‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 183 sur 275 · HISTOIRE BE SUÈDE · texte numérisé non relu

HISTOIRE BE SUÈDE

fiaireuth , Colmbourg et Cobourg , et prit la première et la dernière de ces villes *, mais il fut repoussé dans une attaque contre le ch&ieau de Cobourg par Dubatell * , officier suédois qui y commandait. Le duc Bernhard s'était porté, dans le même temps, de Schweinfurlh à Kœnigshofen \ il se rendit à Hildburshausen, sur la lisière du Thuringerwald. Wallenstein avait dessein de pénétrer par là dans la Thuringe, où il devait rencontrer Pappenheim. De cette manière tous les défilés de Thuringerwald se trouvaient fermés au roi. Wallenstein et Pappenheim devaient reprendre Erfurt après s'être emparés de la Thuringe, se répandre dans le pays des ducs de Weimar et prendre leurs quartiers d'hiver dans la Saie, pour pouvoir Tannée suivante attaquer de bonne heure la Silésie. Wallenstein, une fois maître de TElbe, aurait coupé la retraite au roi de Suède , serait rentré dans le Mecklenbourg, et aurait poussé de nouveau ses dévastations aux bords de la Baltique. La première partie de ce projet, Toccupation de la Thuringe, rencontra un obstacle dans la valeureuse défense des défilés par Bernhard, quoiqu'il n'eût pas assez de troupes pour hasarder une bataille. Il rendit ainsi au roi un service éminent. Pappenheim n'osa pas non plus tenter sa jonclion avec le général en chef des impériaux avant d'être assuré que celui-ci avait envahi le Meissen par le Yoiglland. Car Wallenstein mettait tout à feu et à sang* en suivant les traces de Holk et de Gallas, afin d'exécuter son plan sur cette rouie *. Il semblait, dit le récit, que la guerre n'était pas con-

* Ce Dom s'écrit aussi Taupadell ou TupadeL

* « Darauf ist der Jammer in Sachscn allèrent recht angegangeD. » (Thealrum Europœum, t. 2, p. 273.) — Voyez ce que Gualdo dit de la conduite de Holk, en Saxe, et ce que le Theatrum Europcsum dit de Gallas. Wallenstein lui écrit : « Bitt, der Herr halte scharfe justice und sehe, dass das geringle den Bauem und Landieule nicht genommen wird, etc. » M. FOrster blàme les anciens historiens qui ont parlé de la manière barbare dont Wallenstein faisait la guerre, de Tavoir accusé de la faire avec mauvaise foi etsan$ conscience. — Mais ses propres soldats l'appelaient le tyran. Si Ton ne fait pas de distinction entre ce que Wallenstein ordonnait et ce qu'il ne pouvait peut-être pas empêcher, toujours est-il qu'il faut considérer qu'il s'agit ici d'un homme qui avait pour principe inébranlable de ne jamais se compromettre par écrit. Aussi M. Forster, malgré tout le mérite de son histoire de Wallenstein, a fait la faute de le juger toujours trop à la lettre,

, * The Swedish intelUgencer, t. 3, p. 76 et 91.

duite par des ennemis, mais par des furies. L^é« lecteur de Saxe, dans sa détresse, réclama pour la seconde fois l'appui du roi de Suéde.

Montecuculi s'était retiré en Bavière, Jusqu'^à Ralisbonne. Gustave-Adolphe était sur le point de le poursuivre et d'envahir TAutrichc; il commença déjà à envoyer de Neubourg des approvisionnemens sur le Danube et se prépara à assiéger Ingolstadt, supposant que la garnison, affaiblie par la peste, ne pourrai! lui résister longtemps , lorsqu'un courrier expédié par Oxenstjerna arriva le 8 octobre, apportant la nouvelle, que Wallenstein s'était mis en mar* che le 5 pour la Saxe. Le roi prit de suite sou parti. Il chargea le comte palatin Christian de Birkenfeld, avec les Suisses nouvellement enrôlés et d'autres troupes, de veiller à la défense de la Bavière; il donna ordre À trois brigades d'infanterie d'accompagner la reine à Schwcin* furth et À Thuringerwald. Lui-même, à la tète de la cavalerie , prit sa route par le territoire de Nuremberg , qu'il purgea des ennemis : il s'y réunit à Kniphausen, qui reçut Tordre de prendre la même direction pendant que le roi, avec trois cents cavali^s smftlandais seulement, sous Frédéric Slenbock, se bâta de quitter Nuremberg pour atteindre le duc Bernhard, ce qui eut lieu à Schleusingen, le 31 octobre. Ils se suivirent à travers le Thuringerwald Jusqu'à Amstadt , où le roi s'arrêta six jours pour attendre ses troupes , qui arrivèrent le 27 octobre * . L'entrevue avec Bernhard fut froide. Le duc aurait désiré acquérir seul la gloire d'avoir sauvé la Saxe*, mais lié par les ordres exprès du roi, il se montra mécontent de son arrivée. Sur le champ de bataille de Lutzen, Bernhard oublia cet injuste mécontentement*. A Arnstadt, Gustave-Adolphe prit congé d*Oxenst- Jerna, qui l'avait accompagné depuis Nuremberg et qui retourna à Francfort-sur-le-Mein

* Swedish intelligencer, t. 3, p. 64 et 71 .

* Le courageux Bernhard, trop emporté, était excusable d'éprouver ce mécontentement et d'écrire à son frère Guillaume : « Es hat fast das Anseben, als ob sich etwa eine Eifersucht ereignen, und der Kmilg die Verrichlung dièses Werkes mir nicht anrertranen, oder mich nicht fahig genug dazu halten wolle. » Maisqu'uo historien tel que Rose insinue que Gustave-Adolphe agissait par Jalousie, c'est ce qui n'est pas pardonnable, même à l'historien du duc Bernhard. Voici ses paroles.- « Es beschliesst die Ausfiihrung des Unternehmens fur sich , um den Ruhm alleio.einzuanidten , und den Kurfursten von Sachsen sich, nicht aber den Helden Weimar za verbinden. »

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