CHAPITRE XVII
et reprirent encore une fois la batterie voisine de la chaussée. Le comte Nils Brahe fut blessé au-dessus du genou et mourut quelques jours après '. Le colonel Winkel fut blessé à la main etau bras; son lieutenant-colonel, CasparWoir, fut tué. L'étendard royal et plusieurs autres furent pris ; mais Fennemi fut forcé de reconnaître que les trois brigades suédoises, fleur de Tannée et presque en entier composées de \ieux soldats qui avaient suivi le roi dans toutes les campagnes, n'avalent pas cédé un pouce de terrain et qu'elles couvrirent de leurs cadavres la place où elles avaient combattu '. Le carnage fulsi grand que cinq hommes sursix furent tués*. La troisième brigade suédoise, commandée par le colonel Charles H&rd, qui était plus prés de la cavalerie, souffrit moins -, cependant il ne restait que quatre cents hommes de ce corps après la bataille. Pendant toute cette sanglante mêlée, le général Kniphausen tint ses brigades en seconde ligne et en réserve hors de la bataille, « ce qui ne contribua pas peu au gain de la journée, parce que les troupes de la première ligne trouvèrent un point d'appui dans une grande masse qui n'avait point encore été entamée. Le duc Bernhard ne fut pas médiocrement satisfait, lorsque le brouillard fut dissipé, de voir en si bon ordre les troupes de Kniphausen , qu'il croyait en déroute, suivant ses propres expresssions. » Car un peu avant la nuit, le brouillard se dissipa et l'on vit clair, quoique pendant une demi-heure seulement, ce qui laissa au duc la possibilité de juger sa position et d'exciter l'armée à une nouvelle attaque. On vit et l'on entendit des soldats fatigués s'exciter l'un l'autre : a Camarades, en venonsnous encore une fois aux mains ?» puis s'embrasser et jurer de vaincre ou de mourir ^.Ce fut cette demièreattaque qui décida la victoiredeLutzen, compromise aussi par l'infanterie de Pappenheim, qui arriva à la nuit et fut entraînée dans la déroute générale des impériaux. Le combat avait duré neuf heures. Les vainqueurs passèrent la nuit sur le champ de bataille, où Gustave-Adolphe avait péri avec dix mille hommes.
* Le 21 noTembre, à Naarabourg. Journal ( Tânkebàk)
du comte Pierre Brahe.
* « Dass man die hernacb eben allso tôt, in der
Ordnung, bey Ihren waflten liège D,wle man solcbe ein wenig zu vor mit grosser Braveda und lapferlteît lebendig stehen sehen. » (Khevenbailer, 1. 12, p. 194.) ' Swed, inteUig,, t. S, p. 146.
Nous ne pouvons passer sous silence deux relations de cette bataille qui se trouvent dans les archives de Saxe *. L'une est une lettre écrite, le soir du 6 novembre, h l'électeur de Saxe, par le comte Brandenstein, commandant suédois à Naumbourg. Elle rapporte que le combat dura toute la journée avec acharnement; que le roi avait succombé à des blessures reçues à la tète, aux bras et au corps, mais que la bravoure du général d'infanterie duc Bernhard, du major-général des armées royales Kniphausen , du prince d'Anhalt, des officiers et des soldats avait obligé Tennemi à quitter le champ de bataille avec une perte de beaucoup de monde et celle de ses canons, à l'exception de trois. La seconde est plus circonstanciée ; elle est adressée à l'électeur et datée du 11 novembre. Elle est écrite par deux officiers qui faisaient partie de la division du duc Bernhard *. Us commencent par l'escarmouche de Rippach. Au village de Posern , il existe un défllé étroit, aboutissantd'uncôtéàun pont, et de l'autre à une hauteur assez considérable, où se montra la cavalerie impériale que le roi en débusqua. Le soir du 5, Il descendit dans la plaine. L'ennemi était encore dispersé dans les villages, et les canons du roi avaient déjà tiré avant qu'on eût fait des signaux dans le quartier général de Wallenstcîn. La nuit arriva et l'armée suédoise se tint en ordre de bataille : on vit des feux de camp dans les villages. Le lendemain 6, au crépuscule, le roi continua de marcher contre l'ennemi. Des prisonniers rapportèrent que Pappenheim se dirigeait sur Halle avec huit régimens. Quand le roi approcha de Lutzen , l'ennemi , du haut des remparts, le reçut à coups de mousquet. Près de la ville se tenaient quatre corps de cavalerie ; près des moulins , on voyait de la cavalerie et de l'infanterie, et l'on pouvait facilement distinguer des régimens en marche. Le roi se porta, sans changer l'ordre, à droite de la ville sur des fossés (floss graben)] et comme les deux armées étaient en face, on en vint immédiatement aux mains. Les Suédois ne mirent d'abord en jeu que deux canons ; l'ennemi répondit avec sa batterie placée aux moulins et avec les autres qui étaient du côté de Scheiditz. Le
* Publiés par Adam-Fr. Glalfey » de GiadU), Gutt,* AdolpM. Leipzig. 1749.
* Ce récit est signé par Jean-Oeorgé Vitxtham von Ecbstcdt et Erich Vollcmar Yerleptsch.
HTSTOIKE DE SUEDE.
feu continua ainti des deux c6téi pendant environ une heure, Jusqu^au moment où Taile droite du roi fut si atancée qu'elle tournait presque le dos à Ranstadt. Le combat se prolongea à pied et À cheval , sous une vive fusillade. L'aUe droite de rennemi^ qui avait d'abord cédé beaucoup de terrain, s'arrêta aux moulins, où elle opposa de la résistance ; mais les Suédois , étant entrés dans les retranchemens de Tenneml, tournèrent contre lui ses canons. C'était le moment où Pappenheim revenait ; le combat recommença avec une nouvelle ardeur de part et d'autre jusqu'à la nuit. L'armée du roi resta en possession du champ de bataille, de l'artiUerie de l'ennemi et d'une partie de ses munitions. Le roi lui-même, qui a trop exposé sa vie et a attaqué huit compagnies de cuirassiers avec trois faibles détachemens, a été atteint au bras et au cœur, et il est mort immédiatement de ses blessures.
On trouva le corps inanimé du roi, dépouillé de tout, meurtri, couvert de sang et de blessures , et le visage tourné vers la terre. Ce furent les Finnois qui le découvrirent. Un fourgon le transporta, à la suite de l'armée suédoise, à Meuchen. Une relation écrite de celle journée a été conservée jusqu'en 1826, époque où elle fut consumée par un incendie^ chez les desccndans du maître d'école de Meuchen à celte époque. On y lisait * que dans la nuit du 6 au 7 novembre 1632, le corps du roi avait été transporté du champ de bataille À l'église, où l'accompagnaient plusieurs cavaliers et officiers qui entrèrent à cheval dans l'église, jusqu'à l'autel, devant lequel le corps fût déposé. Les blessures qu'il avait reçues le rendaient méconnaissable; on jugea qu'il était urgent de ne pas tarder davantage à l'ouvrir, et une partie des entraîna furent enterrées dans réglise*.Pendant la nuit,le maître d'école faisait un sermon, et un officier prononça une oraison funèbre. De l'église, le corps fut transféré dans la maison de l'instituteur, et de celle-ci, qu'on trouva tn^ petite, dans celle du voisin, où il fut mis sur une table, qu'on y voit encore, pendant que le maître d'école, qui était aussi menuisier, fit la simple bière dans ia-
• Voyez Der iod Guêtav-Adolpht von Philippin Leipzig. 1832, p. 79.
* La place indiquée par les armes de Suéde fbt exa* minée en 1832; on ddconvrit sous la piètre, dans le mur, une urne de cbône à moitié pourrie.
quelle on le déposa pour Vemittener le jour suivant. Un palefrenier, qui avait été blessé A côté du roi, éiaitaussi arrivé àMeuchen et y resta jusqu'à son rétablissement. Treize paysans rou* lërent une grande pierre à l'endroit où était tombé le roi : c'est la pierre qu'on nomme Schwedenstein (pierre du Suédois) ; mais le véritable lieu où le roi rendit le dernier soupir doit être à quarante pas de là, sur la lisière d'un champ où était planté un acacia ' . Le palefrenier se nommait Jacques Ériksson. Le corps du roi, contre le vœu qu'il avait exprimé pendant sa vie, fut embaumé à Weissenfels par l'apothicaire Casparus, qui y compta neuf blessures *. Son épouse inconsolable conserva dans une botte d'or son cœur, qui était plus volumineux que de coutume*, pendant longtemps elle ne voulut se séparer ni de ce triste souvenir ni du corps, en sorte que le clergé suédois fut obligé de lui faire de fortes et sévères remontrances'. Gustave-Adolphe n'avait apporté à Luizen qu'une petite cassette renfermant les lettres deMarle-Eléonore *. Le corps du roi fut conduit de Weissenfels à Wittenberg, où il séjourna une nuit dans l'église du château. Quatre cents cavaliers sm&landais, seuls débris de ce vaiUant régiment à la tête duquel le roi fut tué, formèrent son escorte. Les personnes qui voyaient le corps étaient étonnées que le visage fût si bien conservé ». De Wittenberg, le convoi se rendit à Wolgasl. L'année suivante, le cercueil fut pris à bord par la flotte suédoise, commandée par Gyllenhjelm , et déposé à NykOping, où il resta jusqu'à l'inhumation solennelle à Stockholm, le 21 janvier 1634. Les restes de ce grand roi furent albrs enfermés dans le tombeau qu'il s'était choisi dans l'église de Riddarholm.
La nouvelle de la mort du roi ne parvint au sénat qu'un mois plus tard : « D'abord, dit le comte Pierre Brahe, on annonça que la balaHle était gagnée. Le jour suivant, qui était le 8 décembre 1632 , à huit heures et demie du malin, on m'envoya chercher à la cour supérieure {hofràtten\ que je présidais , pour dcs-
* Suivant les renseignemens que rautcur a recuillis sur les licut.
> Voyez la lettre de Satvlus que nous avons citée.
* Voyez Adlersparre , SUtoHska samUnffar , U 3, p. 49.
» Voyez Glaflfcy, de Gladio Gust'JâofpM.
GBAPITRE XVII.
cendre à la petite chambre des comptes (liUa iràntêkammaren). En entrant Je vis tous les sénateurs plongés dans une morne tristesse. Les uns tersalent des larmes , d'autres se tordaient les mains. Le comte palatin sanglottait sur la porte où je le rencontrai. Je me sentis aussi frappé sans savoir le sujet de cette douleur; mais je vis bientôt ce qui était arrivé. Suédois et étrangers étaient en proie à la douleur et au trouble, redoutant Tissue et croyant que tout était perdu. Ce que nous étions de sénateurs présens, nous primes, avant de nous séparer, la Terme résolution de vivre et de mourir pour la gloire et la défense du royaume, de veiller aux affaires de Tintérieur, mais de continuer la guerre contre l'empereur et ses partisans, suiyant les desseins du feu roi, jusqu'à une paix honorable. » On ne lit pas sans émotion le rapport de la guerre fait par le sénat aux états, le 7 novembre, un jour après que Gustave avait succombé. Il s'arrête au moment où le roi leva son camp et se termine par ces mots : « Nous ne savons encore où sa majesté a porté ses armes. »
Ceux qui avaient placé leur espérance dans Gustave-Adolphe perdaient trop pour que leur douleur ne devint pas soupçonneuse et ne cherchai pas quelque objet d'accusation. Il y avait longtemps qu'on avait exprimé la crainte que Gustave ne succombât sous une main pcrfldc *, le bruit d'une pareille catastrophe se répandit plus d'une fois ^ plusieurs tentatives dans ce but avaient échoué. Ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'une gazette^ probablement publiée & Leipzig peu de jours après la bataille % se servit de ces bruits mêmes pour nier la mort du roi : a On s'est battu toute la journée, jusqu'à neuf heures du soir, y est-il dit. Wallenstein ne s'est sauvé que par la vitesse de son cheval arabe ^ il est arrivé blessé à Leipzig, Â minuit'.
* Gvstavus Victor jévguttittimus : « Das ist : Eilrertige and doch wahrhafliger Bericht vas masscn dcr unûbcrviDdlichsterGrossmachlichslcr kônig undbcrr, Gustavus-Adolphus, Kônig der Scbveden , Golhen, \andalen elc durcli gOlllichcn Hiiirc , Bcysland und Gnade die ^'aldsleinischc und Pappcnhcimischc Armadcn bcy Lûtzcn, 2 meilcn von Leipzig, abermahlig, d. 6 (IC] novcmb. anno 1632 genUlich auiï das Haupt gescblagen. » (Voyez les manuscrits de Palmskôld.)
* S« Durchlaut vurde von eincr Musketen Rugcl in die linke Horie gctrofTcn, blieb abcr durcb golles hOlfe fur seincn und dcrKajscrs Dicnfl, sowobl von diescm Scbussc, dcr in die haut nicht cindrang, als von '
Quelques-uns disent que sa majesté a étébtessée au bras gauche au commencement de la mé^ lée, et comme les ennemis ont fait courir, à Leipzig^ le bruit de sa mort, on croit que leS jésuites on payé un traître dans sa propre ar-* mée pour l'assassiner secrètement au commencement du combat. Mais on se souvient que les catholiques ont prétendu l'année dernière, après la bataille de Leipzig, que le roi avait péri, ce qui était faux, car sa majesté non -seulement a bivaqué après la grande victoire qu'il a remportée, mais le jour suivant il a passé ses troupes en revue. )) Tel est le récit du journaliste. Ce qu'il y a de vrai , c'est que la nouvelle de la mort fut plus tôt connue à Weissenfels qu'à Leipzig. Elle fut apportée À Weissenfels par le duc François-Albert de Lauenbourg, qui s'y arrêta en fuyant du champ de bataille, où il retourna quand il apprit la nouvelle de la victoire : « Cette conduite, dit un auteur contemporain, le déconsidéra dans l'armée et le fit accuser plus que de lâcheté, car les soldats le regardaient comme un traître. Ceux qui l'ont mieux connu ont cherché à donner une autre couleur a ce scandale. Toujours est-il qu'il séjourna à Vienne jusqu'après le mois de janvier, qu'il entra ensuite au service des impériaux et ne resta auprès du roi que quinze jours ou trois semaines. Craignant que tout ne fût perdu après la mort du roi, il quitta le combat afin de pouvoir dire qu'il n'y avait pas pris part dans le cas où les impériaux auraient le dessus. A peine lui eut-on dit que les Suédois étaient vainqueurs qu'il retourna au camp dès quatre heures du matin et se montra aussi brave que tous les autres. Un fait incontestable , c'est qu'il fut le premier qui annonça la mort du roi, et qu'elle fut, par lui, plus tôt con^ nue à Weissenfels que dans l'armée même. I^ duc, qui après la bataille reçut un accueil peu flatteur et ne trouva point d'emploi dans l'armée, se rendit au bout de quelques jours au-* près de son parent l'électeur de Saxe, qui l'en-* voya en Silésie , où il devint feld-maréchal * sous le lieutenant général Arnheim *. » Nous avons prononcé un nom sur lequel planent les
tansend andcrn kanonen und Musketenkngeln ver* wabrl. (Voyez Fôrster, WaUenttHn» Briefe, tome 2, p. 302.)
* Le grade de fcld-marédial correspondait è cettS époque 4 celui de lieutenant général.
■ ôwMth inteUigeneer^ t. 3; p. 137,
plus noirs soupçons et auquel se rattachent aussi les circonstances qui les ont fait naître. Si nous ajoutons qu'on ne peut présenter aucune preuve qui puisse confirmer Taccusation que le duc François-Albrekt de Saxe-Lauenbourg a assassiné Gustave au milieu du feu des ennemis, lui qui épargnait si peu sa propre vie , tandis que la marche du combat et Taulorilé des témoignages dépouillent cetle assertion de toute vraisemblance, il n'en est pas moins vrai que ce soupçon se transforma en ccrlitude chez les soldats de Tarmée suédoise et qu'il prit racine, avec le temps, dans l'esprit du peuple. On peut citer ce fait comme un exemple de la force qu'acquiert une opinion par le Icmps, enregistrée dans Fhisloire d'abord comme une conjecture, puis admise comme ccrlitude. I^es premiers récits ne disent rien -, mais au mois de décembre 1632, Adler Salvius écrit : « On raconte qu'un certain prince, non-seulement avec l'approbalion de l'électeur de Saxe, mais encore avec celle de l'empereur el d'autres hommes éminens, a tué le roi; et aujourd'hui nous entendons dire ici, à Hambourg, que les mêmes trames s'ourdissent contre notre chancelier héroïque et incomparable. Conseillez-lui, priez-le et persuadez-lui de se tenir sur ses gardes en mangeant et en buvant, en visile et en société *. » Ghemnilz, qui écrivait l'histoire sous les yeux d'Axel Oxenstjerna , raconte que le roi fut tué par les chevaliers allemands, et il ajoute : « Quant à ce qu'on raconte généralement que le roi a succombé non sous le fer de Tenncini , mais sous celui d'un prince des nôtres, il faut laisser cela à juger à Dieu*. » Puffendorf, historien suédois, qui écrivait cinquante ans après l'événement et dans un temps où l'on ne heurtait pas impunément les préjugés nationaux, déclare l'accusé coupable. Outre quelques circonstances qui n'ont pas été vérifiées, les argumens ne sont que des probabilités générales : « Comme il n'y a pas de doute que les impériaux ont cru que l'aCTairc des Suédois dépendait uniquement de la bravoure de Gustave-Adolphe, ils rêvaient à tous les moyens de se défaire de ce prince-, et qui était mieux fait pour atteindre ce but que le duc de
* Salvius à Grubbe. Hambourg , le 10 décembre 1033. (jVrckenholiz, Mémoires de Christine, tome 1, page H.)
* GhemniU, t. J . p. 460.
Saxe-Lauenbourg, etc * ? » On voit quel poids PufTendorf attribuait à son opinion par la lettre où il se plaint de ce que son assertion sur le duc François a indisposé contre lui le duc régnant de Saxe-Lauenbourg : a Ce n'est cependanl pas mon opinion personnelle que j'ai exprimée, mais celle de la naêion suédoise, et il éUit nécessaire deTappuyer de quelques argumens, afin que le prince ne parût pas accusé injuslement par tout un peuple *. » Il est vrai que ce duc était emporté et d'un caractère mobile, n V vait point d'opinion arrêtée, et qu'à la fin il changea de religion. 11 était maréchal impérial, lorsqu'il fut fait prisonnier à Schweidnilz, en 1 642, par Torstenson, et il eut beaucoup de peine à échapper à la rage des soldats suédois >. Mais tout ce que nous venons de dire ne prouve point qu'il ait été assassin. Nous avons remarqué que Gustave-Adolphe reçut le coup de feu dans le dos, pendant que le prince François-Albrekt cherchait à soutenir le roi déjà blessé sur son
* Pufllendorf, Commentarii de reb. suet., traduction allemande, t. 4, p. 112. — Pufltendorf argumeale des paroles d'Albrekt de Saxe-Lauenbourg qu'avec sa ceinture verle (couleur qu*il disait être celle des impériaux), il était sûr desboulels des impériaux; mais on sait que les officiers de Wallenstein portaient des ceintures rouges ; mais Rûhs [Gesekiehte Sufed., t. 4, p. 374) dit que la couleur verte était celle des Suédois; il ajoute que le duc a fait voir les habits ensanglantés du roi, et qu'ainsi il ne Ta pas seulement assassiné, mais dépouillé, ce qui est aussi invraisemblable que la supposiUon qu'une pierre précieuse de la cbalned'or que le roi portait au cou ayant disparu , c'était encore le duc qui l'avait volée. La chaîne fut prise par un simple cavalier des impériaux. (Voyez VHistoirede Gustave-Adolphe faite sur les manuscrits de M. Arckenholtz, par M. M'", p. 593, ouvrage dans lequel de bons matériaux ont été mal employés.)
' « Cum tamen non mcam, sed communem Suedcc nationis senlcntiam expresscrim , quam aliquot ralionibus adslrucrc placuit ne is princeps injuria istius facinoris insimulatus fuisse vidcrelur. » — La IcUre est adressée au sénateur de Wurtenbcrg, Pregitzer , le 29 iuillelias?, et se trouve dans Arckenholtz extraite de la bibliothèque suédoise de Nctlelbladl. Pour Tacquil de sa conscience d'historien, Puffendorf ajoute cependant deux autres circonstances qu'il a tirées de la Chronique polonaise de Piasecki : l'une, que le duc fut le premier qui avertit Wallenstein de la mort du roi ; l'autre , que c'était le même duc à qui Gustave-Adolphe avait donné un soufflet dont il voulait tirer vengeance. Mais ce fut contre son frère et non contre lui que Gustave-Adolphe se laissa aller A cet emportement. (Voyez Warmholtz, Biblioth, stHo-gotk.^ L 0, p. 10.)
' Le duc mourut des suites de ses blessures*