‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 182 sur 275 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

pour le faire exécuter : Gustave-Adolphe le précipita , mais aux dépens de sa vie.

Ces deux grands antagonistes de nos Jours , le roi de Suéde et le duc de Friedland , dit le récit , étaient devenus les personnages les plus remarquables du monde chrétien , et il n'y eut personne, quelque bas placé qu'il fût, qui ne ressentît Tinfluence des entreprises , de Tactivilé et des succès du roi de Suède. Les armes suédoises étaient encore victorieuses ; Ilorn avait le dessus dans le pays de Trêves et dans r Alsace , et il était devenu un objet de crainte pour Ossa et Monkecuculi. Arnbeim , avec les Saxons , et Duwal, que le roi avait envoyé à leur secours, avaient presque triomphé de tou te résistance dans la Silésie. Il y avait peu de chose à faire en Bavière jusqu'à ce que Montecuculi y fdt entré avec ses troupes. Le duc Jules de Wurtemberg et sir Patrik Ruthwen étaient encore maîtres de la Souabe. Les garnisons suédoises de la Poméranie et du Mecklenbourg ne trouvaient aucun ennemi à combattre. Les Espagnols et les Lorrains avaient été chassés de TAIlemage. De tous les généraux de l'empereur , Pappenheim était le seul qui dévastât la basse Saxe^ la cour de Tienne lui avait ordonné de faire sa jonction avec Wallenstein. Telle était la position des armées suédoises, lorsque le roi et Wallenstein levèrent leur camp à Nuremberg. Le 12 septembre, un mercredi , Wallenstein passa le Rednitz avec son armée \ les soldats mirent le feu à leurs lentes, et tout le pays paraissait en flammes : c'était ainsi que ce général marquait son passage. Pendant que les impériaux défilaient, les troupes suédoises qui étaient à Nuremberg se tenaient sous les armes et escarmoucbèrent avec Tarrière-garde. Le manque de chevaux obligea l'ennemi d'abandonner de grands approvisionnemens dont les habitans de Nuremberg ne tardèrent pas à s'emparer. A peu de distance de cette ville, l'armée impériale, comme nous venons de le dire, se partagea. Les ducs de Friedland et de Bavière continuèrent leur marche, ayant à leur gauche la rivière de Rednitz *, les dragons formaient Tavant-garde, les Croates fermaient la marche*.

* « Ces dragons ou mousquetaires A cberal étaient tous gens clioisis. — Leur fonction était de soutenir la cavalerie, et quand occasion se présentait, ils mettaient pied A terre et faisaient feu sur Venneroi. —' Ils servaient d'escorte aui convois, formaient une embuscade A la hâte, etc. Ces dragons.éttient armés de mous-

Après la division des impériaux et les pertes qu'ils avaient essuyées devant Nuremberg, toutes leurs forces ne s'élevaient qu^à dix ou quinze mille fantassins et neuf à dix mille cavaliers, du moins d'après les nouvelles qu'on avait apportées au roi. On voit que Wallenstein resta dix ou quatorze jours à Forckheim; ce fut là qu'il reçut le premier avis que le roi de Suède s'avançait avec la moitié de ses forces vers la Bavière, après avoir laissé le reste au duc Bernhard de Saxe pour couvrir les bords du Rhin. A cette nouvelle, Télecteùr de Bavière retourna dans ses États. Il demanda que Altringer avec son régiment etColloredo le suivissent, le dernier pour organiser sa landwehr. Wallenstein y consentit *, il accompagna Maximilien jusqu'à Bamberg. Quoique ennemis , ils se séparèrent avec des témoignages de bonne intelligence ^ cependant on remarqua que Wallenstein montra plus de hauteur que le vieux électeur. Le séjour de Wallenstein à Bamberg le fit soupçonner de vouloir attaquer Schveinf\irth, dont lé colonel Charles H&rd était commandant. Celui-ci se renforça , et le duc Bernhard de Weimar se hâta do venir à son secours *. Mais contre toute attente Wallenstein se tourna vers

quets ordinaires dont la mèche était tournée sur un peut bois qu'ils fichaient A la téUère de leurs chevaux. Leur épée était courte, et A l'arçon de leur selle pendait une petite hache qui servait A couper le bois. Ces troupes sont de nouvelle création. D'autres prétendent que celui qui forma les premiers dragons fut le comte Ernest de Mansfeld , mis au ban de l'empire : obligé de vivre comme un homme qui n*a ni feu ni lieu, errant de côté et d'autre avec sa petite armée, il avait, dit-on, son infanterie A cheval pour courir plus vite. » (Gualdo, traduit par Francheville.)* Les Croates étaient les hussards de nos temps : les Croates faisaient merveille dans la petite guerre. Waldstein s'en servait A toute heure pour alarmer le camp du roi et harasser sa cavalerie. Gustave ne trouva qu'un moyen de s'en débarrasser, ce fut de renforcer les gardes avancées et d'y envoyer de bons piquets de cavalerie entremêlés de dragons et de mousquetaires. Ceux-ci avaient ordre de se tenir cachés et d'attendre les Croates jusqu'A la portée de leurs mousquets, qui, tirant plus loin que les carabines, perçaient ces coureurs, légèrement vêtus sans qu'ils puissent se défendre ; en même temps la cavalerie qui s'était ouverte pour donner passage au feu de la mousqueterie devait les envelopper. » (L. c, p. 163.)

I Le roi avait confié au duc Bernhard la défense de Schveinfurth et des défilés du Thuringervald : « Da Yfir wegen Schvreinfurt und der Passe besorgt sind, so bîtten wir Euer Uebde ein wachsames Auge darauf zu richten, » écrit le roi au duc Bernhard. CVoyez BOse» I t. I, p. 172.;

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