental ; mais que la contrée se prolongeait bien plus avant dans le nord *, que cette partie était tout à fait déserte, à l'exception de quelques endroits que les Finnois fréquentaient pendant l'hiver, pour y chasser et pour y pêcher pendant l'été. — Il avait une fois voulu connaître l'étendue de ce pays du côté du nord et s'assurer s'il y avait des habitans au delà du désert. En suivant les côtes, il n'avait que des déserts à sa droite et la mer à sa gauche. Après trois jours de navigation, il était arrivé dans les parages où s'arrêtaient les baleiniers; mais il continua sa route encore pendant trois jours dans la même direction. Là le pays et la mer tournaient à l'est, ce qui l'obligea à attendre le vent du nord-ouest. Pendant quatre jours encore il navigua à Test sans s'éloigner de la côte. Il lui fallut alors attendre le vent du nord pour suivre la courbe que celle-ci formait vers le sud. Il continua dans celle direction pendant cinq jours, après lesquels il rencontra un grand fleuve. Toute la terre au delà était habitée et cultivée. C'était le premier pays habité qu'il eût rencontré depuis qu'il avait quitté ses foyers, car toute la côte qu'il avait longée était sauvage, et il n'y avait aperçu que quelques chasseurs, des oiseleurs et des pêcheurs , qui tous étaient Finnois. Il en avait été de même dans le désert desTerfinnois {Terfinname).Sur les bords du grand fleuve habitaient les Bjarmes dans un pays bien cultivé. Oltar n'osait descendre à terre , mais les Bjarmes vinrent à

« Voyage d' Ottar 9t d' Ulfsten,

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