CHAPITRE XVIII
à Ulm ; dC8 paroles acerbes furent échangées. Le fameux colonel Milzlaff, le chef de la ré- Yolle, qui venait d'élrc étouffée, porta encore la parole haute et trouva dans le duc un protecteur. Bernhard exposa ses prétentions au commandement en chef devant l'assemblée de la ligue À Francfort. Il paraît que ses plans ne furent pas goûtés. Les états de Souabe se plaignirent d'avoir été traités par lui en ennemis , et le colonel Mitzlaff reçut son congé malgré la protection du duc. Sur ces entrefaites, le fils de Tempereur s'avançait à la tête de vingt-cinq mille hommes, d'un côté, et Altringer de l'autre, contre Ratisbonne, pendant que Bernhard, flottant entre sa jalousie contre l'autorité du chancelier et le désir de sauver cette place importante , ne prit que des réso* lutions violentes et indécises : on le vit tantôt secourir avec empressement la ville , dont il renforça en effet la garnison^ tantôt, n'obéissant qu'à ses petites passions, rejeter l'offre de Horn, de se réunir à lui dans ce but ; tantôt enfin, lorsque le danger était imminent, demander avec instance cette réunion qui s'effectua enfin le 3 juillet. Horn et le duc vinrent àAugsbourgavec vingt-quatre mille hommes. Ils en sortirent pour faire une invasion en Bavière*, ils prirent Landshut, et revinrent avec une armée décimée par les maladies après avoir perdu Ratisbonne.
La force de la ligue de Heilbronn était en Souabe. L'ennemi , qui marchait contre ce cercle, passa le Danube, s'empara de Donauwerth, vengea par des cruautés inouïes les dévastations de Bernhard et de Horn en Bavière * et assiégea NOrdlingen. Pour secourir cette ville,
scball enchvert odcr die direclion des Reichscanzlen verhassl gcmachl wcrden sollle. » (l\use, t. 1, p. 277.) * Voilà un tableau sur les Croates d'Isolaiii : « Gar vlel Weibspersonen sind zu lod gcschandel, Mans und Weibspersoncn, ohne einigen gehabten respect kalt oder beisse Wasser, Eisig, Misl und Kolblachen eingescbûltet, Ibeils milKetten und Stlckcn and don kOpfen bis aur den tod gerûtlell, ellichen Daumcnschraubcn angelegt, andere bey den Gcmachlen aurgchangt und darin mil Nadein, bis das Blul bernach gelaufel, gestochen, Ibnen auf den scbecisbecnin mit sagen bin und urder gesagel, mil scheilern die Fusse bis auf die Beine gerieben, die fussolen zerquetscbl und so lange zerscblagen, bis sie von den Fussen abgefallcn, die arme auf den Rucken gebunder» und sie allso binler eich aurgehenbt, sehr viel splilternackend in dersladl ^hin und hergefechrt, milBeilen und Hammern dermassen zerprQgelt , zertetzet und verwundet , dass sic von
la réunion de Horn et de Bernhard de Saxe, qui s'étaient séparés , devenait nécessaire. Le chancelier hâta l'arrivée des secours de Franconie et des bords du Rhin. L'ennemi reçut un renfort de nouvelles troupes conduites par le cardinal infant d'Espagne. Le duc Bernhard voulait livrer bataille : a Nous avons laissé, prendre Ratisbonne, disait-il^ les bords du Danube sont inondés d'ennemis , le Rhin et le Mein sont menacés , et si nous ne soutenons pas NOrdlingen, c'en est fait de notre gloire. » Les assiégés, par des signaux et par des messages , firent connatlre la grave position de la ville. Horn disait qu'il fallait attendre les ren<forts pour pouvoir attaquer l'ennemi, qui était trop supérieur en nombre. Les troupes qu'on attendait de Franconie arrivèrent enfin sous les ordres du feld-maréchal Kagg. Les forces des Suédois montaient à dix-huit mille hommes^ celles des impériaux à trente mille '. Horn insista encore pour qu'on attendit l'arrivée du comte du Rhin, Othon, qui avait quitté le siège de Brissach , dont il avait été occupé jusque-là, et s'avançait avec cinq mille hommes. Cet avis prévalut dans le conseil, quoique les officiers de Bernhard se moquassent de la timidité de Horn. Cette résolution prise , l'armée devait se rapprocher de NOrdlingen, sur la route d'Ulm , s'emparer d'une hauteur et s'y élabhr jusqu'à l'arrivée du comte du Rhin : il ne pouvait pas tarder plus de deux jours. L'impétuosité de Bernhard dans l'exécution de ce mouvement fit d'une simple escarmouche une bataille sérieuse, qui commença dans la soirée du 26, se prolongea toute la nuit et se termina le 27 août 1634 par la déroute complète de toute l'armée suédoise et la fuite du duc Bernhard. Horn fut fait prisonnier *. Bern-
Blut nlcht anders aïs varen sie schwartzrolh gefarbet, anzuscben gewesen : in summa, man ist so grausam und erschrccblichmit Jedermann^hobesund niedriges Slandes,umgcsprungen,das8 mannichlich, grôssen Martern zu enlgehen nur um das Todscbiessen gebelen.» (Cbemnilz, t. 2, p. 521 ) — ROse, t. 2, p. 9, dit des Suédois : « Die Schweden und ihrc Bundes^enossen vcrfahren mil Raub, Mordcn, Sengcn, Brennen, Kncbeln, Forchiren und andern Tyranneicn, 'wie von Heiden und TOrken nie gehôrl worden ist. »
• Voyez Laboureur, Histoire du maréchal df Guébriant, p. 67.
* Lisez le récit de celle bataille dans BÔze (Uerxog Bernhard, von Weimar, l. 1, p. 207), cl le rapport où Horn s'exprime sans aigreur, dans Cberanilz, t. 2, p. 521. Ilorn resta huit ans prisonnier.
hard de Weimar, à qui la ligue de Heilbronn avait confié le commandement, disant que c'étail à celui qui avait fait verser la voiture à la relever *, trouva ces fonctions trop étroites pour son ambition, et rechercha Tappui de la France*, mais le temps était passé où Ton fondait de nouveaux royaumes avec Tépée : le sort de Wallenslein Favail déjà prouvé.
Ce guerrier, après la bataille de Lutzen, avait rallié ses forces derrière les montagnes de Bohême, autour desquelles elles paraissaient flotter comme un orage près d*éclater^ cependant il ne partait de ces sombres nuages que des paroles de paix. Wallenslein, étant entré en Silésie, profita de la médiation oiîerte par le Danemark, et acceptée par Tempereur, pour faire aux parties belligérantes les propositions les plus contradictoires. Ainsi il voulait faire signer une alliance à la Saxe et au Brandenbourg pour chasser les Suédois de TAllemagne ^-, il proposait en môme temps de contraindre rempercur à la paix par une alliance entre la Suède et les électorals, et entre la France cl la Suède. Le premier effet de ces négociations fut d'exciler une méfiance générale envers Fauteur de ces propositions; et cette méfiance s'enlrclinl à la cour impériale, quoique rintimilé apparente enlre VVallenstein et les ennemis, après deux armistices, eût été interrompue par une activité couronnée des plus brillans résultats. Arnhcim et les Saxons s'étaient séparés des Suédois en Silésie; ceuxci, à la fin du second armistice, se trouvèrent tout à coup enveloppés, le 21 septembre 1G33, à Sleinau sur l'Oder, par Tarmée de Wallenslein, qui en fit prisonniers cinq mille, avec Duwal et le comte de Thurn, el menaça Dresde et Berlin. Rappelé par les succès du duc Bcrnhard aux bords du Danube, il entra en Fran conie; mais il arriva trop lard pour s;uivir Ralisbonne et retourna en IJolaMne. Ce l'urenl les derniers exploits de AVallenslcin : dtViaré hors la loi par Fempcreur, il fut assassiné à Kger, avec ses adliérens, le I4 février (vieux style) 1634. Il est bien avéré qu'il é:ail alors sur le point de se réunir à Hcnihard et aux
• Chemnîlz, I. 3, p. 237.
' Lorsqu'il s'oii\rii au duc Français de Saxe-La «enboiirg,!dui ci dît que « celle comîuilc n'clail|>.i«loya'c.» (Vo>ez 1 i>r.ilcr, ^yafhnsfetn, [. I, |). Sri.i
Suédois <. Les ténèbres qai enveloppent les
actes de ce caractère ènigmatique n'ool pas même été dissifiées par la publication de sa correspondance. Le lecteur attentif y découvre, sous les termes les plus mesurés, les rapports les plus hostiles entre Tcmpereur et son gé-néral *.
Le défenseur le plus ardent de Wallenstein lui-même est obligé de s'en tenir à Fabsurde question de savoir si ce guerrier avait yolontairement trahi l'empereur, ou s'il avait été entraîné par les circonstances. La cour impériale, pour justifier le meurtre dont 11 fut tictime, l'a accusé de trahison volontaire. De grands hommes d'État contemporains , tels qu'Oxenstjerna, et plus encore Richelieu, l'ont Jugé moins sévèrement. Richelieu lui avait même promis de l'aider à acquérir la couronne de Bohème». Pour nous, rien ne saurait justifier des actes si contraires au devoir 5 s'ils son! expli-
* Il expédia treize courriers au due Bernhard pour hâler la joiicUon des Iroupes. (Voyez Richelieu, L S, p.9î).)n voulall trailer en personne avec Oieusyerna: « Denn er ^are ganlzlich bedaclit, wann er bcym Markgrcfven gewcscn, vollcnds zum H. I\cfehcan/ler scinen weg zu nehmen» und mit ihm wieaueb mtt den franzosicscn Ambassadeur sich mundlich zu bespreclien. » (Chemnilz, t. 3, p. 329.)
* Voyez FOrsler, ff^al lent teins Bnefe, t. 3, p. 137, 274, 276, 280.
* « Wir nichl obne Ursache zweifeln : ob ef von Anfang der vorhabenen Traclalen es mit der Conspiraiion wieder den Keyscr in rechicn Ernst geraeinel — odcr ob nicht der ganlze Uandel die Evangelisehc zu bolricgcn ; — angeschen gewescn ^ Woruber er, wcil der Schcrlz so grob worden und er gar zu cxtraragante, wunderbariiche manieren In seinen Rcden und aclionen gebranchet, beym kejser in vcrdachl gcralhcn, velcber von seinen MissgiJnnern und Wiedervartfgen dergcslalll fomentirt worden und ziigenommen, dass er endifch die coniilia, so er anfangs wleder dîe Gvange^ lische lîsllglich, und belrieglicber wcisse zum se bciti gofuhrer, hiedurli glarchsam gcnOlhIgcl und gezwnngcn, in Krnsl, wic wohi gahr zu spal, ergreifcn musscn. Dem sey nur wîe ihm wollc, so bat der Ausgang bewiesen, dass der Sierr Rcichslanzlcf von Iben und scîncn Bcginnen rccht judîcfrl. Es irorde ibmanmoglics fallcn solch verhabcn in wcrk zu seCzen.und halle er mehs auf sich genommen, als er presUren konncn. Sinlevsaldie keiserlichen officiere, da er seine Ictrl habende inlenlion und abfall rccht entdeeht, die priîchl, womil die den kajser Tcrwandl mehr, aïs den respect so sic auf ihm gelragen, bey sich gellen lassen» und sich groslen Thciis seinen culscblagen. Also.dass auch seine eigcncn creaturcn , dencii ef am meislen verlranl , an Ihm zum mordern worden aelnd. » ;Chemnitz, l. 2, p. .33s.— Voyez Mém<nrt$ de RifAtU^m^ {. 8, p. 100.)
CtlAPIf RË XVlit.
fiables, iis ne peuvent Ttlre que par la position de Wallenstein : elle était si glissante, qu'on se sent prêt à pardonner à une grande ambition quand, dans une carrière si hasardeuse , elle ne prend conseil que des astres. Quelques mots sufliront pour tracer cette position. Dés la première destitution de Watlenstein à Raiisbonne , en 1630 , ses amis osèrent faire entrevoir le danger d'une telle mesure , a parce que dans son ressentiment, disaient-ils, il pourrait se réunir aux ennemis de Tempereur et entraîner ses troupes , qui obéissaient plutôt à un signe de lui qu'aux ordres des autres. » Waltenstein se soumit sans murmurer à son sort, disant que ce qui était arrivé était écrit dans les astres ; mais les conditions qu'il imposait à l'empereur pour reprendre le commandement lé plus absolu , prouvent à quelle hauteur il aspirait : il demandait entre autres choses un pays héréditaire lihpérial pour récompense, et la souveraineté de tous les pays qu'il pourrait conquérir. Celui qui peut mettre de telles conditions A ses services doit aussi pouvoir ae mettre en position de les faire observer. Wallenstein, pendant son premier commandement, avait reçu et perdu le Mecklenbourg, dont il conserva le titre. Sa qualité de prince de l'empire affermit son Indépendance comme général en chef. D'où partirent dans de telles conjonctures les soup^ns et les craintes qui occasionnèrent une rupture violente P c'est ce qu'il est et ce qu'il sera impossible de décider, bien que cette rupture parût inévitable.
Avant de nous occuper des suites de la bataille de Nôrdlingen , il est nécessaire de Jeter un coup d'œil sûr l'état ultérieur du parti protestant en Allemagne A cette époque. Le comte Pierre Brahe avait été envoyé de Suède pour aider le chancelier dans ses pénibles travaux ; il visita le congrès de Heilbronn : « Les députés des états ^ écrit^il dans son Journal , menaient grnade et Joyeuse vie; ils étaient sans cesse en Abstins, s'oecupant peu du bien public, Jaloux de la fortune de la Suède, et lui enviant la direction des affaires. L'électeur de Saxe soufflait la discorde et renversait ce qu'on avAit élevé A grand'peine; celui de Brandcnbourg n'avait d'yeux que pour la Poméranie. Les calvinistes avaient en vue le roi d'Angleterre. Le duc Bernhard ne songeait qu'A sa propre grandeur et A dominer seul j il ne voulait dé-
pendre de personne. Lés ducs de Brunswig et Lunebourg Jalousaient le margrave de Hesse* Cassel. Chacun travaillait A ses intérêts parti'* culiers. L'argent de la France corrompait les grands et le peuple ; la noblesse et les étals se disputaient les places. Nulle confiance; des princes, des comtes et des seigneurs étaient comme des enfans, suivant de point en point ce que leur disaient leurs Jurisconsultes, qui dans toutes les assemblées étaient derrière les sièges de leurs maîtres, parlant et répondant pour eux comme si ceux-ci eussent été des idiots <. Chacun voulait vivre pour sol, et agir en prince et en général. Us tournèrent leurs armes contre celui qu'ils appelaient leur empereur et maître. Us montraient beaucoup de respect pour le chancelier comme représentant de la Suède et directeur de la ligue protestante ; ils me firent A moi-même beaucoup d'honnêtetés. Mais c'était précisément lorsque le chancelier avait peureux les meilleures intentions qu'ils les interprétèrent mal ; et en vérité il n'y avait ni raisons ni conseils A leur donner. On disputait, le temps se perdait , lorsque fut livrée la malheureuse bataille de Nôrdiingen. »
Ce désastre détermina subitement la formation d'un troisième parti dans l'empire, comme un fluide au degré de congélation se transforme en glace A la première secousse. La Saxe fit la paix pour son compte A Prague ; elle stipula sans autorisation au nom de ses frères dé même religion. Cette paix n'offrit aucune garantie et fit ajourner les questions vitales; mais elle valut la Lausace A l'électeur. Celui pour le salut duquel Gustave-Adolphe avait péri parla dans cette négociation des exploits immortels du héros comme k de troubles qui s'étaient élevés en 1630 et dont il fallait effacer les traces *. » Les Suédois devaient se contenter de se retirer de l'Allemagne ; et tel était le découragement général que presque tous les États pro* testans * adhérèrent A cette paix, qui fut blâmée' généralement et qui prolongea la guerre cn-
* t Qaantam degeneraverint a prislina virtate ! » 8*é€rie Tantear.
* « Die ReslituUon betrefltend » 90 sollte den Kayser und dessen adherenlcn -* ailes dasjenlge, wessen sie, seit der !in Jahr 1630 entslandenen Unruhe. und des KOnigs in Schweden Anlcann aufs Reichs-Boden eolsctzet, rcsUluIrt werden. » ( Gheronitz, t. 3, p. G03.) La paix fal conclue à Prague, le 30 mai 1G35.
» Toue les alités de la Suède, excepté Hesse-Cassel.
llISTOtRÊ DE SUÈDE.
corc pendanl treize ans : c'est la dernière cl la plus triste époque de celle grande lulte. Ce qui élail arrivé, ce que Gustave-Adolphe avait prédit, et ce qu'il regardail comme un bonheur de ne pas voir *, était si humiliant que le gouvernement suédois et Oxenstjerna auraient recherché la paix, s'il eût été possible de l'obtenir sans déshonneur : nous verrons qu'on ne voulait la donner qu'à celle condition.
. La première nouvelle du désastre de Nôrdlingen fut reçue sans découragement en Suède : u Nous ne douions pas , écrit la régence au chancelier, de votre courage habituel, et nous espérons que notre cause n'est pas encore désespérée, quoiqu'elle ait eu déJÀ des chances malheureuses *. » Les événemens qui survinrent avec rapidité parurent anéantir ces espérances, et le penchant à la paix que le gouvernement avait eu depuis la mort du roi acquit de nouvelles forces par de nouveaux dangers. L'armistice avec la Pologne touchait à sa fin ^ et l'on craignait que le Danemark ne voulût en même temps rompre la paix K On chercha à éloigner le danger de ce côté en donnant le diocèse de Brème au second flis d<9 Christian IV, le duc Frédéric, nommé déjà coadjuteur de feu l'archevêque *. On entama avec la Pologne des négociations conduites par le comte Brahe *, mais on négocia sous les armes. Yladislas paraissait vouloir la guerre. Au mois de juillet 1635, Jacques de La Gardie débarqua en Prusse avec vingt mille hommes : u Mais, écrit la régence au chancelier ', si le traité n'est pas renouvelé , il nous sera diflicile de faire la guerre, parce que la misère est si grande dans toutes les provinces, par suite de la disette qui nous accable depuis quelques années, que les paysans n'ont pu payer leurs contributions ni celte année ni la précédente. La couronne a aussi perdu beaucoup de revenus par les éboulemens qui ont eu lieu dans les mines de cuivre. Tout cela nous a jetés 4ians un tel embarras que nous ne savons comment faire
* « Guslave-Adolphe souhaitait de ne plus être au monde le jour où il y aurait rupture avec ses alliés : il la prévoyait. » (Axel Oxensljerna au sénat en 1G44. — Voyez les manuscrits de PalmskOld.)
'^ Au chancelier, en date du 2 octobre 1634. (Voyez les Archives du royaume,)
> La régence au chancelier, 12 Juin 1634. (Voyez les Archives du royaume.)
* Voyez les Archives du royaume,
i^ Le I S juillet 1636.( Voyez les Archives du royaume,)
face à toutes les dépenses de TÉlat, encore moins comment nous procurer l'argent nécessaire à la continuation de la guerre. Il y en a peu dans le royaume ; le crédit est tellement affaibli, que ce n'a pas été sans peine que nous avons pu toucher sur les domaines l'ai^enl né* cessaire pour l'expédition de Prusse. Nous ne pouvons recevoir d'avances sur les douanes. KOnigsberg et Dantzig se sont déclarés pro* priétés de la Pologne , de sorte que nous ne pouvons tirer de lettres de change sur ce« villes. Les paysans des préfectures de Wiborg et d'Ingrie se réfugient par milliers en Russie, à cause de la conscription et des temps difficiles que nous éprouvons depuis quatre ans ; c'est pour cela que nous avons grand besoin de la paix : nous désirons l'avoir avec la Pologne et avec l'Allemagne. » Au milieu de ces circonstances, la conduite des États allemands fit une impression profonde : « Vous savez, écrit la régence à Sten BJelke *, que nous aurons assez à faire pour soutenir notre guerre avec la Pologne , et que nous n'avons à attendre de l'Aile^ magne que du mal et de l'ingratitude. Vous pouvez donc Juger du souci que tout cela nous donne. Nous prévoyons aussi qu'il faudra A la fin céder la Poméranie au Brandenbourg. » Il arriva cependant, et ce résultat fut dû principalement & la médiation de la France*, que l'armistice fut renouvelé pour vingt-six ans avec la Pologne , à Stumsdorf , le 2 septembre 1635, mais, contrairement A l'avis du chance* lier, en sacrifiant les conquêtes de Gustave- Adolphe en Prusse *. Cependant le mécontentement occasionné par la guerre d'Allemagne ne s'affaiblissait pas. Après l'armistice avec la Pologne ^, la régence écrivait au chancelier : c( Il ne faut pas Juger, d'après ce que nous avons dit de la paix, qu'il nous reste assez de moyens pour continuer la guerre en Allemagne, quand la tranquillité sera assurée du côté de la Pologne. Nous tenons tellement à la paix, que l'espoir de l'obtenir nous fait oublier de ménager l'argent nécessaire pour faire la guerre. Lorsque presque tous les nerfs sont brisés par
I En dûte du S avril 163&. (Voyez les ArekiveM du royaume.)
' Il y avait aussi des commissaires anglais» hollaDdais et brandebourgeois.
• Voyez les Archives du royaume.
« Le 12 octobre 1036. (Voyez les Archivas an royaume.)