‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 180 sur 275 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

bourg, el une indemnité acquittée par TAutrichc aux ducs de Weimar *.

Les distances et les vicissitudes de la guerre opposèrent de nombreux obstacles aux communications avec la Suède*, des mois entiers s'écoulaient sans qu'on reçût la moindre nouvelle de ce pays : il en résultait des désordres et des fautes. Le 30 août 1631 , le roi avait envoyé de Willenberg l'ordre de convoquer le comité des étals , avec lequel on devait négocier au sujet de la continuation de la contribution du bétail. Il avait promis (Wurzbourg, 30 octobre) d'envoyer ses pleins pouvoirs pour la convocation de la diète : ils n'arrivèrent pas; mais le sénat dit les avoir reçus et convoqua la diète pour le 1" février 1632. Cependant, après beaucoup de retard , il arriva une lettre du secrétaire Grubbe : elle contenait la défense formelle du roi de convoquer aucune diète et Tordre aux gouverneurs de négocier, chacun dans sa province, avec le peuple relativement à la contribution du bétail ; mais à l'arrivée de cette lettre le comité des états était déjà assemblé, suivant l'avis du sénat', et les députés avaient reçu communication des grandes actions et des succès de S. M. Les états dirent qu'ayant appris que la guerre et ses événemcns avaient entraîné le roi loin des frontières du royaume, ils le remerciaient des fatigues et des peines qu'il s'était données pour le salut des protestans et qu'ils promettaient de payer l'impôt encore pendant deux ans. Plus tard le sénat demanda les conseils du chancelier du royaume sur les affaires importantes pour lesquelles il avait sollicité l'avis du roi. Beaucoup d'employés de S. M. étaient morts, des provinces se trouvaient sans gouverneurs*, le sénat demandait la permission de nommer aux places vacantes et de juger dans les affaires criminelles importantes : il craignait une collision avec le Danemark et se plaignait de ce que la défense de frapper d'autre monnaie de cuivre que des creutses (kreutzer) av(iit fait disparaître du royaume presque toutes les petites monnaies '.

* Voyez le mémoire do sénat reUltf aui ronditions de la paix. 11 est dalé da 26 mars 1032. ( archives du royaume»)

* LeUre du sénat au roi relativement à la diète Stockholm, le 4 février 1C32.

> Lettre du sénat au chancelier datée do Stockholm, le 5 mai 1G32.

Pendant que le duc Bernhard do Saxe-Weimar, le comte palatin Christian de Birkenfeld et le rhingraf Oihon Louis portaient aux bords du Rhin la gloire des armes du roi, Horn transporta la guerre de la Franconie aux rives du Necker ; Tott acheva la conquête du Mecklenbourg par la prise de Rostock , de Wismar et de DOmilz , et Baner s'empara de Magdebourg, abandonné à son sort par Pappenheim. Mais d'épais nuages s'amoncelaient déjà sur un ciel naguère si brillant : c'étaient en grande partie des principautésde second et de troisième ordre qui avaient reconnu Gustave-Adolphe comme prolecteur. Les plus puissans, le Brandenbourg et la Saxe , alliés involontaires , plutôt de nom qu'en réalité, se tinrent éloignés et délibérèrent entre eux. Il est vrai que l'armée saxonne s'était avancée jusqu'à Prague sans trouver de résistance. L'électeur s'y reposait , à son désavantage et à celui de son armée *. Il eut à Torgau une entrevue avec l'électeur de Brandenbourg au sujet du rétablissement de la paix.On ne puts'accorder sur les moyens.Cependantla Saxe électorale exprima le vœu qu'on exigeât de l'empereur qu'il se démit de la dignité impériale, dans le cas où il refuserait d'accepter les conditions modérées qu'on lui proposait ', opinion qu'on peut citer chez Jean-George de Saxe comme un signe de la température politique du moment. Au reste le même électeur déclara que son honneur et sa dignité ne lui permettaient pas de mettre ses troupes sous les ordres des Suédois ^ mais il pria le roi de prendre pour le compte de la Saxe les contributions que les protestans lui avaient promises , comme à leur chef, dans le congrès de Leipzig {Leipziger convent^). L'Autriche, « dont le meilleur allié est le temps , » comme disait Bernhard

* « Siolemahl die Chursachsischcn an demc, vras Jhncn Gott und das Gltlch bey Ausgang des Jahrcs beschecret, sich contenlirten, liessen stch keine Sorge weiter anfechten, rubetcn In den vrinter quarlieren und machten gutGeschirr. » (Ciiemnllz, t. ]. p. 249.) Us opprimèrent tellement les habltans de Prague, que dans peu de temps deux mille maisons devinrent désertes. L'intempérance fît éclater dans Tarmée une grave maladie.

* Ghemnitz, 1. c.

>Cbemnilz. 1. 1, p. 387.— Le roi répondit : « Es fielo den Standen Tast unmOglich, neben dcr Last, so sie jtz tragen mustcn, noch mehr contribution Qber sich zu nehmcn. Es wurde der Churfurst ans christlicber condolenlz Jhnen nicbt anmuthen, dass sic mit doppetten Ruthen sollen geschiagen werdcn. »

de Saxe à Gastate-Adolphe, & Mayence, avait eu te Icmpd de réunir ses dernières ressources au prix des plus grands sacriflces. Le sort de la monarchie fut encore une fois remis aux mains d'un homme redoutable que Ferdinand , peu de mois auparatant , avait sacrifié aux plaintes de toute T Allemagne, Wallenstein, et celui-ci , après avoir obtenu les conditions les plus exagérées , créa pour la maison d'Autriche une nouvelle armée.

Le roi retourna en Franconie pour soutenir Horn contre Tiily ; il rappela Baner et le duc Guillaume de Weimar pour qu'ils se réunissent à lui * -, il acheva la conquête de la Franconie , s'assura de Nuremberg, passa le Danube et le Lech, battit Tilly, qui périt dans cette rencontre, rendit à Augsbourg la liberté de religion et y fil une entrée solennelle.

Au sujet du hardi passage du Lech , opéré contre l'avis des généraux suédois», le sénat dit aux élats : « Tilly et le prince de Bavière campaient près de la ville de Rain , sur le Lech; ils étaient protégés par la hauteur des rives cl par une forêt conllgue. Pendant une forte canonnade , sa majesté fit construire un pont en présence de l'ennemi et ordonna à quelques compagnies finlandaises de le traverser, ce qu'elles firent , après quoi elles construisirent de l'aulre côlé un petit relranchement malgré la résistance qu'elles éprouvèrent. Elles (Virent bientôt suivies par d'autres compagnies de cavaliers qui escarmouchèrent avec l'ennemi jusqu'à ce que le roi avec toute l'armée fût sur l'aulre rive. Il attaqua immédiatement Tilly, qui s'était retranché derrière un bois : celui-ci fut poursuivi jusqu'à la ville , qu'il abandonna pour aller se réfugier sous les canons d'Ingolstadt. Tilly fut blessé à mort; Altringerle fut grièvement : 3,000 morts environ couvrirent le champ de bataille. Le roi s'empara de plusieurs villes et se rendit à Augsbourg, le 8 avril, avec une grande partie de son armée. L'ennemi capitula le 10. La ville conclut avec le roi une alliance dont l'original se trouve encore aux Archives ^ » Le rétablissement de la

* Le prince, qui commandait en Thuringc, refnsa de secourir Horn. (Voyez Rflse, t. 1, p. 16!.)

• Voyez Inteîligencerj t. 2, p. 147. Horn s*opposa!t à l'invasion du roi en Bavière. (Franchcvîlle, p. 130.)

' Proposition aui États avec le récit de la guerre (7 novembre 1G321. Le prédicateur du roi, le docteur Jacques Fabrictus, prccba le 11 avril d Touverturc du

confession d' Augsbourg dans la ville qui avait été son berceau fut, de tous les triomphes de Gustave- Adolphe , celui dont il paraît avoir été le plus flatté ; il fil une grande impression sur l'opinion publique. Le malheureux Frédéric, du Palatinat, fit à côté du roi son entrée dans la capitale de son ennemi Maximilien de Bavière ; ce fut la seule consolation réservée à ce prince infortuné. Yoici la relation du séjour de Gustave-Adolphe à Munich, tracée par la plume d'un historien bavarois : « Rien ne peut être comparé à la discipline sévère où il tenait le peu de troupes qui avaient permission d'entrer dans la ville*, l'armée campait hors des murs. On ne peut se faire une idée de l'affabilité ouverte et gaie de ce prince et de la condescendance familière qu'il mettait dans sa conversation avec les habitans : il assistait avec respect au culte des églises catholiques*, il se conduisait partout comme s'il eût été chez lui , au milieu de son peuple; Il écoutait volontiers les réponses tantôt fines, tantôt un peu fortes , quelquefois ironiques, et prenait plaisir à marcher À pied dans la foule, entouré du peuple cl des enfans, auxquels il jetait habituellement de l'argent. »

La ville fut cependant obligée de payer

culte évangélique dans l*église Sainte-Anne, à Augsbourg : « £s ist nichl billig noch chrisllich, die falsch glaubigen I>eute nurallcin uoi Ihres falschcn Giaubens und Lebre willen zu vQrgen, zu (odten und auszurotten. Gleeih T%ie die Jesultiwben Mordhummeln und Bluligel davon schreiben. Denn einer von ihren fûrnehmsten Radcisruhrern mil Kahnien Becanus (tract, de Fide, spe et charit., c. 15. Quœsl. 4, 5 et C) lebret. Quod propter solam hœresin hœrelici reges et alii principes privandi sunt bonis, imperiis, daminiis — Et quod omnes alii hœretici puniendi sunt pœnd capitis, — Sebet dassind des Jcsuiten Becani seine Worle, damit er sich seibslals ennen durstigen Blulbund der beschuMigten, abcr noch nicht uberwiesenen Kctzcr, angiebt. Und dcssen zur mchrcrn Bewets, nchmet er aucb die Bullam des Papstlicben Bannes, so aile Jahr, auf den grunen Donnerslag in Rom ird rcDovirt — dadureh aile vermeinte Ketzer vom Leben zum Todc vcrlbeilt wcrden. Ja es surricht dcr pemeldle Becaous (Quœsl. 8). Hosretici resfpiscentes , tametsi ncipiantur d& ecclesia, non (amen pemiittantur vivere, — Mil dicseni blutdurstigcn Fiirgebcn haltcn wir in gcringslcn nichl, weii es ganz unciirisliich isl die Leote um der blofen Kclzcrci zu lodtcn. Denn wcrden rcchtcn glauben nichl vrils unbczwungen, beTpflichten, der mag es lasscn, und den darf man nichl durch gewailsame Mittel dazu z^ingen. Sintemahl Gott spontaneum aUtum erfordert, und ein Jegiicher \^ ird selbf dem herren daur Bechenscbari gebcn musseoi yfle Oder was^r gcglaubl bat. «

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